Budo no Nayami

Tournage DVD Suga 3

7 Juillet 2007 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Juillet 2007

Comme je le supposais lors de ce tournage il y eut, de la concentration en permanence, de la tension parfois, quelques blessures légères et beaucoup de rires.


Beaucoup de rires, et d'excellents bonus à venir :D


Nous avons tourné deux journées complètes, du matin au soir. C'est assez épuisant car nous tournons des heures de film pour n'en garder qu'une au final. Les choses se font toutefois plus facilement au fur et à mesure que nous sortons de nouveaux DVD. Avec ceux qui sont déja sortis et ceux qui sont en production c'était le cinquième et le début du sixième que nous avons tournés.


Hanmi handachi shiho nage ura


Le cinquième DVD qui sera le troisième de la série de Suga senseï présentera probablement le travail en suwari waza, hanmi handachi waza et tachi waza. Il devrait sortir vers novembre.
Le sixième présentera les techniques de ushiro waza, tanto dori, futari gake et tanin zugake. Il sortira normalement durant le premier semestre 2008.

Nous étions cinq ukes pour le tournage le premier jour, Brahim Si Guesmi, François Quantin, Fabrice Geoffroy, Isseï Tamaki et moi-même. Le second jour nous n'étions plus que quatre car Fabrice était rentré en raisons d'obligations professionnelles. Pas parce qu'il était détruit!


Fabrice qui est par chance droitier


Le tournage a été effectué comme pour les premiers DVD par Marc Tong qui est un de mes élèves et qui est 2ème dan d'Aïkido. Avoir un réalisateur pratiquant permet de gagner un temps incroyable car il sait quoi filmer et comment le faire au mieux tout en comprenant la difficulté de ce qui est fait par les pratiquants.

Je présenterai les différents ukes dans plusieurs post qui suivront et aujourd'hui je parlerai du tournage en général.


Kokyu nage


Contrairement aux premiers tournages nous savions cette fois quelles allaient être les techniques éxécutées. Par contre nous ne savions pas qui allait les recevoir...

On ne peut pas dire qu'il y ait de techniques faciles à subir lorsqu'elles sont éxécutées à vitesse et puissance maximales par Toshiro Suga. Mais il y en a clairement des plus difficiles et des plus douloureuses que d'autres!
Inutile de dire que personne ne se bousculait pour aller recevoir un nikkyo ura ou un irimi nage omote...


Brahim (relativement) épargné grâce à sa souplesse


A chaque nouvelle technique le même rituel. Le uke qui vient de passer revient, heureux d'être entier pendant que les quatre autres espèrent être pris car ils savent qu'ils arrivent mieux à suivre sur la technique qui va être filmée ou parce que la suivante est douloureuse, ou inversement éspèrent qu'un autre va subir la difficile prise à venir.


Le visionnage est l'occasion de bonnes rigolades


En règle générale Suga senseï choisit la personne qui sera la plus capable d'encaisser la technique portée quasiment à la limite de la rupture, celle qui saura montrer l'efficacité maximum de ce qui est démontré.
Chaque uke ayant ses qualités propres tant en souplesse, rapidité que qualité de chute, il a en général avec les partenaires qu'il a choisis la possibilité de démontrer au mieux son travail.


Ikkyo


Brahim, Isseï et moi suivons Toshiro en stages depuis des années. Mais nous suivons aussi maître Tamura, Kuroda senseï, etc... Et lorsque nous avons tourné le premier DVD nous nous sommes rendus compte que si nous pouvions suivre sans le moindre problème à mains nues, le fait que nous n'ayons pas travaillé intensivement les formes d'armes de Toshiro ne lui permettait pas de montrer le maximum de ses capacités.
Lors du second DVD nous avons alors demandé à Pierre Congard et François Quantin de participer. Et le résultat était excellent. Pierre et François sont deux des plus anciens élèves de Suga senseï. Ils ont suivi son entraînement lorsqu'il vivait à Brest pendant des années et sont de véritables disciples connaissant son travail sur le bout des doigts.


Kokyu nage avec François


Pour les nouveaux volumes chaque technique a été éxécutée puis Toshiro donnait une explication sur un ou plusieurs points importants avant de rééxécuter la technique, lentement puis à pleine vitesse.
Une des difficultés est que nous voulions qu'il n'y ait pas de coupures. Les séquences pouvant durer plusieurs minutes toute erreur impliquait de tout reprendre depuis le début.


Ce genre d'erreur :D


Au final je ne sais pas si nous conserverons ces longues séquences car il est probable que nous ferons deux menus, l'un permettant de voir techniques et explications et l'autre de sélectionner uniquement les techniques.


Cours particulier


Nous avons décidé lorsque nous avons commencé à produire des DVD de ne présenter que des experts de haut niveau. Incidemment a chaque tournage cela nous donne la chance de profiter d'un cours particulier particulièrement intense et intéressant.


Des techniques rarement vues...


Chaque technique terminée nous visionnons sur un écran de contrôle afin de vérifier que la technique est prise sous le meilleur angle et que tous les points importants seront visibles par le spectateur.

Les tournages sont bien sûr éprouvants pour les uke mais ils le sont énormément pour le tori. Car si nous étions dans un plan sur quatre ou cinq, Suga senseï était de chaque. Il pratiqua ainsi non-stop du matin au soir.
Sa capacité de concentration, la vitesse et la puissance qu'il démontra au cours de chaque séquence sont véritablement impressionants.


Une technique à la limite de la rupture sauvée par la disponibilité de Brahim


Une chose qui me revient particulièrement en mémoire alors que j'écris est la partie où il explique les ukemis.
Suga senseï a 57 ans. A l'âge où les défauts techniques d'une pratique ne respectant pas l'intégrité du corps rendent la plupart de ses collègues enseignants incapables de chuter il démontre des ukemis d'une remarquable beauté.
La chose qui me frappe le plus lorsque je le vois chuter est sa légèreté. Suga senseï est quelqu'un de très puissant. Son koshi est très stable et la musculature de ses jambes semblable à celle d'un lutteur de Sumo. Pourtant il est capable de chuter plus légèrement que des femmes qui font moins de la moitié de son poids.


Des chutes magnifiques


Je me souviens d'un stage à Lesneven où nous travaillions koshi nage à un cours de Tamura senseï. J'étais avec Toshiro... Les minutes passaient alors qu'immobile il attendait que j'éxécute la technique.
Je luttai, incapable de le mouvoir quand parfois, subitement il devenait aussi léger qu'une plume. Il ne se jetait pas au sol. Je le portais mais il ne pesait plus rien!

Je m'arrête là pour aujourd'hui mais comme je l'ai indiqué je reviendrai sur les ukes à l'occasion de prochains posts.


La technique la plus impressionante, Irimi nage omote sur un chudan tsuki pleine vitesse d'Isseï qui est sauvé par sa souplesse et sa disponibilité


Partager cet article

Commenter cet article