Budo no Nayami

Entretien avec Akuzawa senseï (3): combat contre huit

25 Mars 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Entretiens

"Un jour je me suis battu contre huit personnes simultanément à Kabukicho. Dans ces conditions on ne peut pas penser consciemment, chaque geste du corps doit naturellement être une expression du bujutsu."

(Note: Kabukicho est le quartier "chaud" de Shinjuku au cœur de Tokyo. Bujutsu signifie technique martiale.)






Beaucoup de maîtres ont combattu dans leur jeunesse. La plupart n'en parlent jamais. Toutefois les soirées arrosées sont souvent l'occasion de confidences intéressantes sur ces sujets. Ce fut notamment le cas pour Hino senseï et Akuzawa senseï.
Akuzawa senseï m'a raconté plusieurs anecdotes sur ses combats de rues dont celle-ci. Alors qu'il est quasiment impossible de gérer plusieurs adversaires avec le type de travail qui a cours dans la très large majorité des dojos, je n'ai aucun doute sur le fait qu'il ait pu faire face à huit personnes grâce à sa pratique.
J'aime me battre. J'ai beaucoup combattu dans des dojos mais je me suis aussi souvent battu dans la rue. Un des adversaires que je redouterai le plus de rencontrer est bien Akuzawa senseï…


Toutes les images ont été prises par Sébastien Chaventon lors de la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels 08.


Notes: Au fil de mes rencontres avec les maîtres mes notes se sont accumulées. La plupart sont issues d'entretiens privés mais certaines viennent aussi de cours. Je n'ai pas enregistré ces entretiens et les écris généralement de mémoire ou sur la base de brèves notes. Il est donc possible que des erreurs se soient glissées dans ces retranscriptions mais j'ai pensé que l'intérêt des réponses dépassait le risque de mes erreurs. Je prie toutefois les lecteurs de ne prendre cela que comme une conversation rapportée qui pourrait nourrir des réflexions et non comme paroles d'évangiles.


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Emmanuelle 31/03/2009 13:11

Tu es sur ton blog Léo, c'est à toi de décider de la fin de la discussion en effet. Je suis désolée d'être venue pour rediscuter un peu, même si ce n'est pas pour te dire que tu as raison sur tout. Je t'ai je crois montré maintes fois mon intérêt pour tes écrits et ton blog. Mais je suis navrée. Bonne journéeEmmanuelle

Laurylyan 31/03/2009 13:09

Emmanuelle,Pourquoi donc te hérisser ainsi sur un mot ? Etre "idéaliste" c'est porter un idéal, tenter de mettre en pratique un rêve un espoir de "Mieux". N'est-ce pas justement ce que tu décris vivre chaque jour ?Je suis une idéaliste, et j'en suis fière. Fière d'être encore capable de rêver à un "mieux". Heureuse et fière de me sentir responsable de ma condition d'humain. D'être impliquée dans ma vue et pas seulement être un électron libre portant des oeillères encadrant un quotidien qui se résume à des habitudes et des pensées que d'autres m'abreuvent.Quelle est la dernière phrase déjà à la fin du film "Wanted" ? "This is me taking back control of my life. What the fuck have you done lately?"

Emmanuelle 31/03/2009 12:53

Léo,bien qu'étant une pure et puérile petite illuminée et que de se battre pour faire ressortir le bon côté de l'humanité n'ait pas bonne presse:-)Je me permets toutefois d'insister: chaque jour je suis contactée par des gens qui se battent pour des causes belles et qui s'impliquent, chacun à leur niveau, pour qu'enfin, nous puissions bouger et ce, dans tous les domaines. Pour eux, pour l'énergie qu'il me donne et l'oxygène qu'ils apportent, j'aurais honte de ne voir le monde que dans sa noirceur. Maitre Tamura évoquait ce principe que parfois, de ne miser que sur le tout petit unique pourcentage de chance de gagner suffisait à inverser la vapeur...C'est un peu difficile là, dêtre cataloguée d'idéaliste, vraiment.Quant aux chiffres...je m'en fiche. Je préfère me battre.Bonne journée, on vient de m'appeler pour tenter de faire connaitre une association qui lutte pour faire connaitre une maladie peu connue qui dévaste les tous petits mais que des généticiens, après des années de combat viennent d'identifier. ça ne sauvera pas le monde, mais gagner peut être quelques semaines, quelques mois de la vie de quelqu'un qu'on aime, ça peut, peut être, contribuer à donner un peu d'espoir et d'énergie. Parce que le pire truc, c'est l'amertume. C'est ça le vrai fléau."Je ne suis qu'un grain de sable, mais il est nécessaire au tout" c'est à peu près ce que disait Mère Thérésa...Mais bon, elle aussi, c'était sans doute une illuminée:-)Bonne journée dans la lumière cher LéoEmmanuelle

Léo Tamaki 31/03/2009 13:06



Emmanuelle,

Je crains que tu aies interprété mes mots car je n'ai fait qu'écrire:

"Emmanuelle,

Je comprends et apprécie ton optimisme. Mais je ne suis pas sûr qu'il soit étayé par des faits chiffrables... Crois moi je le regrette.

Bonne journée ;-)"

Que tu en déduises que je te trouve puérile est assez étonnant...
Tu me prettes des intentions qui me surprennent et sans doute est-ce dû au fait que je m'exprime mal.

Il est normal que chacun voit le monde au travers d'un prisme. Toi comme moi.
Tu es entourée de gens de bonne volonté et cela t'influence, sans que, je précise, cela signifie que tu sois aveugle. Pour les honorer tu veux voir le monde d'une certaine façon. Et sans doute
est-il ainsi. Mais les chiffres donnent aussi des indications...

Je regrette que tu croies que j'ai pu te mépriser en quoi que ce soit car mon propos était de dire que je n'ai pas le même avis que le tien :-(

N'épiloguons pas plus et disons qu'il s'agissait d'incompréhension mutuelle.

Léo




Laurylyan 31/03/2009 11:39

Excusez-moi si je me suis mal exprimée :-)Je ne dis pas (et ne le pense pas non plus) que l'Aiki-Do ne prépare pas à savoir se défendre. L'Aiki-Do étant avant toute chose un art axé sur la défense ce serait absolument ridicule de dire une chose pareille Ce que j'essaie de dire c'est que l'Aiki-DO étant appris dans un contexte bien spécifique (dojo, sur un tatami, avec tout un rituel avant, pendant et après l'entraînement) ne prépare pas le pratiquant à la mise en situation réelle à l'extérieur. Combien de fois ai-je lu sur différents forums des pratiquants qui avouaient s'être sentis totalement "tétanisés", incapables de mettre en pratique ce qu'ils avaient appris pendant des années d'entraînement dans un dojo.Je ne dit pas que "c'est la faute de...", absolument pas ! Je dis juste qu'il y a une grande différence entre les deux.Alors effectivement Léo, tu auras certains maîtres qui tenteront une autre approche, plus "réaliste", plus "terre à terre", plus "pratique" de l'Aiki-Do... Mais dans ce cas, la question que je me pose est est-ce encore de l'Aiki-Do ou bien en revient-on à l'Aiki-Jutsu ? C'est juste une question ! Je n'ai pas la réponse et ne prétend pas l'avoir Emmanuelle,Concernant la condition de la femme, je te réponds sur mon blog. D'une part parce que c'est long, certainement trop pour un "commentaire", et surtout parce que c'est juste un peu hors-sujet ;-)Pour ce qui est de la peur, je fais la différence entre la peur qui est "saine" et la peur qui envahit tout (ça c'est même une pathologie).Concernant la "Peur", je suis totalement d'accord avec Neale Donald Walsch et son idée de la "Peur", en dehors de ses "croyances" qu'elles je ne partage pas.Léo, la situation est très sombre... On est encore bien loin de l'Ere du Verseau !Attention, je ne suis pas une "chienne de garde", mais lorsque l'on accorde un peu d'attention autour de soi on peut remarquer bien des choses, malheureusement...

Léo Tamaki 31/03/2009 12:57



Il y a en effet des préparations spécifiques que l'on peut mettre en place Laurylyan. Toutefois la pratique en dojo peut aussi, selon la façon dont elle est menée, donner au pratiquant des outils
supplémentaires afin de gérer plus efficacement une situation éventuelle. Le danger réside dans les "instructeurs" qui font croire que la pratique tranforme en bête de combat paré à n'importe
quelle situation. Heureusement ce discours tend à se raréfier ;-)
En revanche je suis d'accord avec toi, il y a un fossé entre la réalité et le dojo. Ceux qui sont intéressés par l'aspect self défense doivent travailler en ce sens pour en tirer le maximum.
Peut-on rester dans le cadre de l'Aïkido,en ayant à l'esprit la compassion, sans doute au-delà de sa propre sécurité? C'est une possibilité et à chacun de faire ce choix si il considère que le
message de l'Aïkido l'implique ;-)

Amicalement,

Léo



Emmanuelle 31/03/2009 09:29

Bonjour Laurylyan,(je ne suis aps encore allée sur le lien, je ne parveisn pas à l'ouvrir:-(je suis d'accord avec toi, oui, bien entendu qu'il y a encore énormément de choses à faire, au niveau des femmes, mais au niveau de tout et surtout concernant les droits de l'homme. Une consoeur s'est faite humiliée récemment dans un état où elle dénonçait l'excision des petites filles...trainée nue dans un village..par les femmes elles-mêmes. des peties filles se font encore gavées commes des oies, certaines en meurent, afin qu'elles aient des vergétures, gage de beautée , et qu'un homme veuille bien les épouser...La liste est tragiquement longue. en Europe aussi...Je suis entièrement d'accord. Mais nous nous battons et envers et contre tout, nous aspirons à changer les choses, c'est ce mouvement "global" vers le mieux auquel je crois. Je ne crois pas que la peur soit saine. elle paralyse bien souvent et nous fait anticiper des choses qui ne sont aps encore arrivées. PArfois c'est un moteur, je suis d'accord, mais je la trouve plus néfaste qu'autre chose.Je crois au contraire que l'aikido est un des arts martiaux les plus adaptés à la défense justement, mais ce n'est là que mon point de vue...:-( et il est très très discutable:-)Bonjour Léo,les anciens n'ont pas pérénisé QUE le drame humain:-) Heureusement:-)LEs pensées changent, pas toutes, mais globalement, si, elles évoluent. Ce sont les questions que les humains se posent qui ne changent pas.Bien, bonne journée à tous les deux...et merci Léo pour ton gentil accueil, je savais que tu serais heureux de me relire:-(...Emmanuelle

Léo Tamaki 31/03/2009 12:33



Emmanuelle,

Je comprends et apprécie ton optimisme. Mais je ne suis pas sûr qu'il soit étayé par des faits chiffrables... Crois moi je le regrette.

Bonne journée ;-)

Léo



Laurylyan 31/03/2009 00:02

Bonsoir Emmanuelle et Léo,Excusez-moi d'entrer dans cette discussion sans y avoir réellement été invitée, mais je ressens le besoin d'intervenir. Une intervention en tant que femme, que mère, et ancienne pratiquante d'Aiki-do et autres Arts Martiaux.Emmanuelle, la place de la femme a évoluée ? Certes, mais dans quel sens ? Je t'invite à aller consulter les différents rapports sur l'évolution de la place de la femme dans les différentes sociétés au travers de la planète ces 20 dernières années, notamment ceux de "Women Watch" des Nations Unies (site en anglais)! Cela fait peur ! Surtout de voir comment la situation a régressé, d'autant plus dans nos pays dits "développés".Ce qui m'a le plus surprise quand je suis arrivée dans ce pays, l'un des plus riche d''Europe, a été de découvrir qu'il existait un "Ministère de la Promotion de la Condition Féminine", qui est aujourd'hui devenu le "Ministère pour l'Egalité des Chances".Je vis en Europe au XXIème siècle, et il y a besoin d'un tel Ministère ? N'est-ce pas très parlant de la société où l'on vit ?En tant que mère ? Je me demande quelle folie m'a prise de porter et donner naissance à ma fille dans ce monde de fou... En tant que "fille" elle n'aura pas la tâche facile, d'autant moins facile qu'elle a du caractère. Donc ? Je l'inscrirai à un cours d'Aiki-Do à partir de 5 ans si je suis encore dans ce pays d'ici ses 5 ans. Non pas pour qu'elle apprenne à se défendre, mais lui permettre d'acquérir une assise personnelle, une assurance par rapport à son corps qui grandit et évolut vite à son âge. Lui donner un sens de l'équilibre également, mais aussi un ensemble de valeurs. Pour cela elle fait aussi (déjà) du Tai Ji avec moi, à sa mesure et de manière ludique (naturellement :-) ). Découvrir tout doucement son Dan Tien et apprendre l'enracinement. Ce nest pas une "école de guerre". Les Arts Martiaux (pas seulement l'Aiki-Do) lui donneront une certaine assurance. Et aussi que toute aptitude s'accompagne d'une responsabilité.Et là j'en arrive au "combat de rue"... Lorsqu'on est en situation de "survie" avoir déjà une certaine démarche (pas jouer les gros bras), une certaine tenue du corps, un certain état d'esprit "alerte", permet déjà de désamorçer un bon nombre de possibles conflits et autres "bagarres" potentielles. Les "agresseurs" ne s'attaquent pas à quelqu'un qui est capable de se défendre et cela se ressent dans la tenue du corps et de se déplacer. Et non, pratiquer l'Aiki-Do ne prépare pas à savoir se défendre. Entre pratiquer sur un tatami dans un espace "protégé" (un lieu de rituels) et se retrouver en situation d'appliquer en situation réelle, il y a tout un monde. Un monde qui commence par la gestion de la peur.Et la peur est une émotion très saine... Elle permet aussi de de voir d'autres options que seulement le combat.Just my 2 cents

Léo Tamaki 31/03/2009 02:19



Bonsoir Laurylyan,

Situation que je n'imaginai pas aussi noire...

Quand à l'attitude elle joue en effet énormément sur les réactions des personnes que l'on est amené à rencontrer. Et il est vrai que cela peut souvent permettre de dissuader.
En revanche là où je ne suis pas tout à fait d'accord c'est quand tu dis que l'Aïkido ne prépare pas à savoir se défendre. Cela dépend comment et par qui il est enseigné. Il est d'ailleurs
utilisé par les forces de la police anti émeutes japonaise qui eut plus d'une fois l'occasion de mettre ses techniques en pratique.

Léo



Emmanuelle 30/03/2009 13:09

Se prononcer ne signifie nullement considérer le monde en noir et blanc. Je trouve qu'il est juste quelquefois un peu facile de se prosterner devant le savoir passé et de critiquer les découvertes de nos contemporains, ou toujours de les nuancer dans le même sens, cela est tout. Je ne pense pas que les progrès techniques n'ont amenés que des progrès techniques. Pour y parvenir à ces découvertes, c'est la pensée qui a dû changer aussi, et les conséquences pour l'Humanité ne sont aps que techniques. Mias soit. Je ne pense pas que ce soit le progrès ou son désir qui nous a fait perdre le savoir de nos anciens. C'est notre bêtise. Si je parle de demain, c'est parce que dans mon domaine, je crois respecter profondément ceux qui m'ont précédé, et je m'y réfère necore et encore. Mais je n'appartiens pas à leur époque, et mon monde découle du leur, mais il est entre mes mains, plus dans les leurs. Je ne crois pas que quelqu'unqui a fait beaucoup dans un domaine souhaiterait que tout s'arrête au moment de son départ. Mais c'est mon point de vue.Navrée d'avoir envahi encore ton blog:-(Bonne journée et plein de courageEmmanuelle

Léo Tamaki 30/03/2009 13:18



Je suis d'accord, il ne faut rien rejeter en bloc. C'est la raison pour laquelle je n'arrive pas à trancher définitivement sur le fait que l'humanité courre à son désastre ou pas. Je regrette de
t'avoir donné l'impression de me prosterner devant le savoir passé. Il s'avère juste que dans mon domaine et dans quelques uns proches les savoirs disparraissent aussi vite que les langues, la
faune et la flore... Cela rend dubitatif.
En outre je ne crois pas que l'homme ait fondamentalement changé dans sa façon de penser. Raison pur laquelle les livres de sagesse d'hier s'appliquent à l'homme d'aujourdhui, pour laquelle les
tragédies grecques ou les pièces de Shakespeare s'appliquent parfaitement à nos contemporains. Malheureusement...

Léo



Emmanuelle 30/03/2009 12:45

Meilleurs? Je ne sais pas et sans doute qu'en se posant la question en ces termes, fatalement, nous allons orienter la réponse. Je pense juste qu'avant, nous ne savions pas soigner certaines maladies, qu'il fut un temps où le simple fait d'être une femme, partout dans le monde, suffisait à justifier certaines attitudes, qu'on opérait les nouveaux nés sans anesthésie supposant qu'ils n'étaient encore que des légumes, la liste est longue. Ne pas juger ne signifie pas s'asservir par peur d'offenser la mémoire de ceux qui ont bâti notre monde avant nous; mais l'humanité change, et oui, évolue, du moins est elle animée par ce désir. Beaucoup de choses restent à faire, mais ce n'est pas en étant frileux, même dans notre regard sur le passé, que nous allons progresser. Regarder le passé et vouloir aller plus loin, fait aussi partie de notre évolution. Refuser cela, ce n'est aps moins respecter lesa ctions bonnes et grandes de nos prédecesseurs, c'est refuser de continuer ce qu'ils ont entrepris.Je ne comprends pas ta phrase sur le vécu de sarts martiaux et la résolution???Emmanuelle

Léo Tamaki 30/03/2009 12:56



Je reviendrai sur le sujet de l'aspect martial de la pratique ultérieurement parce que ça demande un développement clair.
Concernant les évolutions évidemment techniquement elles sont sans fin. Quand à la place de la femme elle a énormément variée selon les époques et les cultures. Rien n'étant immuable elle
évoluera encore, sans que cela soit obligatoirement un progrès linéaire.
Comme je te l'ai dit dans mon post précédent je n'ai pas d'avis tranché sur la question de savoir si nous avons évolué positivement. Technologiquement nous avons fait beaucoup d'avancées dpnt de
nombreuses positives. Mais n'avons nous pas simultanément amené la terre au bord du précipice? La médecine n'a t elle pas rejeté et perdu beaucoup du savoir de nos anciens? Rien ne me paraît
tranché et noir et blanc. Le nombre de conflits actuels me murmure que nos progrès humains me semblent bien maigres... :-(

Léo



Emmanuelle 30/03/2009 09:14

Bonjour Léo,
Oui, en effet nous ne parlions pas dans la même « clé » pour rester en musique J ça arrive souvent en fait et cela prête à des « désaccords ». J’étais axée sur la notion de combats actuels depuis le début des échanges…Je ne connais pas assez l’histoire des arts martiaux, mais en effet, ils ont dû répondre à une époque donnée à des exigences propres à l’époque où il fallait « défendre » son territoire. Mais ils ont suivi l’histoire de l’humanité, ou le devraient. Je pense que maitre Ueshieba était dans cette optique et l’avait senti, pressenti. Trouver un équilibre entre traditions séculaires, qui sont porteuses de dimensions universelles et intemporelles, et leur application au monde contemporain, c’est un peu ce qui devrait animer les « expert » J Nous ne défendons plus nos territoires de la même façon de nos jours, enfin…théoriquement…idéalement J Enfin, disons que nous savons aujourd’hui, parce que nous avons évolués, que nous pouvons agir différemment. La gestuelle alors, doit perdurer car elle nous amène à autre chose qu’à la simple utilité de « tuer l’envahisseur » ou de « tuer » ceux qui ne nous veulent pas sur leur territoire. Je trouve tout à fait personnellement que les arts martiaux, épurés de leur première fonction « utilitaire », peuvent encore plus apporter à l’Humanité, car ils ouvrent des portes complètement inédites et inconnues sur…l’esprit humain. Et c’est la gestuelle qui en est le véhicule, car les deux sont, à mon sens, indissociables. Après, c’est juste ce que nous mettons de notre esprit dans les techniques et c’est cela qui va tout changer.
Ok, si tu me casses la figure Léo, je ne doute pas un seul instant de ta victoire J Oui, tu auras gagné. Mais…suivant quel critère ? La gestuelle ? Oui…mais elle ne peut pas tout. L’esprit, si…Et une gestuelle sans esprit, ce n’est rien du tout. Juste une pulsion, un réflexe à conséquence immédiatement satisfaisante, mais sans ampleur. Ta victoire sera éphémère ; dépourvue de la grille de lecture de l’esprit, oui, tu auras gagné. Mais moi, même morte, je saurais que tu es le perdant L((
Allez sans rancœur, dans une prochaine vie, peut être serons nous d’accord J ???
En attendant, bonne journée à toi
Emmanuelle
 

Léo Tamaki 30/03/2009 12:25



Hmm avons nous réellement évolué? Sommes nous réellement "meilleurs" quelque part que nos ancêtres?
Quand aux arts martiaux ne doivent-ils pas être un conflit vécu avant d'être résolu?
Questions sur lesquelles je n'ai que des suppositions...

Léo



Emmanuelle 28/03/2009 18:30

Je n'ai pas parlé de réponse par la violence, j'ai parlé d'attaque Léo. Sisisisisisisisi, le premier qui attaque a perdu, et oui, au pied de la lettre! Celui qui répond par la violence, oui, parfois, il n'a pas le choix, ça oui, je suis bien d'accord. Celui qui attaque, en revanche, a perdu, sur toute la ligne, parce que lui, a le choix. Parfois, face à une attaque, qu'elle soit contre soi ou contre quelqu'un de plus fragile qui ne peut pas se défendre ou qui a besoin d'aide, il est impossible de faire autrement que de se battre ou disons d'intervenir physiquement et violemment pour arrêter, ou tenter d'arrêter le carnage potentiel, mais là, on a répondu, on s'est défendu en queqlue sorte, contraint et forcé. MAis ce n'est pas de nous que vient le combat et la décision. Celui qui s'exprime par choix dans le désir de détruire ou de porter atteinte à l'autre, physiquement et par la violence, lui a perdu. PArce que psychiquement, il s'est planté. Son esprit a échoué puisqu'il n'a pas été en mesure de lui apporter les réponses et qu'il a eu besoin de ses poings et tutti quanti pour dire son malaise.Suis d'accord pour le manga:-) Ce serait plutôt joli en effet d'imaginer une histoire de la sorte:-) Ma soif d'idéal? Ahlalalalalalalala....JE NE SUIS PAS ETHEREE quand même? Si? Si...peut être, au fond.Ben bonne soirée et merci d'avoir pris le temps de me répondre.Emmanuelle

Léo Tamaki 28/03/2009 22:14



Je ne suis pas vraiment d'accord ;-). Toute maxime a plusieurs niveaux de lecture. Et "Le premier qui attaque sera vaincu" est typiquement l'une d'elle. Sujet qu'a d'ailleurs abordé Kuroda senseï
récemment dans un cours.
D'une part ton discours repose sur une base morale. De plus une morale qui est sans doute éloignée de celle qui gouvernait les adeptes du Bujutsu et sans doute la plupart de ceux du Budo.
Tu dis que celui qui attaque a perdu "psychiquement". Il faut bien comprendre qu'à l'heure où ce proverbe est né ce qui importait était de survivre. Même si psychiquement on était battu :D
La maxime a surtout plusieurs niveaux de compréhension technique. L'aspect moral est né lorsque la pratique est passée d'un but utilitaire pragmatique à une méthode d'éducation. Il devenait ainsi
possible d'interpréter ces mots selon des critères moraux. Critères que je ne dis pas ne pas partager par ailleurs ;-)
Je crois donc que notre "désaccord" provient plus du fait que tu parlais de morale et moi de technique, toi d'intention et moi de geste.

Léo