Budo no Nayami

Kumite, Kanazawa Hirokazu contre Enoeda Keinosuke

8 Octobre 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Magnifique démonstration de Kumite entre les maîtres Kanazawa Hirokazu et Enoeda Keinosuke




Il semble que ce film ait été tourné au milieu des années soixante au Japon. Deux des plus grands maîtres du Karaté s'y affrontent et démontrent une pratique d'un niveau exceptionnel, dans une conception très éloignée de ce qu'est devenu cette discipline. Malheureusement…

Si Enoeda senseï est entré dans l'histoire comme l'un des plus grands maîtres de Shotokan de sa génération, Kanazawa senseï est définitivement entré dans la légende des Budos, bien au-delà des styles et des écoles. J'ai vraiment pris plaisir à regarder leur vidéo, encore et encore, magnifique démonstration d'un véritable Karaté martial. Pas de sautillements, pas de garde de boxe, vivacité stupéfiante et pureté technique.




Hito no te ashi wo ken to omoe

Le 15ème kyokun (précepte) de Funakoshi senseï se traduit approximativement par "Penser que les mains et les pieds sont des sabres". C'est un point que je considère essentiel dans la pratique. C'est indéniablement le cas ici et leurs mouvements ne changeraient pas s'ils avaient un couteau entre les mains. L'exemple de l'esquive de Kanazawa senseï à 0,05 est parfaitement parlant sur ce point.

J'ai aussi beaucoup apprécié le très beau yoko geri de maître Kanazawa à 0,46.





Nage waza

Si l'on classe parfois rapidement les trois principaux Budos à mains nues japonais en disant que le Karaté use de frappes, le Judo de projections et l'Aïkido de clés, il est évident que c'est une simplification abusive car Judo, Karaté et Aïkido contiennent tous trois tous ces types de travail.
J'ai particulièrement aimé la projection que Kanazawa senseï effectue à 0,14 après une tentative de fauchage contrée par une projection d'Enoeda qu'il annule en créant le vide! Tout simplement splendide. Lorsqu'il sent qu'il est projeté Kanazawa ne lutte pas, il ne tire pas non plus, ce qui aurait permis à Enoeda de résister. Il crée le vide en chutant à la verticale et projette pendant sa chute. Tout simplement magnifique…




Partager cet article

Commenter cet article

SeB 09/10/2009 21:51


Salut Leo,
juste un lien pour rigoler, aux antipodes du tien et qui fait echo a un de tes derniers articles :) Si tu l'as pas vu, Enjoy!

http://www.youtube.com/watch?v=qa1nzD-n25Q

Amicalement, SeB


Léo Tamaki 09/10/2009 22:08



Salut Sébastien,

Ah oui je connais, un classique.

Pour être franc j'ai toujours été sceptique concernant Dillman et ses élèves. Ne les ayant jamais rencontré j'en ai discuté avec des pratiquants que j'apprécie qui avaient expérimentés certains
de leurs stages. Les réponses ont été variables, certains réduisant la pratique à un ensemble de trucs, tandis que d'autres m'expliquant certains points d'un travail qui semblait intéressant.

Pas d'opinion définitive sur la question donc avant de tester moi-même, même si je n'ai pas un à priori très positif ;-)

Amicalement,

Léo



Tangi 09/10/2009 09:00


NO comments !
;-)

bon allez un petit pour la route,
 spéculation d ema part, il semble que Kanazawa sensei soit  un karateka au dessus du lot, Taiji Kase me semblait etre également  de cette envergure. Je n'ai hélas pas travaillé en
stage eux, après c'est compliqué qd on passe d'un disciple et qu'on rentre (parfois) ds un appauvrissement de ce que le maitre pouvat incarner littéralement.
Mais il doit également exister des maitres très discrèts avec un travail d'une extreme qualité, pas facile de les dénicher alors ! (Je repense à Akuzawa qui a rencontrer (on ne sait qui ?) qui
n'enseignait pas et avait a priori un niveau extraordinaire, cela laisse songeur.

Très belle vidéo, Aligato.
TAngi



Léo Tamaki 09/10/2009 15:48




Bonjour Tangi,


 


Personnellement, et de façon tout à fat subjective, Kanazawa est le maître de Karaté que j'estime le plus.
J'apprécie sa pratique, celle d'hier comme celle d'aujourd'hui, son attitude et son esprit.


 


Y-a-t-il appauvrissement lors de la transmission? C'est une question bien trop profonde pour être abordée
en quelques lignes et à laquelle je réfléchis encore. Toutefois lorsqu'on pratique avec un disciple il est évident, tant qu'il n'a pas été reconnu lui-même comme maître, qu'il ne peut enseigner
jusqu'au même niveau que son maître. Mais cela n'a pas d'importance tant que les élèves et lui-même le savent. Sa tâche est d'enseigner ce qu'il connaît puis de diriger les élèves qui ont fait
le tour de ses connaissances à son maître.


 


Bien entendu il existe des maîtres très capables qui ne sont pas sous les feux de la rampe. Comme le maître
d'Akuzawa senseï par exemple. C'est un choix.


Mais ces cas sont réellement infimes car une pratique continue nécessite un investissement en temps que
seul permet une indépendance financière. La plupart des maîtres sont donc aussi des enseignants.


 


Léo












david 09/10/2009 08:04


indéniblement une très belle et très intéressante vidéo de karaté! Il est claire que l'on a  affaire a une autre philosophie que le karaté sportif de maintenant!

Les maïtres ne font pas de cinema dans le cas présent.

J'en profite pour parler d'un très bon film sur le karaté qui s'appel "blackbelt" a conseiller à ceux qui aime cet art.

Salutation budo.


Léo Tamaki 09/10/2009 15:31




Bonjour David,


 


Je crains qu'il n'y ait en effet que très peu, voir aucuns adeptes capables de combattre de cette façon
aujourd'hui…


 


Léo


 











Ch² 09/10/2009 05:42



Bonsoir,


je me décide enfin à vous envoyer un commentaire car les coïncidences sont trop fortes. En effet je suis tombé sur votre blog il y a plusieurs mois grâce à l'article au sujet de Me Kanazawa
(aperçu dans un restaurant), ce qui m'a permis d'assister à votre stage à Herblay à la fin de l'été. Ce stage passionant, tant pour l'approche de Julien Petitfour que pour la découverte de
l'aïkido fut pour moi sources de nombreuses réflexions supplémentaires sur ma toute récente pratique de karaté (la digestion du peu que j'ai pu saisir au vol est loin d'être achevée, et laisse
planer sur votre tête la menace, toute virtuelle rassurez vous, d'autres commentaires et de longues questions).


En particulier je me suis interrogé sur le travail avec plus ou moins de sensibilité des partenaires, le moins étant, en généralisant sur mes expériences limitées, plutot courant en karaté. Vos
remarques pendant le stage sur le fait de considérer les membres comme des armes (ou, de manière très littérale, comme des lames de rasoir) m'avait fait penser au précepte de Me Funakoshi que
vous citez ici. Je m'étais dit alors que le contrôle absolu des attaques, bien que permettant de "travailler" vite et en sécurité, pouvait paradoxalement conduire à endormir cette sensibilité.
Cela dépend des partenaires, mais je l'ai observé pendant les passages de grades fédéraux et au dojo, moi inclus. Par exemple, en kion ippon kumité, l'attaquant reste innébranlable pendant toute
son attaque puis se fige dans sa belle position académique. Cela rend difficile le travail de déséquilibre en sen non sen, particulièrement avec un contre au visage (le tronc étant plus
suceptible de supporter un contact qui arrête l'élan): l'attaquant étant imperméable au monde extérieur et très raide, il n'accepte pas de se mettre en déséquilibre, car il n'y a pas de menace ou
d'action "réelle" ou acceptée, celle ci disparaissant grâce au contrôle. Une partie importante du travail est ainsi perdue.


Pour y rémédier je n'amène pas de rasoir au dojo, mais je préviens maintenant chaque partenaire, car même en travaillant très lentement il n'est pas plaisant de mettre sa main dans le visage
d'une personne qui ne s'y attend pas... Je dois aussi préciser qu'il n'est pas évident pour un débutant comme moi de trouver l'équilibre entre sensibilité et complaisance. Certains exercices
réussis sans force ne marchent soudainement plus face à un partenaire imprévisible, plus ou moins raide, en randori.


Enfin je m'éloigne de mon but initial: je tenais à saisir cet article particulier pour vous signaler que Me Kanazawa donnera un stage à Marly-le-Roi le 1er novembre 2009. Les informations sont
disponibles à cette adresse.


 


Cordialement,


Christophe






Léo Tamaki 09/10/2009 16:05




Bonjour Christophe,


 


Tutoyons-nous si tu le veux bien comme lors du stage.


 


Je suis vraiment heureux que tu aies apprécié le stage. Il est probable que le travail que nous avons
proposé ait été assez éloigné de ton travail habituel et je te remercie pour l'ouverture que tu as manifestée pendant toute cette semaine. Quand à ta pratique du Karaté elle n'est tout de même
pas si récente ;-)


 


Le travail en sensibilité est effectivement rare de nos jours, même si chacun estime en faire preuve. Cela
en Karaté mais aussi en Aïkido, Judo, etc…


Le problème que tu soulèves, en Karaté notamment, ne me semble pas être lié principalement au contrôle des
attaques. Il est important de pouvoir contrôler son geste si le partenaire n'a pas pu esquiver ou bloquer. En revanche le souci est d'attaquer à des distances qui sont fausses (note que cela
peut être le cas, volontairement, dans des formes enchaînées afin de pouvoir continuer un kata à deux dans les écoles de Kenjutsu par exemple). La cible doit être correcte, de même que la
distance et le temps, même si celui-ci peut être ralenti (mais dans cette situation cela doit être le cas pour les deux pratiquants).


Par contre le manque de réaction du partenaire que tu décris est un véritable problème. Cela fait perdre un
intérêt à la plupart des exercices. Ce problème ne peut être évité qu'avec des explications très claires de l'enseignant. L'action du uke est essentielle. Celui-ci ne peut réagir correctement
que s'il comprend le travail effectué. C'est la raison pour laquelle dans les écoles traditionnelles ce rôle est dévolu au pratiquant le plus avancé.


 


La frontière entre sensibilité est complaisance est très ténue. Il est très important de faire attention à
ce point en permanence car la complaisance est aussi dangereuse que l'absence de sensibilité.


En revanche que tu ne réussisses pas certains exercices, voire la plupart, est normal. C'est là que réside
l'apprentissage. Un partenaire avancé saura te mettre dans la situation de difficulté nécessaire, suffisante pour t'amener à te dépasser et progresser, mais mesurée afin de ne pas te mettre en
situation d'échec permanente.


 


Amicalement,


 


Léo