Budo no Nayami

Champions sans états d'âme et maîtres infaillibles...

17 Août 2008 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Août 2008

J'ai lu ce matin un article dans Le Monde intitulé "Laure Manaudou et le facteur humain". L'auteur, Geneviève Brisac, commence par y décrire une scène pathétique où un père donne une leçon de vie à son fils en critiquant de façon acerbe Laure Manaudou. Elle analyse ensuite les travers de notre société contemporaine qui brûle sans vergogne ce qu'elle a adulé la veille. L'article se termine sur une phrase particulièrement juste: "C'est très bizarre, une époque qui demande à ses champions, qui sont aussi ses héros, d'être sans états d'âme, ce qui signifie sans âme, évidemment."


Laure Manaudou


Je ne suis pas fan de sport. Si j'apprécie la pratique de disciplines telles que la course ou la natation, je ne prends aucun plaisir à les regarder en spectateur. Je n'ai jamais non plus connu, si tant est qu'elle ait existé, l'époque où le sport, particulièrement de haut niveau, était sain et facteur d'éducation.
Si Zidane est l'un des sportifs que j'ai réellement apprécié je n'ai pas été touché par Laure Manaudou à l'époque où elle était la petite sirène de la France. Mais je compatis maintenant à sa situation en me disant que c'est sans doute aujourd'hui qu'elle vit les moments qui la feront le plus grandir.

Un travers français?
Si le monde entier est prompt à brûler ses idoles, c'est un travers particulièrement français de se réjouir de la déchéance de ses champions. Pour cacher une déception sans doute? Je me souviens de la sorte de joie malsaine qui avait accueilli les défaites des Bleus à la Coupe du Monde en Corée ou plus récemment en Coupe d'Europe. "Ca leur apprendra!" Pourtant lorsque leurs champions gagnent on trouve difficilement plus chauvins que les français et dans ces moments il est bien mal venu de les critiquer. Etrange…

Des maîtres infaillibles


Maître Yoda


Il y a dans le monde des arts martiaux un phénomène un peu similaire. Lorsqu'on parle d'arts martiaux chacun à en tête l'image d'un maître impassible et invincible, mélange de Yoda de la Guerre des étoiles et Miyagi de Karaté Kid. Cette image idéalisée est parfois si forte que les pratiquants sont abasourdis lorsqu'ils découvrent que le maître qu'ils suivent n'est pas infaillible. Qu'il est un maître d'arts martiaux mais pas obligatoirement un saint. Qu'il lui arrive de trébucher ou de rater une technique. Et ceux qui cachent le moins leur face humaine sont souvent les plus critiqués…

Je fréquente certains des plus grands maîtres contemporains. Je n'en ai pas connu un seul qui n'ait pas de faiblesses ou de travers. Mais c'est dans leur acceptation de leurs faiblesses, de leur nature d'homme qu'ils sont réellement beaux.


Sur un sujet proche
"Kuroda, Tamura, Okamoto...maîtres et gentlemen."


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Al N 22/08/2008 11:55

Bon, cette fois-ci je vais essayé de pas tuer le blog ^^@Léo : Oui, à la reflexion je n'aurais peut être pas du élargir sur l'ensemble des sportifs. Mais pour avoir suivi les jeux (père oblige) j'ai vu pas mal de champions parler amoureusement de leur travail. En fait, je parlais de Laure Manaudou. Quand au fait d'avoir eu le temps de savoir ce qu'ils font... J'espère que pour eux qu'ils l'ont fait, parce qu'à leur ages il serait temps...pour ceux qui ont été programmés... peut-on se mentir à soi-même si longtemps, se dire à ce point heureux de gagner sans sentir au fond de soi qu'un truc sonne faux ?@ Benoit : je suis de ton avis. Quant à la peur, je crois que c'est elle qui mène à l'echec. Cela cré un obstacle bien plus consistant que dépasser ses capacités. Elle neutralise tout, nous limite, et donc on est persuadé qu'effectivement on est un navet et on lache.Pour ce qui est du gachis, ça dépend pour qui ;) Va dire à ces personnes que consacrer tout à quelque chose est ignorer d'autres apsects de la vie, ils te diront que c'est leur besoin, leur équilibre. Je suis plutot d'accord avec eux :)Mais effectivement, ça reste un avis :)Al

Léo Tamaki 22/08/2008 12:38



Bon le sujet est vaste et je suis en général plutôt critique des sportifs. Ce que je crois c'est qu'il ne faut tomber ni dans un travers ni dans l'autre, de l'adulation à la mise à mort.
Et il faudrait être un sacré sage pour ne pas tomber dans le piège des illusions quand tout votre entourage les entretient. Personnellement je doute d'en avoir été capable si j'avais été dans la
situation.

Léo




benoit bertin 21/08/2008 22:21

Bonjour Al,
 
 
Même si il se peut que j’interprète mal ton propos,  dans ce cas excuses m’en par avance, mais je me permets de te répondre :
 
Je suis d’accord avec toi  : je voulais juste mettre en opposition la passion/plaisir au concept de servitude/emprisonnement.  Par exemple  certaines personnes n’aiment pas du tout aller au boulot et d’autres personnes aiment leur boulot, et du coup ces dernières personnes acceuillent et franchissent  avec le sourire les  phases d’obstacles et de difficultés qui viendront ponctuer le boulot et c’est souvent  ceux là qui empécheront  les autres de se démoraliser si jamais ça devenait « tangent ». Là  dans notre sujet je trouve que c’est un peu pareil.  Mais je reconnais que j’ai du ici manquer de clarté.  Maintenant si comme je suppose ta question était « comment distinguer passion réelle et passion  dite aveugle », je crois alors ta question très a propos.
 
 De même, Je crois comme toi  que Certaines « erreurs » peuvent   bien sur être instructives, tu as  fort raison de  rappeler ce vaste thème,  cela étant dit,  je ne parlais pas, dans ces deux questions,  de pur plaisir de spéculer, rassures toi, mais tout simplement de « prudence tranquille/avertie» dans ses choix personnels. 
 
Pour le reste,  sans doute que d’autres développeront ce thème plus précisément que moi, mais pour tenter de résumer,  je crois dangereux de baser un système sur la peur de l’échec/imperfection ainsi que sur  la non acceptation de l’échec/imperfection et je trouve aussi dommage qu’une pratique quelconque  puisse venir « gâcher » les autres aspects de la jeunesse ou de la vie de quelqu’un,  situation que je crois assez fréquente.  
 
Voilà du moins le fond de ma pensée mais « la vérité est ailleurs »-)
 Benoit

Al. N. 21/08/2008 19:26

Erf, m'aime pas ton blog, tu veux bien enlever le doublon ? ^^ merci :)

Léo Tamaki 22/08/2008 10:35



Pas possible de modifier les commentaires, désolé.

Léo




Al. N. 21/08/2008 19:24

















Bonjour,
Je me permet de réagir sur ce que j'ai lu :) "Pour finir, je crois que l'essentiel est que l'idée de progression
et d'apprentissage ne nous empêchent pas  pour autant de vivre ni de
dormir ni ne nous emprisonnent et que le plaisir , la passion restent donc
intact."   Je suis à moitié d'accord. Je ne dirais pas que la passion emprisonne,
mais elle mène à des choix pas toujours facile qui limitent certains aspects de
la vie. Plus particulièrement quand on souhaite exceller dans un domaine,
toucher le plus haut, non pas pour se prouver quelque chose ou aux autres, mais
parce que c'est sa raison d'être, et que c'est une façon d'être satisfait de
façon bien plus durable qu'un toit, une voiture et des bébés. (Disons vouloir
mieux qu'être heureux) De ce fait, faire quelque chose qu'on aime sera toujours un plaisir, mais dans
la douleur aussi. Mais le principal, c'est d'être bien avec soi, quitte à
laisser derrière pas mal de choses. "Dans cette veine là: sans doute que bien prendre le temps de se demander
quelles sont nos vraies motivations pour pratiquer,  de cerner 
celles qui sont vraiment viables  et nos besoins réels,  sont sans
doute un élément qui permettrait de démarrer ou continuer les choses dans
les meilleures conditions possibles?  Le "vrai commencement"  a t-il lieu une fois qu'on a vaincu
ses illusions personnelles?  En tous cas je crois que ça  peut
être bénéfique, même si douloureux, de finir par "se regarder en
face". Je suis d'accord dans l'idée général si on désigne les illusions comme des
idées préconçues (comme un maître infaillible.) Sinon, je pense que de toute
façon l'on progresse à chaque instant et qu'on évolue sans cesse, donc il n'y a
jamais une ou plusieurs raisons ou vérités dans ce qu'on fait, quelque soit ce
dont on parle, mais toujours des illusions de vérités (oula je m'emballe). Pour moi, c'est trop complexe. Il vaut mieux se dire que c'est simplement ce
qu'on veut vraiment car ça apporte d'une façon ou d'une autre, en dehors de
toute recherche sur sa psychologie. Et se lancer quitte à se ramasser. Sinon la
personne risque de passer son temps à s'interroger et ne pas voir l'essentiel
(ou ne rien faire). Alors au lieu de se poser les questions avant et se
ramasser lamentablement après, évoluer avec sa passion me parait un bon
compromis. Ce qui me ramène à ton billet Léo : je ne dirais jamais qu'un champion n'a pas
le droit d'avoir d'état d'âme. Mais je pense, sans vouloir paraître dure, qu'il
savait pourquoi il le faisait et à quel prix, ou alors il s'est trompé. Dans ce
cas, bien sur on ne doit pas descendre au plus bas la personne, mais j'avoues
que je ne compatis pas. Déjà parce que je suis d'une méchante (héhé) mais aussi
parce que Laure Manaudou voulait être une championne. La meilleure. Elle a
quitté un faiseur de champion qu'elle jugeait trop dure pour quelque chose de
plus "laxiste". Que voulait-elle vraiment alors ? Le beurre, l'argent
du beurre, et le crémier...

Bonjour, Je me permet de réagir sur ce que j'ai lu :) "Pour finir , je crois que l'essentiel est que l'idée de progression
et d'apprentissage ne nous empêchent pas  pour autant de vivre ni de
dormir ni ne nous emprisonnent et que le plaisir , la passion restent donc
intact."   Je suis à moitié d'accord. Je ne dirais pas que la passion emprisonne,
mais elle mène à des choix pas toujours facile qui limitent certains aspects de
la vie. Plus particulièrement quand on souhaite exceller dans un domaine,
toucher le plus haut, non pas pour se prouver quelque chose ou aux autres, mais
parce que c'est sa raison d'être, et que c'est une façon d'être satisfait de
façon bien plus durable qu'un toit, une voiture et des bébés. (Disons vouloir
mieux qu'être heureux) De ce fait, faire quelque chose qu'on aime sera toujours un plaisir, mais dans
la douleur aussi. Mais le principal, c'est d'être bien avec soi, quitte à
laisser derrière pas mal de choses. "Dans cette veine là: sans doute que bien prendre le temps de se demander
quelles sont nos vraies motivations pour pratiquer,  de cerner 
celles qui sont vraiment viables  et nos besoins réels,  sont sans
doute un élément qui permettrait de démarrer ou continuer les choses dans
les meilleures conditions possibles?  Le "vrai commencement"  a t-il lieu une fois qu'on a vaincu
ses illusions personnelles?  En tous cas je crois que ça  peut
être bénéfique, même si douloureux, de finir par "se regarder en
face". Je suis d'accord dans l'idée général si on désigne les illusions comme des
idées préconçues (comme un maître infaillible.) Sinon, je pense que de toute
façon l'on progresse à chaque instant et qu'on évolue sans cesse, donc il n'y a
jamais une ou plusieurs raisons ou vérités dans ce qu'on fait, quelque soit ce
dont on parle, mais toujours des illusions de vérités (oula je m'emballe). Pour moi, c'est trop complexe. Il vaut mieux se dire que c'est simplement ce
qu'on veut vraiment car ça apporte d'une façon ou d'une autre, en dehors de
toute recherche sur sa psychologie. Et se lancer quitte à se ramasser. Sinon la
personne risque de passer son temps à s'interroger et ne pas voir l'essentiel
(ou ne rien faire). Alors au lieu de se poser les questions avant et se
ramasser lamentablement après, évoluer avec sa passion me parait un bon
compromis. Ce qui me ramène à ton billet Léo : je ne dirais jamais qu'un champion n'a pas
le droit d'avoir d'état d'âme. Mais je pense, sans vouloir paraître dure, qu'il
savait pourquoi il le faisait et à quel prix, ou alors il s'est trompé. Dans ce
cas, bien sur on ne doit pas descendre au plus bas la personne, mais Laure
Manaudou voulait être une championne. La meilleure. Elle a quitté un faiseur de
champion qu'elle jugeait trop dure pour quelque chose de plus
"laxiste". Que voulait-elle vraiment alors ?
Bon je files avant que mon ancien senseï se fâche de mon paté. Joli blog (à l'image de son auteur ;) ) Al





Bonjour,
Je me permet de réagir sur ce que j'ai lu :) "Pour finir, je crois que l'essentiel est que l'idée de progression
et d'apprentissage ne nous empêchent pas  pour autant de vivre ni de
dormir ni ne nous emprisonnent et que le plaisir , la passion restent donc
intact."   Je suis à moitié d'accord. Je ne dirais pas que la passion emprisonne,
mais elle mène à des choix pas toujours facile qui limitent certains aspects de
la vie. Plus particulièrement quand on souhaite exceller dans un domaine,
toucher le plus haut, non pas pour se prouver quelque chose ou aux autres, mais
parce que c'est sa raison d'être, et que c'est une façon d'être satisfait de
façon bien plus durable qu'un toit, une voiture et des bébés. (Disons vouloir
mieux qu'être heureux) De ce fait, faire quelque chose qu'on aime sera toujours un plaisir, mais dans
la douleur aussi. Mais le principal, c'est d'être bien avec soi, quitte à
laisser derrière pas mal de choses. "Dans cette veine là: sans doute que bien prendre le temps de se demander
quelles sont nos vraies motivations pour pratiquer,  de cerner 
celles qui sont vraiment viables  et nos besoins réels,  sont sans
doute un élément qui permettrait de démarrer ou continuer les choses dans
les meilleures conditions possibles?  Le "vrai commencement"  a t-il lieu une fois qu'on a vaincu
ses illusions personnelles?  En tous cas je crois que ça  peut
être bénéfique, même si douloureux, de finir par "se regarder en
face". Je suis d'accord dans l'idée général si on désigne les illusions comme des
idées préconçues (comme un maître infaillible.) Sinon, je pense que de toute
façon l'on progresse à chaque instant et qu'on évolue sans cesse, donc il n'y a
jamais une ou plusieurs raisons ou vérités dans ce qu'on fait, quelque soit ce
dont on parle, mais toujours des illusions de vérités (oula je m'emballe). Pour moi, c'est trop complexe. Il vaut mieux se dire que c'est simplement ce
qu'on veut vraiment car ça apporte d'une façon ou d'une autre, en dehors de
toute recherche sur sa psychologie. Et se lancer quitte à se ramasser. Sinon la
personne risque de passer son temps à s'interroger et ne pas voir l'essentiel
(ou ne rien faire). Alors au lieu de se poser les questions avant et se
ramasser lamentablement après, évoluer avec sa passion me parait un bon
compromis. Ce qui me ramène à ton billet Léo : je ne dirais jamais qu'un champion n'a pas
le droit d'avoir d'état d'âme. Mais je pense, sans vouloir paraître dure, qu'il
savait pourquoi il le faisait et à quel prix, ou alors il s'est trompé. Dans ce
cas, bien sur on ne doit pas descendre au plus bas la personne, mais j'avoues
que je ne compatis pas. Déjà parce que je suis d'une méchante (héhé) mais aussi
parce que Laure Manaudou voulait être une championne. La meilleure. Elle a
quitté un faiseur de champion qu'elle jugeait trop dure pour quelque chose de
plus "laxiste". Que voulait-elle vraiment alors ? Le beurre, l'argent
du beurre, et le crémier...

Bonjour, Je me permet de réagir sur ce que j'ai lu :) "Pour finir , je crois que l'essentiel est que l'idée de progression
et d'apprentissage ne nous empêchent pas  pour autant de vivre ni de
dormir ni ne nous emprisonnent et que le plaisir , la passion restent donc
intact."   Je suis à moitié d'accord. Je ne dirais pas que la passion emprisonne,
mais elle mène à des choix pas toujours facile qui limitent certains aspects de
la vie. Plus particulièrement quand on souhaite exceller dans un domaine,
toucher le plus haut, non pas pour se prouver quelque chose ou aux autres, mais
parce que c'est sa raison d'être, et que c'est une façon d'être satisfait de
façon bien plus durable qu'un toit, une voiture et des bébés. (Disons vouloir
mieux qu'être heureux) De ce fait, faire quelque chose qu'on aime sera toujours un plaisir, mais dans
la douleur aussi. Mais le principal, c'est d'être bien avec soi, quitte à
laisser derrière pas mal de choses. "Dans cette veine là: sans doute que bien prendre le temps de se demander
quelles sont nos vraies motivations pour pratiquer,  de cerner 
celles qui sont vraiment viables  et nos besoins réels,  sont sans
doute un élément qui permettrait de démarrer ou continuer les choses dans
les meilleures conditions possibles?  Le "vrai commencement"  a t-il lieu une fois qu'on a vaincu
ses illusions personnelles?  En tous cas je crois que ça  peut
être bénéfique, même si douloureux, de finir par "se regarder en
face". Je suis d'accord dans l'idée général si on désigne les illusions comme des
idées préconçues (comme un maître infaillible.) Sinon, je pense que de toute
façon l'on progresse à chaque instant et qu'on évolue sans cesse, donc il n'y a
jamais une ou plusieurs raisons ou vérités dans ce qu'on fait, quelque soit ce
dont on parle, mais toujours des illusions de vérités (oula je m'emballe). Pour moi, c'est trop complexe. Il vaut mieux se dire que c'est simplement ce
qu'on veut vraiment car ça apporte d'une façon ou d'une autre, en dehors de
toute recherche sur sa psychologie. Et se lancer quitte à se ramasser. Sinon la
personne risque de passer son temps à s'interroger et ne pas voir l'essentiel
(ou ne rien faire). Alors au lieu de se poser les questions avant et se
ramasser lamentablement après, évoluer avec sa passion me parait un bon
compromis. Ce qui me ramène à ton billet Léo : je ne dirais jamais qu'un champion n'a pas
le droit d'avoir d'état d'âme. Mais je pense, sans vouloir paraître dure, qu'il
savait pourquoi il le faisait et à quel prix, ou alors il s'est trompé. Dans ce
cas, bien sur on ne doit pas descendre au plus bas la personne, mais Laure
Manaudou voulait être une championne. La meilleure. Elle a quitté un faiseur de
champion qu'elle jugeait trop dure pour quelque chose de plus
"laxiste". Que voulait-elle vraiment alors ?
Bon je files avant que mon ancien senseï se fâche de mon paté. Joli blog (à l'image de son auteur ;) ) Al

Léo Tamaki 22/08/2008 10:33



Salut Alice,

Concernant le champion il ne faut pas se méprendre. Personnellement je respecte les efforts que font les athlètes même si c'est un monde que je trouve vain et qui ne m'intéresse absolument
pas.
En revanche il ne faut pas oublier que ce sont des gens qui généralement grandissent très tôt dans un milieu ultra-compétitif, qu'ils ne connaissent que ça et qu'étant très jeunes ils n'ont pas
eu comme toi ou moi la chance de grandir dans un milieu plus "classique". Ils ont dû se chercher des valeurs dans un monde impitoyable où domine l'argent. Difficile d'être équilibré
ensuite...
Et la plupart sinon tous ont commencé leur activité comme un loisir, pour le plaisir ou simplement parce que leurs arents les avaient inscrits là. Je n'aborde même pas le cas des enfants
programmés par leurs parents pour être champions... Alors la volonté d'être champion vient-elle au fond d'eux-mêmes?
Un champion a-t-il le recul nécessaire pour faire ses choix?

Je crois qu'il ne faut pas juger les gens sur nos expériences car le monde des sportifs de haut niveau est réellement à part. Je n'aborde pas non plus tous ceux qui sont restés sur la route,
doués mais pas assez soldes pour remporter le moindre titre. Au moins Laure Manaudou a-t-elle réussi à devenir une championne et aura retiré des bénéfices financiers de ses efforts. Aux autres le
souvenir des sacrifices et des défaites dans un monde où seule la victoire compte.

A bientôt ;-)

Léo




benoit bertin 20/08/2008 21:06

Oups c'est vrai que stimuler l'imaginaire  Et/ou suivre un mentor ne sont pas forcément négatifs, comme tu l'as dit c'est ,en gros,   du "quitte ou double", probablement question de divers paramètres.. Mais comme le sujet semblait insister sur la dénonciation des idéalisations et comme je n'ai sans doute pas été très précis....Tout cela soulève des notions pas évidentes à manier c'est vrai.  Et il y a probablement une bonne part de "cas par cas" . Mais sur toute la ligne, je suis d'accord avec ce que tu as justement très concisément  expliqué dans ce sujet. Intéressante optique que de chercher à cerner ce que le budo peut apporter et ce qu'il ne peut pas apporter.  Dans cette veine là: sans doute que bien prendre le temps de se demander quelles sont nos vraies motivations pour pratiquer,  de cerner  celles qui sont vraiment viables  et nos besoins réels,  sont sans doute un élément qui permettrait de démarrer ou continuer les choses dans les meilleures conditions possibles? Le "vrai commencement"  a t-il lieu une fois qu'on a vaincu ses illusions personelles?  En tous cas je crois que ça  peut être bénéfique, même si douloureux, de finir par "se regarder en face". Pour le reste c'est intéressant comme  thème de fixer comme critère de maitrise des arts martiaux le fait de par exemple "faire face" à certains types de situation ou présenter certaines habilités alors même que des facteurs exterieurs pourraient venir limiter les aptitudes d'une personne dans certaines situations.... vaste sujet AmicalementBenoit

Léo Tamaki 22/08/2008 10:22



Il y a un proverbe dont je ne me souviens ni de l'origine ni du détail mais qui dit en gros "Mieux vaut passer trois ans à chercher un maître que pratiquer avec un mauvais maître".
Il faut en effet savoir ce que l'on veut exactement, ce que l'on attend de sa pratique. Et tu as raison d'évoquer l'importance de se demander quelles sont les véritables motivations qui nous
poussent à pratiquer.

Amicalement,

Léo



benoit bertin 19/08/2008 21:18

Bonsoir Léo, Sympathique  et intéressant sujet, trop rarement évoqué, merci de l'avoir lancé . Bon attention ce message est un peu long. Dans pas mal de domaines, rejeter voire conspuer son ancienne "idole/mentor" me semble être un mécanisme bien humain, le mépris et le rejet étant alors souvent inversement proportionnels à l'adulation ou aux reves de jadis. Pas si étonnant que ça au fond.... (pour le cas précis des champions en revanche le problème me semble être surtout la pression que leur impose le public) Peut être même avons nous tous été comme ça au moins une fois, ne serait-ce qu'avec les héros de notre enfance dont on peut parfois "avoir  honte" quelques années après, par exemple, qui sait?? Mais je crois que c'est aussi quelque chose d"égoiste " de vouloir son idole ou de se chercher un mentor a tout prix pour soi. Mais dans  ce genre d'histoire  qui a commencé?? Celui qui se faisait des illusions? La personne ayant fait l'objet de ces illusions?? ou les deux???  Une relation saine entre un enseignant et un élève  ne me semble pas si impossible que ça: par exemple comment on faisait à l'école avec les profs qu'on aimait bien?-) Je trouve que le pire c'est ceux qui pour faire valoir leur égo (ou pour compenser je ne sais quoi), induisent , entretiennent ou accroissent ces illusions que les gens  pourraient se faire. Par exemple  les messieurs dames qui la jouent "je te connais comme si je t'avais fait et j'en sais plus sur toi que toi tu ne le peux  en savoir  et ce dans tout domaine" (un grand classique me diras tu), tout ça pour tenter de nous impressioner, de nous destabiliser, puis de faire intrusion dans notre esprit ou dans  la vie de leurs nouveaux adorateurs.....  jouant alors sur des notions de "perfection" somme toute en fait très très subjectives et illusoires... Ces gens la sont d'ailleurs souvent nettement moins surs d'eux face aux gens qui sont contents de leur propres défauts et/ou qui ne partagent pas leur système de valeurs, comme par hasard... Pour les arts martiaux, s'intérresser a la dimension purement technique me semble être une saine démarche, j'estime que le reste, les autres aspects restent une demarche facultative pour la pratique et strictement personnelle et subjective. (depuis quand ce qui est bon pour une personne sera forcément bon pour tout le monde?? lol)Le mythe des maitres à mon avis procede un peu du même type de fantasme que quand on revait de musclor et de goldorak... passé l'enfance fallait bien trouver quelque chose pour continuer incognito ce genre de transferts....-)Enfin j'ai bien aimé la fin de l'article aussi: connaitre ses propres forces et faiblesses (c'est comme ça d'ailleurs que se concluent des "voyages initiatiques " du genre "bilbo le hobbit" ou des desilusions un peu plus "realistes" dans "la plage", sans doute pas un hasard, oups je digresse...). En effet je crois que "mieux connaitre ses qualités et défauts" c'est, au mieux, ce a quoi on peut aspirer , mais justement cette vitrine la est nettement moins dorée ..... C'est aussi pour ça que je crois que cela demande d'etre un minimum "solide" et "équilibré" dés le depart.  La "récup" du genre "ca va vous aider pour votre bien être personnel venez ca va vous aider a devenir un être parfait et épanoui" me semble en fait être la mode dans les pubs pour tous les sports, et pas que les arts martiaux, même les clubs théatre ou autres associations culturelles s'y mettent à ce discours là....En tous cas je crois qu'il est rare qu'une désillusion se fasse sans douleur aucune.  Piur finir , je crois que l'essentiel est que l'idée de progression et d'aprentissage ne nous empechent pas  pour autant de vivre ni de dormir ni ne nous emprisonnent et que le plaisir , la passion restent donc intact.  voila mon avisamicalementBenoit 

Léo Tamaki 20/08/2008 18:01


Bonsoir Benoît,


Effectivement le rejet est souvent proportionnel à l'adulation qui l'a précédée... Il est d'ailleurs souvent la preuve de fidélité d'une nouvelle "allégeance" lorsqu'on est dans le domaine
martial.

Pour les champions la pression du public est probablement forte mais je pense qu'il y a aussi celle des sponsors, de l'entourage et surtout celle qu'ils se mettent seuls, probablement la plus
dure à dépasser.

Avoir un mentor ou une idole sont évidemment deux choses assez différentes même si il y a des points communs. En tout état de cause cela peut aller d'une relation positive à quelque chose de très
négatif...

Dans les arts martiaux la difficulté consiste à comprendre ce que peut nous apporter un maître et ne pas s'imaginer ce qu'il peut nous offrir. Si il y a bien évidemment des pseudos maîtres qui
jouent au gourou, il y a surtout beaucoup de gens perdus qui cherchent plus que ce que sont les voies martiales. C'est un sujet très délicat.

S'intéresser à l'aspect purement technique? Personellement je crois que ce serait s'intéresser au véhicule au détriment du chemin...

En revanhce je suis d'accord avec toi, il vaut mieux être "équilibré" avant de prendre la route... La pratique desBudo ne doit pas être vue comme une psychothérapie.

Amicalement,

Léo




Furansuzen 18/08/2008 19:59

Oui tu as raison, j'ai personnellement tendance à croire qu'un maître est un "saint", ou tout du moins "sain" d'esprit, d'âme et de corps... Mais l'expérience m'a appris qu'un maître est un homme comme un autre avec ses forces et faiblesses. Mais quand même... J'ai quand même envie de croire que la pratique des Arts Martiaux "bonifie", "assagit" un être humain... Qu'il arrive à voir l'essentiel des choses sans  perdre du temps sur des choses qui ne le feront pas avancer. e n'imagine pas un maître ivrogne ou drogué par exemple... Je ne sais pas... S'il est justement un maître, ne devrait-il pas être un exemple de justesse, de sagesse pour ceux qui le suivent? Qui l'écoutent?Fu

Léo Tamaki 19/08/2008 04:55



Malheureusement le terme que l'on traduit généralement par maître est celui de senseï au Japon. C'est un terme finalement assez commun et qui est lié à un domaine de connaissance particulier.
Le fait de voir les arts martiaux comme méthode d'éducation est assez récent et les grands adeptes du passé n'étaient pas tous de grands philosophes à l'esprit éclairé. Bien entendu si la
pratique peut amener les gens à évoluer aux plans à la fois physiques et spirituels, tant mieux. Mais il faut bien comprendre qu'en France par exemple un enseignant d'arts martiaux ne reçoit
aucun enseignement spirituel! Les diplômes ne sanctionnent que des connaissances techniques. Et il en est très générlement de même au Japon.
Attendre plus qu'une compétence technique peut être dangereux. Un professeur d'arts martiaux ne reçoit pas plus d'enseignement spirituel qu'un entraîneur de foot. Il y a malheureusement trop de
personnes qui jouent au petit gourou aujourd'hui et ne se rendent pas compte des risques.

Je vis la pratique comme une voie mais je n'ai jamais eu la prétention de guider qui que ce soit sur un plan autre que technique. Un comportement adapté aux circonstances permettant d'être un
exemple peut être bénéfique. Au-delà, donner des conseils sur la vie spirituelle, sentimentale, professionelle ou autre me semble totalement hors de propos...

Les exemples de senseïs alcooliques sont légions! Je dirai même plus que les maîtres ne buvant pas sont de très très rares exceptions. Après ils restent (généralement :D) dignes même en ayant bu,
et surtout aptes à réagir.
Ceux qui les suivent doivent savoir qu'ils offrent une compétence technique. La sagesse est parfois présente. Parfois pas.

Léo




Seb 18/08/2008 12:04

Oui c'est vrai, les français sont tellement critiques quand les choses vont mal, il faut toujours chercher un coupable. C'est bien regrettable.

Léo Tamaki 19/08/2008 04:44



Oui, et les voix discordantes sont aussi rares à défendre ceux qui sont critiqués qu'à remettre les choses en perspectives lors des phases d'adulation...

Léo




Scott 18/08/2008 11:07

Salut LeoDavid Lowry has written some good essays on this : the role of teachers and how they are (wrongly) perceived by many people.  i have a lot of his books - i'll try to find the one with this essay and forward it to you.Ciao!, scott

Léo Tamaki 19/08/2008 04:38



Hi Scoot,

Nice to read you!

Oh please let me know about the book. Mr Lowry's essays are always very interresting. I'd be glad to read this one too. In Martial traditions Mr Amdur wrote also on the same subject.

Ciao ;-)

Leo




Shotokan 17/08/2008 14:12

Bonjour Leo!Entièrement d'accord avec toi. On a tôt fait de bruler nos idoles quand ils s'avèrent qu'eux aussi peuvent avoir des défaillances. Je trouve ça un peu limite voire scandaleux.Pour l'exemple de Laure Manaudou, une fois de plus la médiatisation a fait une victime. On l'a encensé, maintenant on la relègue au second plan. Oui comme tu dis "bien fait pour elle". Mais on oublie qu'elle a été tout de même une grande championne a même pas 20ans. Elle a surclassé la natation féminine mondiale pendant 4 ans. Sans doute trop jeune pour elle.......? La mise en lumière de son talent par les médias l'a achevé. Elle a fait des erreurs! Oui! Mais qui n'en fait pas? Surtout à 20 ans.Oui c'est un syndrome franco-français de détruire ce qu'on a aimé parce qu'en France on accepte pas la réussite des gens. P.S: Ca fait du bien de pouvoir te relire Amicalement

Léo Tamaki 19/08/2008 04:36



Bonjour Shotokan,

C'est en effet scandaleux et pathétique comme comportement. Cela dit je trouve que l'engouement exagéré est aussi stupide.

Quand à Laure Manaudou elle a (et sera sans doute encore) été une très grande championne.

La France aime en effet à brûler ses idoles et il ne fait pas trop bon avoir une réussite trop éclatante.

Amicalement,

Léo