Budo no Nayami

Fast hands au Shinbukan

24 Avril 2011 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Voici pour terminer ici une variante intéressante du jeu Fast hands pratiquée au Shinbukan de maître Kuroda. Dans cette version l'attaquant écarte ses mains qui se font face d'environ la largeur de ses épaules et l'attaqué place l'une des siennes au milieu. L'attaquant essaye d'emprisonner la cible en claquant ses mains tandis que l'attaqué essaye au contraire de s'échapper.

 

 KURODA 0736

Kuroda Tetsuzan 

 

 

Au départ chacun a tendance à jouer en faisant appel à ses qualités physiques et retombe en enfance. Kuroda senseï qui possède une rapidité remarquable, -je n'ai à ce jour rencontré aucun adepte qui s'en approche -, utilise aussi la vitesse avec certains élèves. Toutefois il démontre et attend que l'on travaille une autre dimension dans cet exercice. "Plus l'adepte est avancé", explique-t-il, "et plus il doit faire le geste lentement en partant d'une position large." J'ai plusieurs fois fait l'exercice avec lui alors qu'il avait écarté ses mains à l'horizontale le plus loin de son corps et qu'il rapprochait lentement ses mains. J'aurai pu retirer la mienne. Après que les siennes aient parcouru chacune plus de 50cm au ralenti…

 

 

KURODA 1122

 

 

Kuroda senseï n'hypnotise pas ni ne cherche comme je l'ai vu faire par d'autres à détourner votre attention. Bien entendu il efface tout appel mais cela ne suffit pas à expliquer la distance qu'il arrive à parcourir avant que je prenne conscience de son geste. Voici ce que j'en comprends aujourd'hui.

Dans le Shinbukan beaucoup de gestes sont réalisés en utilisant des muscles différents de ceux que l'on emploierait spontanément comme moteurs majeurs du mouvement. Cela a de nombreux objectifs comme de développer le relâchement, la rapidité, l'économie d'énergie, etc… Mais cela permet aussi de "court-circuiter" la perception de l'autre. Lorsque l'on fait face à un geste qui ne fait pas partie de notre vécu, que l'on n'a jamais vu réalisé et qui ne fait ainsi pas partie de notre "possible", nous avons un instant d'arrêt, aussi infime et inconscient soit-il. C'est aussi le cas avec des gestes aussi familiers que frapper dans les mains. C'est en tout cas ma compréhension actuelle…

 

 

NAMT 07 Kuroda 1

 

 

 

Partager cet article

Commenter cet article

Julien Petitfour 30/04/2011 10:06



Bon.. je te remercie de parler de cela :-)


Moi, ma compréhension actuelle est que le cerveau ne peut pas percevoir plusieurs choses ( mouvements... ) à la fois, ni les faire bien entendu.


Cela parait contradictoire avec ce que je dis plus haut avec le mouvement unique mais ça ne l'est pas. Ce dernier est un mouvement où toutes les parties du corps concernées par celui-ci bougent
en même temps. Il n'y a qu'un seul mouvement dans le mouvement..


La quasi totalité des gens bougent, bien sûr sans s'en rendre compte, de manière " hachée", avec des temps séparés dans un même geste si bien que ceux-ci sont facilement perceptibles surtout
quand on cherche à les rendre plus rapides.


Il y a je pense un grand nombre de possibilités pour faire un mouvement incorrect ( c'est à dire visible ), y compris certaines qui ne sont pas dans notre vécu. Mais il me semble qu'il n'y a
qu'une manière de le faire correctement si l'on considère que le travail consiste à trouver ce mouvement unique.


Le relâchement dans ce cas n'est pas vraiment le but de la pratique mais davantage une des clés permettant de connecter les différentes parties du corps et ainsi d'y arriver.


Cela donne un effet de disparition du fait que le cerveau n'a pas pu saisir les informations qui lui arrivaient de manière simultanées. Il ne comprend tout simplement pas le geste. Et dans le
monde du sabre c'est réellement effrayant...


Tu m'avais gentiment offert, Léo, le jouet qu'utilisait Kono sensei pour illustrer cela. Encore une fois cela permet de mieux comprendre :-)


 


 


 



Léo Tamaki 06/05/2011 12:02



Pas de quoi :D


 


Merci pour ton point de vue détaillé avec lequel je suis en partie d'accord, notamment sur la perception. Je ne suis pas vraiment d'accord en revanche sur le fait qu'il n'y ait qu' "une manière
de faire correctement" ou un "mouvement unique" ;-)


Quant au relâchement il est clair que c'est comme tu le dis une "clé" et non un but.


 


Amicalement,


 


Léo


 



Pauline Siccardi 25/04/2011 23:28



Bonsoir Léo,


Un grand merci à toi pour cette analyse, qui vient d'éveiller une prise de conscience très intéressante.


Une nouvelle piste de recherche sur la voie, merci! :-)


 


Bien à toi,


Pauline



Léo Tamaki 27/04/2011 13:08



Bonsoir Pauline,


 


Merci pour la lecture. Je suis heureux que cela t'ai donné matière à progresser ;-)


 


Amicalement,


 


Léo


 



Yann 25/04/2011 12:21



Salut Léo.


Tu fais bien de spécifier "compréhension actuelle" car visiblement tu n'as rien compris !! Mais ne t'en fais pas je t'expliquerai !! ;-)


A bientôt.



Léo Tamaki 27/04/2011 13:01



Merci Yann :D


 


Léo


 



Cédric 25/04/2011 11:15



Hello Léo,


 


Bravo pour cet article qui me fait penser à un article publié sur http://budoshugyosha.over-blog.com/ on des medecins ont pu mesurer l'activité électrique de Kuroda Sensei comparé à un pratiquant
lambda. Vraiment très interessant ...


 


A+



Léo Tamaki 27/04/2011 13:00



Merci pour la lecture :D


 


Léo


 



julien 25/04/2011 10:52



Ah j'allai le dire! Non sérieux c'est vraiment intéressant comme analyse et c'est cool de nous en faire profiter! 



Léo Tamaki 27/04/2011 13:00



En fait l'idée de l'article m'est d'ailleurs venue après que tu me l'ai expliqué, merci :-))))))


 


Léo


 



Julien Petitfour 25/04/2011 08:33



Je partage ce que tu dis quant à ton analyse des mouvements de Kuroda sensei.


Effectivement je pense que l'absence d'appel ne suffit pas à expliquer la stupéfiante rapidité ( dans la lenteur.. ) de ses gestes et qu'il y a bien entendu autre chose.


La sensation qu'il y a un "temps d'arrêt" dans notre perception dès qu'il commence à bouger est quelque chose que je ressens comme de profondément déstabilisant.


La nature même de ses gestes diffère complètement de celle d'une personne classique de telle sorte que notre cerveau ne peut saisir l'origine du mouvement car il semble ne pas y en avoir.


Tout semble ainsi bouger dans un geste unique, permettant le court-circuit du cerveau dont tu parles.


Il paraît difficile à un cerveau " classique", non-entraîné spécifiquement, de faire ou percevoir ce type de mouvement unique, aux composantes simultanées, ce qui pourrait expliquer
l'exceptionnelle efficacité de ceux de Kuroda sensei.


Je crois que Kono sensei avait employé l'expression " éteindre la lumière" pour tenter d'expliquer cette sensation. Il a beaucoup d'expressions comme cela et j'avoue que cela aide bien à
comprendre.


 


 



Léo Tamaki 27/04/2011 12:59



"Stpéfiante rapidité (dans la lenteur)", c'est ça qui est effectivement le plus impressionant pour moi, bien plus que la rapidité "visible".


 


C'est vrai que Kono senseï a souvent des expressions intéressantes qui donnent des indices simplement par la formulation.


 


Léo


 



Thibault 25/04/2011 08:22



J'ai un jeux un peu similaire avec un ami.


Deux personnes sont face à face, l'une doit toucher l'autre au torse avec la main, et l'autre doit simplement tourner le buste sans casser sa structure.


Si l'une ou l'autre utilise la force des bras ou l'autre la force des jambes, il ne sera pas assez rapide.


=]



Léo Tamaki 27/04/2011 12:57



Intéressant merci ;-)


 


Léo


 



Fanfan 25/04/2011 01:47



Hello,


décidemment il faudra que je rencontre Kuroda sensei autrement qu'à une démo


j'espère que tu me montreras tout cela la prochaine fois que l'on se voit :)


tu soulèves deux points intéressants de l'absence de réaction via le temps de Libet et les neurones miroir il me semble.


++



Léo Tamaki 27/04/2011 12:56



Oh là si j'étais capable de faire autre chose qu'en parler ça se saurait :-)))


 


Léo