Budo no Nayami

De l'importance des ukemis

4 Janvier 2016 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Si ukemi, "recevoir avec le corps", a un sens beaucoup plus large que "chuter", c'est juste ce point que j'aborderai aujourd'hui.

 

Ukemi pour vivre mieux

Henry Plée racontait comment, à quatre-vingts ans passés, il avait chuté sans dommages en tombant d'une échelle. Et il est probable que pour nombre d'entre nous, tomber sans se blesser sera le geste technique que nous aurons le plus de chances d'utiliser au cours de notre existence.

 

A titre personnel, c'est une aptitude qui m'a été d'un grand secours deux fois dans ma vie. La première alors que je faisais du roller accroché à une moto, la seconde lorsqu'en scooter j'ai été percuté par une voiture roulant à 80 km/h alors que je faisais un demi-tour sur une nationale. En tout et pour tout je m'en suis tiré avec quelques égratignures la première fois, et deux points de suture la seconde, alors que le scooter était plié, et la voiture en piteux état avec le radiateur enfoncé et le pare-brise éclaté. Je m'attends toutefois, les années passant, à mettre encore plus à profit cette compétence. L'âge venant, les chutes deviennent en effet monnaie courante, au point qu'elles causent 20% des hospitalisations des séniors.

 

Voici une courte vidéo d'Elliott Royce, alors qu'il avait 95 ans. Ce gentleman enseignait à chuter, et s'y exerçait quotidiennement. Une compétence qu'il avait développée à… 80 ans passés !

 

Tamura senseï était aussi une inspiration de ce point de vue. S'il avait appris à chuter bien plus jeune que Mr Royce, il avait continué à s'y exercer sa vie durant, essayant sans cesse d'améliorer cette capacité. A noter qu'il professait aussi de travailler cela quotidiennement à mesure que l'on prenait de l'âge. Les années passant, la régularité devient essentielle afin de progresser, mais aussi ne pas régresser.

Les maîtres Kuroda, Hino et Kono, plus de 65 ans tous les trois, chutent d'ailleurs aussi avec une grande aisance.

 

De l'importance des ukemis

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Fabien L. 06/01/2016 10:30

Bonjour!

Je ne peut que sourire à la lecture de cet article, en effet j'ai moi même appris à chuté dès l'enfance grâce au Karaté Wado Ryu et j'en suis fort content. J'ai pu mesurer l'efficacité de cet apprentissage lors d'un banal jeu d'enfant, je m'amusais avec un cousin à faire la course et en plein milieu alors que je perds la course, j'essais désespérément d'accélérer et c'est la que je m’emmêle les pinceaux, la chute devient inexorable, par pure réflexe mon bras droit se positionne, s'en suit la roulade, main, bras, épaule, et je me relève dans la foulée avec deux égratignures (main et épaules) dues au revêtement du sol ( goudron ), sans douleurs et une crise de rire. Le meilleur moment étant la réaction de mon cousin, qui oscillait entre l'hilarité et la stupéfaction!

Très bon souvenir! Merci pour le rappel :)

Sportivement

Fabien

Léo Tamaki 08/01/2016 15:35

Bonjour,

Merci pour l'anecdote. Il est vrai en outre que plus l'apprentissage a été fait tôt, plus c'est simple et intégré :-)

Léo

Reynald 05/01/2016 15:34

Sans compter que le travail de "chutes" s'il est fait intelligement, peut être une excellente gymnastique corporelle, favorisant une sorte d'assouplissement et de tonification générale du corps.
Je parle ici surtout de chutes "roulées"; Les chutes "plaquées" c'est autre chose - quoique s'y entrainer pour mieux les appréhender ne soit pas inutile, loin de là... Mais elles sont plus rudes pour le corps.
Mais, au delà de l'aspect technique, c'est surtout la perception du moment propice pour placer son corps dans l'espace et se recevoir le mieux possible en fonction de la contrainte subie, qui est utile.
Peut-être aussi une fonction "symbolique" ( je chute et me relève, je chute et j'enchaine, etc...)

Léo Tamaki 05/01/2016 15:36

En effet, il s'agit d'un excellent exercice physique. Au point que Jaff Raji en a fait une discipline à part entière.
Et c'est aussi comme vous le dites, un beau symbole :-)

Léo