Budo no Nayami

L'art martial du côté artistique

24 Juin 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Voici une discussion qui a eu lieu en partie dans les commentaires suite aux articles "Budo, l'attitude des maîtres au quotidien" et "Budo, l'attitude des maîtres au quotidien. Commentaires."
Elle concerne la comparaison entre maîtres d'art et maîtres d'arts martiaux puis le lien entre l'art et les arts martiaux. Pour plus de clarté j'ai repris certains extraits déjà publiés.

"J'ai fais des études d'art et en peinture un maître est souvent... mort déjà, maîtrise les techniques picturales mais peut être torturé, par exemple pas forcément équilibré et serein (cf Van Gogh, Picasso..)."
virginie


Dans la pratique martiale un maître mort, mais surtout que l'on n'a pas rencontré, ne peut, à mon avis, qu'être une référence idéalisée. Si ses écrits peuvent nous éclairer, son image nous motiver, et pour les plus récents, des films de lui nous donner une idée de son travail, cela ne peut remplacer la pratique avec un maître en chair et en os.
Quand au fait de ne pas être équilibré et serein, dans l'état actuel de ma réflexion, je dirai que pour la pratique martiale c'est alors d'un expert et non d'un maître dont nous parlons. Mais il n'y a aucun mal à suivre un expert tant qu'on ne le confond pas avec un maître.

"Je partage la vision que Virginie a du Maître en général (je me faisais une réflexion similaire sur le déséquilibre que manifestent/ont manifesté beaucoup de maîtres reconnus en diverses disciplines)."
Mat.


Je crois qu'il ne faut pas confondre les domaines. Celui qu'on appelle un maître dans le domaine des arts est jugé sur son œuvre artistique tandis qu'un maître de budo est jugé sur son achèvement personnel. Et si en effet beaucoup d'artistes étaient plus ou moins déséquilibrés, il ne faut pas en faire une généralité non plus et beaucoup furent des êtres équilibrés. On ne retient souvent que les images les plus romantiques des peintres torturés et il n'est pas non plus à exclure que cette image ait, dans certains cas, aidé à leur célébrité (involontairement).

"…en ce qui concerne les maîtres en peinture et arts martiaux, il ne faut pas confondre et mélanger les genres évidemment, mais on peut faire le parallèle et comparer, d'autant plus que les maîtres de Budo pratiquent souvent un art en annexe (calligraphie, musique..)."
virginie


Concernant les parallèles entre maîtres de peinture et d'arts martiaux je ne trouve toujours pas, personnellement, que cela soit très judicieux.

"Quant à Van Gogh ou Picasso, ils sont connus pour leurs talents et ont fait leurs preuves (concours gagnés, etc, commandes, maîtrise de leurs arts : gestes, dessin, couleurs) d'une manière aussi académique que modernes.
Leurs vies privés et anecdotiques sont souvent là pour faire parler les langues, conséquences de leurs célébrités et non pas la cause."
virginie


Je n'ai pas étudié l'art mais mon père est artiste peintre et j'ai grandi dans les musées et entourées de peintres. Les avis par exemple sur l'importance d'un Van Gogh sont très très divergents. Certains l'estiment comme, au moins, le plus grand peintre du vingtième siècle, tandis que d'autres estiment que, tout grand peintre qu'il soit, c'est aussi sa passion qui est célébrée. (Quand à ses preuves il n'a d'ailleurs à ma connaissance gagné aucun concours et vendu qu'une seule œuvre en dehors de sa famille.)
L'art est, plus que toute autre chose, subjectif. Les concours de peinture ne me semblent d'ailleurs pas, par exemple, d'un intérêt majeur… Comment détermine donc d'une personne qu'elle est "maître de peinture"? Bien sûr, aujourd'hui que la pratique ne peut être mise en action, je t'accorde que le problème se pose aussi dans les voies martiales. Mais c'est un autre sujet.

Quand au fait que des maîtres d'arts martiaux pratiquent ou aient pratiqué d'autres voies en annexe, dans le passé cela faisait tout simplement partie de l'éducation d'un samouraï. Aujourd'hui j'en connais peu qui le font, et de ceux qui le font, les productions sont loin de toujours être du niveau de leur pratique martiale :D N'est pas Musashi qui veut!


Peinture de Musashi


Au final mon point de vue est qu'un artiste reconnu n'a pas besoin d'être équilibré ni serein, tandis que c'est, à mon sens, la marque d'un maître. Je ne vois donc pas dans le cas présent où le parallèle peut s'inscrire.

"Les férus d'art regardent en premier le tableau et après l'artiste.
En aïkido aussi, je regarde la technique en premier et le reste après."
virginie


Tu dis en Aïkido "regarder la technique en premier". J'ai personnellement rencontré des gens dont la technique n'était pas parfaite mais que je considère comme des maîtres. Et j'ai rencontré des adeptes à la technique phénoménale qui étaient des individus malsains. Alors que pour un artiste je regarderai l'œuvre, pour un maître je regarderai l'homme.

"Penses-tu que l'art martial peut être vu du côté artistique (le côté art et le côté martial)?"
virginie


Pourquoi pas. Malheureusement à l'heure actuelle ce qui est appelé "art martial artistique" est, pour moi, totalement dénué d'intérêt et généralement aussi éloigné de l'art que du martial.

Les origines latines du mot art signifient "habileté, métier, connaissance technique". C'est pour moi dans ce sens qu'il faut comprendre le mot "art" dans art martial et non comme quelque chose d'artistique. Les mots japonais que l'on traduit part "art martial" sont généralement budo et bujutsu, traduits littéralement cela donne en réalité "voie martiale" et "technique martiale". Aucune connotation artistique directe donc.
Si une technique "juste" peut être considérée belle, une technique belle n'est pas forcément juste du point de vue martial. Kono senseï et Hino senseï qui travaillent avec des danseurs, des musiciens, des acteurs… et leur trouvent des qualités certaines, m'ont plusieurs fois confiés qu'ils n'étaient pas plus doués que d'autres pour la pratique martiale. Leur capacité de travail est une aide, leur sensibilité éventuellement mais leur utilisation du corps laisse souvent à désirer selon le point de vue martial.


Hino senseï, maître de Budo et... batteur


"Je pense que la pratique d'un art en annexe peut enrichir la pratique de l'aïkido : rythme (musique), tempo, intensité, le sens de l'observation (la photo par exemple)."
virginie


Là aussi, pourquoi pas. Cela dit personnellement je considère que la pratique martiale, si elle nécessite par exemple de sentir le rythme du partenaire, nous amène souvent à le briser, même si cela est de manière douce. Toute activité source d'évolution personnelle peut avoir à ce titre un impact positif sur notre pratique. Mais je pense que cela est limité et la frontière est ténue entre "enrichir" et "parasiter". Les voies qui permettent le plus grand enrichissement de ce point de vue me semblent être le chado (la voie du thé), le zen, et, mais de façon un peu moins évidente, le shodo (la calligraphie).
Le risque toutefois avec toute activité annexe comme avec une activité professionnelle est de voir la pratique martiale trop fortement teintée. Les arts martiaux ont un fonctionnement propre, une culture et une logique qui leurs sont propres. Une intégration irréfléchie peut se faire à leur détriment.
Prenons par exemple le cas d'un kinésithérapeute. S'il cherche à comprendre certains mouvements d'après ce qu'il connaît il risque de passer à côté de certaines choses. J'ai plusieurs élèves kinés et osthéos. Lorsqu'ils ont rencontré certains maîtres que je fais venir ils ont découvert de nouvelles façons d'utiliser le corps. Et la plupart m'ont au contraire dit que c'est cela qui avait changé leur façon de travailler, plutôt que leur travail qui leur a permis d'être meilleur. Ils viennent l'esprit ouvert et ne sont pas limités par les frontières actuelles des connaissances de leur discipline. Les danseurs et autres musiciens qui viennent aux stages enrichissent aussi leurs pratiques en découvrant de nouvelles choses.


Enrichir sa pratique grâce à l'art martial


"Pour expliquer, lorsque je vois la technique, je vois déjà l'homme car les gestes trahissent la pensée. Plus facile pour Hino Akira très expressif corporellement dans son kata que pour une école traditionnelle où tout les gestes sont codifiés."
virginie


Si tu vois la pensée d'un maître dans ses gestes alors… il est à douter qu'il soit un maître. Sans doute peux-tu y déceler certaines qualités mais quand à l'intention…

"Pour Kono senseï, on peut voir sa rigueur et sa rapidité, sa concentration, l'esprit acéré."
virginie


Oui dans ce sens, déceler des qualités, pourquoi pas.


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chevrier 19/12/2012 11:03


Bonjour, le travail d'hino akira, sa pratique musicale et "martiale"  posent sans aucun doute les mêmes questionnements: La question de l'intention et de la conscience. La question
de la maitrise d'une pratique employée n'est qu'anecdotique, ce qui nourrie toutes ces pratiques, c'est la question de "l'Etre au monde, question de realisation personnelle et de voie
personnelle  face à la maladie, face à la mort et la douleur...avant d'être maitre le veritable artiste exerce une vision sur le monde qui lui est propre et unique, ce ne sont que
les historiens de l'art qui décrètent ou non ces titres de "maitrise".  Je relis les lignes de Deshimaru, à propos du KI, "Le ki mouvant, est celui qui crée le mouvement de la vie. Alors,
coincider avec le ki signifie ne faire qu'un avec cette énergie fondamentale. Lorsqu'un pianiste sait très bien jouer du piano, ou un guitariste de la guitarre, c'est son ki qui finit par jouer
et se servir inconsciemment de la technique apprise".   Je revois hino akira à la battrie, sur le tatami et je "vois" le ki  agissant, ses gestes ne lui appartiennent
plus....  et pourtant.. Quand je repasse dans les galeries du louvre ou d'ailleurs c'est la même chose devant les dessins d'Albretch Durer, de Vinci, au delà du temps des hommes, il y a là
quelques chose de plus universel, c'est cette force qui nourrie ces oeuvres, l'artiste dans son exceptionnel technicité est lui même dépassé et c'est pourquoi ces oeuvres nous touchent à travers
les siècles et la longue marche du temps....Elles ne sont pas d'un homme ou d'un artiste mais elle sont fondementalement aux hommes elles nous sont proches car elle participent d'un grand tout,
le souffle, l'esprit, le ki...

Martin 01/07/2009 14:46

Personellement, j'écris, et je pense qu'il y a un point commun entre l'art martial et l'art qui, quel qu'il soit, n'est pas martial: on ne réalisé les choses correctement que lorsque l'on en arrive à un niveau de concentration qui fait qu'on "n'est" plus là. les seules choses que je juge correctes dans ce que j'ai écrit sont celles écrites dans ces périodes d'"absences". Ou l'on s'oublie, en fait, on cesse de filtrer l'information, après, ça ne dis rien sur le niveau, mais en tant qu'école de discipline, je pense que ça se rejoint. Et puis on enregistre les perturbations, leur provenance, et plus on y travaille, mieux ça marche. En fait, les deux libères, et d'une certaine façon, stabilise, je pense qu'il y a un lien entre tous les arts, si ils sont pratiqués avec l'attention que l'art mérites: l'art en soi n'est qu'un moyen de se réaliser. Du moins, c'est ainsi que je le vois. 

Léo Tamaki 02/07/2009 05:51



Bien entendu il est possible de créer ainsi. Mais je ne sais pas si cela est un point de vue général dans l'art occidental. C'est une façon de voir qui me semble relativement récente et qui ne me
semble pas avoir été abordée par beaucoup. Des gens tels que Picasso ou Dali qui étaient des monstres d'égo s'oubliaient-ils? Sans doute, difficile à dire.
De même, voir l'art comme un moyen de se réaliser me semble être un point de vue plutôt récent dans l'art occidental ou l'oeuvre me semble avoir été plus importante que le cheminement de
l'artiste en tant qu'homme.

Quoi qu'il en soit bonne pratiques, martiale et artistique!

Léo



Elisabeth 27/06/2009 10:23

Bonjour Léo,A propos de peintres utilisant leur corps de façon admirable,  j'ai été trés touchée par celui-ci que j'ai eu la chance de voir à l'oeuvre à Paris il y a quelques mois...Admirable, dans le sens  où le corps est véritablement habité. http://www.youtube.com/watch?v=A5JpSm4a8Qc&feature=channel_page

Léo Tamaki 28/06/2009 04:53



Bonjour Elisabeth,

Merci pour le lien. J'ai été voir ensuite son site internet.
Je ne suis pas spécialement touché par sa peinture mais il semble en tout cas vivre intensément son acte.

Léo



virginie 26/06/2009 22:30

en ce qui concerne la voie du thé, je préfère celle du café : kawa.Bises, Virginie

Léo Tamaki 28/06/2009 05:22



Ah les goûts et les couleurs ;-)

Léo



Mat. :-) 26/06/2009 12:12

Vu sous cet angle, je comprend que ta définition du maître est sur le fond un aveu de ta part sur ce qui constitue pour toi la réalisation personnelle ;-).... dans le cadre du budo, bien entendu ;-) (désolé de l'imprécision) ...

Léo Tamaki 30/06/2009 09:27



Réponse ici.

Amicalement ;-)

Léo



Mat. :-) 26/06/2009 12:09

Bonjour Léo,sujet passionnant, merci de développer ! :-)Je ne suis pas d'accord avec la confusion que tu fais entre la dichotomie jutsu / do et l'interpénétration du jutsu et du do dans les arts martiaux.Pour moi l'outil = "jutsu" est bien évidemment au service de l'objectif = "do".Mais peu importe la traduction plus ou moins littérale que je fais de ces deux mots japonais. Ce qui importe c'est la définition du mot "maître" et la personnalité de ceux qu'on peut qualifier comme tel.Un maître, ça maîtrise, non ?Celui qui maîtrise l'outil est déjà un maître. Que tu l'appelles "expert" n'y changera rien :D. La maîtrise d'un outil est quelque chose de plus facile à objectiver en tous cas que la maîtrise dans une ou l'autre voie, surtout lorsqu'il s'agit de "réalisation personnelle" !Effectivement, celui qui semble être "avancé" sur une voie peut aussi être appelé un maître. C'est d'autant plus vrai lorsque l'avancée sur cette voie a nécessité la maîtrise préalable des divers outils de progression. Mais ce n'est qu'un autre niveau de maîtrise, voire une maîtrise dans un domaine différent.D'ailleurs s'agissant de "réalisation personnelle", les "voies" sont aussi multiples que les individus. Toutes n'interprètent pas l'équilibre de la même façon que celle que tu nous présentes. C'est ce que j'ai essayé de traduire dans ma réponse à Ivan.Vu sous cet angle, je comprend que ta définition du maître est sur le fond un aveu de ta part sur ce qui constitue pour toi la réalisation personnelle ;-).Bien à toi, amicalement.Mat.

Léo Tamaki 30/06/2009 09:27



Réponse ici.

Amicalement,

Léo



DG 26/06/2009 10:42

Bonjour Léo,Je me permet une petite intervention sans prétention. Ma femme a suivi un parcours d'artiste et nous avons pu comparer nos progressions.Pour moi, le point de rencontre principal entre art et "art martial" est justement ce cheminement, cette manière d'avancer sur une voie sans fin et d'apprendre et progresser à chaque pas, de se remettre en question en permanence pour aller toujours plus loin.

Léo Tamaki 28/06/2009 05:03



Bonjour DG,

Mais tes interventions sont toujours sans prétention à ce que je sache ;-)

Je suis tout à fait d'accord avec toi, l'art et de la pratique martiale partagent le fait d'être des voies.

Amicalement,

Léo



SeB 26/06/2009 01:08

Bonjour / Bonsoir Leo,J'ai lu ton post avec attention ainsi que les commentaires. Je considere les arts martiaux comme un outil de survie. Quand on pratique Tanto dori, on joue pas, on va se faire poignarder faut assurer :) alors faire place a la creativite, pourquoi pas... mais au fond l'esthetique on s'en fiche un peu non? Les commandos quand ils pratiquent le combat a mains nues, ils font pas dans la dentelle d'ou le geste qui se doit d'etre juste... L'art dans sa globalite n'a a mon avis pas le meme souci, le but est different. Si les deux convergent c'est a mon avis pour un but, un motif different tel que l'accomplissement personnel...Bon tu sais quoi, je suis tellement claque que j'arrive pas a taper correctement et puis on arrete pas de recevoir des textos qui sont des blagues sur la mort de Michael Jackson. A ces anglais ils sont terribles mais certaines blagues sont franchement droles, ca fait meme pas une heure qu'il est mort et ils s'y mettent deja... Bon j'ai pas fait avancer le schmilblique mais encore merci pour ton altruisme.

Léo Tamaki 28/06/2009 05:01



Bonjour Seb,

J'espère que les arts martiaux vont au-delà de l'outil de survie. Mais effectivement la cohérence martiale doit rester le fondement de la pratique.

Quand à l'esthétique elle ne doit pas être recherchée mais simplement être une conséquence.

Comme tu le dis le point de convergence se situe dans l'accomplissement personnel.

Léo



Alexis 25/06/2009 18:52

Vos post sont très intéressants à lire, tant du point de vue des artistes qui se sont exprimés, que des pratiquant d'arts martiaux (et de Léo bien sûr). Vous avez certainement lu dans le livre des 5 roues (un certain Miyamoto Musashi...) ce samouraï de légende parlait de la très grande importance de l'art en parallèle du budo. Entrainer son corps dans une voie martiale est certainement la raison de bcp d'entre nous, mais il insiste sur le fait que cela ne suffit pas, il faut aussi s'ouvrir à d'autres voies comme les arts. L'art est crucial pour le budoka: s'il s'engage aussi à travailler une forme d'art, il ouvre son esprit à un enseignement complémentaire, voire salutaire. Faites des arts-martiaux, et lorsque la muse vous taquine, écrivez des poèmes, glissez un pinceau sur une toile, chantez, etc... Et persévérez!

Léo Tamaki 26/06/2009 00:11



Merci pour votre lecture.

La difficulté des écrits de Musashi est qu'ils sont matières à de nombreuses interprétations en japonais. Et généralement les traductions n'en offrent qu'une.
Le meilleur ouvrage le concernant est celui de Tokitsu senseï que j'avais lu il y a plusieurs années.

Musashi avait atteint une telle maîtrise de la voie martiale qu'il arrivait à l'appliquer à tout. A-t-il appliqué ce qu'il a vu comme pratique artistique dans sa pratique? J'en doute. Il dit par
ailleurs que sa pratique lui a permis de n'avoir de maîtres dans aucuns domaines.

On lui prête aussi cette phrase:
Il y a de nombreuses voies: confucianisme, bouddhisme, voie de l'élégance, agriculture, ou danse. Ces choses ne font pas partie de la voie du guerrier.

Le budo est une voie. Comme toute voie il se suffit à lui-même. Ce fut d'ailleurs la conclusion de Yamaoka Tesshu qui poursuivit pourtant ardemment sa pratique du zen avant d'en arriver à cette
réflexion.

Pratiquer un art est très bien. Cela peut évidemment vous apporter beaucoup. Dans ce cas je conseille toutefois de se pencher vers les voies japonaises qui ont une parenté plus facilement
compréhensible telles que la calligraphie ou la cérémonie du thé.
Mais ce n'est pas indispensable.

Léo



virginie 25/06/2009 18:33

Pour rajouter ma fraise (j'aime bien), nous avons oublié de parler de la Création, origine de tout art.L'artiste peintre, par exemple, crée évidement, avec son propre style (connaissance de soi-même, maîtrise des différentes techniques, faire le vide effectivement, se battre avec la toile, parfois corps à corps, pardon corps à toile, utilisation du modèle vivant comme partenaire de création et même utilisation de son corps comme instrument...)L'aïkidoka à un haut niveau technique possède son propre style et utilise les techniques à l'infini, en improvisant-s'adaptant au partenaire, donc en créant le mouvement issu de la relation des deux pratiquants (interaction-création en réponse).Effectivement je suis d'accord pour Klein, judoka de bon niveau, pour les performances aussi rapprochés des démonstrations d'aïkido.Pour moi, le maîtres d'aïkido démontrent leur art, sans enlever la qualité martiale, le budo et l'éfficacité des prises.Mais peut-être, Léo, tu n'aimes pas la peinture (tu préfères la danse, ou Elvis Presley ?)Biz.Pour le regard du maître, voir le regard perçant de Picasso, très connu.

Léo Tamaki 25/06/2009 23:54



Bien entendu la liberté et la spontanéité sont des qualités que doivent posséder artistes et adeptes. Mais la liberté et la spontanéité développées par l'artiste sont-elles transposables dans la
pratique martiale? Je suis loin d'en être certain.

Concernant Klein, comme je le disais plus haut son haut niveau semble discutable pour le moins.

J'adore au contraire la peinture. C'est d'ailleurs la forme d'art que je préfère.

Bises,

Léo