Budo no Nayami

Karaté, Aïkido, Judo et autres arts martiaux pour les enfants

30 Décembre 2010 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Voici une vidéo de deux enfants passant leur ceinture noire de Karaté Shotokan. Le garçon a six ans et pratique depuis trois ans, la fille a sept ans et pratique depuis quatre ans.

 

 

 

 

 

Le type de pratique de ces enfants est loin de ma recherche mais ce qu'ils démontrent est d'une qualité remarquable.

 

 

Kid shodan test 01

Karaté enfants

 

 

Les enfants et la pratique physique

Lorsqu'on voit des enfants pratiquer une discipline intensément il est naturel de se questionner sur les bienfaits ou les méfaits de leur activité sur leur développement. Le type de Karaté que l'on voit dans la vidéo ci-dessus me semble par exemple susceptible de provoquer un certain nombre de traumatismes articulaires à long terme. Il est à noter que les dégâts seraient sans doute plus importants sur un adulte n'ayant pas la souplesse de ces enfants.

 

Judo pour enfants, la meilleure des bases

Au risque de surprendre je pense que le Judo est le meilleur début dans la pratique martiale pour les enfants, si tant est que l'on trouve un véritable professeur. Non pas un instructeur fraichement diplômé mais un véritable éducateur avec des années d'expérience qui ne tient pas une garderie mais transmet une discipline martiale dans toute sa richesse.

Le Judo est une discipline "simple" même si sa maîtrise requiert une vie. Certains de ses principes fondamentaux d'action réaction peuvent être compris par les plus jeunes enfants et ses techniques présentent bien moins de danger que celles d'Aïkido ou de Karaté, permettant un enseignement avec moins d'adaptations. En outre le Judo enseigne comment tomber sans se blesser et ce qu'est une confrontation physique. Deux choses qui sont susceptibles d'être utiles à chaque âge de la vie.

 

 

Judo enfant 01

Judo enfants

 

 

L'Aïkido pour les enfants, expérience personnelle

J'ai donné des cours d'Aïkido aux enfants durant cinq ans. J'en garde de très bons souvenirs même si je n'envisage pas d'en redonner dans un futur proche. Au départ j'ai commencé à enseigner comme j'avais vu faire un de mes sempaïs. Trois quarts d'heure de jeux plus ou moins inspirés de l'Aïkido parsemés de technique. Les mois passants j'ai réduit ces jeux jusqu'à… les faire disparaître totalement à la fin de la deuxième année, à l'exception des cours pour les plus jeunes, de 6 à 8 ans, où je faisais encore faire du sumo et des "concours" de chutes.

Non seulement les effectifs n'ont pas baissé mais ils ont augmenté. Je n'affirme pas ici qu'il s'agisse de la seule et encore moins meilleure façon de faire. C'est simplement une méthode grâce à laquelle je suis arrivé à des résultats que j'ai trouvés extrêmement satisfaisants.

 

 

Tamura Aïkido enfant 01

Tamura Nobuyoshi senseï donnant un cours enfant au stage d'été de Lesneven

 

 

Enseigner? Donner envie

Il me semble que les enfants ont ceci de désarmant qu'ils sont plus sensibles à leurs émotions qu'à la logique. Plus encore qu'aux adultes qui peuvent raisonner en termes de bénéfices il est donc important de leur donner envie. Dès lors que leur motivation est éveillée ils deviennent capables de choses étonnantes comme le montre la vidéo des enfants pratiquant le Karaté. Lorsque j'enseignais aux enfant je donnais notamment des cours le mercredi après-midi. Les cours se suivaient, débutant avec les plus jeunes pour finir avec les adolescents. Excepté ceux du premier cours, des élèves de chacun des suivants venaient de trente minutes à une heure en avance afin de faire des séries de chutes. En quelques mois ils en faisaient des centaines avec une moyenne de 600 à 1 000 avant chaque cours.

 

 

Fukakusa Aïkido enfant 01

Fukakusa Motohiro senseï donnant u cours enfant à Lesneven,

uke Tanguy Le Vourch

 

 

Des enseignants dévoués

Beaucoup d'enseignants confient les cours enfants à leurs assistants. Il en est toutefois qui continuent à les assurer avec passion. Parmi ceux que je connais je pense particulièrement à Brahim Si Guesmi et surtout Stéphane Crommelynck. Il n'est pas un stage où je sois allé enseigner chez Stéphane où je n'ai vu d'enfants venir pratiquer. Toujours sérieux, toujours motivés, ils sont le témoignage de l'excellence de son enseignement.

 

 

St-phane-002.jpg

Stéphane Crommelynck

 

 

Osenseï, Tamura senseï et les enfants

Bien qu'ils n'aient pas donné de cours réguliers aux enfants Osenseï et Tamura senseï pratiquaient avec eux avec plaisir lorsque l'occasion se présentait.

 

 

 

Osenseï pratiquant avec un enfant


 

 

 

La vidéo de maître Tamura qui suit a été mise en ligne par le Misogi dojo de Tanguy Le Vourch qui s'occupait du cours enfants pendant le stage annuel de Lesneven.

 

 

 

Tamura senseï pratiquant avec des enfants


 

 

 

 

 

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Bruno 31/03/2012 15:05


Bonjour!


l'article rejoint en effet ce que "je crois" et ce que j'enseigne/conseille aux personnes qui voudraient que je fasse des cours aux tout-petits.


Concernant les "méfaits" du karaté je peux citer l'exemple d'une copine qui pratiquait le karaté depuis l'age de 4 ans de manière intensive et qui s'est déchiré les ligaments croisés en posant le
pied (en douceur !) après un mawashi geri à l'age de 40 ans lors de l'execution d'un kata. Un examen irm à révélé que beaucoup d'articulations (genoux, poignets et coudes surtout) étaient dans un
état de délabrement très avancé...donc fini le sport sous toutes ses formes pour elle! dur pour quelqu'un qui faisait 2-3h de sport par jour....


la cause étant en effet une pratique trop "explosive" avec beacoup trop de coups donnés dans le vide, donc engendrant beaucoup de stress sur les-dites articulations, ainsi que trop d'entrainement
tout court...


Pour le commentaire sur le judo, j'abonde dans le sens que, et c'est vrai que le parallèle existe avec l'école, beacoup d'enseignants privilégient les bons, et relèguent "mauvais" et "moyens" en
arrière plan, se concentrant quasi exclusivement sur les bons. Et donc je suis tout a fait d'accord avec le raprochement de l'échec scolaire, sauf que moi je le vois plustôt comme un échec
pédagogique de la part de l'enseignant....


 


Concernant les bienfaits de la compétition, j'ai un avis très mitigé sur ses bienfaits (attitude "foot", doping, exacerbation de l'ego etc)


Dans mon experience personelle, j'ai réussi a amener tous mes élèves a un niveau correct, mais cela est vrai que certains m'ont couté beaucoup plus d'énergie que d'autres.... d'aillieurs, chose
troublante: ceux qui ont les meillieures aptitudes, sont en règle générale aussi ceux qui se lassent le plus vite.... (et aussi, je n'ai qu'un petit club, donc je peux me permettre de consacrer
autant de temps a chaque eleve...)


Ayant dû passer le brevet d'état (aikido) recemment, je regrette la part prépondérante de la connaissance juridique au détriment d'un vrai apprentissage de la pédagogie, ainsi qu'une partie
pédagogie enfants totalement absente chez nous... je crains que ce ne soit similaire au judo....


et après toute cette prose, qui dépasse largement ce que j'avais prévu, je voulais juste annoter, que pour l'aikido, il faut une certaine maturité intellectuelle et émotive que l'on ne trouve pas
chez les enfants (ou très rarement), d'aillieurs qui fait parfois défaut aussi aux adultes ;) l'aikido n'étant pas juste un sport, un ramassis de techniques, mais un cadre
philosophique/spirituel, un art martial quoi!

Léo Tamaki 01/04/2012 23:36



Bonjour Bruno,


 


Je suis désolé de lire ce qui est arrivé à ton amie. N'est-il pas envisageable pour elle de reprendre par une pratique extrèmement douce dans une optique de santé du type Taï Chi?


 


Merci pour ton commentaire et bonne continuation dans la pratique et l'enseignement.


 


Léo


 



Daiki 18/01/2011 04:46



Je serais heureux de partager ma compréhension du Tai ji Quan de la famille Chen selon Me Wang Xian, mais cela ne peut se faire sans rencontre. Je suis toujours admiratif devant ces enfants mais
il est vrai que l'institut de Chenjiagou s'occupe d'abord d'orphelins, et l'enseignement n'est pour eux plus un choix mais une nécessité. Mais voilà où le Chen taiji Quan est un modèle
d'éducation je pense, c'est dans son respect des lois de la biomécanique. Il ya une différence mimine visuellement mais très grande dans le ressenti au niveau du bassin et de l'aine et qui a une
influence très différente sur les lombaires. L'important c'est de ne pas figer le bassin des enfants comme des adultes mais au contraire de le rendre mobile. C'est une spécificité de l'école de
Chenjiagou.


Bon .. je reviendrai pas avec mon histoire des institutrices, mais elles aiment les "Koshi" mobiles



Daiki 17/01/2011 17:51



http://www.youtube.com/watch?v=xx5BOExBzNU&feature=related


Un des élèves de Me Wang Xian, Hériier du style Chen au village de Chenjiagou.


Au berceau ils sont nombreux comme ça . Il faut voir comment se passent les entrainements et les combats. Ils ne
pratiquent pas seulement 2h par semaine



Léo Tamaki 18/01/2011 02:04



Merci pour la vidéo. Je m'y connais trop peu en Taï Chi Chuan pour dire si cela est correct par rapport à l'école pratiqué mais il y a indéniablement un travail très important derrière cette
démonstration. Ce qui est parfois complexe à apprécier est ce qui amène les jeunes pratiquants à l'entraînement. Dans des pays émergents c'est malheureusement encore souvent la nécessité.


 


Léo


 



Jean-Charles 04/01/2011 12:13



Bonjour Léo


Je profite de ce petit commentaire pour te présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année.


Pour ma part, j'ai commencé à assister aux cours des enfants dès la 3eme année de pratique et j'avoue que je pourrais difficilement m'en passer maintenant. D'ailleurs si je passe mon shodan et le
BF dans les années à venir c'est pour pouvoir prendre le cours enfants moi même.


J'ai lu dans un des commentaires que cela nous obligeait à oter toute force dans notre pratique et c'est sacrement vrai et trés profitable quand on repasse avec les "grands" ce qui pour ma part
se produit tout de suite derriere!


Merci encore pour tous ces articles en espèrant que cela continue en 2011


Bonne année encore


Jean-Charles


 



Léo Tamaki 05/01/2011 06:52



Bonjour Jean-Charles,


 


Mes meilleurs voeux à toi aussi!


 


Je pense que tu apprendras beaucoup au contact des enfants. Cela semble d'ailleurs avoir déjà commencé ;-)


 


J'essaierai de continuer à écrire aussi régulièrement que possible, merci pour la lecture :D


 


Amicalement,


 


Léo


 



Freddy 03/01/2011 11:57



Bonjour à tous,


ce petit film m'a plongé dans mes souvenirs d'enfant avec mes débuts en Karaté Shotokan, j'avais alors 9 ans.


Aujourdh'ui j'en ai 36 et ayant pratiqué le Karaté jusqu'à l'age de 23 ans avant de prendre le chemin de l'aikido, je me permets d'abonder dans ton sens Léo au niveau des risques corporels. j'ai
gardé quelques stigmates au niveau des coudes en raison des nombreux  gedan barai et tsuki. les bras en extension complètes à chaque coup donné avec force et puissance pour ne pas dire
violence, ont fait que maintenant mes avant bras ne peuvent plus être tendus correctement.


il est certain que l'angle n'est pas important mais j'en ai pris conscience avec l'aikido, sur les immobilisations au sol en ikkyo ou mon bras ne pouvant être rectiligne au sol, le coude en
ressort fragilisé. D'un autre coté cela m'a demandé de m'adapter à cette situation afin de m'enlever toute crainte de blessure en cas d'appui un peu trop lourd sur mes coudes. 


alors oui le karaté shotokan de part sa forme et la transmission effectuée, peut engendrer des modifications au niveau de la croissance de l'enfant. Mais le Karaté n'est pas seul dans ce cas là.
l'aikido, l’athlétisme, le tennis...... et autres peuvent amener des blessures. Personnellement la cause de ces possibles traumatismes est à ranger dans le tiroir du, trop vite trop fort ! la
qualité de la transmission et les objectifs de chacun font que certains sont blessés et d'autres non.


l'aikido m'a appris l'absorption et le relâchement alors qu'avec le karaté j'étais dans l'explosion ! je crois que c'est cette différence qui peut amener la notion de danger corporel
chez l'enfant comme chez l'adulte.


il va de soit que je ne mets en aucun cas un carton rouge au karaté shotokan, qui m'a accompagné, façonné  et construit mon  shisei.  j'émets juste un constat personnel
sur la différence entre le débutant en karaté et en aikido, le karaté ayant une image de dureté et une forme très carrée dès le départ. 


Avant de faire sien sa pratique, nous regardons, copions, imitons notre sensei. nous arrivons tout neuf avec nos grands yeux et si la qualité de la transmission fait défaut ou ne nous correspond
pas, cela peut vite passer du petit bobo sans gravité à la blessure récurrente, coudes, genoux, lombaires.


l'écoute de soi devrait être enseigné dès le plus jeune age avant même de commencer à rentrer dans la technicité de la pratique.


C'est sans doute plus compliqué à enseigner,  mais s'apparente à une richesse infinie pour l'avenir.


Je profite de cette occasion pour souhaiter à tous une année année 2011 remplie de découvertes et d'amour.


A bientôt


Freddy 


 


 


 


 



Léo Tamaki 04/01/2011 03:44



Bonjour Freddy,


 


Merci pour ton retour vécu. Je ne crois d'ailleurs pas comme toi que ce soit la discipline, le Karaté, ou l'école, Shotokan, qui soient en cause, mais la façon de les enseigner ou un manque de
connaissances. Comme tu l'évoques toute discipline peut, si l'on n'y prend garde, avoir un impact négatif.


 


Très bonne année!


 


Léo


 



judokano 03/01/2011 10:00



Bonsoir,
Ne vous inquiétez pas. Je ne prends pas votre remarque pour une attaque. J'ai seulement profité de l'occasion pour faire l'analogie avec l'apprentissage des disciplines scolaires, et ses nombreux
obstacles, et pour rappeler le sens du Judo de J. Kano qui n'est pas pour autant perdu. Comme je l'ai cherché longtemps, je voulais simplement dire qu'il était toujours disponible, qu'il existait
au delà des apparences et que ce n'était pas un mythe.
Bonne année à vous tous.
JudoKano



Steph 02/01/2011 16:24



A Judokano,
Permettez-moi de m'excuser s'il vous a semblé que je faisais une attaque du Judo dans mon commentaire, loin de moi cette idée. Je parlais juste d'un sentiment personnel et ceci est arrivé il y a
près de...quarante ans.
Nous étions un groupe de "pas doués" et laissés systématiquement sur le côté alors que nous aurions voulu que le prof s'occupe un peu de nous.
Maintenant, je verrais sûrement les choses autrement.
Je me suis un peu pas mal exprimé. Comme dans chaque discipline, il y a du bon et du moins bon. A vous lire et en parcourant votre site (très bien fait et très documenté), on sent votre passion
pour l'art véritable et qui n'a certainement rien à voir à ce que l'on voit parfois. Je parlais d'ailleurs de ce "parfois" dans le commentaire.
Bien à vous et bonne année.
Stéphane



judokano 31/12/2010 13:03



Le but de l'apprentissage du Judo n'est pas de connaître ou de maîtriser un Bujutsu ou un Budo, de l'apprendre par cœur et de le savoir par corps. 
Ceci n'est qu'une première étape, fonctionnelle, instrumentale, que tout enfant, à partir de 5-6 ans, peut copier, imiter superficiellement mais pas encore intégrer dans une conscience d'adulte.
Il faut à l'éducateur-pédagogue savoir ce qu'il y a derrière chaque activité, chaque exercice, chaque technique (chaque notion, chaque concept) proposés à l'enfant pour l'amener à développer (à
construire) ses qualités physiques, intellectuelles et morales. Souvent on ne s'arrête que sur l'aspect matériel, physique et mécanique, ou sur l'aspect spirituel et esthétique, pourvoyeur de
sensations et d'émotions.

Le Judo, sous la direction de J. Kano, a toujours recherché les effets bénéfiques pour le développement, la santé et la culture des jeunes. C'est l'origine même de la conception du Judo (1882) :
Études scientifiques et médicales, recherche d'une éducation physique (dans le vrai sens historique du terme), sélection de techniques du Jujutsu et création de katas (ju no kata, taïiku no
kata…),  apprentissage des chutes et des roulades, notions de sécurité, de contrôle, d'entraide, d'analyse, d'observation, … mais aussi des cours de soutien, une vie en communauté, des
actions et des relations sociales, etc.
Malheureusement, les études scientifiques par la suite n'ont visé que l'amélioration des performances, ce qui "émotionnellement" fonctionne de façon "optimale" aujourd'hui (voir les spectacles
sportifs et les démonstrations "martiales" !) dans l'inconscient individuel et les manifestations collectives.

Si le but du Judo est d'acquérir une culture d'adulte autonome, sain, fort et bienveillant… but aussi de l'institution scolaire, pourquoi s'arrêter à des "tests" superficiels et réducteurs au
risque d'occulter et d'exclure des savoirs profonds ?
Donner à un enfant une ceinture noire, (fin d'une initiation pour Kano), c'est lui indiquer que les bases fondamentales de la discipline sont acquises et que seul leur perfectionnement
conditionnera son futur développement. C'est peut-être le cas du Karaté ? Il n'y a plus alors de perspectives de recherche vers des savoirs de qualité plus profonde nécessaires à la construction
d'une culture intellectuelle et morale d'un adulte. Il y a un risque aussi de déséquilibre et de déformation physique.

"Un autre aspect, à mon petit avis, est la présence de compétition et souvent on ne travaille qu’avec les plus « forts » en laissant les « faibles » sur le côté, tout à fait à
côté du concept « martial » et quelque chose que j’ai vécu dans l’enfance et qui m’a dégouté à jamais de l’art de Jigoro Kano." 
Est-ce l'aveu d'un échec "scolaire", à cause des examens ? (provoquant le dégoût pour les math, le rejet de l'école ou le mépris pour la réflexion intellectuelle…).
Le concept, étant de l'ordre de l'intellect, est certainement une "capacité" et un "contenu significatif" à cultiver par le Judo.
Le concept du Judo de J. Kano n'est pas un concept "martial". C'est un concept universel de culture humaine qui demande, pour se construire et s'épanouir, une éducation autant physique,
qu'intellectuelle et morale. C'est la méthode conçue par J. Kano.
Quel est le sens du concept "martial" ?
Bien amicalement,
JudoKano



Léo Tamaki 02/01/2011 02:06



Cher JudoKano,


 


Merci pour ce commentaire très intéressant.


 


Comme j'aimerai que les enseignants de Judo soient tous aussi érudits que vous l'êtes.


 


Bien amicalement,


 


Léo


 



Steph 30/12/2010 19:27




Bonjour  Léo,
Tout d’abord , merci pour ton petit mot à mon égard, c’est sympa mais je pense que bien d’autres accomplissent cette œuvre avec passion.
Personnellement, j’adore enseigner aux enfants et je suis certain de ne jamais arrêter cela même si un jour je deviens 7ème Dan, Shihan, Soke, Sensei, etc. ;o)
Les raisons sont multiples et ton article m’y a fait bien pensé. En premier lieu, je dirais qu’enseigner aux enfants est une remise en question perpétuelle de soi et de sa propre pratique, il
faut sans cesse les intéresser à travers de nouvelles choses, j’inclus modestement par exemple du Yoga, du Shiatsu, du Tai Ji et même des exercices Aunkai (adaptés bien sûr) et ils adorent cela,
enfin pour la plupart.
Mais pour arriver à donner des petits quelques choses, il faut chercher  toi-même sans arrêt.
La recherche passe aussi par des lectures de tous types, que ce soit sur la concentration, la respiration ou les contes orientaux (pour ne citer que ceux-là).
Ce qui nous fait revenir à l’état de débutant en quasi permanence, un bien beau sentiment.
Enseigner aux enfants te permet également de savoir  très vite si tes cours plaisent car l’enfant ne « ment » pas et on devine si ce que
l’on montre les captive.
On pourrait écrire des dizaines de pages là-dessus mais cela risque de saturer Overblog…
Concernant les arts martiaux pour enfants, il y a beaucoup de discussions sur le sujet. Je suis d’accord avec toi sur le fait que le Judo soit très adapté s’il est bien enseigné. Mais parfois
cela tourne autour du n’importe quoi. Cet aspect,  je pense, est lié aux  « jeux » à outrance
et l’enfant ne voit souvent plus de différence entre le cours et le jeu et c’est l’anarchie.
Un autre aspect, à mon petit avis, est la présence de compétition et souvent on ne travaille qu’avec les plus « forts » en laissant les « faibles » sur le côté, tout à fait à
côté du concept « martial » et quelque chose que j’ai vécu dans l’enfance et qui m’a dégouté à jamais de l’art de Jigoro Kano.
Perso, je donne cours par tranches d’âge, les plus petits jouent uniquement à la fin du cours quelques minutes si ils ont bien travaillé et respecté les consignes, bon ils jouent à chaque
fois Jmais
c’est pour leur mettre en tête que le cours n’est pas un  « jeu ».
J’évite les clés, à part Ikkyo fait de manière légère, par contre beaucoup de chutes, de projections et de déplacement et surtout le travail de l’étiquette.  J’en vois certains avec un sourire mais je pense que c’est par là que l’on arrive à développer les qualités des cours.
Pour la motivation, évidemment si la compétition n’est pas présente, les enfants aiment les ceintures, etc. On peut soit leur donner ou alors faire des examens sérieux et parfois adaptés à leur
cas, c'est-à-dire en tenant compte de leur assiduité, leur parcours perso (étaient-ils souples au départ?, ont-ils fait un effort?, même si ils ne sont pas fort techniquement, 
respectent-ils les autres, etc.).
Bon, je suis en train d’écrire un roman, donc j’en reste là mais nous ne devons jamais oublier que les juniors sont le futur des budos…
A bientôt
Stéphane



Léo Tamaki 30/12/2010 19:52



Bonjour Stéphane,


 


Je pense en effet que d'autres oeuvrent avec passion en faveur des plus jeunes mais sincèrement tu es le plus impliqué de ceux que je connais ;-)


 


Je ne sais pas si tu seras un jour 7ème dan mais tu es déjà un senseï :D


 


Je crois en effet qu'enseigner aux enfants implique comme le disait Jean-Pierre Vigneau dans son interview de la sincérité. Si on n'aime pas enseigner aux enfants ils le ressentent et les
résultats ne seront pas bons.


Il faut aussi comme tu le dis très justement toujours maintenir leur intérêt en éveil. Et c'est un vrai défi!


 


En tout cas ton exemple montre à quel point enseigner aux enfants nous amène nous-mêmes à progresser.


 


Pour l'étiquette je ne peux que te rejoindre sur la place essentielle qu'elle doit occuper. C'est vraiment je crois ce qui peut leur apporter le plus.


 


Merci pour ton retour sur ton expérience et bonne année!


 


Amicalement,


 


Léo


 



Thierry BIARD 30/12/2010 10:33



J'ai été impressionné par l'engagement de la petite fille de 7 ans et la technicité de ses coups de pieds. J'ai commencé le karaté à une époque où il fallait avoir 14 ans minimum : c'était
vraiment trop "vieux".



Léo Tamaki 30/12/2010 16:01



Comme je le disais dans le commentaire précédent je ne suis pas sûr qu'il y ait une règle en matière d'âge. Certains (la plupart?) des maîtres d'aujourd'hui ont commencé leur apprentissage à la
fin de l'adolescence ou à l'âge adulte. L'entraînement des enfants est un phénomène qui n'était pas courant dans le passé.


 


Léo