Budo no Nayami

La transmission dans les arts martiaux

8 Novembre 2008 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Novembre 2008

J'ai posté il y a quelques jours un article en deux parties sur la transmission dans les arts martiaux sur Tsubakijournal (partie 1 et 2).


Mifune Kyuzo et Kano Jigoro


Bien entendu il est impossible de faire plus que survoler un tel sujet en quelques lignes et cet article n'a d'autre ambition que d'introduire le problème ou de faire naître quelques réflexions.

Voici un bref extrait de la fin qui ouvre un peu le sujet:

La preuve par Ueshiba

En ce sens l'exemple de Ueshiba est frappant car si sa pratique peut paraître incompréhensible dans certaines de ses démonstrations, pas une des personnes ayant pratiqué avec lui n'a déclaré avoir chuté par complaisance. Cela alors même qu'occasionnellement il a pu être critiqué sur d'autres sujets.
Au contraire les témoignages d'experts ne pratiquant pas l'Aïkido ou de personnes ayant essayé de le tester comme Terry Dobson sont légions et décrivent une efficacité "hors du commun", "incompréhensible". Au Japon il existe d'ailleurs un proverbe qui dit "Le propre du véritable Aïkido est d'avoir l'air faux.".
Depuis longtemps disparu la pratique de Ueshiba commence toutefois à être occasionnellement remise en question par des personnes ayant seulement vu des vidéos de lui. On peut craindre qu'une fois tous les témoins disparus le processus ne s'accélère tant sa pratique est hors du commun.



Ueshiba Moriheï


Aussi incroyable que cela puisse paraître il est malheureusement aujourd'hui fréquent que des gens se permettent de juger des maîtres de l'envergure de Ueshiba Moriheï, Kano Jigoro ou Funakoshi Gichin uniquement sur la base de photos ou de vidéos… Un rapide coup d'œil aux commentaires sous les films de ces géants sur Youtube laisse triste et perplexe.
Il ne s'agit pas de déifier qui que ce soit mais:
-de rester humble devant des maîtres que très très peu ont la compétence pour juger,
-de comprendre les limites d'un film ou d'une vidéo,
-de faire preuve de respect envers des personnes disparues.


Funakoshi Gichin


J'ai évoqué le sujet avec Suga senseï dans sa dernière interview dans le numéro actuel de Dragon. Voici ce qu'il m'a répondu:

A propos de chutes, pensez-vous que, notamment à la fin de la vie d'Osenseï, il y avait des élèves qui chutaient par complaisance?
Je vais vous raconter une anecdote.
Maître Takano Sukesaburo (aussi appelé Sazaburo) a longtemps été considéré comme le meilleur kendoka du 20ème siècle. Dans sa jeunesse il a combattu contre Yamaoka Tesshu. Tesshu avait presque cinquante ans. Comme il est mort à cinquante-deux ans cela s'est passé à la fin de sa vie.
Durant le combat Takano frappa énormément tandis que Tesshu ne donnait quasiment aucun coup. De temps en temps il donnait simplement un léger tsuki. Takano se dit alors que maître Tesshu avait vieilli.
Une fois l'entraînement fini il enleva son casque et eu la soudaine sensation d'avoir un énorme trou dans la gorge. Les quelques tsuki légers de Tesshu étaient en réalité de véritables coups. C'était totalement différent de la débauche d'énergie et des gesticulations de pratiquants jeunes et dynamiques mais sans véritable efficacité. Chaque geste de Tesshu était définitif. Si quelqu'un ne le ressentait pas il n'avait pas le niveau.
Pour Maître Ueshiba c'est la même chose. Il pouvait faire plus mais ces simples gestes qui pouvaient n'avoir l'air de rien étaient suffisants. J'ai eu ce sentiment là de temps à autre avec Tamura senseï. Il m'arrive de lui faire face et d'être effrayé parce que je sais que si j'attaque je serai coupé ou je recevrai plusieurs atemi. Aujourd'hui beaucoup d'élèves ne ressentent pas cela. Ils n'ont pas cette sensibilité donc ils n'ont pas peur.


Yamaoka Tesshu


A l'époque un de mes amis plus avancé m'a raconté cette histoire. Il voulait attaquer Osenseï et l'attendait dans un coin avant le début du cours. Un quart d'heure avant le début maître Ueshiba est venu vers le dojo. Arrivé à sept ou huit mètres il s'est arrêté et est reparti pour revenir juste avant le début du cours.
Est-ce qu'Osenseï avait senti cela? Bien sûr il s'agit sans doute d'une coïncidence. Mais n'est-ce pas un choix? N'avait-il pas senti l'attaque? Déjà âgé il n'aurait sans doute pas eu d'autre choix que de blesser un jeune homme et il a préféré revenir plus tard pour le préserver.

Vous n'avez donc jamais eu l'impression qu'il y avait de la complaisance lorsque vous assistiez aux cours?
(rires) J'étais jeune et débutant. Alors un jour j'ai demandé à Maruyama senseï qui était un élève d'Osenseï: "Est-ce que vous ressentez vraiment quelque chose? Vous êtes réellement obligé de chuter?". J'avais dix-sept ans et j'ai pu me permettre de demander cela. Il m'a dit: "Oui, on sent réellement quelque chose.".
D'extérieur on voit une personne chuter alors qu'il semble n'y avoir qu'un simple geste. Mais il faut bien comprendre ce qu'il y a derrière, ce qui se passe réellement entre les deux êtres, pas juste ce qu'une vidéo a pu saisir.



Stage de Bruxelles en décembre, logement

Il est actuellement possible de réserver une chambre pour deux personnes au tarif de 50€.





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Eric 11/11/2008 21:05

Ok on est d'accordA+ Leo

Léo Tamaki 11/11/2008 23:19


Ahh :D

A+

Léo


Eric Segura 11/11/2008 15:07


Salut Leo, Je n'ai pas dis "principes assez simples d'application" mais "mouvements basés sur des déplacements, des déséquilibres somme toute assez simple d'application" pour un débutant par exemple, ce qui est tout de même très différent, je n'ai pas encore cette prétention de maîtriser le principe ;-DLapsus méritant rectification tout de même ! :-)Amicalement Eric

Léo Tamaki 11/11/2008 15:43



Salut Eric,

Oh! Ai-je écrit que tu parlais de "principes assez simples d'application"? Je ne crois pas mais si c'est le cas je m'en excuse. Je n'ai pas retrouvé cela dans ma réponse mais je retournerai y
jeter un oeil au réveil ;-)

Cela dit, je ne suis pas non plus d'accord avec le fait que les "mouvements basés sur des déplacements, des déséquilibres" soient "somme toute assez simples d'application", surtout "pour un
débutant". Je crois que c'est une illusion lorsqu'on ne regarde que la "mécanique" extérieure. Et c'est pour cela qu'un pratiquant à beau prendre exactement les mêmes angles et positions que
Tamura senseï par exemple, et donc faire le même geste extérieur, son geste n'aura absolument pas le même effet tant qu'il ne bougera pas de la même façon à l'intérieur...
C'est pourquoi il est vain de chercher à apprendre par livres ou vidéos interposées et que seul le contact DIRECTet répété avec le maître permet d'avoir une chance de sentir ce qu'il faut faire.
Les divers ouvrages ne servant qu'à satisfaire une curiosité intellectuelle, mais c'est déjà beaucoup.

Amicalement,

Léo



Benoit 11/11/2008 05:52

Rebonsoir Léo, ah loin de moi l'idée de faire choisir comme au supermarché. S'agissant, à la limite , de "choix qui s'imposent à nous",  je parlais en fait tout simplement du fait que le pratiquant puisse parfois se sentir comme balloté entre l'envie/ besoin d'adapter la pratique à soi et de s'adapter à sa pratique: question de justes proportions , de circonstances, de patience et d'équilibre sans doute? Cette sensation est elle réelle ou illusoire?? En tous cas je ne crois pas que l'on puisse choisir les difficultés auxquelles une pratique peut nous confronter.  Je suis d'accord qu'il serait dommage à bien des titres de ne pas chercher à apprendre de façon complète le système de l'école choisie. Faire ce qui est demandé par l'enseignant me semble aussi être le minimum de savoir vivre à avoir, mais je crois que ce thème ainsi que le thème intéressant des limites réelles ou illusoires du pratiquant appellent un autre paramètre: la sincérité et la confiance dans la relation professeur-élève, du "quitte ou double" d'une certaine manière. Mais cette confiance et sincerité se construisent-elles uniquement à la force du temps? (dans le cas ou ça a bien accroché) Est-il illusoire de croire qu'elle puisse être définitive d'un coté comme de l'autre? (car combien de cas de gens brouillés avec leur enseignant, même après de longues années, sont visibles ça et là..). Merci du tuyeau pour le livre. Pour le paramètre santé, a l'époque des combats à mort je suppose que l'espérance de vie de l'époque devait probablement être moins grande que maintenant et donc expliquer ce relèguement au second plan??? Pour le reste, bel exemple que shu ha ri,  et  comme toi, je crois important en effet de ne pas se laisser aveugler par des préconceptions ou par des impressions d'acquis, aucune impression ou conclusion n'étant définitive.  amicalement Benoit 

Léo Tamaki 11/11/2008 15:32


Bonjour Benoît,


Je comprends ton point de vue. Il peut sembler logique que le pratiquant choisisse ce qu'il "sent" le mieux, qu'il arrive à faire fonctionner naturellement et spontanément. C'est là à mon avis
que se situe le danger. L'élève doit se confronter à la difficulté afin, non pas d'améliorer ses aptitudes, mais de modfier fondamentalement l'utilisation de son corps. C'est un processus
difficile et frustrant mais passionant.

Effectivement la relation entre un professeur et son élève est très importante. C'est pourquoi il importe de ne pas choisir un enseignant parce qu'il dispense ses cours à côté de chez soi, qu'il
n'est pas cher ou qu'il fait de belles pubs...
Choisir un bon enseignant est une étape très importante qui nécessite généralement du temps.
Quand au fait de savoir si la confiance est le fruit du temps cela sous-entendrait qu'au départ on vient méfiant. Cela ne me semble pas une attitude correcte. Bien sûr il ne faut pas arriver prêt
à avaler n'importe quoi en étant trop enthousiaste. Mais après avoir choisi son enseignant on se doit de lui faire confiance. Immédiatement. Sinon il faut continuer à chercher.
Bien sûr il est possible que cette confiance soit trahie, on ne peut être à l'abri de tout. Mais si l'on a patiemment cherché c'est un risque que l'on peut se permettre de courir.

Au niveau de la santé les guerriers devaient d'abord se préoccuper de leur survie immédiate. Petit à petit les méthodes ont dû se débarasser des exercices nocifs pour le corps. Une chose à savoir
toutefois est que nos ancètres vivaient bien plus leur corps et étaient plus sensibles et à l'écoute. Ils ne se reposaient pas sur la science et les médecins...

Amicalement,

Léo



Benoit Bertin 10/11/2008 15:38

Intéressant et vaste sujet. Pour la relation prof-élève, je rejoinds ce qui a été dit. Je crois qu'il n'est pas forcément facile de trouver un bon technicien simultanément bon pédagogue, mais je crois qu'un autre critère peut/(doit?) aussi rentrer en ligne de compte, pouvant parfois contrebalancer tout autre choix précédent: l'"ambiance"  Parfois observer les élèves présents depuis plusieurs années semble être assez instructif sur la mentalité, la pédagogie et le potentiel technique du club. Une proposition de "critères décisifs": celui qui insuffle à l'élève une structuration psychomotrice et des stratégies propres à la discipline choisie et qui laisse l'élève sélectionner et approfondir peu à peu ce qui lui va à lui (et qui n'ira pas forcément au prof ou à un autre élève et inversement)??? Le risque de "devenir une copie de son prof mais en moins aguerri" est il alors grand? Dans quelle mesure?  Je crois que le 'processus d'identification au professeur" est probablement une étape, mais ça me semble un thème vaste et complexe. Car comment expliquer que "relativement souvent" un élève, même devenu expert n'enseigne pas exactement les mêmes choses que son maitre?  Outre la méthode et les orientations purement personelles, le "talent " est il vraiment transmissible? Si oui,  jusque dans quelle mesure?  Croire que l'on pourra forcément faire comme le prof ou comme les sempai les plus avancés me semble être dangereux.  Le but est-il de "devenir bon combattant" ou plutôt  de "découvrir ce pour quoi on est fait et que l'art nous permet de faire en accord avec nos capacités propres"? Cela étant, avant de risquer de vouloir "tout laisser reposer sur l'enseignant" je crois qu'une relation élève professeur se fait à deux, et je n'ai donc effleuré ici que 50% des paramètres existant... ( car les écoles qui n'hesitent pas à refuser ou exlure ou sélectionner un élève me semblant de plus en plus rares)Pour les "principes techniques" je crois que "simple" est très différent de "facile". Et ces principes me semblent avoir le chic pour être "simples" (parceque dans le cas contraire , je doute que l'on aurait alors pu les faire ressortir et les théoriser sous forme de "principes")Pour le reste , est -il hasardeux de découper le problème en globalement deux catégories????(dans ce cas je pensais à): A ) les approches cherchant à surtout ne jamais se reposer sur des capacités athlétiques, pronant dès le départ l'économie de moyens même pour les "débutants". B ) les approches cherchant à rajouter du physique dans sa technique, (disant généralement aux élèves que l'"économie de moyens" n'est accessible qu'à l'élève avancé ... )Cela dit, pour pouvoir dire "art martial" , ne faut-il pas toutefois garder une "clé de voute" ( d'une manière ou l'autre) : l'efficience psychomotrice? La "préservation du corps" entrant à un moment ou l'autre dans l'équation, peut on dire que pour être qualifié de traditionnel un art doit forcément comporter, outre l'efficience psychomotrice, une partie "santé"? Ou alors cela n'est pas une règle absolue?  (parfois on isole martial et santé en disciplines distinctes) voila du moins mon avisamicalementbenoit

Léo Tamaki 10/11/2008 23:00






Bonjour Benoît,


 


"Pour la relation prof-élève, je rejoins ce qui a été dit. Je crois qu'il n'est pas forcément facile de trouver un bon
technicien simultanément bon pédagogue, mais je crois qu'un autre critère peut/(doit?) aussi rentrer en ligne de compte, pouvant parfois contrebalancer tout autre choix précédent:
l'"ambiance"  



Parfois observer les élèves présents depuis plusieurs années semble être assez instructif sur la mentalité, la pédagogie et le potentiel technique du club. "


 


Je dirai qu'une ambiance correcte est la conséquence d'une pédagogie juste et non un critère indépendant pouvant
contrebalancer les autres. Effectivement l'attitude et le niveau d'élèves anciens permet de se faire une idée de l'efficacité d'une méthode.


 


"Une proposition de "critères décisifs": celui qui insuffle à l'élève une structuration psychomotrice et des
stratégies propres à la discipline choisie et qui laisse l'élève sélectionner et approfondir peu à peu ce qui lui va à lui (et qui n'ira pas forcément au prof ou à un autre élève et
inversement)??? Le risque de "devenir une copie de son prof mais en moins aguerri" est il alors grand? Dans quelle mesure? "


 


Je ne crois pas que l'élève soit en droit, comme dans un supermarché, de venir sélectionner ce qui lui convient. Il me
semble plutôt qu'il doit suivre les indications de son enseignant, qui pourront être de faire quelque chose de différent ou de semblable. L'élève n'a pas, avant très longtemps si l'on considère
une pratique de quelques heures hebdomadaires, la capacité de juger ce qui est bon ou pas pour lui.



"Je crois que le 'processus d'identification au professeur" est probablement une étape, mais ça me semble un thème vaste et complexe.


Car comment expliquer que "relativement souvent" un élève, même devenu expert n'enseigne pas exactement les
mêmes choses que son maitre?  Outre la méthode et les orientations purement personnelles, le "talent " est il vraiment transmissible? Si oui,  jusque dans quelle
mesure?  "


 


Tout dépend du but de la pratique. Si l'on cherche un loisir, l'identification au professeur est superflue. Une imitation
lors de l'apprentissage est suffisante. En revanche si l'on cherche la maîtrise de l'art c'est une étape indispensable. Voici ce qu'en dit Toshiro Suga dans sa dernière interview:


"… Shu, ha et ri sont trois étapes qui sont suivis par les voies traditionnelles japonaises classiques. En simplifiant
on peut dire que shu correspond à l'intégration, c'est une période où l'élève travaille dans une imitation totale de son maître. Ha est la période "destructrice". L'élève travaille dans des
directions parfois opposées à celle de son maître et fais le maximum d'expériences possibles afin de s'approprier ce qu'il a reçu dans l'étape précédente. Finalement le dernier stade, ri, est
l'expression véritable de l'art que l'élève, devenu maître à son tour, a développé. Il est au-delà de la dualité et ne cherche ni à imiter ni à se différencier. Il est devenu son art et l'art
s'exprime spontanément à travers lui…"


 


Ainsi il est naturel que l'élève, devenu maître à son tour n'enseigne pas obligatoirement, et même rarement les mêmes choses
ou de la même manière que celui auprès duquel il a étudié. Attention, cela ne se mesure pas en termes d'années. Je connais très peu de personnes qui ont dépassé le premier niveau, quels que
soient leurs grades. Pourtant j'en rencontre énormément qui agissent comme s'ils étaient au troisième.


Concernant le talent, il n'est bien sûr pas transmissible. En revanche la compétence l'est. Quelqu'un de talentueux arrivera
simplement plus rapidement à la compétence. Mais dans le long terme ce n'est pas toujours un atout…



"Croire que l'on pourra forcément faire comme le prof ou comme les sempai les plus avancés me semble être dangereux.  Le but est-il de "devenir bon combattant" ou plutôt  de
"découvrir ce pour quoi on est fait et que l'art nous permet de faire en accord avec nos capacités propres"? "


Je ne sais pas si l'on peut dire qu'il est dangereux de croire que l'on arrivera, dans le futur, à être aussi compétent que
nos anciens ou notre professeur. N'est-ce pas une motivation nécessaire? Si l'investissement en temps et énergie est là n'est-ce pas là le but de la pratique?


Devenir bon combattant est une illusion tant cela est lié au contexte dans lequel on considère cela. Etre bon combattant
est-ce être capable de répondre efficacement à une agression? Capable de remporter un combat sur un ring ou dans une cage? Tout cela est très lié aux buts que l'on s'est fixé, à la discipline
et au professeur que l'on a choisis.


Quand à nos capacités propres nous devons pratiquer pour les développer. La conscience de nos limites est très souvent
fausse et un véritable maître saura nous guider là où nous n'aurions rêvé d'aller. Je crois qu'il faut faire très attention à ne pas chercher à adapter l'art à nos besoins, mais prendre le
temps de chercher la voie qui nous convient car il s'agit d'un tout. Vouloir n'en prendre qu'une partie rend généralement l'ensemble inefficient et est en outre un manque de respect envers le
maître et ses prédécesseurs.



"Cela étant, avant de risquer de vouloir "tout laisser reposer sur l'enseignant" je crois qu'une relation élève professeur se fait à deux, et je n'ai donc effleuré ici que 50% des
paramètres existant... ( car les écoles qui n'hésitent pas à refuser ou exclure ou sélectionner un élève me semblant de plus en plus rares)"


 


Un très bon livre parle de l'attitude dans l'enseignement traditionnel. Il s'agit de "Traditions martiales" d'Ellis Amdur que je conseille vivement.



"Pour les "principes techniques" je crois que "simple" est très différent de "facile". Et ces principes me semblent avoir le chic pour être "simples" (parce que dans le cas contraire ,
je doute que l'on aurait alors pu les faire ressortir et les théoriser sous forme de "principes")"


 


Je suis d'accord avec toi, les principes s'expriment verbalement très simplement. Je répondais en fait à Eric qui évoquait
des "principes assez simples d'application". Je crois que les principes techniques ne sont ni simples ni faciles à appliquer.



"Pour le reste , est -il hasardeux de découper le problème en globalement deux catégories????



(dans ce cas je pensais à):


A ) les approches cherchant à surtout ne jamais se reposer sur des capacités athlétiques, pronant dès le
départ l'économie de moyens même pour les "débutants".



B ) les approches cherchant à rajouter du physique dans sa technique, (disant généralement aux élèves que l'"économie de moyens" n'est accessible qu'à l'élève avancé ...
)"


 


Oui cela résume bien les deux approches les plus fréquentes.



"Cela dit, pour pouvoir dire "art martial" , ne faut-il pas toutefois garder une "clé de voute" ( d'une manière ou l'autre) : l'efficience psychomotrice? "


 


Dans la pratique à but réellement martial l'efficience en combat total, sans aucunes limitations est le but. Mais
aujourd'hui quasiment personne n'enseigne cela et ce n'est pas non plus, et tant mieux, ce que recherche la plupart des gens. L'art martial désigne aujourd'hui des sports de combat et des voies
martiales pratiqués en tant que loisir. Ils permettent généralement d'apprendre à mieux vivre dans son corps et si cela se fait sans être nocif cela me semble déjà énorme.



"La "préservation du corps" entrant à un moment ou l'autre dans l'équation, peut on dire que pour être qualifié de traditionnel un art doit forcément comporter, outre l'efficience
psychomotrice, une partie "santé"? Ou alors cela n'est pas une règle absolue?  (parfois on isole martial et santé en disciplines distinctes)"




L'aspect santé n'était pas un élément majeur dans les écoles traditionnelles. Bien sûr la sagesse et l'empirisme ont fait
que ces méthodes en s'affinant ont aussi préservé la santé mais il ne faut pas perdre de vue que l'essentiel était de survivre à des combats à mort. L'aspect longévité était alors relégué loin
derrière…


 


Amicalement,


 


Léo


 














Shotokan 10/11/2008 15:12

Re-bonjour Léo!Je mets plus bas en copie mon commentaire sur l'article dans Tsubaki. Comme ton blog et plus commenté que le Tsubakijournal je pourrai peut-être toucher plus de monde. un véritable autoroute de communication ce Budo no Nayami  :-DA+ Léo"Bonjour Leo!Oui comme tu le dis à charge pour le pratiquant d'aller chercher plus loin et de s'ouvrir d'autres portes que la compréhension dun Budo uniquement en termes physiques et anatomiques.Si effectivement beaucoup pratiquent et enseignent dans ce système c'est que comme tu le soulignes, ils n'ont pas le temps nécessaire à une étude et un enseignement approfondi. En revanche d'autres pratiquants sont hermétiques à des méthodes plus "ésotériques" parce qu'ils n'y croient pas ou ne les comprennent pas ou simplement ne les intéressent pas.J'estime qu'effectivement la pratique sur des axes mécaniques permettent pour nous occidentaux une plus rapide compréhension et qu'elle est nécessaire dans un premier temps, toutefois il faut dépasser ce degré tout au long de sa pratique sous peine de se voir stagner. Pour éclairer mon propos je qualifierai d'"aura" ce que le pratiquant doit acquerir afin d'agir avec et envers tous les composants de son univers.Nous avons tous en mémoire des vidéos d' O'sensei projettant un uke juste en levant le bras. "Pure utopie" diront les non-converties! moi je parle du summum de l'acquisition des principes. Evidemment avant d'en arriver là Ueshiba sensei a assimilé et inclus toute la mécanique corporelle et d'ailleurs toutes ses techniques jusqu'à la fin de sa vie incluent cette mécanique mais sa recherche étant devenue telle, de nombreuses notions sont venues se greffer dessus reléguant à l'arrière plan la technique purement anatomique.Notre DTR nous explique que ceci ne peut qu'exister lorsque le partenaire y croit. Pour projeter son partenaire, il faut effectivement qu'il soit conscient de la potentialité d'efficacité de Tori. Je n'aborde pas là la complaisance de la chute mais la conscience d'Uke de sa préservation lorsque que Tori prend l'avantage lors de l'action. Dans le cas contraire il y a toujours la possibilité pour Tori de contraindre Uke gentiment  sur le tatami ou moins amicalement lors d'une agression.Ces propos n'engagent que moi et je serai ravi d'avoir l'avis de ceux qui interviendront en commentaires  :-)A bientôt LéoAmicalement"

Léo Tamaki 10/11/2008 22:15



Bonjour Shotokan,

"Oui comme tu le dis à charge pour le pratiquant d'aller chercher plus loin et de s'ouvrir d'autres portes que la compréhension d'un Budo uniquement en termes physiques et anatomiques.
Si effectivement beaucoup pratiquent et enseignent dans ce système c'est que comme tu le soulignes, ils n'ont pas le temps nécessaire à une étude et un enseignement approfondi. En revanche
d'autres pratiquants sont hermétiques à des méthodes plus "ésotériques" parce qu'ils n'y croient pas ou ne les comprennent pas ou simplement ne les intéressent pas."

En effet un enseignement "mécaniste" permet d'être facilement compris. Cela "rassure" aussi beaucoup de pratiquants qui veulent savoir et comprendre ce qu'ils font.
Daniel Toutain aborde ce sujet dans sa dernière interview dans le numéro actuel de Dragon:

"Pensez-vous que les explications sont importantes ou les démonstrations peuvent-elles représenter la majeure partie de l'enseignement?
Au Japon les gens ne se posent pas de question par rapport à un enseignant et font d'emblée confiance. Ils appliquent tout de suite même s'ils ne comprennent pas, quitte à comprendre plus tard.
Ca fait partie de la culture des japonais, c'est leur façon de penser.
Par contre en occident on fonctionne de manière différente. Les gens veulent comprendre avant de faire parce que c'est ce qui va leur donner confiance. On ne peut pas chasser ça parce que cela
fait des siècles que c'est comme ça. C'est une autre manière de fonctionner…"

Il ajoute ensuite qu'il essaye de prendre le meilleur des deux systèmes. Personnellement, à partir du moment où l'on a choisi un professeur (pour ses capacités personnelles et son aptitude à
former des gens) j'estime que l'on doit s'engager totalement et faire confiance. Même si certaines choses peuvent sembler illogiques ou inutiles.
En stage et dans une certaine mesure en cours, je m'applique toujours à répondre aux questions qui ne manquent pas d'être posées. Mais cela ne me semble pas quelque chose de fondamentalement bon.
D'abord parce qu'il ne sert à rien d'aborder certains sujets sans une certaine expérience. Ensuite parce que s'il est bon de se poser des questions, une fois l'enseignant choisi, il vaut mieux
partir du principe qu'il a raison et essayer de comprendre pourquoi, plutôt que de se demander s'il a raison ou pas.
Au Japon il était impensable de poser des questions à un maître et même simplement de lui adresser la parole comme le rapportent les élèves de Ueshiba. Aujourd'hui encore il est délicat de
s'adresser informellement à des maîtres éduqués à l'ancienne tels que Kuroda senseï entre autres. C'est un système qui a fait ses preuves contrairement à celui où l'on remet tout en question et
pose des questions à tort et à travers… A mes yeux le questionnement doit être présent mais les réponses doivent être recherchées seul et dans l'enseignement reçu, on ne doit pas les
attendre.
En outre les questions, souvent du type "oui mais…" ou "mais si là je fais ça…" sont souvent futiles. Par ailleurs répondre à une personne fait perdre du temps. Souvent un questionneur
intempestif me prend autant d'énergie et de temps que 5 ou 10 élèves attentifs et réceptifs.

"J'estime qu'effectivement la pratique sur des axes mécaniques permet pour nous occidentaux une plus rapide compréhension et qu'elle est nécessaire dans un premier temps, toutefois il faut
dépasser ce degré tout au long de sa pratique sous peine de se voir stagner. Pour éclairer mon propos je qualifierai d'"aura" ce que le pratiquant doit acquérir afin d'agir avec et envers tous
les composants de son univers."

Effectivement il peut sembler logique de passer par une étape mécaniste pour aller plus vite. Personnellement je ne suis pas convaincu. Je pense que cela ne mène, finalement, qu'à une impasse ou
au moins à une perte de temps. Pas dans les domaines des kakutogi ni, pourquoi pas, dans certains budo. Mais certainement si l'on cherche à modifier l'utilisation de son corps.
Comme je l'ai expliqué dans quelques articles les gestes les plus efficients que j'ai pu observer ou sentir jusqu'à présent nécessitent l'intervention du corps dans sa globalité et dans une
simultanéité. Cela peut sembler simple mais ce n'est absolument pas le cas car nous utilisons en fait les différentes parties du corps indépendamment les unes des autres, sans lien dans le temps
ou entre elles. L'efficacité est ainsi très limitée. Notre cerveau conscient n'étant pas capable de gérer toutes les parties simultanément il faut passer à une autre manière d' "être". Et cela
commence par une autre façon d'aborder les choses. Laisser la pensée au placard par exemple.
A ce sujet on peut se demander si l'importance que les bushi portaient à des voies telles que le zen, le chado ou le shodo ne leur ont pas, au même titre que la langue japonaise, facilité cette
façon d' "être". Qu'ils en aient été ou non conscients. Je crois en tout cas que toute personne qui désire modifier son utilisation du corps selon les méthodes traditionnelles japonaise ne peut
faire l'économie d'un changement dans sa façon d'aborder les choses. Mais n'est-ce pas au final une des choses les plus importantes que peut nous apporter la pratique, une autre façon de voir les
choses?

"Nous avons tous en mémoire des vidéos d' O'sensei projettant un uke juste en levant le bras. "Pure utopie" diront les non-converties! Moi je parle du summum de l'acquisition des principes.
Evidemment avant d'en arriver là Ueshiba sensei a assimilé et inclus toute la mécanique corporelle et d'ailleurs toutes ses techniques jusqu'à la fin de sa vie incluent cette mécanique mais
sa recherche étant devenue telle, de nombreuses notions sont venues se greffer dessus reléguant à l'arrière plan la technique purement anatomique."

Il y a évidemment un aspect "mécanique". Mais il faut faire attention car ce que l'on voit de l'extérieur, angles et leviers, n'est parfois que le vernis. Des formes totalement inutiles si à
l'intérieur le corps ne fonctionne pas correctement. Et n'oublions pas que Osenseï n'a probablement jamais reçu un enseignement "mécaniste"…

"Notre DTR nous explique que ceci ne peut qu'exister lorsque le partenaire y croit. Pour projeter son partenaire, il faut effectivement qu'il soit conscient de la potentialité d'efficacité de
Tori. Je n'aborde pas là la complaisance de la chute mais la conscience d'Uke de sa préservation lorsque que Tori prend l'avantage lors de l'action. Dans le cas contraire il y a toujours la
possibilité pour Tori de contraindre Uke gentiment  sur le tatami ou moins amicalement lors d'une agression."

Je crois que le mot "croire" n'est pas juste ici. Je dirai qu'il faut que l'attaquant "comprenne". Sinon comme tu le dis il ne restera pas d'autre alternative que de le couper ou frapper
réellement. Tokitsu senseï parle très justement de ce sujet dans son ouvrage sur Miyamoto Musashi lorsqu'il explique le combat de ki. Mais il ne faut pas imaginer ici des échanges de boules de
feu bien sûr. Enfin encore une fois on se retrouve limité car aucune explication verbale ne peut remplacer l'expérience vécue.

Amicalement,

Léo



Eric Segura 10/11/2008 01:36

 
Merci Leo pour tes réponses, comme tu peux le voir le budo n'est pas vraiment facile à coucher sur papier, j'en suis l'incarnation même ;-)
En tout cas tes textes nous éclairent sur une passion que nous avons tous en commun, et donc merci pour ta précieuse contribution.A bientôt sur le tatami ! Eric

Léo Tamaki 10/11/2008 05:53



Merci et à bientôt ;-)

Léo



Eric 09/11/2008 17:19

 
Salut Leo,
 
Existe t-il des écoles japonaises ayant un apprentissage différent des budo classiques, recherchant l'utilisation maximale du potentiel du corps pour une efficacité immédiate.Est t-il possible de mettre en place une telle méthode ?
 
Les budo type judo et aikido ont des mouvements basés sur des déplacements, des déséquilibres somme toute assez simple d'application.
 
Certains ont réussi a atteindre un niveau quasi incomparable tel Mifune et son maitre Kano, très peu de vidéos à son sujet malheureusement, idem pour Ueshiba père.
 
A mon sens l’efficacité dépend surtout du degré d'implication et de compréhension dans l'étude, plutot qu'une utilisation différente du corps à proprement parler dès le début de ton apprentissage.
 
Les budo moderne n’ont pas ce type de fonctionnement, mais beaucoup basé sur la sensation de la technique auprès du maitre et l’apprentissage des chutes à répétitions, ce qui ramène à la première question.
 
Le principe n'est t-il pas finalement l'alpha et l'omega de la pratique pour faire evoluer la technique vers des sommets ?
 
L’exemple du judo est très parlant avec son seiryoku zenyo par exemple.
 
Merci à toi, Eric du club de Jacques
 

Léo Tamaki 09/11/2008 21:53



Bonjour Eric,

Merci pour ton message.

Tu écris:
"Existe t-il des écoles japonaises ayant un apprentissage différent des budo classiques, recherchant l'utilisation maximale du potentiel du corps pour une efficacité immédiate."
Tout d'abord le terme budo recouvre beaucoup de choses. C'est pourquoi je disais dans l'article:
"La grande diversité des pratiques des budo rend une analyse précise de leur transmission impossible, certains étant là encore très proche des bujutsu tandis que d'autres adoptent une
démarche semblable à celle des kakutogi."
Ainsi quand tu parles de budo classique ce n'est pas très clair à mes yeux tant les approches peuvent être éloignées. Ne serait-ce qu'à l'intérieur de la même discipline, selon les courants, ou
selon les époques.

En fait chaque école ou presque te dira que sa méthode vise à utiliser le potentiel du corps au maximum le plus rapidement possible. Mais cela recouvre des approches très différentes. De quel
potentiel parlons-nous? Sa vitesse? Sa force? Sa capacité à endurer les coups? Sa précision dans le geste?...
Ensuite quand tu parles d'efficacité immédiate qu'entends-tu par là? Une semaine? Un mois? Un an? A quelle intensité et fréquence d'entraînement?

"Est t-il possible de mettre en place une telle méthode ?"
Une méthode qui développerait spécifiquement quelles qualités et en combien de temps? Je pense que les générations qui nous ont précédées ont fait le maximum. Si nous arrivons à maîtriser ce
qu'ils nous ont légué peut-être arriverons-nous à l'améliorer. Mais pour être sincère j'en doute à l'heure actuelle. Je pense que nous devons aujourd'hui surtout chercher à perdre le moins
possible ce qui a été créé, ce qui n'est pas une mince affaire. Il y a déjà tant d'écoles qui ont disparues, tant d'autres qui ne sont plus que l'ombre de ce qu'elles étaient…

"Les budo type judo et aikido ont des mouvements basés sur des déplacements, des déséquilibres somme toute assez simple d'application."
Je ne suis pas certain de te suivre du tout. J'ai rencontré des milliers de pratiquants, beaucoup d'experts et quelques maîtres. Je n'ai jamais eu l'impression, pour ceux que j'estimais bons, que
ce qu'ils faisaient était facile à appliquer. J'ai plutôt eu le sentiment que cela exigeait une vie de travail.
La théorie est simple sur le plan intellectuel mais souvent il s'agit de concepts qui au final éclairent les génies mais sont bien insuffisants pour les autres.

"Certains ont réussi à atteindre un niveau quasi incomparable tel Mifune et son maitre Kano, très peu de vidéos à son sujet malheureusement, idem pour Ueshiba père."
Là tout à fait d'accord ;-)

"A mon sens l’efficacité dépend surtout du degré d'implication et de compréhension dans l'étude, plutôt qu'une utilisation différente du corps à proprement parler dès le début de ton
apprentissage."
Concernant le fait que l'efficacité dépend du degré d'implication et de compréhension je suis parfaitement d'accord. Concernant le fait que l'utilisation différente du corps n'est pas nécessaire
je suis d'avis totalement opposé. Malheureusement les mots ne me serviraient à rien pour te convaincre et je crois avoir déjà dit suffisamment ce que je pensais à ce sujet dans mes écrits ;-)
Malheureusement rien ne remplace l'expérience directe. Si la parole de personnes que je suppose que tu respectes peut t'inciter à y croire et à faire le pas pour aller expérimenter alors n'hésite
pas à en parler à Jacques, ou à d'autres élèves du dojo comme David Dumas, Sébastien Chaventon, etc… qui ont tous rencontré un ou plusieurs des experts dont je parle.
Peut-être aussi la vision de vidéos de maîtres tels que Kuroda Tetsuzan ou Kono Yoshinori pourra t'éclairer mais j'imagine que tu en as déjà vues et que cela ne t'a pas convaincu.

"Les budo modernes n’ont pas ce type de fonctionnement, mais beaucoup basé sur la sensation de la technique auprès du maitre et l’apprentissage des chutes à répétitions, ce qui ramène à la
première question."
Je m'excuse mais je ne suis pas sûr de comprendre quel fonctionnement les budo modernes n'ont pas. Quoi qu'il en soit l'enseignement traditionnel nécessite aussi beaucoup de répétitions.

"Le principe n'est t-il pas finalement l'alpha et l'omega de la pratique pour faire évoluer la technique vers des sommets ?"
La technique en effet n'est qu'un outil permettant d'intégrer dans notre corps les principes de l'école qui sont son essence.

"L’exemple du judo est très parlant avec son seiryoku zenyo par exemple."
 Seiryoku zenyo (meilleur emploi de l'énergie) est un principe magnifique, malheureusement il n'est pas attaché à quelque chose en particulier et chaque école peut le revendiquer. Il s'agit
plus d'un principe spirituel, un idéal. Très important bien entendu et remarquable, mais très éloigné de principes techniques précis tels qu'ils étaient et sont parfois encore enseignés dans les
ryu.

Merci pour ta lecture et au plaisir de repratiquer avec toi prochainement.

Amicalement,

Léo





Steph 08/11/2008 19:10

Bonjour,Pour le stage, en fait le prix est de 65€ la chambre plus 14€ de petit déjeuner par personne, ceci à prix négocié pour l'évènement.PLus d'infos sur info@sakuradojo.beStéphane

Léo Tamaki 09/11/2008 21:12



Oh c'est royal, merci pour tout Stéphane ;-)

Amicalement,

Léo



Michael 08/11/2008 14:08

Cher Léo, Un grand merci pour ta réponse tout à fait remarquable à ma très humble petite question. J'ai copié ton texte sur mon ordinateur pour le relire à l'occasion... : -)Plus je te lis, plus moins intéret pour els arts martiax japonais augmente.....AmicalementMichael

Léo Tamaki 09/11/2008 21:10



Cher Michael,

Réponse brève et peu précise mais je suis content qu'elle ait pu t'éclairer un tant soi peu.

Amicalement,

Léo



Hervé 08/11/2008 12:40

Bravo Léo pour ce post tout ce qu'il y a de plus sensé.Il est étonnant de constater comme les gens, à partir du moment où ils ont vu ou lu quelque chose, se considèrent comme des spécialistes, des experts, pour reprendre un mot à la mode.D'autant plus que sans pratique, on peut expliquer ou intellectualiser ce que l'on veut, on est ridicule. Je connais un pliote d'avion, je t'emmène faire un tour ?!... C'est la même chose que de se proclamer maître en quelque chose uniquement avec quelques connaissances.Mais tout cela est bien dans l'air du temps qui nous enseigne qu'on peut tout avoir rapidement...Heureusement, certaines personnes se battent contre d'innombrables moulins.Merci Léo.

Léo Tamaki 08/11/2008 13:09


Comme tu le dis le mot maître est aujourd'hui bien souvent galvaudé. Pour être franc les experts que je considère comme des maîtres se comptent sur les doigts de mes mains...

Amicalement,

Léo