Budo no Nayami

Akuzawa senseï, recherche de l'authentique, wabi sabi et yakitori…

18 Décembre 2008 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Décembre 2008

Akuzawa senseï est un véritable chercheur martial. Il connaît beaucoup, cherche énormément et s'intéresse au reste. Dans le formidable bouillon martial de notre époque il ne recherche évidemment que l'authentique. Cela se ressent dans sa pratique… et dans sa vie quotidienne.




Lors de notre dernier repas il m'a emmené dans un restaurant… secret. Un restaurant sans enseigne où l'on ne peut aller sans introduction et où des superstars telles que Ichiro, le plus célèbre joueur de base-ball japonais, viennent manger.

Mais contrairement à ce que l'on peut s'imaginer il ne s'agissait pas d'un restaurant guindé à la pointe de la sophistication. La bicoque fait moins de 10 mètres carrés. Tous les soirs ont lieu trois services à heures définies pour lesquels il faut réserver plusieurs semaines à l'avance. Onze personnes (pas moyen d'y faire entrer une personne de plus) s'y entassent littéralement le long des deux angles du comptoir. Epaules contre épaules ils attendent le bon vouloir de la mamma, une vieille dame de plus de soixante-dix ans qui a repris le restaurant de ses parents.
Il s'agit d'un restaurant de yakitori, brochettes de volailles. Les uns après les autres les clients passent leur commande mais certains, trop gourmands, sont arrêtés pas la mamma qui leur indique que cela suffit. Ce fut notre cas!




Les brochettes sont bien plus longues et épaisses que celles des restaurants habituels. Elles se partagent entre les clients. Grillées au feu de bois elles sont savoureuses. Bien connues des fournisseurs la mamma reçoit toujours des morceaux exceptionnels, de la qualité que seuls les grands restaurants peuvent généralement s'offrir. Les produits sont si frais qu'on en consomme une grande partie crus. Ce soir-là nous avons ainsi mangé des cœurs et des foies de volailles crus qui fondaient littéralement dans la bouche.
Akuzawa senseï me racontait que lorsqu'il y invita Tsuchiya senseï celui-ci lui dit qu'il trouvait cela encore meilleur que le foie gras.




Akuzawa senseï n'est pas du genre à discourir. Il n'éblouit pas les gens par de belles paroles philosophiques et ne cherche pas à donner une apparence théâtrale à sa pratique. Le chemin qu'il a choisi est aride et dur car il va à l'essentiel. Cela correspond à l'attachement qu'il a pour la notion de wabi sabi, une notion esthétique mais aussi spirituelle liant la simplicité, l'imperfection, la mélancolie…

Une belle soirée au cours de laquelle Akuzawa senseï me fit partager un secret qu'il garde jalousement d'un domaine qui semble à première vue éloigné des arts martiaux, mais qui est finalement intimement lié à l'esprit de sa pratique… sobre et authentique.




Deux articles ont été postés sur le site de l'Aunkaï sur le stage de Paris en novembre et sur la démonstration
à la NAMT08.


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Benoi 07/01/2009 08:47

ce sujet m'a permis d'aller me documenter un peu sur le concept wabi sabi dont j'ignorais l'existence....... une nouvelle grille de lecture sans doute pour certains aspects de la pratique ou même des koans zenamicalementBenoit

Léo Tamaki 07/01/2009 17:34



Oui le wabi sabi est un élément fondamental de la culture japonaise.

Amicalement,

Léo




Lusitano Nanbanjin 25/12/2008 23:39

Salut Léo,Joyeux Noel (à la dernière minute).C'est vraiment sympa de partager ces quelques bouts de rencontres avec ces sensei. Et surtout avec Akuzawa sensei, que j'ai loupé au dernier stage organisé mais que j'espère voir l'année prochaine  s'il y a un autre stage de prévu avec lui.Dans ton article sur le travail d'Akuzawa Minoru sensei, il s'explique:"La tête, le tronc, les membres sont physiquement reliés mais en réalité la plupart des gens utilise chaque partie de façon dissociée. Les gestes demandent alors beaucoup d'énergie pour des résultats limités. Un corps qui bouge de cette façon est non seulement totalement inutile dans le monde du bujutsu, mais aussi dans la vie quotidienne ou chaque geste gaspillera énormément d'énergie..."Et comme tu l'a écrit, son travail est plus basé sur le fonctionnement du corps, que sur les techniques pures.Alors il y a dans certains styles ou certaines écoles, des techniques qui ne favorise pas le rendement du corps?Ou bien elles furent oubliées ou mal transmises?Toi même dans ton approche de l'Aikido, tu dois t'apercevoir qu'il y a des fois une perte d'énergie dans tel ou tel mouvement, et je pense que O Sensei serait un de ceux qui comprendrait le mieux la méthode Aunkai.Ne penses-tu pas qu'il faudrait mieux privilégier le travail de fond et laisser les techniques "s'exprimer spontanément"?Enfin je dis ça, mais c'est parce que dans les "dojo" où j'ai pu aller, on apprend très tôt des techniques, et les personnes qui n'ont pas une "empreinte martial" encrée dans leur corps, se voient exécuter des coups où il n'y a aucune énergie, aucun travail de levier, ceux ne sont que des bras et des jambes lancés dans les airs. Surement parce que beaucoup ne comprendrait pas ce travail, alors l'enseignement de masse prévaut. Même si après des années d'entraînement les coups et techniques semblent être réussi, il manquera invariablement ce travail, Bujutsu tanren.Merci de m'avoir fait connaître Akuzawa sensei!Si je ne répond plus d'ici là, Bon réveillon à toi.S.A.M.

Léo Tamaki 29/12/2008 20:39



Salut Lusitano,

Akuzawa senseï devrait revenir au printemps. Je posterai les détails dès qu'ils seront fixés.

"Alors il y a dans certains styles ou certaines écoles, des techniques qui ne favorise pas le rendement du corps? Ou bien elles furent oubliées ou mal transmises?"
L'investissement que nécessite une pratique aussi sophistiquée que celle de l'Aunkaï, ou tout autre qui vise à modifier l'utilisation du corps, est à la portée de très peu de personnes. La
quasi-totalité des pratiques actuelles tendent à donner au pratiquant des techniques qui le rendront, dans une certaine mesure, plus efficace en combat, sans changement radical de l'utilisation
du corps. Ce n'est pas quelque chose que je critique car aujourd'hui, étant donné l'investissement qu'ont la majorité des élèves et les raisons qui les poussent à s'entraîner, c'est tout à fait
cohérent.
Les techniques visent donc normalement toutes à améliorer le rendement du corps. Seulement certaines rares écoles, comme l'Aunkaï, vise à modifier en profondeur son utilisation afin de dépasser
ses capacités communément admises. Je suppose que c'est un type de travail qui existe depuis que les arts martiaux sont nés. Il est certain en revanche que beaucoup de méthodes ont disparues…

"Toi même dans ton approche de l'Aikido, tu dois t'apercevoir qu'il y a des fois une perte d'énergie dans tel ou tel mouvement, et je pense que O Sensei serait un de ceux qui
comprendrait le mieux la méthode Aunkai."
Ce n'est généralement pas un mouvement en soi qui est mauvais dans les disciplines classiques, mais la façon dont il est compris et exécuté. On peut supposer en effet qu'Osenseï saisirait
rapidement l'essence de n'importe quel type de méthode.

"Ne penses-tu pas qu'il faudrait mieux privilégier le travail de fond et laisser les techniques "s'exprimer spontanément"?"
La technique est un travail de fond. Les méthodes de modification de l'utilisation du corps sont multiples. Certaines comme l'Aunkaï s'appuient surtout sur des exercices en nombre restreints qui
n'ont pas, à première vue, d'applications martiales directes. Même si Akuzawa senseï m'a plusieurs fois démontré de nombreuses applications qui en sont issues.
D'autres, comme celle de Kuroda senseï, s'appuient au contraire sur des enchaînements martiaux. Il ne faut pas chercher de vérité absolue car cela n'existe pas, à ma connaissance, dans le domaine
martial. Il faut chercher le type d'enseignement qui nous convient le mieux.

"Enfin je dis ça, mais c'est parce que dans les "dojo" où j'ai pu aller, on apprend très tôt des techniques, et les personnes qui n'ont pas une "empreinte martial" encrée dans leur
corps, se voient exécuter des coups où il n'y a aucune énergie, aucun travail de levier, ceux ne sont que des bras et des jambes lancés dans les airs."
On peut dire sans crainte que moins de 5% des enseignants en France aujourd'hui auraient été aptes à enseigner ne serait-ce qu'il y a cinquante ans au Japon. Et le chiffre est probablement l'un
des plus hauts dans le monde. Il est aussi assez bas dans le Japon actuel… Il est donc normal que dans plupart des cours ne soient enseignée qu'une chorégraphie agitée.

"Surement parce que beaucoup ne comprendrait pas ce travail, alors l'enseignement de masse prévaut. Même si après des années d'entraînement les coups et techniques semblent être réussi,
il manquera invariablement ce travail, Bujutsu tanren."
Le bujutsu tanren que tu évoques peut revêtir de nombreuses formes. Dans certaines écoles il est probable que seule la répétition technique en était le support. Le corps se formait sans recherche
et analyse particulière. Mais la technique était pratiquée intensément et transmise précisément.

Amicalement,

Léo




Seb 18/12/2008 16:46

Sympa ce que tu nous racontes. C'est un peu comme ca que j'imagine mon evolution ideale, je dois juste m'en donner les moyens.Bon courage pour la suite.

Léo Tamaki 19/12/2008 12:48



Souvent le plus dur est de prendre la décision pour qu'un souhait commence à devenir réalité.

Bon courage,

Léo



ksiazkiewicz 18/12/2008 08:16

Simple et discret....un grand personnage!Mes amitiés.ChrisPSEt la prochaine fois amène nous une brochette!

Léo Tamaki 18/12/2008 08:46


Pour la brochette désolé mais je crains qu'ele ne passe pas la douane ;-)

Mes amitiés et bonne pratique,

Léo


セバスチャン 18/12/2008 07:49

秘密 は 何 ですか。

Léo Tamaki 18/12/2008 08:00


レストラン です。