Budo no Nayami

"Budo, l'attitude des maîtres au quotidien" commentaires

21 Juin 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

"Budo, l'attitude des maîtres au quotidien" a généré plusieurs réactions intéressantes auxquelles je réponds ci-dessous.


Kono senseï, un maître au quotidien...


"L'image du maître que je me fais est qu'il se comporte simplement en toute circonstance. Il ne porte pas de grande ceinture de toute les couleurs et ne se dit pas "maître".  Si personne non avertie le croise dans la rue, jamais un instant cette personne pourrait savoir que c'est un maître."
hervé



Hino Akira, peut-on reconnaître un maître en le croisant dans la rue ;-)


La simplicité semble en effet être une qualité qui devrait naturellement être associée à la maîtrise. Et sans doute son absence range-t-elle le pratiquant dans le rang des experts bien plus que celui des maîtres.
Cela dit je pense qu'un maître est aussi quelqu'un qui vit avec ses défauts. Il travaille sur eux, en est conscient mais les accepte aussi comme partie intégrante de lui-même. Certains maîtres aiment les belles choses, certains aiment paraître, certains aiment être originaux… Tous, à ma connaissance, ont un fort égo. Mais il est généralement maîtrisé, apprivoisé, accepté.


Kono Yoshinori, un maître original


Quand au fait de ne pas être reconnu je me souviens d'avoir vu plus d'une fois Tamura senseï traverser les vestiaires de l'Aïkikaï, invisible et sans être remarqué. Quel changement lorsqu'il pénétrait dans le dojo, emplissant l'espace de sa présence. Cela qu'il donne le cours ou qu'il vienne simplement pratiquer.

"Le maître est effectivement un homme, mais qui s'est entraîner bien plus que nous."
hervé


Ou qui est bien plus doué :D

"J'ai fais des études d'art et en peinture un maître est souvent... mort déjà, maîtrise les techniques picturales mais peut être torturé, par exemple pas forcément équilibré et serein (cf Van Gogh, Picasso..)."
virginie


Dans la pratique martiale un maître mort, mais surtout que l'on n'a pas rencontré, ne peut, à mon avis, qu'être une référence idéalisée. Si ses écrits peuvent nous éclairer, son image nous motiver, et pour les plus récents, des films de lui nous donner une idée de son travail, cela ne peut remplacer la pratique avec un maître en chair et en os.
Quand au fait de ne pas être équilibré et serein, dans l'état actuel de ma réflexion, je dirai que pour la pratique martiale c'est alors d'un expert et non d'un maître dont nous parlons. Mais il n'y a aucun mal à suivre un expert tant qu'on ne le confond pas avec un maître.


Ueshiba Moriheï, une référence idéalisée


"Je partage la vision que Virginie a du Maître en général (je me faisais une réflexion similaire sur le déséquilibre que manifestent/ont manifesté beaucoup de maîtres reconnus en diverses disciplines)."
Mat.


Je crois qu'il ne faut pas confondre les domaines. Celui qu'on appelle un maître dans le domaine des arts est jugé sur son œuvre artistique tandis qu'un maître de budo est jugé sur son achèvement personnel. Et si en effet beaucoup d'artistes étaient plus ou moins déséquilibrés, il ne faut pas en faire une généralité non plus et beaucoup furent des êtres équilibrés. On ne retient souvent que les images les plus romantiques des peintres torturés et il n'est pas non plus à exclure que cette image ait, dans certains cas, aidé à leur célébrité (involontairement).

"Effectivement, Léo je trouve qu'il y a une certaine confusion dans ce que tu as écris. Si tu ne parles pas de jutsu, si tu parles de budo, alors je comprends. Effectivement dans le budo,  la vocation "éducative" vient ajouter une dimension supplémentaire à la maîtrise technique, qui implique que de véritable maîtres en la matière manifestent un certain équilibre psychique."
Mat.


Même si j'ai titré le sujet "Budo…" je n'avais pas à l'esprit de séparer le do du jutsu mais d'aborder la pratique du bu dans son ensemble. Il faut d'ailleurs noter que si j'ai souvent voulu expliquer la différence car l'amalgame est source d'incompréhension, dans la pratique les maîtres japonais usent généralement des mots bujutsu et budo comme de synonymes. Comme je l'avais déjà évoqué le japonais est une langue très vague, mais dans le contexte ce dont il est question est très clair pour les protagonistes.
Le but premier du bujutsu n'est pas humaniste. En revanche on s'aperçoit que les maîtres tels que Miyamoto Musashi, Yagyu Munenori ou Iizasa Choisai entre autres, avaient probablement pour le moins atteint un équilibre et une certaine sérénité. C'est pourquoi, même si les buts diffèrent au départ, au final un bujutsuka ou un budoka ont beaucoup en commun… Pour simplifier on dira que la recherche d'efficacité martiale du bujutsuka nécessite d'atteindre un certain état spirituel tandis que la poursuite du budo en tant que méthode d'éducation physique et spirituelle amène à une efficacité martiale potentielle.


Miyamoto Musashi


"D'un autre côté, tu justifies l'abandon du masque par ce que tu appelles une certaine "contre-productivité". Contre-productivité vis à vis de quoi ? Vis à vis de la maîtrise technique ? Vis à vis des objectifs de la voie (pour un budo) ? Vis à vis de la transmission (auquel cas le masque peut faire partie de l'étiquette) ?"
Mat.


Je pense que "jouer" au maître est contre-productif à la fois dans la poursuite de sa propre pratique aux niveaux techniques et spirituels, mais aussi dans la transmission. L'énergie que l'on met à tenir un rôle qui ne nous est pas naturel est autant d'énergie qui n'est pas employée à travailler sur l'essentiel.
Le budo doit nous apprendre à être, non à paraître.

Quand à la transmission l'étiquette est une chose sur laquelle il ne faut pas, à mon sens, transiger. Mais cela n'implique aucunement de ne pas être soi-même. Actuellement le souci est que l'image d'Epinal que les pratiquants ont d'un maître est un mélange de Yoda, Miyagi et du maître de Kwaï Chang Caine dans Kung-fu. Il est vieux, impassible et quelque part très inspiré de… maître Ueshiba ;-)


Osenseï, l'image du maître la plus marquante


"La vocation première des Maitres d'AM (avec un petit ou un grand M ?) n'est pas d'être des guides spirituels, toutefois cela soulève une question relative au "do" qui se veut différent du jutsu."
Eric


Sur la différence entre le do et le jutsu j'ai déjà abordé le sujet plus haut. Concernant le fait d'être un guide je dirai qu'un maître l'est indirectement, par sa manière d'être. Il enseigne par l'exemple, simplement en étant. Mais il est rare qu'il aborde l'éducation spirituelle autrement que par la pratique de son art.

"Je partirai aujourd'hui de l'idée que le maître est une référence technique et l'exemple d'un être humain équilibré et réalisé. En ce sens il va plus loin qu'un expert technique mais ne doit pas pour autant être confondu avec un guide spirituel. S'il en fait office dans certains cas je considère qu'il s'agit d'un rôle supplémentaire qui va au-delà de ce que l'on est en droit d'attendre d'un maître d'arts martiaux."

Cela dit ce n'est pas impossible et c'est sans doute souhaitable que cela évolue aujourd'hui où la perte de repères est un véritable problème de fond. Mais c'est un autre sujet.

"Brièvement le do est une voie d'accomplissement de l'être (donc dans sa totalité) là où le jutsu n'est qu'un art (si j'ose m'exprimer ainsi) avec pour fin en soi la technique, aussi génial et efficace soit-elle avec les indéniables qualités mentales, psycho-physiques qu'il apporte."
Eric


Sujet abordé plus haut.

"Comment différencier nettement un do d'un jutsu si ce n'est par l'aspect spirituel que le "do" prétend apporter, et ce non pas uniquement sur un plan de l'évolution de la technique à travers l'histoire."
Eric


Le do ne prétend rien. Quand à l'évolution technique à travers l'histoire, le do est surtout synonyme d'une simplification (appauvrissement du point de vue du bujutsu), les techniques devenant un support dont l'application pratique n'est plus un but.

Encore une fois si j'ai souvent voulu préciser les différences qui pouvaient exister, ce qui est partagé est souvent plus important que ce qui différencie.
Si on compare l'enseignement technique, les différences sont flagrantes. Et c'est la modification de ces techniques qui fait que les budo permettent de transmettre par la pratique des valeurs morales. Alors que de nombreux katas de bujutsu sont des situations où l'on attaque par surprise des visiteurs ou des messagers, les budo sont généralement basés sur l'idée de ne pas attaquer le premier comme le démontre l'un des préceptes du Karaté, "Karate ni sente nashi" ("il n'y a pas d'attaque en Karaté"). Attention toutefois à ne pas prendre cela non plus de façon trop littérale (j'aborderai ce sujet dans un post ultérieur).
Le développement de l'esprit est présent dans les pratiques du budo et du bujutsu. Si l'on veut absolument les différencier sur ce point je dirai que cela tient au concept de morale. Luxe que l'on peut se permettre en temps de paix…
D'ailleurs il faut noter qu'implicitement la quasi-totalité des ryu a adopté un état d'esprit très proche de celui du budo. Leur pratique n'ayant plus d'utilité pratique, les principales motivations de leurs adeptes sont les mêmes que celle des budoka, le développement du corps et de l'esprit. Simplement ils font cela en préservant les formes techniques d'écoles traditionnelles telles que le Katori shinto ryu.


Kanazawa Hirokazu, Karate ni sente nashi


"Qu'est-ce qui peut amener un (M)aitre à changer son art (jutsu) en voie (do) ?"
Eric


C'est encore une vision dualiste des choses tant pour beaucoup les deux se confondent. Voilà toutefois quelques éléments de réponse.

Kano Jigoro a voulu transformer les techniques de combat du Jujutsu en méthode d'éducation. Il n'était plus nécessaire d'être destructeur et il était au contraire important qu'une telle pratique soit sans danger pour ses adeptes. C'est la raison pour laquelle il a modifié, supprimé, ajouté, certains éléments.
L'art qu'il avait créé étant bien moins dangereux que ceux qu'il avait étudiés, petit à petit les critères d'admission dans son école se sont assouplis. En comparaison ils restèrent très stricts dans le dojo de Ueshiba jusqu'après-guerre.
Le Karaté a suivi une évolution similaire au Judo. Quand il est devenu une méthode d'éducation pratiqué dans les écoles, les techniques ont été modifiées par Itosu Anko. La main ouverte étant notamment transformé en poing fermé. Ainsi on voit que les transformations techniques sont liées en premier lieu à la volonté de sécuriser la pratique, mais aussi à celle de ne pas mettre entre les mains d' "inconnus" des techniques trop destructrices.

Maintenant un art qui n'a pas subi ces transformations techniques ne peut-il revendiquer d'être un budo? Cela est moins évident mais cela me semble possible.

"N'est-ce pas tout simplement lié à une évolution de la société, ou de l'humanité ?"
Eric


Si, bien entendu. Les budo sont d'ailleurs une pratique bien plus adaptée à notre époque. Cela dit comme je le disais dans l'interview de Dragon "Les voies martiales sont pour moi une méthode d'éducation du cœur, du corps et de l'esprit. Pour beaucoup le budo est une pratique issue des bujutsu mais qui s'en est éloigné dans la pratique. Mais à mon sens le budo doit être plus que le bujutsu dans le sens où il devrait intégrer celui-ci tout en y ajoutant une composante éthique. Je comprends que pour certains l'aspect martial ne soit pas important dans la quête de développement personnel qu'ils ont entreprise. Mais pourquoi alors s'embarrasser d'un décorum martial superflu? Il existe beaucoup de méthodes de développement comme le Yoga qui ne font pas référence au monde martial et qui sont autant sinon plus efficaces. J'ai choisi la pratique martiale parce que c'est un univers que j'aime. Pour moi il est important de garder la cohérence martiale si nous désirons atteindre les résultats que nous cherchons par cette voie. Le budo que j'essaie d'enseigner contient donc l'aspect martial issu du bujutsu, mais il est important et nécessaire d'y ajouter une dimension éthique."
La pratique de l'Aïkido me semble permettre cela.

Certes j'en conviens les arts martiaux ne sont pas la voie idéale, la plus direct pour l'élévation de soi, il y a effectivement des voies beaucoup plus directs et sûres, mais cela n'enlève pas le problème de la signification du "do"
Eric

Je ne serai pas aussi catégorique sur le fait que d'autres voies soient plus sûres et directes. C'est toutefois possible comme je le mentionnais avec le Yoga. Cela dit, la meilleure voie n'est-elle pas celle qui nous correspond? Par ailleurs ne sachant pas à quoi peut ressembler le but avant de l'avoir atteint, comment pouvons nous être sûrs du meilleur chemin?

La signification du do est une question qui pourrait être débattue sans fin et il existe de nombreux écrits, notamment chinois, qui abordent ce point. Sur cela comme sur beaucoup d'autres sujets ma réflexion est encore en cours et je n'ai aucunes certitudes. Comme sur la nature de Dieu, à chacun de trouver sa réponse…


A chacun de trouver sa réponse...


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Malivoyage 15/03/2011 11:18



Je fais un lien vers cet article dans un des miens sur un carnet de voyage imaginaire au Japon. Comme je viens souvent ici pour m'informer et me ressourcer, je tiens à vous
le préciser. Peut-être un  jour sur le tapis.



Léo Tamaki 18/03/2011 04:53



Merci pour votre visite et bravo pour l'écriture.


 


Un jour sur le tapis sans doute...


 


Léo


 



olry 21/09/2009 15:37

Bonjour,toujours intéressant ce genre de sujets.j'ai acheté un petit livre traitant de iaido, plus précisément le mugen kai et le "maitre" dont il est question ici est sueyoshi akeshi.au début du livre, il est fait une apologie du maitre par l'un de ses élèves, carlos martins.malgré le caractère quasi idolâtre du texte, il est une chose sur laquelle l'auteur insiste, le caractère simple et ouvert de M. Suyeoshi qui est aussi un moine shugendo, acupuncteur, fauconnier...j'aimerais avoir un point de vue extérieur sur ce monsieur ou sur sa pratique.Sur les photos de ce livre, il semble extrêmement souple et détendu, ses mains ne semblent jamais crispées, contrairement à celles de ses élèves...enfin bref, en avez-vous déjà entendu parler? l'avez vous déjà vu à l'oeuvre?cordialement...olry.ps: toujours pas commencé l'aikido...mais je fais tout pour trouver le temps!!je me suis d'ailleurs fait un petit entrainement samedi matin,suburis pompes katas et ... courbatures!!!à bientôt!!!

Léo Tamaki 21/09/2009 17:47



Bonjour Olry,

Je n'ai jamais rencontré Sueyoshi Akeshi donc je ne saurai trop m'avancer à son sujet. Il s'agit d'un élève de Kono senseï.

Quand aux suburi attention, il s'agit d'un point très important qui ne supporte pas l'à peu près. Je te conseille d'attendre un enseignant qualifié avant de commencer ce type de travail ;-)

Léo



Tangi 17/09/2009 23:58

bonsoir,waoo, c'est bouillant !Do, Jutsu, Maitres, des notions pas facile, surtout qu'on a tendance a vouloir catégoriser ( surtout en occident). POur ma part, la pratique (quelque soit  sa forme) qui amène a se connaitre tel que l'on EST est le Do, le KUng FU, Yoga. L'esprit se polit jusqu'au jour ou il n'y aplus rien a refleter, alors l'adepte devient le Sabre ( ou la Main) et se rend compte qu'il n'est pas seul sur terre.Il a fait le chemin et le partage. Il poursuit sa route car il me semble qu'il n'y a pas de limite a affiner son Art. Le Maitres qui avaient encore de l'ego avaient encore du chemin a faire, MAIS il es tjs vain d'estimer le "niveau" de quelq'un lorsque l'on porte tjs ses lunettes !OphtalmiquementTangi

Léo Tamaki 18/09/2009 01:21



Bonsoir,

En effet l'Occident a tendance a vouloir catégoriser. C'est à la fois une force et une faiblesse.

Et comme tu dis, comment pouvons nous estimer le niveau avec nos lunettes :D

Léo



benoit 25/06/2009 10:47

Bonjour Léo, que ce soit bujitsu ou budo, je n'en sais rien, mais le "l'absence d'attaque" désignt-elle par exemple le fait que face à certains adversaires, quand ils nous portent le premier coup on a comme l'impression que c'est nous mêmes (par notre placement , notre volonté d'attaque, etc..) qui sommes venus nous embrocher sur cette sorte de "frappe defensive? pour les techniques orientées clairement attaque, tu parles de koryu à mains armées? c'est des techniques offensive du style guerilla/embuscade? Les jitsu "non koryu" sont ils relativement exempts de cette catégorie la et sont ils donc globalement plus defensifs que des koryu? Mais peut être prefères tu garder tout ça pour ton prochain sujet que tu as annoncé sur l'absence d'attaque.....Benoit

Léo Tamaki 25/06/2009 11:35



Bonjour Benoît,

L'absence d'attaque est un point technique précis. C'est par exemple le fait qu'un kata ne commence pas par une frappe. Bien qu'au final la différence s'efface mais c'est là un autre sujet…

Amener l'autre à nous attaquer est un point essentiel de la pratique, que ce soit en bujutsu ou budo.

Concernant les formes offensives elles existent aussi bien à mains nues qu'armées. Je ne vois pas ce que tu entends par "guérilla/embuscade" mais il s'agit de toute façon de "formes".

Je ne sais pas trop non plus ce que tu entends par "jutsu non koryu".

Quand au fait d'être offensif ou défensif c'est encore quelque chose qui s'estompe lorsqu'on avance et dépasse l'aspect de la dualité…

Léo



Jean-Claude 24/06/2009 16:11

Cher Leo,"Je te prie donc de m'excuser de ne pas rebondir sur ton post mais je préfère cela que partir dans des platitudes dont je ne serai même pas certain ;-)"Très sage de ta part ;-).Pas de souci, je te comprends d'autant plus qu' "ego" est à ranger dans ces mots "fourre-tout" comme "ki" par exemple. La pratique et le ressenti du corps sont la base et l'essentiel, le reste (les théories, les explications spirituelles/psychologiques) vient après. L'avantage d'être non occidental (mon cas), c'est d'être moins attaché à la compréhension analytique des choses. Ca me pose d'autres problèmes, mais c'est un autre sujet.

Léo Tamaki 25/06/2009 00:08



Merci Jean-Claude, je me doutais que tu comprendrais.

Amicalement,

Léo



Mat. 23/06/2009 11:18

Bonjour Léo,Ne prends pas trop au sérieux ce que j'écris, le propre de la culture japonaise est d'intégrer les paradoxes. Ici plus qu'ailleurs une chose peut coexister avec son contraire ;-)Pas de souci, j'essaie juste de comprendre ce que tu as voulu dire ... merci pour ta réponse, à bientôt.Mat. ;-)

Léo Tamaki 23/06/2009 19:45



En fait je ne me faisais pas trop de soucis sur ta réaction ;-)
Comme il ne s'agit que d'un blog, que ce que j'écris n'est que le reflet de ma compréhension,  et que celle-ci est loin d'être figée, au mieux peut-on utiliser cela comme pistes de
réflexions.

A bientôt j'espère.

Amicalement,

Léo



Jean-Claude 23/06/2009 10:31

Cher Leo,Je propose une piste sur "l'absence d'ego" qui est le travil et le rôle d'uke. Il me semble, à mon très humble avis, que pour "refleter comme un miroir"  il faut s'oublier et abandonner son ego pour offrir à tori la possibilité de donner le meilleur de lui même. Ellis Armdur en parle mieux que moi de ce sujet.

Léo Tamaki 23/06/2009 19:41



Bonjour Jean-Claude,

Sans doute l'as-tu constaté au fil de mes posts mais je suis loin d'être un philosophe et j'aborde très rarement les aspects spirituels ou psychologiques de la pratique. D'une part parce que je
ne me sens pas qualifié pour le faire, d'autre part parce que cela peut vite partir dans tous les sens, surtout que des termes précis utilisés par des professionnels le sont avec des
interprétations très personnelles par les néophytes.
Rien que le terme ego recouvre de nombreuses interprétations…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombril_du_monde

Je te prie donc de m'excuser de ne pas rebondir sur ton post mais je préfère cela que partir dans des platitudes dont je ne serai même pas certain ;-)

Amicalement,

Léo





Mat. 22/06/2009 18:20

Bonjour Léo, de temps en temps je repense à ce que tu as écrit.D'après ce qu'on sait du personnage, dans quelle colonne placerais-tu quelqu'un comme Sokaku Takeda ? Maître ? Pas maître ?

Léo Tamaki 22/06/2009 22:21



Bonjour Mat.,

Ne prends pas trop au sérieux ce que j'écris, le propre de la culture japonaise est d'intégrer les paradoxes. Ici plus qu'ailleurs une chose peut coexister avec son contraire ;-)

Concernant Takeda Sokaku il est difficile d'être catégorique car il est mort depuis bien longtemps et je n'ai rencontré personne l'ayant connu. Malgré tout, et en cherchant le point commune des
récits le concernant, si je devais me prononcer je dirai qu'il était sans aucun doute un adepte du plus haut niveau mais probablement pas un maître dans le sens où je l'énonçai:
"…l'idée que le maître est une référence technique et l'exemple d'un être humain équilibré et réalisé. En ce sens il va plus loin qu'un expert technique…".
Cela dit en tant qu'adepte il était probablement d'un niveau supérieur à la plupart des maîtres.

Il semble qu'il ait eu un goût prononcé pour l'argent et qu'il ait été à la limite de la paranoïa. Il y a plusieurs anecdotes assez cocasses le concernant dans le livre de Stanley Pranin "Les
maîtres d'avant-guerre". J'en ai aussi recueillies un certain nombre dans les milieux du Daïto ryu et de l'Aïkido qui concordent avec celles-ci, allant parfois simplement plus loin.
En tout cas il ne me semble pas correspondre à "…quelqu'un qui travaille à s'améliorer en étant intégré et utile à la société. Quelqu'un qui possède des défauts mais n'en fait pas subir les
conséquences aux autres.".

Amicalement,

Léo

P.S. Adeptes du Daïto ryu de tous bords, merci de ne pas ouvrir le feu. Mon opinion est purement subjective et ne remet aucunement en cause la valeur de l'art ni l'intérêt que je lui porte
;-)



philippe 22/06/2009 16:23

"les budo sont généralement basés sur l'idée de ne pas attaquer le premier comme le démontre l'un des préceptes du Karaté, "Karate ni sente nashi" ("il n'y a pas d'attaque en Karaté")."Comme le montre de nombreux maitres d'arts martiaux, la plus grande éfficacité vient de notre capacité a être en harmonie avec l'instant présent. Notre action ne vient pas de notre ego, mais ne fait que suivre ; c'est pourquoi il n'y a pas d'attaque.

Léo Tamaki 22/06/2009 22:03



On ne peut bien sûr rien répondre à une phrase telle que "la plus grande efficacité vient de notre capacité à être en harmonie avec l'instant présent.". Je n'ai rien contre le principe et si
j'avais à me prononcer je l'approuverai probablement, mais comment cela se traduit-il concrètement? Si un geste, une technique est réussie a-t-on été en harmonie avec l'instant présent? Comment
savoir qu'une action ne vient pas de l'ego? Les maîtres agissent-ils tous spontanément? Comment peut-on le voir?
Le fait qu'il n'y ait pas d'attaques est encore une fois, à mon sens, une évolution du budo. Comme je le disais:
"c'est la modification de ces techniques qui fait que les budo permettent de transmettre par la pratique des valeurs morales. Alors que de nombreux katas de bujutsu sont des situations où l'on
attaque par surprise des visiteurs ou des messagers, les budo sont généralement basés sur l'idée de ne pas attaquer le premier comme le démontre l'un des préceptes du Karaté, "Karate ni sente
nashi" ("il n'y a pas d'attaque en Karaté"). Attention toutefois à ne pas prendre cela non plus de façon trop littérale"
Si un adepte de bujutsu attaque considère-t-on qu'il a fait preuve d'ego? "Suivre" ne peut-il être une action de l'ego? L'absence d'ego ne se traduirait-elle pas plus par "refléter" tel un
miroir?

Cordialement,

Léo



Hervé 22/06/2009 13:12

Hino Akira, peut-on reconnaître un maître en le croisant dans la rue ;-)En effet, je dirais non. A part si l'on voit qu'il étudie la statue en face de lui....  ;-)

Léo Tamaki 22/06/2009 20:10



C'était très intéressant de se promener au Louvre avec Hino senseï. Il remarquait des choses qui m'échappaient totalement. Je me souviens par exemple qu'en voyant la Vénus de Milo il me dit
qu'elle avait une étrange posture de torsion. En regardant les explications du musée je m'aperçu qu'elles mentionnaient que la statue faite en plusieurs partie avait une originalité, dont j'ai
oublié le détail, au niveau de la torsion ;-)

Léo