Budo no Nayami

Morishita-san ne renonce pas

22 Mai 2008 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Mai 2008

Morishita-san me disait que la progression de Kuroda senseï était incroyable car elle semblait sans fin! Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quatre ans après être devenu membre du Shinbukan je vois réellement Kuroda senseï progresser.
La plupart des pratiquants culmine au point le plus haut où la courbe de leurs capacités physiques croise celle de leur technique, la manière dont ils utilisent leur corps les amène ensuite inéluctablement à une régression liée à la dégénérescence physique due à l'âge que leurs progrès techniques n'arrivent pas à enrayer.

Pourtant certain maîtres arrivent à compenser la baisse de leurs capacités physiques par une technique de plus en plus fine et épurée. Mais jusqu'à aujourd'hui je n'ai rencontré qu'une poignée de maîtres d'exception tels que Kuroda senseï, Tamura senseï, Tada senseï ou Kono senseï qui arrivent non seulement à conserver leur niveau mais surtout à continuer à progresser!

Malgré tout Morishita-san me dit en riant qu'il continuait à s'entraîner et attendait le moment où le physique de maître Kuroda déclinerait suffisament pour qu'il puisse le battre.


Kuroda Tetsuzan à la Nuit des Arts Martiaux 07
(photo Jérôme Amzallag)


Sur le même sujet une réflexion de Jean-Luc Dureisseix:
"Il est tout à fait normal que la pratique de Tamura sensei ou de Mochizuki sensei évolue. Et c'est heureux et devrait nous motiver, bien que certains se refusent à ce genre d'évolution et préfèrent critiquer ce qu'ils n' ont pas compris. Le problème, c'est que les sensei évoluent parfois très et trop vite pour nous. C' est là que l
'esprit de shoshin est nécessaire pour pouvoir s'adapter rapidement à ces changements comme un jeune enfant est capable d' apprendre beaucoup sans aucune idée préconçue."

Il est vrai que beaucoup d'experts se refusent souvent à suivre l'évolution d'un maître. Cela est parfois conscient et dans ce cas tout à fait justifiable. Malheureusement c'est souvent le fruit inconscient d'une incapacité à se remettre en cause…


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nicolas 31/05/2008 11:04

Bonjour,Trés intéressante la problématique de la progression lorsqu'on est déjà si j'ose dire "au sommet de son art" et que l'on ne suit plus soi-même Sensei. Nombre de pratiquants de divers courants ont perdu leur chef de file, ou le perdront un jour ou l'autre, il me semble qu'il y en a relativement peu qui parvienne à poursuivre leur évolution orphelin de leur référant.Quels sont selon toi les facteurs qui amènent à poursuivre dans ce cadre la progression ou au contraire, comme tu le dis, de regresser lentement ?

Léo Tamaki 01/06/2008 11:19


Bonjour Nicolas,

Effectivement la perte de son maître est très souvent un évènement très difficile à surmonter. Certains décideront alors d'essayer de préserver le message et/ou la technique de leur maître, tandis
que d'autres tenteront tant bien que mal de continuer à avancer dans la direction qu'ils estiment que suivait leur maître. Les deux choix se défendent et ont leur propres difficultés
inhérentes.

Attention lorsque je parlais de progression ou régression dans l'article je ne faisais par contre pas de lien avec la perte d'un maître:"La plupart des pratiquants
culmine au point le plus haut où la courbe de leurs capacités physiques croise celle de leur technique, la manière dont ils utilisent leur corps les amène ensuite inéluctablement à une régression
liée à la dégénérescence physique due à l'âge que leurs progrès techniques n'arrivent pas à enrayer."


La progressions à la disparition d'un maître me semble tout simplement liée à la pratique. Celui qui travaillera et cherchera encore aura la possibilité d'évoluer. Et dans progression j'inclus
ceux qui cherchent à préserver de même que ceux qui cherchent à faire évoluer. Les premiers améliorant leur compréhension et leur exécution, les seconds essayant de poursuivre le chemin.

En revanche les deux se retrouveront limités et "régresseront" si leurs pratiques ne se repose pas sur autre chose que les capacités physiques "classiques".

Léo