Budo no Nayami

De "la pertinence de l'Aïkikaï vis à vis d'autres pratiques"

2 Septembre 2010 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

L'été a été long, riche et intense. Je reprends aujourd'hui le clavier avec plaisir et je reviendrai sur les semaines passées dans les jours qui viennent. J'ai commencé par répondre à tous les commentaires et messages privés que j'ai reçus. Je publie ici ma réponse à un commentaire dont le sujet est malheureusement récurrent. A titre personnel la comparaison entre styles, maîtres ou disciplines ne m'intéresse plus depuis longtemps.

 

Ueshiba Moriheï 017

Ueshiba Moriheï entouré d'un groupe de disciples parmi lesquels Shimizu Kenji (second en partant de la gauche), Saotome Mitsugi (3ème), Kanaï Yasunari (4ème), Toheï Akira (5ème), Ueshiba Kisshomaru (6ème)

 

 

Bonjour Léon,

Revenant après une longue absence et débordé par les choses que j'ai laissées s'accumuler pendant plus d'un mois je me permets de te répondre en reprenant le corps de ton message. C'est moins élégant mais plus rapide et précis. J'espère que tu ne m'en voudras pas.

"le post de TTB a mis en lumière un problème contemporain et désormais incontournable en Aikido à savoir la pertinence de l'Aikikai vis-à-vis d'autres pratiques."
Comparer des écoles, des disciplines ou des maîtres est loin d'être un problème incontournable, c'est simplement un problème inutile à mes yeux. Par ailleurs l'Aïkikaï n'est pas, n'a jamais été et ne sera probablement jamais un style. C'est une organisation, un groupement de dojos, une école dont font ou faisaient partie des personnes pratiquant l'Aïkido mais dont les pratiques peuvent être aussi éloignées que celles de Nishio Shoji, Yamaguchi Seïgo, Tamura Nobuyoshi, Saïto Morihiro, Tada Hiroshi, Abe Seïseki, Christian Tissier, Saotome Mitsugi ou Kuroiwa Yoshio.

 

 

Aikikai-003.jpg

L'Aïkikaï n'est pas, n'a jamais été et ne sera probablement jamais un style.

 

 

"Aikikai qu'incarnait bon gré mal gré feu et regretté N.Tamura."
Tamura senseï n'incarnait pas plus ni moins l'Aïkikaï que Saïto senseï, Saotome senseï ou Nishio senseï. Si, et cela ne serait pas très pertinent, on devait définir un style Aïkikaï, on se retrouverait confronté à la question suivante: le style correspond-il à la forme pratiquée par le plus de pratiquants dans le monde, au Japon ou au Hombu dojo? La réponse sera évidemment très différente.
Dans le monde les deux plus grands groupes de pratiquants sont je crois ceux de Tamura senseï et Tissier senseï. Bien entendu il faut prendre cela avec des gants et dans ceux qui font partie de leurs fédérations / écoles, beaucoup en réalité suivent leur propre chemin.
Au Japon il n'existe quasiment aucun rassemblement et stages inter courants. Des maîtres comme Kobayashi Yasuo ou Suganuma Morito sont à la tête de certains des plus grands groupes du Japon. Leur influence dans l'archipel me semble de loin supérieure à celle de célèbres shihans du Hombu dojo.
Au Hombu dojo de l'Aïkikaï les courants les plus représentés sont ceux du Doshu Kisshomaru mais plus encore de Yamaguchi senseï.

La pratique de Tamura senseï était unique et particulière. C'est l'une des plus marginales dans sa forme et l'importance que l'esprit du sabre y occupait. C'est une forme que l'on ne retrouve chez aucun des enseignants du Hombu dojo.

 

 

Tamura Nobuyoshi 03 avec Léo Tamaki (Marc Le Tissier)

Tamura Nobuyoshi (photo Marc Le Tissier)

 

 

"Ce débat n'a rien de nouveau d'ailleurs depuis le retour au Japon de T.Abe pour ceux qui se souviennent et la réponse qu'incarnent le Birenkai par exemple et la tendance Iwama dont - rappelons-le toujours - Saito sensei n'a jamais fait un label."
La question que tu poses au départ est l'opposition entre la pratique de l'Aïkikaï et les autres. Je comprends mal comment la création de ces autres groupes peut être une réponse à une question les mettant en opposition? Je tiens d'ailleurs à souligner que le Birankaï et Chiba senseï font toujours partie de l'Aïkikaï, le dojo de ce dernier se nommant d'ailleurs San Diego Aïkikaï, et que Saïto senseï ne quitta jamais l'Aïkikaï malgré les relations tendues qu'il put entretenir avec ses dirigeants.
Quand à Abe Tadashi et ses déclarations il faut remettre les choses dans leur contexte et connaître le personnage. J'ai recueilli plusieurs témoignages sur lui dont certains que je publierai ultérieurement. Il était sans aucun doute un combattant redoutable mais un personnage au comportement souvent douteux. N'oublions pas que lorsqu'il quitta l'Aïkikaï y enseignaient encore les maîtres Saïto, Tada, Chiba, Arikawa, etc… L'école avait ses maîtres tenant d'une pratique martiale et oserai-je dire, virile.

"Voyageant dans le monde je constate que le système Aikikai perd ses racines, le bu de budo, et engendre des pratiquants d'une part crédules ensuite bien mal formés puisque sur les techniques fondamentales, Shiho, Irimi, Ude Osae (que je nomme à l'ancienne), Kote Gaeshi... etc, "
Qu'est-ce que le système Aïkikaï? Encore une fois il ne s'agit que d'un groupement de maîtres. Par ailleurs je ne peu certifier que c'était ainsi dans le passé mais Shimizu senseï m'a affirmé qu'Osenseï n'utilisait jamais les termes Ude osae, Kote hineri, etc… mais Ikkyo ou Ikkajo. Il reste toutefois que Tamura senseï note par exemple ce nom après Ikkyo et Ikkajo pour dénommer la même technique.

 

 

Shimizu Kenji 03

Ueshiba Moriheï et Shimizu Kenji

 

 

"les pratiquants (de très bonne foi évidemment) sont plein de trous. Ces trous seraient tous mortels en réel, tous, concernant le foie, les reins, les carotides. N'importe quel abruti avec un tourne vis peut les trouer et provoquer une hémorragie interne majeure."
Les ouvertures dont les enseignants parlent sont des outils pédagogiques. Une technique fonctionne dans le mouvement car un déséquilibre ou une douleur sont créés et empêchent l'adversaire de pouvoir lutter efficacement. Les techniques d'Aïkido nécessitent un "long" contact pour leur réalisation contrairement aux disciplines de percussions. A partir de l'instant où l'on touche le partenaire il est aussi en contact avec nous et peut l'être par de multiples parties à de nombreux endroits. J'ai rencontré lors de mon cheminement des adeptes de Taekwondo par exemple qui seraient capables de mettre un coup de pied dans la tête de quelqu'un qui leur ferait une technique malgré la courte distance. Dans une technique correctement effectuée l'ouverture peut être là dans l'espace mais dans l'instant où elle existe la situation dans laquelle uke se trouve ne lui permet pas de l'exploiter. Cela dit je conviens parfaitement que les ouvertures sont innombrables chez la plupart des pratiquants, TOUS courants confondus.
Par ailleurs si l'on perce quelqu'un avec un tournevis l'hémorragie ne sera pas interne mais externe je le crains.

"Alors évidemment les maîtres de l'Aikikai, du Yoshinkai (on n'en parle jamais de ceux-là mais bon...) et autres sont plus formés - cela dit on peut apercevoir avec horreur certaines ouvertures chez des hauts gradés qui en conditions réelles leur seraient sans doute fatales (des mains posées sur l'épaule en kote gaeshi ça signifie ouverture sur la nuque et carotide...)."
Comme je le disais plus haut j'en conviens parfaitement.

 

"Régulièrement je vois des shodan qui ne possèdent pas les bases de sabre les plus humbles qui sous tendent les techniques en tachi waza, les coupes de shiho ou irimi nage par exemple."
A titre personnel le sabre et sa technique sous-tendent la majorité de mes techniques. Je ne suis toutefois pas sûr au vu de l'état de mes connaissances actuelles et des recherches que j'ai faites que le sabre ait occupé une place majeure dans la création des techniques de l'Aïkido et de son ancêtre le Daïto-ryu.
Sans compter qu'au regard des écoles de sabre traditionnelles ce qui est travaillé en sabre en Aïkido est généralement considéré soit avec dédain soit comme un mise en lumière des principes de l'Aïkido, mais en aucun cas comme des techniques applicables.
Par ailleurs le shodan n'est que le début de la pratique. Il permet de montrer qu'un élève connaît les lettres de l'alphabet de l'Aïkido. Pas qu'il puisse faire de mots ou encore moins de textes.

"Passage de grades UFA à Paris: c'était impressionnant car le niveau était très très bas, désolé si je parais prétentieux, j'ai surtout peur pour tous ces pratiquants avant de me soucier de l'Aikido en général..."
A titre personnel je ne souscris pas au système de passage de grades tel qu'il existe actuellement. Cela dit la loi est telle que c'est un passage quasi obligatoire pour les pratiquants désireux d'enseigner. Certains pratiquants s'illusionnent sans doute sur leur pratique, c'est là un problème transversal aux courants et aux disciplines. Aucun maître n'y pourra jamais rien malheureusement. Je crois et espère toutefois que la majorité a conscience de ce que la pratique leur permet et ne leur permet pas.

"Dernier stage de Tamura à Paris: j'étais surpris de voir des gens avec deux dans de plus que moi ne pouvoir comprendre et mettre en pratique des choses très élémentaires."
Là aussi il s'agit d'un problème transversal aux courants et aux disciplines. On croise dans chaque stage des pratiquants hauts gradés que l'on juge de bas niveau. Sont-ils mauvais? Les jugeons-nous par le bout de notre lorgnette? Les grades sont-ils des repères de capacité où sont-ils décernés pour marquer le chemin que quelqu'un a parcouru comme il semble que c'était le cas à l'époque d'Osenseï?

"TTb est excessif. Il soupçonne Tamura d'avoir entretenu un fond de mystère dans ses techniques pour bénéficier d'une rente de situation. Il n'est pas très utile de répondre sur ce point, Léo."
A vrai dire je n'ai pas le courage et l'envie de relire le sujet aussi je ne sais pas à quoi tu te réfères exactement mais ce qui est inutile aux yeux de l'un est indispensable à ceux de l'autre, ce qui indiffère quelqu'un peut en blesser un autre.

"En revanche il pose une question légitime: d'une façon ou d'une autre Tamura n'a t-il pas été complice de ce déficit à travers un enseignement non logifié, mal structuré?"
Tout d'abord je n'ai pas trouvé le mot logifié dans le dictionnaire. Sans doute voulais-tu dire "illogique". L'enseignement de maître Tamura était clair à mes yeux. Il ne l'a pas toujours été mais il l'est devenu peu à peu. Il m'a fallu du temps et de la pratique pour le comprendre mais il a été d'une richesse incomparable à mes yeux. Et si sa structure ou sa cohérence ne sautent pas aux yeux cela ne signifie pas qu'elles soient absentes. Si tu es un jour intéressé par sa pratique je t'invite à aller voir Mickaël Martin. Il a, mieux que quiconque que je connaisse, compris l'enseignement technique de Tamura senseï, la logique de son travail et le lien entre son travail aux armes et à mains nues.
Par ailleurs ta formulation par l'emploi du mot "complice" laisse sous-entendre qu'il y a eu crime, délit. C'est un terme qui accuse. Tamura senseï est-il complice du "crime" de bas niveau de ses élèves? L'est-il plus que n'importe quel maître dans n'importe quelle domaine ou discipline? Einstein est-il complice du fait que tous ses élèves ne furent pas des génies? Takeda senseï ou Ueshiba senseï du fait que tous leurs élèves ne furent pas talentueux?

 

 

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Mickaël Martin (photo Sébastien Chaventon)

 

 

"La question de l'origine culturelle ne tient pas ici à mes yeux puisque Saito, japonais à l'ancienne, a structuré l'Aikido en profondeur - plus et mieux à mon humble avis que Kishomaru."
Tout d'abord je ne comprends pas ce que tu sous-entends par "japonais à l'ancienne".
Ueshiba senseï était il aussi un criminel de n'avoir pas enseigné l'Aïkido différemment? Les maîtres des Do traditionnels ont-ils conservé une forme d'enseignement basée sur l'imitation et l'intuition car ils n'ont pas imaginé autre chose ou par choix délibéré? Peut-on enseigner le Zen par la logique et avec des mots? La logique n'est-elle pas simplement une vue de l'esprit? Les plus grands adeptes des budos ne sont-ils pas ceux qui ont été formés ainsi jusqu'à présent? Je ne questionne en aucun cas le fait qu'il faille toujours chercher à améliorer quelque chose. Toutefois le fait que l'on ne fasse pas quelque chose ne signifie pas qu'on n'ait pas connaissance de cette possibilité. Je crois que Tamura senseï comme la très large majorité des maîtres de Do ont fait leurs choix délibérément pour des raisons claires et précises.
Saïto senseï a décidé de faire différemment et c'est très bien ainsi. Chacun son chemin. Ses élèves ne sont pas à mes yeux meilleurs ni pires que ceux formés par Yamaguchi, Tamura, Toheï, etc…
Par ailleurs mon opinion personnelle est que la méthode de Saïto senseï, sans parler de sa valeur, est moderne et d'inspiration occidentale. C'est d'ailleurs pourquoi elle a tant de succès auprès des occidentaux qui veulent connaître clairement les étapes et apprécient l'enseignement logique. Point de jugement de valeur ici mais simple constatation. C'est d'ailleurs lui qui affirme qu'Osenseï l'aurait réprimandé si il avait enseigné ainsi.

 

 

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Ueshiba Moriheï

 

 

"TAmura était japonais certes mais un professeur français au Japon se ferait rappeler d'enseigner à la mode locale. Tamura a voulu cet enseignement, j'en suis bien d'accord - non en raison d'une différence culturelle prédéterminante mais en fonction de son caractère, de sa personnalité."
Je ne crois pas me tromper en disant que tu n'enseignes pas et n'as pas vécu au Japon. Tout d'abord les japonais entretiennent des relations complexes avec les étrangers qu'ils méprisent et admirent tout à la fois. Il est très rare qu'ils reprennent des étrangers, qui plus est enseignants. A ce titre et de façon anecdotique la scène de Lost in translation du tournage de la publicité, bien qu'hilarante, est totalement improbable.
Tamura senseï a en effet transmis de la façon qui lui convenait le mieux une discipline japonaise. La richesse de la discipline vient d'ailleurs je crois aussi du fait qu'elle permet à ceux qui suivent ce type d'enseignement d'intégrer une façon de penser différente qui privilégie le ressenti et l'intuition au détriment de l'intellect si rassurant. Cette façon d'enseigner est d'ailleurs la façon "locale" et traditionnelle au Japon. C'est au contraire Saïto senseï qui aurait été rappelé à l'ordre par Osenseï en la modifiant. Il a surmonté cela et c'est très bien ainsi car cela convient à certains. De la même façon que Tomiki senseï a voulu introduire la compétition en Aïkido malgré les désirs d'Osenseï et que cela convient à certains.

"C'est ainsi qu'il fut parfois désigné comme un grand maître mais un piètre professeur"
Nul n'échappe aux critiques même les plus grands tels Osenseï en Aïkido. Il fut sans doute un piètre professeur mais plus que rares sont les grands adeptes qui se permirent ce commentaire.

"- il existe bien des cas similaires dans le monde sportif par exemple. Etre un bon joueur ne signifie pas avoir l'étoffe d'un bon entraîneur."
Je ne crois pas que la comparaison avec le monde sportif soit des plus pertinentes tant les pratiques et les modes de transmissions sont censés être différents.

"On verra bientôt ce qui restera de la FFAB..."
Il ne me semble pas judicieux de juger de la qualité d'un maître au regard de la pérennité de la structure qui soutenait son enseignement. Agir ainsi amènerait à n'avoir qu'une piètre opinion de maîtres tels que Kobayashi senseï ou Saïto senseï.

"D'une façon ou d'une autre l'Aikikai et tous ses dirigeants, professeurs et cadres seront tôt ou tard comptables de ce déficit."
De quel déficit parlons-nous ici?

"Depuis quelques années que je suis cette polémique entre globalement Iwama et l'Aikikai, une chose me frappe: Iwama parle surtout technique, pose de pénibles questions techniques et l'Aikikai répond trop souvent sur un autre plan. Certains sont très audibles comme Voarino, d'autres silencieux comme Toutaint qui ont apparemment d'autres chats à fouetter."
Opposer les styles est aussi puéril que d'opposer des disciplines ou des maîtres. De qui parles-tu quand tu évoques l'Aïkikaï qui répond? De quel maître s'agit-il? Où peut-on lire leurs réponses?
Apparemment tu poses le problème en termes d'efficacité martiale, bien. J'apprécie moi aussi ce versant de la pratique. Le seul moyen de démontrer la "supériorité" de sa technique sur une autre est le défi. Hormis cela chacun peut utiliser toutes les vidéos ou les images qu'il veut, il discourra dans le vide. Les shihans de l'Aïkikaï sont des personnages publics. Quiconque veut remettre leur technique en question sait où les trouver. Bien entendu il est plus simple de s'exprimer à l'abri de son écran. Enfin quand je parle de défi je ne parle pas de la capacité à bloquer quelqu'un sur une technique prédéfinie mais d'un affrontement dont les protagonistes fixeraient les modalités. N'avons-nous pas mieux à faire que de vouloir prouver la supériorité de notre technique? Est-ce là ce qui reste du message d'Osenseï? J'ose croire que non.

 

 

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Nébi Vural

 

 

"Nombre de pratiquants Iwama sont effectivement un rien parano - anxieux pour une raison simple: très rares sont les pratiquants d'Aiki qui peuvent témoigner de l'efficacité de leur école car dans le monde sécurisé où ils vivent (parlons de la France ici, j'aimerais pratiquer l'AIki au Brésil, au Mexique, au Nigéria… sans doute ont-ils un point de vue bien différent sur cette polémique) d'où une incertitude généralisée entre le vrai et le faux.
La réponse classique pour plein de gens dans ces situations est de revenir aux écoles traditionnelles, rigoureuses et organisées, en l'occurrence Iwama."
Il est assez drôle que tu mentionnes ces pays car l'Aïkikaï est très bien implanté au Brésil et au Mexique et lorsque je pratiquais au Hombu dojo un groupe de nigérians est venu y pratiquer plusieurs mois. D'où te viennent les affirmations que dans ces pays les pratiquants se tournent vers Iwama? D'où tiens-tu tes chiffres?
J'ai eu l'occasion de rencontrer des pratiquants des forces de l'ordre, des militaires, des membres des forces spéciales qui suivaient tel ou tel maître de l'Aïkikaï, dont Tamura senseï. Ils semblaient parfaitement heureux de leur enseignement. Nébi Vural qui fut l'un des principaux élèves de maître Tamura enseigne de façon régulière dans de nombreux pays tels que la Russie, la Bulgarie, la Turquie, l'Ukraine, Israël, l'Azerbaïdjan, le Liban ou le Turkmenistan où il enseigne à la police et à l'armée depuis des années. Il faut croire que son enseignement correspond aux demandes de ces pratiquants particuliers dans des pays "durs".

"J'ai eu l'immense chance d'être formé par des professeurs qui dépassaient le cadre de l'Aikikai et je ne les remercierait jamais assez. De sorte que je ne tombe pas dans la solution facile Iwama mais mon prochain shodan sera Iwama sans aucun doute..."
Je ne sais ce que tu entends par tomber dans la solution facile Iwama. Je suis sincèrement heureux que tu aies trouvé une pratique qui te satisfasse et te corresponde.

"Malgré TTB et malgré toutes les réponses de l'Aikikai."
Concernant les réponses de l'Aïkikaï je ne vois toujours pas de quoi tu parles.
Pour TTB il a aujourd'hui disparu. Matthieu Jeandel s'est d'ailleurs exprimé avec élégance, humilité et modération sur ce sujet sur le forum Aïkido France.
Tu commences d'ailleurs ton commentaire en déclarant qu'il n'a pas été malin mais le fondement de ton message n'est-il pas le même que celui qui l'avait poussé à agir ainsi, vouloir comparer sa pratique à une autre en terme de pertinence.

"Rien de bien grave là-dedans, comme disait O'sensei, le propos de l'aikido n'est pas de corriger les autres mais de se corriger soi-même."
On ne saurait dire mieux et pour être franc j'en comprends d'autant moins le sens de ton message.

Cordialement,

Léo

 

 

Ueshiba-Morihe-_15-copie-1.jpg

 

 

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Marc_R 08/09/2010 14:45



Bonjour Leo,


Comme nous tous, je suis très content de te relire (ici ou ailleurs).


Et oui, encore un débat qui n'en n'est pas un, et qui ne sert à rien. Il ne me viendrait jamais à l'esprit de critiquer tel ou tel sensei. On peut ne pas apprécier, ou de mal comprendre,
l'enseignement de l'un ou de l'autre.


Comparer les "styles", les disciplines? Au début de mon shodan, je gaspillais ma salive à répondre à la fameuse question des néophytes : "Qu'est-ce qui est le plus efficace? Telle ou telle
discipline?" Par la suite, je leur répondais en leur posant une question: "Qu'est-ce qui est le plus artistique, qu'est-ce qui représente le mieux l'Art? La musique, la peinture, la danse,
...?"  Réponse impossible bien évidemment.


Maintenant.... je les regarde dans les yeux, et je ne réponds rien, si ce n'est que : "Pratiquez!". Ca ne leur plait pas? Ce n'est pas mon problème.


Cela fera bientôt 30 ans que j'ai débuté l'Aikido, et au plus j'avance (enfin, j'espère que j'avance) sur le chemin de l'art, plus je me sens un débutant, que je ne connais rien.Par contre, je
ressens mieux ce que nous montrent (et ce que ne nous montrent pas) les sensei.


(petite anecdote en passant: lors de la JapanExpo en juillet à Villepinte, j'ai participé à un cours d'initiation à l'aikido en tant que visiteur. Ce fut à la fois drôle comme situation mais
aussi j'en ai retiré quelque chose d'intéressant. On en reparlera un jour)


Souvent les élèves m'entendent leur dire que les styles n'existent que dans l'intellect de ceux qui émettent cette opinion. On peut travailler la même technique de manière destructrice,
dynamique, rapide, lente, douce, épurée...  Tout comme en musique, le morceau peut être interprété (j'insiste sur ce terme) de manière différente en fonction de son humeur, de ses envies.
Cela reste toujours le même morceau de musique. Ou  alors faire une analogie avec la cuisine: c'est une question de saveurs; mes plats ne sont jamais à l'identique d'une fois à l'autre.


Euh... je crois que je vais me forcer à m'arrêter là, car cela deviendrait interminable et très ennuyeux pour tous  :-)



Léo Tamaki 08/09/2010 14:56



Bonjour Marc,


 


Merci pour la lecture et ton commentaire.


 


En effet il est des questions que l'on se pose lorsqu'on est néophyte et dont on comprend généralement l'inutilité après quelques années.


 


Oh je serai intéressé à l'occasion par un récit de cette initiation en Aïkido.


 


Bonne pratique,


 


Léo


 



Tom 07/09/2010 00:06



Salut Léo,


Je suis heureux que tu reprennes la saison des posts, ça commencait à manquer!


Ceci dit, j'avoue être un peu amer quant au sujet de cet article... En effet, Iwama Ryu se retrouve encore et toujours au centre d'une discussion polémique qui n'arrangera pas son image aux yeux
des pratiquants de tous styles, aikido ou pas... Je voudrais apporter mon opinion à ce sujet: tout d'abord, en tant qu'élève ayant reçu directement l'enseignement de Saito Sensei, je n'approuve
absolument pas les gens qui sous couvert de son nom décident de rentrer en guerre avec les autres courants d'aikido ou d'arts martiaux! Je conçois aisément qu'on se passionne pour cette école, de
là à prendre des oeillères et se croire plus fort que les autres... Sensei n'aurait jamais approuvé. Il est évident que si nous suivons cette méthode (car c'est avant tout de ça qu'il s'agit, une
méthode pédagogique, un moyen d'apprendre l'aikido d'O Sensei), c'est bien parce qu'elle nous plaît davantage que les autres, et c'est notre droit. Mais pour autant, je pense qu'il faut savoir
respecter le parcours de chacun, et plûtôt que de juger une école, il faut regarder les individus. Ceux qui entretiennent le conflit, quelle que soit leur appartenance, passent à mon avis très
loin du véritable Aikido... J'ai personnellement beaucoup d'amis qui pratiquent dans l'Aikikai, et il y a d'autres personnes avec qui j'ai moins d'affinités au sein de mon groupe. C'est la vie.
Alors cela m'insupporte d'entendre ces discours belliqueux, de la bouche de qui que ce soit... La conséquence est qu'il est difficile pour moi d'afficher mon style sans devoir participer à une
polémique qui me fatigue, et nuit éventuellement à la réputation de nos dojos. Pourquoi faut-il que les gens profitent de leur liberté de s'exprimer pour ne parler que des choses qu'ils
n'aiment pas et critiquer de façon destructrice tout ce qui ne correspond pas à leur univers personnel? Comparer, c'est automatiquement nuire... Et les conséquences, d'autres les subissent!
Iwama, Yoshinkan, Aikikai... Le plus fort? Celui qui ne s'est pas fait bouffé par la politique des organisations... Et là, il ne peut s'agir que de cas par cas, d'individus. Alors, à tous
ceux qui tentent de résister, et bien, respect! et surtout courage! Et pour clore ce message, un dernier petit conseil: quand on ne connaît pas bien, mieux vaut essayer de creuser la question
plutôt que de rejeter en bloc, on peut avoir des surprises sympas et surtout on se couche moins con...


(Léo, j'espère que tu comprends que je suis d'accord avec toi sur de nombreux points, j'avais juste envie d'apporter ces quelques précisions aux gens qui  oublient que leur liberté doit
s'arrêter avant d'empiêter sur celle des autres... Amicalement, Tom.)



Léo Tamaki 07/09/2010 08:21



Salut Tom,


 


Oh tu ne peux pas savoir comme j'ai regretté de reprendre l'écriture par ce post car il y a un certain nombre de pratiquants d'Iwama dont je me sens proche et dont l'état d'esprit est à l'opposé
de ce commentaire.


 


Une fois de plus je partage totalement le point de vue que tu expposes dans ton post. Merci d'avoir pris le temps de poser cela par écrit.


 


Amicalement,


 


Léo


 



leon 04/09/2010 11:51



leo j'ai oublié un point: il va de soi qu'il est plus qu'improbable qu'un shihan s'en prenne à un de mes momes (merci d'inclure cette précision des fois que certains comprennent mal).



Leon 04/09/2010 10:38



Bonjour Léo(n) - eh oui héhé,  souvent un rien nous sépare et nous relie.


Je suis d'un certain point de vue content et surtout surpris de voir que ce commentaire que je croyais oublié dans les profondeurs du web t'ait inspiré une réponse aussi longue, à croire qu'il
s'agit là d'un sujet sensible ou que je me suis mal exprimé (fort possible). En tout cas tu y passes du temps, c'est généreux.


Répondre à l'intégralité du post serait fastidieux pour tout le monde aussi je vais juste préciser deux trois choses (et pour les détails en privé, on a tous plein de trucs à faire). 


Je ne crois pas à la supériorité d'une école sur une autre, d'une personne sur une autre évidemment. Prenons un parallèle: dire que Picasso est un meilleur dessinateur que Van Gogh n'a aucun
sens, dire qu'une de leurs formations est supérieure est également absurde, Picasso l'élève des Beaux Arts et Van Gogh le quasi autodidacte... Et bien souvent en atelier ou au dojo j'ai vu des
merveilles sous les doigts de débutants. Donc je ne parle pas de ça. 


Il va de soi que la plupart des hauts gradés savent ce qu'ils font mais au bout de X stages et de multiples profs etc, je constate simplement que 90 % à MHA (à mon humble avis - pour faire court)
des pratiquants se mettent en danger quand ils pratiquent les techniques de base. Exemple: j'arrive en Asie et un deuxième dan me passe un shiho nage de toutes ses forces, un truc de fou je te
jure je ne sais pas ce qu'il avait en tête… : pour recevoir mon genou dans le foie… Scandale, hurlements, tu dois apprendre le respect, etc etc. Oui OK, mais toi si j'avais vraiment tapé, tu
aurais appris à quel point ça fait mal le foie… Depuis j'ai appris que le mieux est souvent de la fermer et de laisser l'autre faire ce qu'il croit bien - e la nave va. 


Un copain me répond qu'il s'agit d'une différence de codes… je suis d'accord jusqu'au moment où on offre sa carotide… Là où j'identifie un style Aikikai c'est précisément là: dans une formation
où la variété des interprétations et des pédagogies compromet la structure. Yamaguchi ou Tamura c'est l'université, je souhaiterais qu'il existe davantage d'écoles primaires où on apprenne les
bases, du kihon, les entrées, autre chose que de la voltige. Car pour l'instant dans 90% des endroits où je suis passé, on est d'entrée de jeu en ki no nagare, pas de garde, pas de distance, pas
de notion que hitoemi existe, l'enseignement n'utilise pas ces notions de base, ne met pas en place les structures d'apprentissage de la sensation. Ceci trouve son origine à MHA dans le manque de
structuration par le sabre et les armes. Shiho nage, Irime nage (Yamabiko no michi) ont une logique, des axes et ces principes n'ont pas à être interprétés, ils sont la structure qui, une fois
assimilée, pourra être utilisée, employée avec de plus en plus de sensations au fil du temps.


Je ne crois pas du tout à cette opposition ressenti/intellect. Reprenons le parallèle avec le dessin: à un certain niveau (et dès le départ héhé, comme un enfant…!) il n'y a que du ressenti, que
de la sensation (j'avais de bonnes sensations disent les tennismen). Oui: après des milliers de structurations. A MHA, pareil en Aikido. On dit souvent qu'en Orient on dessine avec le
vide... mais en Occident aussi !! (lol)


Bas Rutten dans une interview disait qu'il ne prenait rien pour argent content, qu'il testait toutes les techniques jusqu'au bout et j'aime cette façon de faire, rien de plus. 


 


Enfin deux trois points particuliers:


- Par ailleurs ta formulation par l'emploi du mot "complice" laisse sous-entendre qu'il y a eu crime, délit. C'est un terme qui accuse.


Très vrai et c'est un mot débile que je retire. Disons que si j'étais enseignant (j'enseigne l'écriture, la lecture c'est passionnant) je me sentirais une responsabilité écrasante à laisser mes
élèves partir dans le monde mal formés (même si tu ne sais que lire, au moins que ce soit bien…)…


 


- Opposer les styles est aussi puéril que d'opposer des disciplines ou des maîtres. 


Je ne cherche pas à les opposer mais à les comprendre. (Je suis élève en ce moment d'un élève de Tissier, je ne rejette personne ni rien, tout existe pour une raison, je fais juste le tri).


 


- Apparemment tu poses le problème en termes d'efficacité martiale, bien. 


Heu…? non pas du tout, où as-tu lu que je parle d'efficacité à cet endroit ? Précisément pas, je n'utilise jamais le mot "martial". Si on veut faire du martial, on s'engage dans l'armée… (foi
d'ancien biffin !)


 


J'apprécie moi aussi ce versant de la pratique. Le seul moyen de démontrer la "supériorité" de sa technique sur une autre est le défi. … => bloquer quelqu'un sur une technique prédéfinie
mais d'un affrontement dont les protagonistes fixeraient les modalités.


 


Encore une fois je ne parle pas de supériorité. Ni de victoire, ni de défi. Juste de survie et parfois la limite tient à très peu de choses, (foi d'ancien motard !). Tomber d'une échelle sans se
faire mal, se trouver face à trois mecs qui ne veulent rien savoir, rigoler avec un mec qui vient d'accrocher ta voiture et qui était furieux au départ, ce genre de choses: autant de situations
vécues par des proches ou mézigues. A la fin c'est celui qui survit qui a raison. Je ne lancerai jamais un défi à quiconque mais si un shihan ou un malade ou une brute s'en prend à un de mes
enfants, il m'aura sur le dos, je réserve ma pleine mesure pour quelques cas de figures très définis dans mon esprit.


 


Pour finir, crois-moi la mort de Tamura m'a touché, certes d'un peu loin mais j'ai commencé à cause de lui un peu.


 


Anyway... "good or bad, handsome or ugly, rich or poor, they are all equal now…"


 


A+ Merci pour ce blog où je découvre plein de choses.


L



Léo Tamaki 06/09/2010 13:24



Bonjour Léon,

"Bonjour Léo(n) - eh oui héhé,  souvent un rien nous sépare et nous relie."
En effet, cela dit pour être précis mon véritable prénom est composé et est Léo-Hakuba.

"Je suis d'un certain point de vue content et surtout surpris de voir que ce commentaire que je croyais oublié dans les profondeurs du web t'ait inspiré une réponse aussi longue, à croire
qu'il s'agit là d'un sujet sensible ou que je me suis mal exprimé (fort possible). En tout cas tu y passes du temps, c'est généreux."
J'ai à cœur de répondre à chaque personne qui prend le temps de me lire et de m'écrire. L'été ayant été chargé j'ai malheureusement mis longtemps à te répondre. Pour être précis le sujet que tu
as soulevé ne me blesse pas mais il m'ennuie. Comme c'est une question récurrente j'ai simplement profité de ton intervention pour le traiter car je n'avais pas le courage de m'y mettre seul.

"Répondre à l'intégralité du post serait fastidieux pour tout le monde aussi je vais juste préciser deux trois choses (et pour les détails en privé, on a tous plein de trucs à
faire)."
Il est vrai que c'est quelque chose de fastidieux à lire tant qu'à écrire, mais c'est un garant d'un débat qui n'évite aucun argument et aucune réponse.

"Je ne crois pas à la supériorité d'une école sur une autre, d'une personne sur une autre évidemment. Prenons un parallèle: dire que Picasso est un meilleur dessinateur que Van Gogh n'a aucun
sens, dire qu'une de leurs formations est supérieure est également absurde, Picasso l'élève des Beaux Arts et Van Gogh le quasi autodidacte... Et bien souvent en atelier ou au dojo j'ai vu des
merveilles sous les doigts de débutants. Donc je ne parle pas de ça."
C'est malheureusement le sentiment que j'ai eu à ta lecture et je crains de ne pas avoir été le seul. C'est ce qu'inspiraient tes phrases suivantes:
"Voyageant dans le monde je constate que le système Aikikai perd ses racines, le bu de budo, et engendre des pratiquants d'une part crédules ensuite bien mal formés puisque sur les techniques
fondamentales, Shiho, Irimi, Ude Osae (que je nomme à l'ancienne), Kote Gaeshi... etc, "
"D'une façon ou d'une autre l'Aikikai et tous ses dirigeants, professeurs et cadres seront tôt ou tard comptables de ce déficit."
"Depuis quelques années que je suis cette polémique entre globalement Iwama et l'Aikikai, une chose me frappe: Iwama parle surtout technique, pose de pénibles questions techniques et
l'Aikikai répond trop souvent sur un autre plan. Certains sont très audibles comme Voarino, d'autres silencieux comme Toutaint qui ont apparemment d'autres chats à fouetter."
"Nombre de pratiquants Iwama sont effectivement un rien parano - anxieux pour une raison simple: très rares sont les pratiquants d'Aiki qui peuvent témoigner de l'efficacité de leur école car
dans le monde sécurisé où ils vivent (parlons de la France ici, j'aimerais pratiquer l'AIki au Brésil, au Mexique, au Nigéria… sans doute ont-ils un point de vue bien différent sur cette
polémique) d'où une incertitude généralisée entre le vrai et le faux.
La réponse classique pour plein de gens dans ces situations est de revenir aux écoles traditionnelles, rigoureuses et
organisées, en l'occurrence Iwama."
"J'ai eu l'immense chance d'être formé par des professeurs qui dépassaient le cadre de l'Aikikai et je ne les remercierait jamais assez. De sorte que je ne tombe pas dans la solution facile
Iwama mais mon prochain shodan sera Iwama sans aucun doute..."

"Il va de soi que la plupart des hauts gradés savent ce qu'ils font mais au bout de X stages et de multiples profs etc, je constate simplement que 90 % à MHA (à mon humble avis - pour faire
court) des pratiquants se mettent en danger quand ils pratiquent les techniques de base."
Oui nous sommes d'accord comme je te le disais.

"Exemple: j'arrive en Asie et un deuxième dan me passe un shiho nage de toutes ses forces, un truc de fou je te jure je ne sais pas ce qu'il avait en tête… : pour recevoir mon genou dans le
foie… Scandale, hurlements, tu dois apprendre le respect, etc etc. Oui OK, mais toi si j'avais vraiment tapé, tu aurais appris à quel point ça fait mal le foie… Depuis j'ai appris que le mieux
est souvent de la fermer et de laisser l'autre faire ce qu'il croit bien - e la nave va."
Je ne crois pas qu'il soit bon de laisser l'autre faire ce qu'il croit bien quand cela est dangereux comme il semble que cela fut le cas dans ta situation.

"Un copain me répond qu'il s'agit d'une différence de codes… je suis d'accord jusqu'au moment où on offre sa carotide…"
Mais tout est effectivement question de codes comme te l'a indiqué ton ami. Les techniques d'Aïkido font bien rire la majorité des pratiquants de Penchak Silat ou d'arts philippins. Le style
Iwama où le style Yoshinkan n'offrent pas plus de garde sérieuse à leurs yeux que le style Aïkikaï. De même pour les techniques de sabre comme je te l'indiquai dans ma réponse.

"Là où j'identifie un style Aikikai c'est précisément là: dans une formation où la variété des interprétations et des pédagogies compromet la structure."
Selon toi c'est donc la variété des interprétations et des pédagogies qui compromet la structure? Combien d'interprétations et de pédagogies sont donc possibles? Le style Aïkikaï se reconnaît
donc à sa variété? Est-ce sa seule caractéristique? Tout peut donc être considéré comme Aïkikaï?

"Yamaguchi ou Tamura c'est l'université, je souhaiterais qu'il existe davantage d'écoles primaires où on apprenne les bases, du kihon, les entrées, autre chose que de la voltige."
Sache que Tamura senseï et Yamaguchi senseï ont enseigné à leurs élèves ce qu'ils considéraient comme les bases, les kihons et les entrées. Cela ne correspond en revanche sans doute pas à la
définition que tu en as. Et je n'ai jamais appris chez eux ou leurs élèves de la voltige, même si je n'ai aucun doute que certains puissent enseigner cela.

"Car pour l'instant dans 90% des endroits où je suis passé, on est d'entrée de jeu en ki no nagare, pas de garde, pas de distance, pas de notion que hitoemi existe, l'enseignement n'utilise
pas ces notions de base, ne met pas en place les structures d'apprentissage de la sensation."
Certains maîtres estiment qu'il n'est pas nécessaire et/ou indispensable de passer par un travail en kotaï. C'est leur choix et ils arrivent à former des pratiquants dont j'estime le travail tout
à fait respectable. Cela n'implique pas que les notions de ma aï, shiseï et autres points fondamentaux soient absents. Cela ne signifie pas non plus, au contraire serai-je tenté de dire, que la
sensation ne soit pas développée.

"Ceci trouve son origine à MHA dans le manque de structuration par le sabre et les armes. Shiho nage, Irime nage (Yamabiko no michi) ont une logique, des axes et ces principes n'ont pas à
être interprétés, ils sont la structure qui, une fois assimilée, pourra être utilisée, employée avec de plus en plus de sensations au fil du temps."
Comme je te l'indiquai et bien qu'à titre personnel j'apprécie le travail des armes, ce n'est pas le cas de tous les maîtres et cela n'empêche pas que ceux qui n'ont pas fait ce choix puissent
être et former d'excellents techniciens. Je crois qu'il est essentiel de ne pas chercher à imposer notre point de vue aux autres. J'ai retrouvé chez ces maîtres les axes et principes qui
permettent de réaliser et maîtriser shiho nage, irimi nage et les autres techniques de l'Aïkido.

"Je ne crois pas du tout à cette opposition ressenti/intellect."
Que tu ne crois pas à l'opposition ressenti/intellect n'empêche pas le fait que d'autres y croient, notamment tous les pratiquants de zen dont une immense partie du travail consiste à
court-circuiter l'intellect.

"Reprenons le parallèle avec le dessin: à un certain niveau (et dès le départ héhé, comme un enfant…!) il n'y a que du ressenti, que de la sensation (j'avais de bonnes sensations disent les
tennismen). Oui: après des milliers de structurations. A MHA, pareil en Aikido. On dit souvent qu'en Orient on dessine avec le vide... mais en Occident aussi !! (lol)"
Je ne comprends pas bien ton argumentation ici je le regrette. Par ailleurs et comme je te le disais déjà dans ma réponse:
Je ne crois pas que la comparaison avec le monde sportif soit des plus pertinentes tant les pratiques et les modes de transmissions sont censés être différents.

"Bas Rutten dans une interview disait qu'il ne prenait rien pour argent content, qu'il testait toutes les techniques jusqu'au bout et j'aime cette façon de faire, rien de plus."
Tu cites ici un pratiquant de sports de combat. Bien sûr son talent n'est pas en doute, bien sûr il a aussi testé ses techniques hors des gymnases. Il n'empêche qu'il ne parle pas du même domaine
et je doute que tu aies testé beaucoup de techniques jusqu'au bout si tu en connais leur forme véritable car leurs conséquences t'auraient depuis longtemps menées derrière les barreaux.

"Enfin deux trois points particuliers:
- Par ailleurs ta formulation par l'emploi du mot "complice" laisse sous-entendre qu'il y a eu crime, délit. C'est un terme qui accuse.
Très vrai et c'est un mot débile que je retire. Disons que si j'étais enseignant (j'enseigne l'écriture, la lecture c'est passionnant) je me sentirais une responsabilité écrasante à laisser
mes élèves partir dans le monde mal formés (même si tu ne sais que lire, au moins que ce soit bien…)…"
Merci.

"- Opposer les styles est aussi puéril que d'opposer des disciplines ou des maîtres. 
Je ne cherche pas à les opposer mais à les comprendre. (Je suis élève en ce moment d'un élève de Tissier, je ne rejette personne ni rien, tout existe pour une raison, je fais juste le
tri)."
En tant qu'enseignant de français (littérature?) tu sais sans aucun doute que le verbe trier a entre autres pour synonymes discriminer. Par ailleurs ton commentaire précédent et celui-ci ne me
donne pas l'impression que tu cherches à comprendre un ou des styles mais à les juger et en donner des définitions.

"- Apparemment tu poses le problème en termes d'efficacité martiale, bien. 
Heu…? non pas du tout, où as-tu lu que je parle d'efficacité à cet endroit ? Précisément pas, je n'utilise jamais le mot "martial". Si on veut faire du martial, on s'engage dans l'armée… (foi
d'ancien biffin !)"
Tu parles bien d'efficacité en combat, d'ouvertures, etc… parlons donc d'efficacité en combat si tu préfères. 

""J'apprécie moi aussi ce versant de la pratique. Le seul moyen de démontrer la "supériorité" de sa technique sur une autre est le défi. Hormis cela chacun peut utiliser toutes les vidéos ou
les images qu'il veut, il discourra dans le vide. Les shihans de l'Aïkikaï sont des personnages publics. Quiconque veut remettre leur technique en question sait où les trouver. Bien entendu il
est plus simple de s'exprimer à l'abri de son écran. Enfin quand je parle de défi je ne parle pas de la capacité à bloquer quelqu'un sur une technique prédéfinie mais d'un affrontement dont les
protagonistes fixeraient les modalités."
 
Encore une fois je ne parle pas de supériorité. Ni de victoire, ni de défi. Juste de survie et parfois la limite tient à très peu de choses, (foi d'ancien motard !). Tomber d'une échelle sans
se faire mal, se trouver face à trois mecs qui ne veulent rien savoir, rigoler avec un mec qui vient d'accrocher ta voiture et qui était furieux au départ, ce genre de choses: autant de
situations vécues par des proches ou mézigues. A la fin c'est celui qui survit qui a raison. Je ne lancerai jamais un défi à quiconque mais si un shihan ou un malade ou une brute s'en prend à un
de mes enfants, il m'aura sur le dos, je réserve ma pleine mesure pour quelques cas de figures très définis dans mon esprit."
Oh j'imagine bien que tu ne défies personne. Pourtant tu questionnes "la pertinence de l'Aikikai vis-à-vis d'autres pratiques." Tu juges "que le système Aikikai perd ses racines, le
bu de budo, et engendre des pratiquants d'une part crédules ensuite bien mal formés puisque sur les techniques fondamentales, Shiho, Irimi, Ude Osae (que je nomme à l'ancienne), Kote Gaeshi...
etc, " que "les pratiquants (de très bonne foi évidemment) sont plein de trous. Ces trous seraient tous mortels en réel, tous, concernant le foie, les reins, les carotides.
N'importe quel abruti avec un tourne vis peut les trouer et provoquer une hémorragie interne majeure." que l'"on peut apercevoir avec horreur certaines ouvertures chez des hauts gradés
qui en conditions réelles leur seraient sans doute fatales (des mains posées sur l'épaule en kote gaeshi ça signifie ouverture sur la nuque et carotide...)." que "des gens avec deux dans
de plus que moi ne (peuvent) comprendre et mettre en pratique des choses très élémentaires." Tu insinues: "Tamura n'a t-il pas été complice de ce déficit à travers un enseignement non
logifié, mal structuré?" Tu dis que Tamura senseï "fut parfois désigné comme un grand maître mais un piètre professeur" que "D'une façon ou d'une autre l'Aikikai et tous ses
dirigeants, professeurs et cadres seront tôt ou tard comptables de ce déficit." Etc…

Tu as recours à l'expression "A mon humble avis". Permet-moi de te dire que la façon dont tu t'exprimes ne donne absolument pas une impression d'humilité. (De mon côté l'humilité n'est pas mon
fort et je l'assume.)
Lorsque l'on avance des jugements techniques il convient de les assumer. Il est facile à chacun de parler derrière son clavier et de juger de la pédagogie et de l'efficacité de tel ou tel style
ou personne. Je crois que la décence impose de s'abstenir ou de prouver ses affirmations et de ne pas terminer par une pirouette en disant finalement que tu ne parles pas de supériorité et que tu
ne lances de défi à personne en alignant quelques poncifs.
 
"Pour finir, crois-moi la mort de Tamura m'a touché, certes d'un peu loin mais j'ai commencé à cause de lui un peu."
Je regrette qu'elle ne t'ai pas empêché de lui manquer d'égards.

"Anyway... "good or bad, handsome or ugly, rich or poor, they are all equal now…"
Sans doute, cela n'empêche pas leurs proches d'apprécier qu'on leur témoigne du respect.

"A+ Merci pour ce blog où je découvre plein de choses.
L"
Merci pour la lecture.

Je ne tiens pas à continuer cette discussion qui ne me semble mener nulle part mais si tu y tiens, que cela soit en public ou privé, merci de me répondre point par point et non en sélectionnant
quelques points et en balayant le reste du revers de la main.

Cordialement,

Léo Tamaki



Luc 04/09/2010 09:50



Bonjour Léo,


J'ai lu l'article concernant ce TTB, parce que je ne comprenais pas vraiment ce à quoi faisait allusion ce monsieur Léon.


Entre ton article sur TTB et ta réponse à Léon, tout a été dit. Ma seule opinion concernant la Voie, ici celle de l'Aikido, peut se résumer à une citation de Confucius : "Le sage commence à faire
ce qu'il veut enseigner puis ensuite seulement il enseigne". Peu importent les styles, les écoles, ce n'est pas important... Qui veut suivre une Voie vertueuse ne dénigrera pas celle que suit
autrui aussi différente puisse-t-elle être. Chacun sa Voie.


Et bien que n'ayant jamais rencontré Tamura-sensei j'ai l'impression que son enseignement " ne se réduisait qu'à une seule chose qui embrassait tout." Il en va de même pour bien d'autres mais je
le dis surtout concernant l'article sur TTB.


"Toute la sagesse consiste à se perfectionner soi-même et à aimer les autres comme soi-même." Confucius


Cordialement,


Luc



Léo Tamaki 04/09/2010 11:13



Bonjour Luc,


 


Merci pour ta lecture, ton message posé et les magnifiques citations.


 


Cordialement,


 


Léo


 



stephan 03/09/2010 21:31



bonjour, heureux de pouvoir vous relire


je ne suis pas sur que tout le contenu du message soit retranscrit, mais je crois que l'auteur du message oubli un point essentiel a mes yeux,  prendre du plaisir sur un tatami,
transpirer avec des amis, en rencontrer de nouveaux, se corriger ou du moins essayer, bref echanger sans pour autant se prendre pour un samourai, et je crois que nous sommes nombreux a
pratiquer dans cet optique.


je crois qu'il est humain d'y croire un peu, de se dire que dans tel situation on peut faire ça ou ça, mais au final, quand je sors du dojo, je suis vidé, apaisé, il ne me viens pas
vraiment de me dire " tiens, est-ce que mon ikkyo serai plus efficace que celui de l'autre fédé" mais plutot " vivement le prochain cours, le prochain echange."


surement je dois etre de ces pratiquants au niveau lambda, pleins d'ouvertures, et il me faut du temps pour assimiler certaines techniques, c'est sur, mais quand je suis sur le tatamis, que je
pratique en cours ou en stage , c'est simplement avec plaisir.


a chacun son aikido, a chacun sa pratique


en tous cas, je tiens a te remercier pour le plaisir que tu m'offres a chaque post que je lis avec le meme plaisir que je pratique, c'est dire..........


 


 



Léo Tamaki 03/09/2010 23:38



Bonjour Stephan,


 


Merci pour la lecture.


 


Le message d'origine est disponible ici en bas de page:


http://www.leotamaki.com/article-20016615-6.html#anchorComment


Je l'ai repris tel quel.


 


Je crois aussi que l'essentiel est dans notre cheminement personnel. Que nos objectifs ne sont pas les mêmes ni les moyens par lesquels nous comptons les atteindre. Echanger oui, chercher à
prouver sa supériorité, non merci.


 


Très bonne pratique,


 


Léo


 



Bboy972 03/09/2010 19:04



Mon premier post... je me lance.


C'est un plaisir de vous retrouver à travers vos récis.... J'étais impatient de vous lire depuis vos derniers posts sur le décès de Tamura Senseï, chaque jours je me rendais sur le site en
esperant voir un nouveau sujet . Quel patience pour avoir pris le temps de demonter point par point les assertions de
cet éléve .


Merci


 


Cordialement...



Léo Tamaki 03/09/2010 23:35



Bonjour,


 


Merci pour ce premier post.


 


Je ne sais pas si j'ai démonté quoi que ce soit mais j'espère avoir corrigé quelques inexactitudes en donnant mon point de vue. Si cela nourrit la réflexion de quelques uns alors cela en aura
valu la peine.


 


Merci pour la lecture,


 


Léo


 



Jean-Charles 03/09/2010 15:35



Bonjour Léo,


Content de pouvoir te lire à nouveau. J'aurais aimé participer au stage cet été avec les autres Sannoisiens mais j'ai pas eu les congés pour.


Nous avons fait un petit cours de rentrée hier avec Guillaume et ses quelques mots de fin de cours résument bien mon sentiments à propos de l'article auquel tu réponds ça donnait a peut prés
ça:


"Comme vous le savez Maître Tamura nous a quitté en juillet. Au cours de cette saison nous allons sans doute, surement pour être plus précis en entendre parler par un grand nombre de personnes.
Bon, on peut pas y faire grand chose si ce n'est continuer a travailler notre aïkido en essayant de garder en mémoire ce qu'il voulait nous enseigner."


Je pense que c'est la meilleure manière d'échapper aux querelles de clochers qui ne manqueront pas de surgir.


A bientôt - Jean-Charles


 


 



Léo Tamaki 03/09/2010 23:34



Bonjour Jean-Charles,


 


A un prochain stage alors :D


 


Guillaume avait bien raison et la tempête arrivera bien asssez tôt. Mais avec un enseignant comme lui à la barre je ne me fais pas de soucis pour vous, il saura garder le cap.


 


Très bonne pratique et à bientôt j'espère,


 


Léo


 



oliv 03/09/2010 11:58



Content de revoir le retour de tes chroniques !!!


 


Voila un sujet récurrent


 


Qui détient la vérité et la force ???? digne de Star War ^^ lol


 


Comment définir  le bon Aïkido est comme ci ou comme ça, alors que nous n’avons pas reçu un enseignement direct de O sensei et que la pratique d’un maître
évolue avec son age et son expérience


 


Je pense que si je devais faire une comparaison, c’est comme ces gens qui expliquent des œuvres d’art dans les musées de plusieurs siècles en disant l’auteur a
voulu dire alors qu’ils n’étaient pas la et ne connaissait pas personnellement l’artiste ………


 


Alors comment affirmer de ces mots ???


 


Je dirai que c’est aussi le plaisir et l’intérêt de faire des stages pour découvrir une autre façon de faire que ces habitudes du Dojo


 


Cela explique aussi pour moi que des gradés se retrouvent en difficultés sur une technique particulières qui n’ont jamais vu, par rapport a une façon de faire
différente qui est une base dans un autre dojo forcement ça coule plus de sources pour celui qui la connaît


 


Je compte plus le nombre de fois j’ai évolue par la pratique avec un Sempai ou alors avec un débutant lors de ces moments de partages


 


Il est facile de bloqué quelqu’un quand on connaît son attaque ou la technique qu’il va travaille, beaucoup moins sans conventions particulières


 


Apres Je suis loin d’avoir les compétences pour répondre à ces interrogations sur la pratique de Aïkido, et affirmer que j’ai la vérité dans ces lignes


 


Sinon je te rejoints aussi avec mon expérience personnel sur les relations que les Japonais entretiennent avec les occidentaux entre « mépris et
admiration »


 


La différence culturelle et l’histoire font leur office mais les français ont eux aussi largement des clichés envers le Japon ^^


 


Restent que certains Sensei dont j’ai eu la chance de croiser le chemin m’ont changé et m’ont fait progressé en tant qu’humain et je pense que c’est la que réside
la beauté « Kokoro Kara »


 


 




Léo Tamaki 03/09/2010 23:32



Beaucoup de questions récurrentes en effet qui ne me semblent pas très pertinentes et qui naissent souvent de la nécessité de se rassurer sur ses choix...


 


Quand aux clichés ils fonctionnent évidemment dans les deux sens :D


 


Léo


 



ivan 03/09/2010 09:44



Aaaaahh ! Je pousse un grand ah de plaisir et de soulagement après l'interruption estivale, car j'ai eu peur que tu te ramollisses au soleil d'Aytré ;-) Je blague bien sûr, moi même j'ai traîné
pas mal à La Rochelle et je dois être dans le même état que toi : bronzé.  Toujours est-il que je retrouve
avec plaisir du Léo grand style pour une ouverture de saison de ton blog qui fait du bien par là où ça passe. Bref, tu m'as donné le sourire pour la journée.


Comme on le dit dans ce cas-là "vivement la suite".


A bientôt.



Léo Tamaki 03/09/2010 23:30



Salut Ivan,


 


Merci pour ton petit mot ;-)


 


A bientôt et au plaisir de te lire rapidement :D


 


Léo