Budo no Nayami

Le travail des armes en Aïkido

13 Mars 2012 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

J'ai récemment reçu un message concernant le travail aux armes en Aïkido au regard de l'article "Aïkido et buki waza". Le voici ainsi que ma réponse.

 

 

HEM2

Ueshiba Moriheï et Tamura Nobuyoshi

 

 

"Salut,

Finalement les avis sont partagés et on ne sait pas quoi penser. En ce qui me concerne je pense que les armes ne sont pas fondamentales pour pratiquer l'aikido, je ne dis pas que c'est inutile. Quand on travaile les armes on ne travaille finalement pas l'aikido et dans un cours de 1h30 ça compte surtout si on retire l'échaufement.

Pour moi, à notre époque, à quoi sert d'apprendre le ken ? celui qui veut peut pratiquer les Kendo ou Le Iado. Certains témoignages disent que O sensei disait tout et son contraire. Il parait qu'il utilisait les armes pour démontrer des points précis, pour comprendre un sens mais cela ne veut pas qu'il faut faire du ken à foisons pour pouvoir executer une technique.

Je suis de ceux qui n'aiment pas trop travailler les armes, c'est une perte de temps pour moi car ça empêche de pratiquer l'aikido. C'est comme si un karatéka devait pratiquer les armes aussi. Je ne pense pas que l'aikido découle des armes (à moins que O sensei l'ai dit mais je ne crois pas) et de plus si c'était le cas et malgré le fait que l'aikido soit l'oeuvre de O sensei, elle peut être interpretée par chacun selon sa sensibilité, ses acquis et ses propres recherches notamment dans le taijutsu. On sait aussi que c'est Saito qui a codifié les katas au jo et ken.

Cordialement, James"

 

 

Ueshiba-Morihe--023.jpg

 

 

Bonjour James,

 

Les avis sont en effet partagés et il convient à chacun de mener sa propre réflexion sur le sujet.

 

 

"Quand on travaile les armes on ne travaille finalement pas l'aikido"

 

A titre personnel je pense effectivement, même si ce n'est pas mon cas, que l'on peut pratiquer l'Aïkido sans travail aux armes. En revanche je ne crois pas que l'on puisse dire aussi résolument que travailler les armes n'est pas faire de l'Aïkido.

Il y a en revanche un problème lorsque la pratique des armes n'est pas cohérente avec celles à mains nues. Cela arrive souvent lorsque l'on mélange imprudemment l'enseignement issu de deux écoles différentes. Aujourd'hui le travail aux armes le plus connu est celui développé par Saïto senseï et il est souvent pillé sans vergogne, accolé à des pratiques qui ne s'appuient pas sur les mêmes formes de corps. Je ne suis pas contre l'évolution, bien au contraire. Mais cela doit se faire dans un esprit de cohérence

 

 

Saito-Morihiro-002.jpg

Saïto Morihiro

 

 

"Quand on travaile les armes on ne travaille finalement pas l'aikido et dans un cours de 1h30 ça compte surtout si on retire l'échaufement."

 

Concernant "l'échauffement" il me semble que c'est un terme un peu réducteur. On peut bien sûr faire sautiller et s'étirer. Mais souvent la préparation fait déjà partie du travail en profondeur qu'offre le cours. Elle peut même être une porte d'entrée indispensable lorsque les pratiquants arrivent tendus, stressés, fatigués par leur journée de travail.

 

"Pour moi, à notre époque, à quoi sert d'apprendre le ken ?"

 

A quoi sert d'apprendre le ken? Pas à grand chose de plus qu'à travailler sur des attaques comme ushiro ryote dori, de faire du suwari waza ou de mettre une jupe-culotte ;-)

Tout est bien entendu question d'objectif personnel. Pourquoi pratique-t-on? Quel est notre but? Que cherchons-nous? Pour moi le travail aux armes amène entre autre des difficultés supplémentaires qui, une fois surmontées, m'auront apporté un peu plus de liberté. Il est autrement plus difficile de faire face à une attaque au sabre engagée qu'à un tsuki, aussi effrayant soit-il. La vitesse, la distance et le danger ne sont plus les mêmes.

 

 

Kobayashi Hirokazu et Osensei

Ueshiba Moriheï et Kobayashi Hirokazu

 

 

"celui qui veut peut pratiquer les Kendo ou Le Iado."

 

La pratique du Kendo ou du Iaïdo est intéressante. En revanche elle repose souvent sur des stratégies, des formes de corps et des principes différents de l'Aïkido. Se repose alors le problème de la cohérence du travail proposé.

 

"Certains témoignages disent que O sensei disait tout et son contraire."

 

Oui il semble qu'Osenseï pouvait parfois être… obscur, imprécis.

 

"Il parait qu'il utilisait les armes pour démontrer des points précis, pour comprendre un sens mais cela ne veut pas qu'il faut faire du ken à foisons pour pouvoir executer une technique."

 

En effet certains maîtres défendent l'idée qu'Osenseï utilisait les armes pour son entrainement personnel et qu'elles ne servaient qu'à "illustrer" certaines notions. C'est une opinion qui se défend mais qui reste discutable. Effectivement il ne me semble pas obligatoire de travailler aux armes pour apprendre à réaliser efficacement une technique.

 

 

Ueshiba last days

Osenseï

 

 

"Je suis de ceux qui n'aiment pas trop travailler les armes, c'est une perte de temps pour moi car ça empêche de pratiquer l'aikido."

 

Encore une fois, pratiquer les armes peut être pratiquer l'Aïkido si ce qui est proposé est en concordance. Lorsque je vois les maîtres Saïto, Nishio, Yamaguchi, Tamura, Shioda, Sunadomari, etc… pratiquer aux armes ou à mains nues, je ne vois pas de différence dans leur travail. Ce sont les mêmes choses illustrées sous d'autres formes.

 

"C'est comme si un karatéka devait pratiquer les armes aussi."

 

Mais beaucoup le font, et avec le plus grand bénéfice me semble-t-il. Un maître que j'apprécie, Jean-Pierre Vignau, dit ceci:

 

Vous pratiquez donc aussi le Kobudo. Est-ce que vous pensez que c'est indispensable à partir d'un certain niveau?

C'est indispensable de travailler le Kobudo. Pareil, si on travaille Judo, Karaté, Aïkido et si on ne travaille pas les armes à coté, on est quand même un peu canard boiteux. Ca apporte en plus une autre forme de concentration. De ce côté l'Aïkido est resté traditionnel.

 

Je t'invite à lire son interview que je trouve très intéressante.

 

 

jean-pierre-vigneau-2.jpg

 

 

"Je ne pense pas que l'aikido découle des armes"

 

Pour moi l'Aïkido découle des armes. MAIS pas des armes qui sont enseignées actuellement. Techniquement l'Aïkido découle en majeure partie du Daïto ryu. Et cette école a probablement été inventée par Takeda Sokaku sur la base de différentes écoles de Jujutsu. A une époque où les samouraïs étaient armés de sabre, les techniques de Jujutsu devaient intégrer la possibilité de faire face à cette menace et utilisaient des principes similaires à ceux d'un combat entre personnes armées. L'Aïkido découlant du Daïto ryu, qui vient de différents Jujutsu, qui étaient liés au travail des armes, c'est ainsi que j'estime que l'Aïkido vient du travail des armes.

Le développement du travail des armes en Aïkido est lui plutôt postérieur à celui de la pratique à mains nues. Au niveau des formes il semble qu'il se soit développé sur la base du Yagyu Shinkage ryu et du Kashima Shinto ryu pour le sabre, et du Hozoïn ryu pour le jo. Des écoles qu'Osenseï étudia apparemment respectivement, avant, après et pendant son apprentissage du Daïto ryu. Maître Ueshiba mit probablement toutes ses sources en cohérence en modifiant certaines choses et en en supprimant d'autres.

 

 

Ueshiba-Morihe-_13.jpg

Ueshiba Kisshomaru et Osenseï

 

 

(à moins que O sensei l'ai dit mais je ne crois pas) et de plus si c'était le cas et malgré le fait que l'aikido soit l'oeuvre de O sensei, elle peut être interpretée par chacun selon sa sensibilité, ses acquis et ses propres recherches notamment dans le taijutsu."

 

En effet, bien que l'Aïkido ait été créé par Osenseï, la discipline a aujourd'hui une vie propre et de multiples évolutions. Chacun en fonction de ses critères y verra, qui un appauvrissement, qui un enrichissement.

Personnellement Osenseï est une inspiration. C'est beaucoup et peu à la fois. Je ne fait pas de lui ma référence technique car je ne l'ai jamais rencontré et cela serait pour moi aussi vain que de faire ma référence de Miyamoto Musashi. Même s'il existe de nombreux films, rien ne remplace l'expérience directe dans le domaine de la pratique martiale. Avec le temps j'ai découvert que le plus intéressant était dans l'invisible, chose impossible à ressentir pour moi par vidéo. C'est pourquoi ma pratique ne s'appuie que sur le travail des personnes que j'ai eu la chance de rencontrer.

 

 

Tamura Nobuyoshi 173

Tamura Nobuyoshi

(photo Marc Le Tissier)

 

 

"On sait aussi que c'est Saito qui a codifié les katas au jo et ken."

 

Il existe différents systèmes d'armes dans le monde de l'Aïkido mais celui de Saïto senseï est le plus célèbre et est à la base de celui d'autres écoles. Parmi les autres systèmes je pense notamment à ceux des maîtres Hikitsuchi, Sunadomari ou Nishio.

 

Cordialement,

 

Léo

 

 

morihei-ueshiba-nobuyoshi-tamura-demo-c1960

Ueshiba Moriheï et Tamura Nobuyoshi

 

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Sam 02/05/2012 23:54


Olà Léo,


 


Sujet passionnant, j'apporte une brique dans le marais .


Ne pratiquant pas l'Aikido, j'ai un "jugement" peut être erroné; mais O'sensei qui chercha toute sa vie est changea souvent le nom de son art, n'avait il pas une recherche spirituelle (dont le
pratiquant occidental devrait s'imprégner) et religieuse (plus facil à comprendre pour les japonais, non?).


Quand on sait que le sabre des guerriers étaient leur éthique puis par la suite devenu le symbole de leur âme, où les plus grands Kenshi trouvaient leurs "styles" quand les Tengu
apparaissaient en montagne lors de leur recherche martiale; il paraît logique que O' sensei ne pouvait laisser de côté ce travail, peut être pour parvenir à rencontrer ces divinités, qu' il
rencontrât il me semble.


Morihei Ueshiba n'enseigna jamais le kenjutsu peut être parce que son enseignement tourné vers l'amour est certainement contradictoire au fait que le sabre n'est fait que pour tuer! Et les
techniques du Daito ryu mortelles effacées pour préserver uke et parvenir à l'harmonie que recherchât O'sensei?


Je ne dis pas que les techniques d'Aikido ne sont pas efficaces! Car ayant "reçu" ces techniques par des amis, ne sachant comment chuter, elles peuvent vite devenir très douleureuses!


Mais la Voie de l'Aiki, avec ou sans armes, et une recherche comportementale avec ses techniques qui servent à unir l'univers à l'extérieur et à l'intérieur de soi.


 


Ceux qui disent chercher le côté Martial (la guerre donc) ne s'éloigne pas un peu du message premier? je m'explique après l'anecdote où quelqu'un venant par l'arrière ceintura O'sensei,
et ce dernier posa simplement ses doigts sur les yeux de l'imprudent!


Je pense que ce n'était pas un japonais (tu me le confirmera?), si Sokaku Takeda (imaginons car c'est sur qu'il n'aurait pas enseigné à un étranger) aurait reçu cette attaque "traite" dans un
dojo mais valable en Martial, je vois bien l'assaillant finir sans ses yeux!


Différence entre le -Do et le -Jutsu.


Bref ceux qui recherchent une authenticité, pourquoi s'arrêter au sabre typique du Japon, si l'univers des armes est très riche dans ce pays, il ne se base que sur ses propres armes
historique, d'où le Jo contre Bokken (Miyamoto contre Gonnosuke?). Pourquoi ne pas étudier l'escrime européenne? Rapière contre Katana! Certaines techniques de kenjutsu auraient changé du tout au
tout! Mais là c'est le profane technico-historien qui parle ; puis les armes de poings aussi ne sont pas à négliger
(Systema bon point!). Au final, j'aimerai à voir trois vies pour toutes les "connaitre", Musashi ignorant probablement les armes hors japon (européenne surtout), aurait peiné à toutes les
"connaître".


 


Mes amis qui pratiquent le même style que moi, ne jurent que par lui, mais je pense sincèrement qu'il est bon de voir et respecter chaque discipline. Quand j'entends que l'Aikido n'apporte rien
en combat réel, je souris et revois Morihei Ueshiba, un homme "dangereux" capable de détruire son adversaire, qui choisit de faire chuter l'égo pour apprendre à s'élever.


 


Bonne continuation!


p.s.: Le magasine Samourai existe t'il toujours?


 


 

Léo Tamaki 05/05/2012 03:12



Bonjour Sam,


 


Oui Osenseï avait sans aucun doute une recherche spirituelle et religieuse. Et on peut aussi franchir le pas faisant le lien entre le sabre et sa symbolique shintoïste.


 


Maintenant on pourrait se dire que pour quelqu'un qui ne partage pas ses croyances religieuses, l'adoption du sabre est facultative. Mon opinion personnelle est que sa pratique, au-delà de ce
qu'elle véhicule au niveau spirituel, permet d'aller plus loin dans le travail technique.


 


Pour les techniques mortelles du Daïto ryu effacées, je ne serai pas aussi catégorique. D'une part il faudrait bien connaître cette discipline, ce qui n'est pas mon cas. D'autre part de
nombreuses techniques d'Aïkido peuvent se révéler destructrices voire mortelles. Elles ne sont simplement pas, et c'est pour le mieux, enseignées ainsi.


 


Il est difficile de dire si la recherche de l'efficacité martiale éloigne ou pas du chemin d'Osenseï. Ma compréhension actuelle est que c'est une étape préliminaire. Mais je réfléchis encore à la
question ;-)


 


Enfin, pourquoi s'arrêter au sabre japonais? Rien n'y oblige et l'on peut imaginer le travail d'autres armes avec les principes de l'Aïkido. Cela dit la multiplication des pratiques est difficile
et rester sur trois armes permet d'avoir une variété sans se disperser.


 


Pour Samouraï je n'ai pas de nouvelles. L'éditeur étant allemand c'est un peu compliqué.


 


Bonne pratique ;-)


 


Léo


 



Gérard Gatelier 11/04/2012 21:30


Cher Léo, j'apprécie et consulte régulièrement depuis plus de quatre ans vos publications et articles et fréquente parfois vos cours en Belgique, mais je n'ai jamais fais de commentaires à vos
articles tellement cela me semblait inutile. Cependant sur cet article concernant le travail des armes, l'envie m'est venue d'apporter une modeste contribution. Mon parcours dans les arts
martiaux révèle à chaque étape un besoin de voir plus loin, de ressentir autre chose et étrangement se rapproche de cet autre article sur le relachement musculaire. D'abord le Judo, trop
musculaire pour ma constitution physique, puis plusieurs formes de Jujitsu, jusqu'à trouver une forme très souple, ensuite un intérêt pour l'aïkido, viendra ensuite un intérêt,voire même une
passion, pour le ïaïdo et également pour le Jodo. Tout cela dans des écoles qui n'ont rien à voir les unes avec les autres et dont le seul lien "apparent" est qu'elles viennent du Japon. Et
pourtant tout est lié, en "creusant" un peu chaque pratique, plus même ... je dirais qu'elles se complètent et s'intègrent parfaitement l'une à l'autre si on garde l'esprit ouvert. Chacune
complétant un petit manque que ne nous apporte pas l'autre. Le gros problême étant de les intégrer dans un calendrier déjà chargé d'indépendant. Mais bon quand la passion est là !!!


A bientôt , j'espère. 


 

Léo Tamaki 15/04/2012 22:26



Cher Gérard,


 


Merci pour votre commentaire.


 


Les liens et les différences entre les pratiques sont souvent dans l'oeil de celui qui regarde. Et s'il est confortable de se rassurer en s'attardant sur les différences, on approchera souvent de
quelque chose d'essentiel en étudiant ce qui est commun. Cela semble être ce qui s'est passé pour vous ;-)


 


Par ailleurs les différences méritent aussi d'être notées car elles peuvent s'avérer des richesses. Comme vous le dites, la difficulté est de trouver le temps de tout travailler! :D


 


Au plaisir de repratiquer avec vous,


 


Léo


 



Dominique ANDLAUER 09/04/2012 21:05


Ouille, quelle question ! Quel débat infini !


Voici mon avis (juste le mien...)


Je pense qu'on peut pratiquer l'aïkido longtemps sans utiliser le jo ou le ken comme à l'Aïkikaï.


Au même titre qu'on peut faire de la cuisine sans recette ou de la poésie sans littérature. On peu même faire de l'aïkido sans keïkogi, sans hakama, sans dojo.


Ma première licence date de 1972 - un vieux quoi - et je continue à pratiquer les armes avec grand plaisir.


Voilà, le plaisir, première chose.Ceux qui font des armes régulièrement arrivent très vite à s'amuser. Et leur d'Artagnan intérieur peut s'exprimer !


J'ai aussi remarqué que la véritable notion de martialité - autre chose que "la bagarre" - ne peut arriver que très tard en aikido, alors que les armes l'intègre d'emblée.


Cela étant dit, je dois avouer que j'ai eu la chance de "tomber" sur des gens compétents, qui m'ont appris des choses fondamentalement justes.


Des choses qui ont alors vraiment nourri mon aïkido.


Malheureusement, il y a beaucoup plus de gens qui enseignent les armes que de gens capables de le faire.


Faire des gestes d'aikido avec un morceau de bois dans les mains, ça n'est pas faire des armes; c'est ridicule, c'est un mensonge envers un débutant et ça n'apporte rien.


La pratique des armes enrichi l'aikido dès l'instant où les techniques qu'on étudient sont valides, techniquement et martialement.Comme elles le sont étant issues d'école traditionnelles de Budo.


C'est de cette manière que le Fondateur s'est servi à la source : des techniques de kenjutsu ou de yari, ou de baïonette, justes, précises et abouties.


Il s'agit de mettre en relief des principes fondamentaux(timing, rythme, centrage, etc.), qu'on perçoit plus facilement à distance d'arme, sans être gêné par exemple, par une saisie trop forte ou
un physique impressionant du partenaire. Les armes athénuent ce genre de problème.


Par exemple, les kumitachjis enseignés par Saïto viennent de Kashima Shinto Ryu dans leur principes.


Ueshiba les en a "extrait" pour avoir des exercices d'entrainement personnels. Saïto et Arikawa les ont observés, notés, codifiées en vue de fournir des clefs pédagogiques très lisibles.Nishio
Shoji a été aussi un génie dans ce domaine.


Encore faut-il aujourd'hui rencontrer un enseignant compétent. Le contraire mène à une impasse classique : Avec le temps d'étude viennent des questions pour lesquelles l'imcompétent n'a pas de
réponse, et pas de source sérieuse à qui demander (car on ne peut pas tout savoir). Alors on abandonne...J'oubliais, ,il y a aussi les réponses bidon qui ne résistent pas à quelques années
d'entraînement. Mais des années perdues...


Après toutes ces années de pratique, je peux vous assurer que ces principes sont transversaux à l'ensemble des Budo, et je peux dire aujourd'hui que , si le kenjutsu apporte à mon aikido, mon
aikido apporte aussi en retour à mon iaido, jodo, iaijutsu, etc.


Car pour le coup, c'est la pratique des armes qui m'a démontré que l'aikido est universel : C'est vraiment le couteau suisse des Budo !


L'aikido peut exister sans les armes, c'est certain.


Mais à ceux qui refusent cette pratique, je dis essayez sérieusement dans un dojo sérieux, avec un prof du même tonneau. Ensuite seulement vous pourrez dire que cela ne vous apporte rien.


Il y a ceux qui disent, et ceux qui savent.


J'ai vraiment progressé le jour où j'ai plus tendu l'oreille aux seconds qu'aux premiers, même s'il faisaient moins de bruit. Ce jour-là, mon aikido a été éclairé autrement. Depuis, je m'amuse.


 


 


 

Léo Tamaki 15/04/2012 22:16



Cher Dominique,


 


Merci pour ce très intéressant commentaire.


 


40 ans de pratique cette année, c'est un beau chemin. J'en profite pour vous remercier pour votre livre sur l'étiquette dans ma bibliothèque.


 


Je vous rejoins dans votre réflexion, notamment sur le fait que "faire des gestes d'Aïkido avec un morceau de bois dans les mains, ça n'est pas faire des armes". Le travail des armes est quelque
chose de très sophistiqué et cela ne s'improvise pas.


 


J'apprécie aussi beaucoup Nishio senseï que vous citez, même si je n'ai jamais eu la chance de le rencontrer.


 


Je vous souhaite de continuer à vous amuser, au moins 40 ans ;-)


 


Léo


 



LdB 31/03/2012 18:12


"A quoi sert d'apprendre le ken? Pas à grand chose de plus qu'à
travailler sur des attaques comme ushiro ryote dori, de faire du suwari waza ou de mettre une jupe-culotte ;-)"


 


Après cette prise de conscience, ya pu qu'à s'inscrire au Systema
:p

Léo Tamaki 01/04/2012 23:41



Ha ha oui, si justement ce type de travail n'avait pas d'intérêt :D


Ce qui est le contraire à mes yeux ;-)


 


Léo


 



Salles de Sport Toulouse 28/03/2012 11:58


Voila le genre de réponse qu'on ne peut plus constructif...


Je pense que le travail aux armes fait partie de la discipline, mais encore une fois tout dépend des objectifs de chacun et du ressenti...


Une belle illustration de votre pensée sur le sujet

Léo Tamaki 28/03/2012 20:05



Merci ;-)


 


Léo


 



Guenael 19/03/2012 13:13


 


Bonjour,


La question fait et fera toujours débat et je ne pense pas être en mesure d'apporter une solution définitive à cette réflexion. Je pense qu'il est essentiel de rapporcher cette question à celle
de savoir pourquoi on pratique un art marial et pourquoi l'aikido plutôt qu'un autre.


Il apparaît clairement que les fondateurs d'arts martiaux aient pratiqués des arts martiaux divers. O'sensei n'y échappe pas et ces réflexions autour de l'aikido sont issues des expériences qu'il
a eu de ces différentes pratiques.


A partir d'un certain niveau d'expérience, il m'apparait clairement que la pratique des arts martiaux ne se limite pas à appliquer l'enseignement d'un professeur ou d'un maître mais le pratiquant
se révèle dans la qualité de la réflexion qu'il a autour et dans sa pratique. Une nouvelle question se pose donc où seul le pratiquant lui même peut y répondre: l'enseignement que j'étudie me
suffit-il pour développer ce que je recherche ou dois-je poursuivre mes recherches auprès de quelqu'un d'autre ou dans un autre système.


Au même titre que nous pouvons changer de professeur durant notre carrière d'aikidoka, nous pouvons étudier divers arts martiaux pour parfaire notre recherche du savoir. Ainsi quelqu'un qui vient
à l'aikido peut utiliser se savoir pour débuter le travail des armes et réciproquement,  la véritable question est de savoir si ces études apportent des éléments nécessaires dans notre
pratique pour un système donné.


Des pratiquants reconnus pour leur génie et leur maitrise de l'aikido tel que Saito sensei ou nishio sensei ont su intégrer leurs recherches personnelles dans la pratique moderne de l'aikido sans
dénaturer les principes ou les formes possibles. Leur travail à mains nues ou aux armes sont en cohérence et donc le travail à mains nues aide à dans le buki waza et la pratique de ken ou du jo
aide à développer et démontrer des principes pour le travail à mains nues et c’est indéniable lorsqu’on voit ces experts.


D'autres senseis ayant poussé leurs recherches vers des formes proches de l'aikido ont eu le courage et l'honneté de de nommé leur enseignement différement. Je pense particulièrement à Noro
sensei qui à transformer son aikido suite aux expériences qu'il a eut dans sa vie. Estimant que les formes et les valeurs qu'il a développées dénaturaient la pratique même de l'aikido, une
cission lui semblait nécessaire même si son point de vue n'est pas incohérent avec celui d'O'Sensei, c’est pour cela qu’il ne faut pas confondre les écoles de ken et de jo avec les buki waza dans
l’aikido.


Pour ma part, j'apprécie la pratique des armes tant que je peux l'envisager du point de vue de l'aikido. Je prend beaucoup de plaisir à retrouver ces sensations que j’ai pendant la pratique à
mains nues, la recherche du placement, de la direction, un contrôle ou encore l’intensité dans l’engagement. Malgrés mes recherches qui peuvent sortir de la pratique de l’aikido je garde en tête
que chaque art martiaux possède son système qui lui est propre et j’essai subtilement de ne pas les mélangers en me servant des uns pour améliorer les autres et ainsi préserver leur authenticité
tout comme j'essaye d'appliquer ce que propose un enseignant en me servant de ce que j'ai pu apprendre par ailleurs sans changer les formes qu'il propose.


Guénaël

Léo Tamaki 22/03/2012 17:23



Bonjour Guenael,


 


En effet la question de la place des armes dans la pratique est liée à beaucoup d'autres.


 


Au sujet de Noro senseï et du changement de nom il y a beaucoup à dire, et j'ai souvent abordé ce sujet avec lui. Ce n'est pas le moment mais j'en reparlerai plus tard.


 


Merci pour la réflexion et bonne pratique,


 


Léo


 



Tom 15/03/2012 12:10


Salut Léo,


"Si tu crains de t'égarer, de rester à la surface des choses, suis le sabre corps et âme" (Dôka d' O Sensei présent dans la version française du manuel Budo)


Il ne s'agit que d'un poème parmi tant d'autres où le fondateur évoque la nécessité de pratiquer les armes, et l'on peut d'ailleurs constater que dans ces poèmes sur la voie, il ne fait pas la
distinction entre buki waza et tai jutsu pour parler d'aikido...


Un autre indice : les Riai (que tu évoques dans ta réponse) qui existent dans tous les styles d'Aikido et qui démontrent cette cohérence entre les armes et le corps...


Pourquoi vouloir séparer le Budo en petites parties, ne s'agit-il pas d'un système complet déstiné à acquérir toutes les compétences d'un guerrier, corps et armes? (Corps et âme, ça marche
aussi... ;-) )


En Aikido, les armes existent (buki waza et buki dori) de même que les atemi et divers autres outils moins utilisés dans les formes de base mais qui peuvent se retrouver dans les applications ou
les formes avancées (je pense notament aux sutemi...) A chacun de choisir s'il souhaite ou non utiliser ces outils mis à disposition, tout comme chacun est libre de choisir "son" aikido (école,
style personnel, etc.) Cela dit, je trouve bizarre de vouloir exclure de ce sytème les choses que l'on ne pratique pas soi-même (par choix ou par manque d'opportunité) ou que l'on ne comprend
pas. Ne soyons pas réducteurs, cela va à l'encontre de l'esprit du Budo...


Amitiés,


Tom


 


 

Léo Tamaki 15/03/2012 19:46



Salut Tom,


 


Je vois aussi la pratique comme quelque chose de très large. Maintenant je conçois que l'on ait des préférences. Il n'en reste pas moins que l'on prend le risque de passer à côté de quelque chose
d'important.


 


Amicalement,


 


Léo


 



thibault 14/03/2012 12:35


Salut Léo.


Personnellement je pense que le travail aux armes est cruciale pour passez à un autre niveau de pratique. Les armes ont une vie propre, c'est quelque chose d'extérieur à notre corps, pour les
utiliser correctement, sans heurté, sans se blesser, avec précision etc... Il faut changer en profondeur l'utilisation du corps. Cela s'en ressent dans tout les autres aspects de la pratique et
même dans la vie quotidienne.


Cordialement


Thibaut

Léo Tamaki 15/03/2012 10:59



Salut Thibault,


 


Je crois en effet aussi que les armes permettent de passer à un autre niveau de pratique.


 


Amicalement,


 


Léo


 



Arnaud 13/03/2012 23:45


Bonjour,
je pratique l'aikido Kobayashi avec Cognard shihan depuis un certain nombre d'années.

Dans notre école, 3aKH , les armes sont considérées comme partie intégrante de l'aikido. De même que
l'aikishintaiso.
Il est clair que le travail aux armes est loin d'être simple : le ken fait appel à des notions de vitesse qui sont très particulières. L'aikijo, lui met en avant des difficultés liées
principalement à l'espace.
Comment envisager une pratique martiale, et non sport de combat ou de self défense, sans réfléchir à la tactique et à la stratégie.
Lors du travail aux armes, nous sommes confrontés à des difficultés qui n'existent pas dans le travail à mains nues. Notamment certaines angoisses.
Il faut être capable d'attendre l'attaque, être capable de l'accepter.
Faire le vide, mushotoku, est la nécessité absolue. Ceci afin de ne pas être en attente : ne pas être en réaction. La pratique martiale, à mon sens ne peut s'envisager "à moitié". Ce serait comme
vouloir vivre que les choses plaisantes de la vie en ignorant les difficultés du quotidien.
Vouloir pratiquer le budo, c'est se confronter à ses difficultés.
Pour aller plus loin, je vous propose cette vidéo :
http://youtu.be/HnApcQ8bpF8

Merci d'avoir pris le temps de lire ce commentaire.

Léo Tamaki 14/03/2012 02:32



Bonjour,


 


En effet le travail aux armes me semble plus exigeant. Je le considère comme une richesse de la pratique.


 


Merci pour le partage,


 


Léo