Budo no Nayami

Entretiens avec Tamura senseï (9): bokken fin et léger

25 Septembre 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Pourquoi utilisez-vous un bokken fin et léger?
Il faut pouvoir couper avec un bokken léger comme s'il était lourd. Les bokken fins sont plus difficiles à utiliser. Il est difficile de couper droit avec et ils mettent les erreurs en évidence.


Bokken fin et léger


Dans la pratique des armes le choix du matériel est très important. Il y a bien sûr la qualité de l'arme, son bois, sa fabrication… Il y a aussi, et particulièrement pour le sabre, son type.

L'arme par excellence du guerrier japonais, le bushi, était le sabre. Durant le moyen-âge il existait dans l'archipel plusieurs centaines de ryus, écoles traditionnelles, dont une très large majorité étaient dédiées à sa pratique. Dans cette multitude de styles chacun trouvait à sa manière le chemin de l'efficacité et certaines écoles partageaient des conceptions très proches tandis que d'autres n'avaient quasiment rien en commun. Cela se traduisait dans leurs techniques, leur enseignement, leur apprentissage, leur pratique et… leur matériel.

L'un des principaux outils de l'apprentissage des arts du sabre japonais est le bokken ou bokuto, sabre de bois. Selon les écoles ses dimensions, sa forme, son diamètre et son poids peuvent énormément varier, ces dernier pouvant aller du simple au triple, voire plus! Dans le passé chaque ryu avait développé un modèle adapté à sa pratique, sa stratégie et ses choix d'apprentissage.


Interview de Tamura senseï avec quelques séquences au sabre


Pendant longtemps il fut difficile de se procurer autre chose qu'un bokken "standard" hors du Japon. Depuis quelques années toutefois il est possible de se procurer un éventail de modèles de plus en plus étendu. Cela permet de pratiquer en collant plus précisément au travail de son enseignant et de son école.

Lorsque j'ai débuté la pratique des armes je me suis simplement procuré les modèle classiques. Le temps passant et développant un goût prononcé pour le travail en puissance, j'ai fait venir du Japon des modèles de bokken et de jo particulièrement lourds et épais.
A présent ma conception de la pratique martiale est quasiment à l'opposé de ce qui m'intéressait à l'époque. Les deux maîtres que je suis le plus, Kuroda senseï et Tamura senseï, travaillent tous deux avec des bokkens particulièrement fins et c'est très naturellement que j'ai aussi adopté ce type d'arme qui me convient parfaitement.


Avec Mickaël Martin à La Rochelle, un type d'arme adapté à notre pratique


Hino senseï quand à lui, utilise des bokuto classiques ou fins tandis que Kono senseï travaille avec un modèle qu'il a spécialement développé sur la base des sabres du Kashima Shin ryu.


Note: Je n'ai pas enregistré ces entretiens et les écrits de mémoire. Il est donc possible que des erreurs se soient glissées dans ces retranscriptions mais j'ai pensé que l'intérêt des réponses dépassait le risque de mes erreurs. Je prie toutefois les lecteurs de ne prendre cela que comme une conversation rapportée qui pourrait nourrir des réflexions et non comme paroles d'évangiles.


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Mat. :-) 29/09/2009 11:58


Léo continuons si tu veux bien :

Les écoles développant la puissance telles que Jigen ryu, Ono ha Itto ryu ou Kashima Shin ryu en Kenjutsu, Iwama ryu en Aïkido, ont tendance à utiliser des bokkens lourds.
C'est l'inverse dans des écoles telles que Yagyu shinkage ryu ou le Niten ryu actuel.
Personnellement j'ai du mal à concevoir l'intérêt à terme du sacrifice de la puissance. C'est intéressant, voudrais-tu développer un peu plus la différence d'approche de cette
problématique selon ces "regroupement" d'écoles ?


Léo Tamaki 30/09/2009 13:42



Bonjour Mat.,

Personnellement j'ai du mal à concevoir l'intérêt à terme du sacrifice de la puissance. C'est intéressant, voudrais-tu développer un peu plus la différence d'approche de cette
problématique selon ces "regroupement" d'écoles ?

Très succinctement et de façon grossière car il n'est pas possible de faire de généralisations justes sur un sujet aussi précis.
Il y a toute une gamme de choix possibles dans la pratique, qui va d'un travail puissant à un travail mobile. C'est bien sûr une simplification extrême car on peut allier les deux. Mais disons
que plus on veut être puissant plus il est préférable d'être stable, tandis que le travail de la mobilité recherche plus celui d'équilibre dans le mouvement. Les écoles se situeront à l'intérieur
de l'éventail de ces possibilités selon l'époque de leur création, leurs concepts, leurs buts, la personnalité de leur fondateur, puis successeur, etc…

Il y a historiquement des écoles qui ont développé un travail sur le combat en armure, d'autres sans armures, et certaines qui combinent les deux. Les écoles développant la puissance sont
généralement celles qui intègrent le travail avec armures, même si les points visés sont normalement dans les faiblesses de celle-ci.
Les coupes sont plus variées et le travail plus mobile dans les écoles insistant sur le travail en tenue de ville. Là aussi toutefois les coupes se font à des endroits précis du corps. Le do,
coupe au torse du Kendo, n'est par exemple pas considéré comme une cible correcte en combat par la plupart des Koryu, la coupe se faisant traditionnellement plus bas.

Je ne crois pas qu'il faille considérer qu'il s'agit d'un sacrifice de la puissance, mais d'un choix de qualités qui seront développées. Certaines écoles privilégient la puissance, d'autres la
mobilité, et certaines choisissent un travail plus équilibré. Chacun de ces choix est honorable et a permis aux écoles en question de traverser les siècles, signe qu'il n'y a pas UNE vérité mais
que tout est question de choix ;-)

Personnellement le développement de la puissance m'intéresse moins, d'autant plus que le travail de coupe, contrairement à celui de frappe, ne le nécessite généralement pas. Tant que la cible est
bien choisie! :D

Amicalement,

Léo



Mat. :-) 29/09/2009 11:31


Bonjour Léo !

Je connais nombre de pratiquants utilisant un bokken lourd et travaillant en force
Pour ça il y a une arme de destruction massive : travailler les suburi avec une barre à mine. Au dessus d'un certain poids (vers 4 ou 5 kg), l'utilisation du reste du corps
devient prépondérante sur celle des bras. A consommer avec modération (et hors tatami) bien sûr, mais très efficace pour les brutes je crois. :D enfin de toutes façons on ne remplace pas
l'attention à porter aux sensations, on ne peut que les faire varier plus ou moins intensément en fonction de la capacité des uns ou des autres à ressentir, et à imprimer les sensations dans leur
corps, n'est-ce pas ?


Léo Tamaki 30/09/2009 13:06



Bonjour Mat.,

J'ai travaillé et possède encore plus sieurs barres de fer de poids et diamètres différents, et même plusieurs jo en acier!
Cela oblige à pratiquer d'une certaine façon afin de ne pas se blesser mais, personnellement, je n'ai pas trouvé ce travail intéressant au final. Il n'est d'ailleurs pas possible de manier des
armes si lourdes comme les véritables et cela empêche ce type d'entraînement d'avoir un intérêt direct. De même le relâchement que j'avais acquis en le faisant, ainsi que certains de mes
camarades, était "superficiel".
Sincèrement en tout cas je pense qu'une brute ne se verra pas radicalement transformé par ce type de pratique.

En effet je suis d'accord avec toi, on ne remplace pas l'attention portée aux sensations, travail que je considère essentiel. C'est à mon sens cette capacité là qui doit être développée de façon
primordiale.

Amicalement,

Léo



Mat. 28/09/2009 19:16



Bonjour Léo !

Je vais essayer de rectifier un peu ce que j'ai voulu exprimer :-)

Avec le bokken lourd je ne suis pas d'accord sur le fait qu'il n'est pas possible d'utiliser les bras et les épaules. Aucun bokken ne permet cela en lui-même et c'est la concentration sur ce
point qui le permet. Ce qu'on appelle bokken lourd reste relativement léger comme objet, on peut tout à fait le manier en force (et à fortiori bien sûr avec un bokken léger :D).


 


He he, au bout de quelques centaines de suburi une
utilisation en force fait tout de même bien mal aux épaules et au dos. Il me semble donc que le bokken lourd permet de ressentir plus vite certains des effets d’une mauvaise utilisation
du corps, et ainsi de corriger plus tôt certains défauts de maniement.


 


Concernant l'unité du corps oui, c'est un point, de même
que l'équilibre et évidemment la puissance. Mais l'unité du corps et l'équilibre sont aussi travaillés par un bokken fin, simplement de façon différente. Le travail de la puissance en revanche
n'est pas possible avec à ma connaissance.


 


OK, surtout pour une question de solidité de l’arme,
non ? Car la puissance s'exprime de corps à corps quel que soit le poids de l'arme, non ?


 


Pour le bokken léger je suis aussi d'accord avec les
points que tu énonces, hormis le fait de marquer les coupes et les estocs. Mais je ne suis pas sûr de bien saisir ce que tu entendais par là cela dit.


 


J’ai juste voulu dire que le contact au corps est
généralement moins dangereux avec une arme plus légère. Ca permet un travail plus incisif car (un peu) moins risqué.


 


Enfin concernant un instrument intermédiaire je ne suis
pas totalement d'accord. J'ai vu Kuroda ou Kono senseï pratiquer avec des bokkens ou des iaïtos de forme et de longueur différentes immédiatement, sans prendre le temps de mesurer, regarder ou
soupeser l'arme. Cela ne pose donc pas de réel problème. En revanche c'est se priver d'un instrument étudié afin de nous permettre de mieux saisir l'essence de l'école et/ou du style
pratiqué.


 


Je ne crois pas avoir écrit le contraire ;-). J’ai
juste voulu inventorier aussi les avantages d’un instrument intermédiaire. Concernant la capacité à s’adapter à des instruments différents, elles sont pour moi le signe de la maîtrise.
J’ai eu un professeur de trompette qui – quand on lui demandait quelle embouchure il valait mieux utiliser pour réussir tel ou tel autre morceau, répondait invariablement : ‘‘un bon
trompettiste devrait réussir n'importe quel morceau en soufflant dans le manche d'une brouette !’’


 


Ton analogie avec le bloc de marbre pourrait laisser
supposer que l'on cherche un résultat similaire. Ce qui n'est pas le cas selon les écoles/styles. C'est pourquoi par exemple en peinture certains utilisent des pinceaux, des brosses, des
couteaux… leurs doigts. Certains utilisent plusieurs de ces outils, d'autres pas.


 


Tu sembles focalisé sur l’école. Quoique puisse
en dire mon professeur de trompette, effectivement souffler dans un piano ne me semble pas avoir grand intérêt :-p … J’avais mal compris ton propos, ou du moins j’essayais simplement
d’ouvrir la discussion aux diverses qualités des armes utilisables.


 


A bientôt !


 


Mat. :-)

PS. J'ai peut-être mal suivi, mais as-tu récemment diffusé des dates de stage à moyenne échéance en région parisienne ?



Léo Tamaki 29/09/2009 01:05



Bonjour Mat.,

-He he, au bout de quelques centaines de suburi une utilisation en force fait tout de même bien mal aux épaules et au dos. Il me semble donc que le bokken lourd permet de ressentir
plus vite certains des effets d’une mauvaise utilisation du corps, et ainsi de corriger plus tôt certains défauts de maniement.

Sincèrement la différence n'est pas énorme entre un bokken lourd et léger. Celui qui utilise ses bras le sentira dans les deux cas :D
J'ai pratiqué des suburis avec un suburito octogonal très lourd pendant des années en mettant de la force sans m'en rendre compte. Le corps humain s'adapte de toute façon très rapidement au
"stress" qu'on impose à ses muscles. Raison pour laquelle le développement en musculation requiert en général une augmentation des charges soulevées.
Je connais nombre de pratiquants utilisant un bokken lourd et travaillant en force (de même que des pratiquants utilisant un bokken léger, ce qui est pire :D).

-OK, surtout pour une question de solidité de l’arme, non ? Car la puissance s'exprime de corps à corps quel que soit le poids de l'arme, non ?

Lorsqu'on utilise une arme la puissance est très souvent un rapport entre la vitesse et le poids. Plus l'arme est lourde, plus elle est susceptible de développer, et supporter, de la puissance.
Les écoles développant la puissance telles que Jigen ryu, Ono ha Itto ryu ou Kashima Shin ryu en Kenjutsu, Iwama ryu en Aïkido, ont tendance à utiliser des bokkens lourds.
C'est l'inverse dans des écoles telles que Yagyu shinkage ryu ou le Niten ryu actuel.

-J’ai juste voulu dire que le contact au corps est généralement moins dangereux avec une arme plus légère. Ca permet un travail plus incisif car (un peu) moins risqué.
 
Oui même si cela reste relatif car les bokkens légers étant plus fins, une pique est plus dangereuse. De même les frappes étant rapides, elles peuvent faire très mal. Comme on le voit en Kendo,
même une arme légère et flexible peut briser des membres pourtant protégés.

-Je ne crois pas avoir écrit le contraire ;-). J’ai juste voulu inventorier aussi les avantages d’un instrument intermédiaire. Concernant la capacité à s’adapter à des instruments
différents, elles sont pour moi le signe de la maîtrise. J’ai eu un professeur de trompette qui – quand on lui demandait quelle embouchure il valait mieux utiliser pour réussir tel ou tel
autre morceau, répondait invariablement : ‘‘un bon trompettiste devrait réussir n'importe quel morceau en soufflant dans le manche d'une brouette !’’

Ok autant pour moi alors :D
Oui tous les instruments ont leurs avantages. Certaines écoles développent un travail plus marqué, quel que soit le domaine, tandis que d'autres restent "relativement" plus polyvalentes. Ce sont
des choix.

En effet la capacité de s'adapter à des instruments différents est un signe de maîtrise. Je suis tout à fait d'accord. Cela dit, et aussi drôle que soit la réponse de ton professeur, met
Schumacher dans une 2CV et il ne gagnera aucuns grands prix. Sans doute aurait-il eu une chance sur une autre Formule 1.

-Tu sembles focalisé sur l’école. Quoique puisse en dire mon professeur de trompette, effectivement souffler dans un piano ne me semble pas avoir grand intérêt :-p … J’avais mal
compris ton propos, ou du moins j’essayais simplement d’ouvrir la discussion aux diverses qualités des armes utilisables.

Une école, un style, une discipline, a ses richesses. Durant leur apprentissage il me semble important de les comprendre et les étudier au mieux. Pour cela il est évident que plus l'outil est
adapté, plus l'apprentissage sera facilité.
Mais je suis un fervent adepte de l'ouverture d'esprit ;-) Si l'on considère les étapes d'apprentissage Shu ha ri, je dirai que lors de Shu il convient d'utiliser les outils de l'école
scrupuleusement. Lors de ha il est intéressant d'essayer d'utiliser d'autres outils et d'employer les autres différemment. Une fois arrivé à ri la dualité est dépassée et cela n'a plus
d'importance (j'imagine :D).

-J'ai peut-être mal suivi, mais as-tu récemment diffusé des dates de stage à moyenne échéance en région parisienne ?

Euh… là je ne fais pas très bien mon boulot ;-) Hino senseï devrait donner des stages du 8 au 15 novembre, tous les jours sauf le mercredi. Je précise dès que j'ai confirmation.
Akuzawa senseï sera là à la mi-décembre.
Shimizu senseï en février.
Kono dans la saison, de même que de nouveau Hino et Akuzawa…
Il y aura aussi Mickaël Martin et plusieurs stages que je donnerai. Si tu cherches des informations sur un stage en particulier n'hésite pas ;-)

Amicalement,

Léo



Emmanuelle 28/09/2009 08:12


Bonjour,
eh bien j'ai envie de rajouter: pourquoi diaboliser sempiternellement les connaissances livresques et sorbonardes et les oppposer à l'action? La question n'est pas tant de diaboliser l'égo que de
constater dans ou hors bouquin et en d'autres lieux que les fesses posées dans un amphi à la sorbonne ou ailleurs, que c'est souvent lui qui nous fait plus "réagir" qu'agir, nous défendre que nous
sauver. L'égo nous fait tout confondre parce qu'il nous fait nous regarder le nombril et n'envisager une situation QU'à la lumière de notre interprétation.
Eh bien, moi, ce que je trouve hypnotique dans l'aikido, c'est précisément son potentiel livresque...C'est rare et brillant un art martial qui a AUSSI ce pouvoir...Je comprends dés lors pourquoi il
apparait assez "mystérieux" aux yeux de pas mal de pratiquants ou de spectateurs. Un jour, des handicapés du bulbe m'ont balancé que mon aikido était trop cérébral...ça m'a fait super marré, parce
qu'encore aujourd'hui...un aikido cérébral...ben je vois toujours pas. C'est comme de dire qu'un humain a un cerveau et lui jeter à la tête "greee, dégage, tu penses"...Ben oui, les humains
pensent, ont le pouvoir de l'abstraction et de l'imaginaire. Nous sommes actuellement la seule espèce à "imaginer" ce que nnous ne connaissons pas, la seule espèce à créer des choses complètement
inutiles à notre survie comme la musique(§Darwin) un auter imbécile qui a eu l'outrecuidance et le mauvais goût de penser..
A mes humbles connaissances, je ne crois pas que Maitre Ueshieba était un handicapé de la pensée...les techniques se font porteuses de ses intentions et de sa très grande ...réflexion.
Bon...ben bonne journée Léo...et les gens aussi:-)))
Emmanuelle


Léo Tamaki 28/09/2009 12:57



Evidemment cela marche dans les deux sens. Toutefois si les connaissances livresques et l'action font parfois bon ménage, ce que ne nie pas le texte en question, ce n'est pas le cas lorsqu'il
s'agit de s'affranchir de l'égo. Jusqu'à présent les seules voies qui l'ont permis sont celles qui court-circuitent l'intellect. Je ne pense pas que cela signifie revenir au stade animal et ne
plus penser non plus ;-)

Ueshiba n'était sûrement pas un "handicapé de la pensée" :D En revanche ses discours littéraux étaient très... décousus et souvent peu... logiques dans le sens de pensée linéaire,
cartésienne.
Je pense (:D), non, j'ai l'INTUITION (:D) qu'il sentait plus qu'il ne réfléchissait. Sans que cela, bien au contraire, soit péjoratif à mes yeux.

Bonne journée,

Léo



Laurylyan 27/09/2009 23:22


Pourquoi "diaboliser" l'ego ? Il n'est pas "que" mauvais. Il a aussi sa raison d'être. Et peut apporter du positif aussi. Ton n'est que question d'équilibre.

Voir ici par exemple un texte bien intéressant.. Rien n'est "gratuit" ou "arbitraire" et chacun se créé les obstacles
nécessaires à son avancée au fur et à mesure du chemin.
IMHO


Léo Tamaki 28/09/2009 00:06



Mais tout à fait, j'ai un égo qui se porte très bien ;-)

On dit parfois que l'égo est comme un sabre. Il doit rester au fourreau la plupart du temps mais doit pouvoir être utilisé en cas de nécessité.

Le lien que tu as envoyé était intéressant. J'ai bien aimé ce passage:

Premier point, savons-nous exactement ce que nous appelons l'ego et en quoi pourrait consister l'état-sans-ego, autrement que par des définitions livresques qui
nous vaudraient de bonnes notes dans des examens d'indianisme à la Sorbonne mais qui ne peuvent pas nous servir de point d'appui pour transformer notre existence, nous libérer de nos peurs et
nous établir dans la sérénité?

Amicalement,

Léo



Emmanuelle 27/09/2009 17:12


oh oui, bien entendu. Je me suis mal exprimée:-((( Je ne voulais pas dire qu'aller plus loin sous entendait "être mieux que", mais plutôt, "trouver SON chemin propre". Aller plus loin qu'un
enseignement, ce n'est pas être meilleur, mais s'approprier cet enseignement en vue de non pas "plagier" "calquer" mais en recvoir ce qui va nous permettre de prendre notre chemin, grâce à lui,
mais pas "comme"lui...
Heuhhh, je ne sais pas si je suis très claire là...:-( Ce doit être les anti inflamatoires:-DDD
Ah le rétablissement oui!!!:-) Merci. Jamais je ne m'étais autant interrogée, penchée-sans faire de jeu de mot là:-)-sur le concept de verticalité...Que nos ancêtres ont du souffrir quand ils se
sont relevés et ont eu l'idée saugrenue de devenir des bipèdes...grrrrrr, je maudis mes gênes:-DDDD
Allez bon dimanche
Emmanuelle


Léo Tamaki 27/09/2009 21:44



Bonne semaine, quelle que soit ta posture ;-)

Léo



Emmanuelle 27/09/2009 10:58


Bonjour Léo,
oups, je profite d'une pause douloureuesque pour encore faire la belle linguistique et "sémanticoidéologicophilosophique"sur ton blog:-DDDD
L'égo, c'est à mon sens se la jouer seul au monde, meilleur du cosmos, figé dans une idée intersidéralement incontestable de ses aptitudes, influencé par personne, traçant la route sans regarder
autour, ou avec une condescendance presque émouvante tellement elle est puérile...
Et puis, il y chez certains d'entre nous, une singulière inaptitude à se contenter UNIQUEMENT de ce qui nous a précédé, des enseignements que nous avons reçus. Une sorte de petite voix entêtante et
enivrante- c'est vrai quand même:-) qui nous appelle toujours plus loin...
Bon, mon ptit bassin étant dans de bonnes dispositions ce matin-je sens que je peux aspirer à un angle un peu plus ample que les 90° d'un esthétisme renversant dans lesquels je suis enfermée depuis
quelques jours:-DDD, je vais en profiter pouosser un peu.
Bonne journée
Emmanuelle


Léo Tamaki 27/09/2009 12:44



Bonjour Emmanuelle,

Oui l'égo amène à cela. Il y a à cela un côté négatif et un positif. Vouloir se démarquer pour se démarquer est puéril. Vouloir aller plus loin serait une bonne chose, si tant est que l'on est
déjà arrivé au même point :D
Quand à moi j'essaie d'apprendre en imitant mais de ne pas enseigner une imitation que je sais mauvaise ;-)

Bon rétablissement (littéralement! :D)

Léo



Emmanuelle 26/09/2009 23:42



Bonsoir,
oui, étrange tout de même de ne pas assumer des prises de position aussi tranchées sur une personne en se cachant...Cela en perd toute crédibilité, si tant est que cela en est eu. Enfin bref.
Ahlalala, la jalousie tout de même!!!!
De surcroit, eh oui, il faut que je commente, je ne peux pas m'en empêcher: bien que tu t'en défendes Léo, enfin un ptit peu quand même, tout enseignement passe par le mimétisme, c'est forcé.
De plus, ben oui, je continue:-), que veut dire penser par soi même? On est nécessairement un patchwork de rencontres, de sensibilités, ça veut franchement pas dire grand chose.
De plus encore, je trouve qu'être capable d'admirer une personne devrait nous rendre fiers...Et pas l'inverse, mais bon, c'est un point de vue personnel. Admirer ne signifie pas canoniser. Pour
ma part, j'ai souvent admiré des êtres sans doute quelquefois plus pour l'alchimie délicieuse qui se produisait entre leurs défauts et leurs qualités, et ce qu'ils en faisaient dans leur vie,
dans leur rapport aux autres, que pour leur QUALITEES avérées dans un domaine.
Bon, ben je file dormir...ma sciatique me rappelle à l'ordre...il n 'y a pas que les mots dans la vie....:-DDD Houep...malheureusement.
Bonne soirée
Emmanuelle



Léo Tamaki 26/09/2009 23:57



Bonsoir Emmanuelle,


En effet le mimétisme est un passage obligé. Simplement pour être encore plus précis, il faut pour cela être très proche du maître pendant une certaine durée pour que ce mimétisme présente de
"justes" ressemblances. Ce n'est pas mon cas aussi même si lorsque je travaille sous leur direction je tente de faire absolument ce que font mes maîtres, je n'ai ni la prétention, ni le désir,
ni la capacité d'enseigner exactement ce qu'ils font. De plus comme je le mentionnais mon égo conséquent fait que cela ne me pose pas de problèmes outre mesure ;-)

Tout à fait d'accord aussi, nous sommes le résultat de nos rencontres, etc... Comme je le disais "je n'ai pas la prétention de le faire autrement que sur la base de mes rencontres et mes
expériences. Ma pratique étant principalement guidée par Kuroda senseï et Tamura senseï il est certain que leur réflexions teintent les miennes."

Enfin, admirer quelqu'un ne me semble pas être négatif ou péjoratif non plus. "J'ai pour eux le plus grand respect, sans doute une certaine forme d'admiration et même d'affection."

Bon repos ;-)

Léo



Steph 26/09/2009 18:42


La courtoisie se perd, c'est un fait mais...le courage aussi...


Léo Tamaki 26/09/2009 20:47



Tout à fait... :-(

Léo



Anas 26/09/2009 01:20


bonsoir Leo,
mon sensei en kendo m'a dit que les bokkens fins sont difficiles a utiliser, ils nous a amenes un il y'a pas longtemps et j'ai pu constater par moi meme a quel point le fait de maintenir
l'equilibre de l'arme fut difficile.
Amicalement,
Anas


Léo Tamaki 26/09/2009 02:03



Bonsoir Anas,

En effet la légèreté de l'arme ne la rend pas plus facile à utiliser. Bien au contraire.

Amicalement,

Léo