Budo no Nayami

Didier Beddar, mû par l'excellence

1 Juin 2016 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #NAMT et Aïki Taïkaï

"Le maître doit faire vivre le style, son rôle est de le transmettre, et de le nourrir en ajoutant son propre travail, en phase avec son époque."

 

"Dans les 50 dernières années, entre l'époque de Yip Man et aujourd'hui, en 2 générations, les arts martiaux ont vécu un bouleversement. Dans son souci de perfectionnement, l'enseignant doit intégrer les nouveaux styles, pour que le style demeure efficace, il doit évoluer, tout en conservant ses principes fondamentaux, et c'est ça qui est passionnant."

 

Didier Beddar, mû par l'excellence

De retour après 10 ans

Didier Beddar est l'un des adeptes que j'apprécie le plus. Il avait très gentiment accepté de venir à la 1ère Nuit des Arts Martiaux Traditionnels, et avait offert aux spectateurs une démonstration mémorable. J'avais vraiment à cœur de le recevoir pour célébrer les 10 ans de la NAMT, et j'ai été très heureux qu'il se libère pour répondre à mon invitation.

 

Dire que le temps passe vite est un poncif, il n'en reste pas moins vrai. Il passe si vite que je n'ai pas eu l'occasion de croiser Didier en dix ans. J'ai toutefois suivi avec intérêt son actualité et son évolution de loin en loin.

 

Voici deux vidéos où l'excellence de Didier Beddar saute aux yeux. Non seulement en tant que pratiquant, mais aussi en tant qu'enseignant.

 

L'excellence pour moteur

Didier Beddar a atteint jeune un niveau exceptionnel, comme en témoignent les anecdotes que je rapporte ici. Un niveau suffisant pour, comme beaucoup, se reposer dessus et en faire une rente, quitte à cadrer de plus en plus les échanges avec les élèves et interlocuteurs. Mais Didier a toujours eu l'excellence pour moteur, se confrontant aux difficultés, rejetant les dogmes, poncifs et solutions de facilité.

 

Lorsque le Gracie Jiujitsu a choqué le monde des arts martiaux lors des premiers UFCs, il n'a pas détourné la tête en invoquant la tradition, ou l'une des autres excuses qui résonnent si souvent dans les dojos. Il est allé voir, étudier, et à travaillé au point que l'un de ses élèves est devenu double champion du monde de Jiujitsu brésilien en… intégrant les principes du Wing Chun au travail au sol.

 

Expérience du combat

Didier Beddar est aussi l'un des rares enseignants à avoir une vaste expérience de combat  tant dans la rue que dans différents systèmes, en salles. Je me souviens encore d'anecdotes qu'il m'avait racontées de l'époque où il travaillait comme videur en Nouvelle Zélande. Des situations où certains de ses confrères avaient terminé la main cassée sur les crânes maoris !

 

De ces expériences il a gardé un esprit pragmatique, s'attachant aux actes plus qu'aux discours. Il en a aussi développé une philosophie de pratique qui le rend parfois suspicieux aux yeux des gardiens du temple auto-proclamés, mais qui explique son efficacité son succès jamais démentis, et le respect que lui portent les grands adeptes.

 

"Le maître doit faire vivre le style, son rôle est de le transmettre, et de le nourrir en ajoutant son propre travail, en phase avec son époque."

 

"Dans les 50 dernières années, entre l'époque de Yip Man et aujourd'hui, en 2 générations, les arts martiaux ont vécu un bouleversement. Dans son souci de perfectionnement, l'enseignant doit intégrer les nouveaux styles, pour que le style demeure efficace, il doit évoluer, tout en conservant ses principes fondamentaux, et c'est ça qui est passionnant."

 

Didier Beddar, mû par l'excellence

Claquettes ou Taï Chi Chuan ?

Lorsqu'il a accepté de venir présenter son travail à la NAMT, Didier Beddar m'a indiqué qu'il souhaitait passer en deux parties, une pour le Wing Chun, et une pour du Taï Chi. Je mentirai si je disais que je n'ai pas accueilli cette demande avec réserve en mon for intérieur.

Didier n'est pas le premier adepte à pratiquer le Taï Chi en parallèle de la discipline qui l'a rendu célèbre. Malheureusement dans la plupart des cas le niveau que ces experts ont en Taï Chi est bien loin de celui de leur première pratique. Souhaitant présenter son travail, j'ai toutefois accepté. A vrai dire j'aurai même accepté qu'il fasse un numéro de claquettes s'il le souhaitait !

 

En naviguant sur le net je suis alors tombé sur cette vidéo de lui pratiquant le Taï Chi qui m'a estomaqué. Si une vidéo ne permet de percevoir qu'un succédané du réel, elle m'a permis de voir que comme tout, il ne pratiquait pas le Taï Chi en loisir mais en s'engageant totalement, et avait atteint un niveau exceptionnel. Clairement l'une des démonstrations que j'ai le plus hâte de voir de mes yeux.

 

Didier Beddar, mû par l'excellence
Didier Beddar, mû par l'excellence

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