Budo no Nayami

Entretien avec Hino Akira senseï (13): subir pour comprendre

27 Avril 2010 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Entretiens

Est-il nécessaire de ressentir une technique pour l'étudier?
C'est le moyen le plus sûr, direct et rapide.



Hino novembre 09 25



J'ai toujours eu le sentiment que la pratique martiale ne pouvait se transmettre et s'étudier que par l'expérience directe. Que la seule vision du travail ne pouvait pas suffire. C'est pourquoi je crois qu'il est très important de ne pas être timide si l'on veut progresser, de ne pas rester en retrait mais d'être proche afin de recevoir la technique du maître aussi souvent que possible.

Un point commun que j'apprécie énormément entre les maîtres Hino, Kuroda, Kono et Akuzawa est leur disponibilité. Aujourd'hui les pratiquants se considèrent souvent comme des clients et voient le professeur comme un employé délivrant un service qui leur est dû en contrepartie de leur paiement. Ils ne se rendent pas compte de leur chance et ne peuvent imaginer à quel point recevoir la technique du maître était un privilège qu'attendaient les disciples dans le passé. Combien d'élèves d'Osenseï chérissent le fait de n'avoir été projeté même qu'une seule fois par lui!



Shimizu Kenji 03

Ueshiba moriheï et Shimizu Kenji, l'expérience directe, un enseignement irremplaçable



Hino senseï donnera une Master Class exceptionnelle à Paris les 1er et 2 mai. Le stage est ouvert à tous indépendamment du niveau et de la discipline pratiquée.


stage hino sensei 05 2010 web final



Note: Ces entretiens font partie d'une nouvelle série enregistrée. Il est possible que des erreurs se soient glissées dans mes retranscriptions mais j'ai pensé que l'intérêt des réponses dépassait le risque de mes fautes. Je prie les lecteurs de considérer ces entretiens comme des conversations rapportées qui pourront nourrir des réflexions et non comme paroles d'évangiles.

 

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Jean-Claude 03/05/2010 17:45



Cher Leo,


De retour sur ton blog où je découvre tout un tas d'articles toujours aussi intéressants.


J'aime bien ta sagesse de ne pas toujours tout dévoiler ainsi que ton conseil de ne pas être trop timide pour "recevoir" d'un maître.


En tout cas, je me souviens d'avoir été impatient de me faire "corriger" par un sensei lors d'un stage de sabre et je ne regrette absolument d'avoir ressenti directement plutôt que d'avoir une
explication. Et pourtant on parle de kenjutsu et non d'arts à mains nues !


N'est ce pas ce qui est sous jacent dans "ukemi", le corps qui reçoit l'enseignement ?


Cordialement



Léo Tamaki 07/05/2010 00:13



Cher Jean-Claude,


 


Ah la sensation dépasse toujours l'explication à mon avis aussi. Et effectivement je crois que c'est un sens du mot ukemi.


 


Cordialement,


 


Léo


 



Spiral 28/04/2010 15:00



K !


Même si je n'ai pas eu l'habitude d'envisager la pratique sous cet angle au départ, c'est un sentiment quime semble de plus en plus important : "saisir le ressenti du Maître pour devenir sa
technique".


C'est incroyable ce que l'on peut recevoir comme informations qs on apprend à faire le silence en nous et à "conscientiser nos gestes" (clin d'oeil a Kiaz et Erwan)


 Cela me motive pour  donner le meilleur de moi même et essayer de ne pas être trop ridicule.... je me souvient encore des rires franc de Hino et Akuzawa sensei lorsque je tentais
d'être lié/connecté, mais plutôt que d'être vexé, cela me pousse à remettre sur feu...comment pourrait-il en être autrement lorsque, comme tu le souligne bien, ils sont très accessibles et
donnent sans compter.


A nous de nous hisser, ventre saint-gris, mordious et autres ladre vert ;-)


Tangi



Léo Tamaki 30/04/2010 21:18



Lorsqu'on est jeune on pense surtout à faire plus que sentir. C'est comme beaucoup de choses que l'on fait à cet âge une erreur. La pratique est essentielle mais elle prend toute sa valeur
lorsqu'elle est soutenue par un ressenti du geste juste.


 


Léo


 


 


 



Defaux Jean-Claude 28/04/2010 12:36



J'ai eu la chance, il y a longtemps hélas, d'être l'élève de Noro senseï, et donc d'avoir ressenti son incroyable efficacité (avec le fameux sourire). Je n'ai pas tout à fait mesuré ce privilège
à l'époque: je le regrette bien sûr. Aujourd'hui, je vénère ces souvenirs et j'éprouve une reconnaissance infinie pour Noro senseï. Je me souviens aussi de Tada senseï me montrant ikkyo ura sur
une saisie: plus de 40 ans après, je ne sais toujours pas comment je me suis retrouvé le nez dans le tatami sans avoir senti de contrainte. J'ai retrouvé récemment des sensations proches avec
Christian Tissier senseï, même si mes jambes vieillissantes avaient beaucoup de mal à suivre. Quand vous pratiquez, le salut que vous donnez à votre senseï  à la fin du cours doit être
absolu. 



Léo Tamaki 30/04/2010 21:17



Nous ne mesurons pas toujours le privilège que nous avons. Mais le temps passant nous en prenons conscience et chérissons ces souvenirs...


 


Léo