Budo no Nayami

Léo à la ferme

29 Février 2012 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Blog

Lors des stages que je donne, je loge généralement à l'hôtel. Beaucoup d'organisateurs ont la gentillesse de me proposer de séjourner chez eux mais je décline la plupart du temps l'invitation. D'une part parce que le souhait de ne pas déranger ajoute à la fatigue du trajet, d'autre part parce que j'ai des habitudes de vie un peu particulières, travaillant et pratiquant souvent tard dans la nuit!

 

Pour une raison ou une autre il arrive parfois que je déroge à cette règle. Ce fut notamment le cas l'an dernier lorsque je séjournai à Saint Yrieix chez Pascal Rata. Saint Yrieix est une petite commune du Limousin. Il faut pour s'y rendre prendre un Corail jusqu'à Limoges (le TGV ne doit pas avoir été jugé rentable pour relier cette ville à Paris), puis un train régional.

Le trajet en lui-même est déjà un dépaysement. Pas tant à cause des paysages traversés car les TGVs passent aussi au cœur de la campagne, mais en raison de l'ambiance du train lui-même. Le TGV est parisien. Il est comme un prolongement de la capitale. Un lieu où règne le même rythme trépidant et le même stress. Le Corail est un morceau de province, délicatement désuet, où chacun semble vivre plus posément.

 

 

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J'avais rencontré Pascal en stage et ne savais pas grand chose de lui ni de sa vie. Il m'avait proposé de me loger en m'indiquant qu'il logeait dans une ferme et, n'ayant jamais vécu cette expérience, j'avais accepté avec plaisir.

Après un court trajet nous sommes arrivés chez lui. Le premier pas hors de la camionnette me mit immédiatement face à la réalité de la campagne. Je portais une paire de baskets fines et aérées. Le contact avec la boue me rappela à quel point je pénétrai dans un monde qui m'était aussi familier que l'intérieur d'un vaisseau spatial. Je l'avais vu à la télé, j'en avais entendu parler et j'avais lu des choses à son sujet mais je n'en connaissais pas le début de la réalité.

 

 

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Voici généralement le niveau de mes contacts les plus poussés avec la nature!

 

 

Ce ne sont bien entendu pas les occasions qui m'avaient manqué jusque là, mais l'envie et la curiosité. Je suis né en ville et j'adore les jungles urbaines. Mais dès la semelle de mes chaussures inadaptées posées dans la boue de la ferme de Pascal, j'ai apprécié de découvrir ce nouveau monde. Plaisir amplifié lorsque je me suis retrouvé à table devant des produits aussi simples que goûteux issus de l'agriculture biologique dont Pascal est un adepte convaincu et convaincant.

 

Les enseignants se prennent souvent à répéter que l'on apprend beaucoup de ses élèves. C'est vrai que le tatami mais aussi en dehors, et j'apprécie vraiment la chance que j'ai de découvrir de nouveaux mondes et de nouvelles personnes chaque week-end. Et je retiens mes leçons, lors de ma prochaine visite à Saint Yrieix, j'aurai les bonnes chaussures!

 

 

leo 17 18 mars

 

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ShirobanaSumire 12/03/2012 19:46


Bonjour Léo,


la date approche et j'ai hâte de renouer avec ton enseignement. J'ai prévu de participer toute la journée de samedi à ton stage dans ce magnifique cadre campagnard. De plus le complexe sportif
qui accueille ce stage de Saint-Yrieix est vraiment superbe et le professeur local très sympa. A bientôt.


Denis

Léo Tamaki 13/03/2012 20:58



Bonjour Denis,


 


J'aurai plaisir à te retrouver :D


Comme tu le dis le complexe est en effet magnifique, le groupe qui nous accueille sympathique, que demander de plus ;-)


 


Amicalement,


 


Léo


 



Elisabeth 08/03/2012 09:27


Bonjour Léo,


Je souris en lisant le titre de ton post:" Léo à la ferme". Cela me rappelle certains albums illustrés de mon enfance: "Martine à la ferme", "Martine fait du camping"...Cela me rappelle également
d'inoubliables entraînements dans une ferme sarthoise, dans une ambiance et un environnement magiques...


Elisabeth

Léo Tamaki 13/03/2012 20:57



Bonjour Elisabeth,


 


Ha ha, oui il faut que j'envisage des albums :D


Content d'avoir fait ressurgir quelques souvenirs chéris ;-)


 


Léo


 



Salles de Sport Toulouse 07/03/2012 21:24


C'est important de temps en temps de se dépayser et de découvrir d'autres quotidiens, d'autres habitudes... On a la chance de pouvoir apprendre de tout le monde... alors profitons-en !

Léo Tamaki 13/03/2012 20:55



Tout à fait, on dit que les voyages forment la jeunesse (même s'il devient de plus en plus difficile pour moi de prétendre appartenir à cette catégorie :D).


 


Léo


 



Emmanuelle 06/03/2012 21:06


Une jungle est une jungle Tout n'est qu'une question d'échelles:-)Les forêts profondes du limousin, encore
sauvages sont somme toute assez proches des plus incroyables foules humaines. Le Limousin est la plus belle région du monde Les Tours de Merle peuvent rialiser avec les plus élaborés buildings:-))) Et les ondes des seigneurs qui en étaient les propriétaires planent encore telles celles de certains
grands samourais...:-)


Bon stage au pays des seigneurs de Merle alors!


Emmanuelle

Léo Tamaki 13/03/2012 20:54



Oui une jungle est une jungle :D


Je suppose que tout n'est que question d'habitude et que le temps passant je serai moins "intimidé" ;-)


 


En tout cas je suis heureux de retourner dans le Limousin!


 


Léo


 



Pelissier 06/03/2012 20:48


Cher Lèo bonsoir (oui j'ai changé boite mail), je ne suis pas surpris que l'on vous parle de cet article...je pense qu'en fait c'est ce genre de reflexion qui "parle " le plus sur le Budo vécu au
quotidien si je puis dire; d'ailleurs c'est ce genre d'écrits qui enmènent les commentaires les plus intéressants.


Et tout à fait d'accord avec Jonathan, lorsque que l'on travaille la terre à longueur de journée il est évident que le corps (pour ne parler que de lui) doit fonctionner avec une certaine
économie, à défaut de meilleurs termes, tout en étant efficace.


J'ai des souvenirs de fauchage à l'age de dix ans qui ne sont pas sans rappeler une certaine façon d'utiliser le boken, quelle mémoire le corps a quand il n'est pas parasité par l'intellect !
D'ailleurs j'aimerai bien voir (de façon générale) un peu plus de simplicité, de naturel chez les pratiquants (tous nivaux confondus) plus de naturel...je ne parle pas de modestie qui serait,
d'après la Rochefoucault, de l'orgeuil mal placé. Waouh je me la joue là ou quoi !


Bien à vous,


jean philippe

Léo Tamaki 13/03/2012 20:52



Cher Jean-Philippe,


 


Les "anciens" qui devaient réaliser des travaux physiques à longueur de journée et d'année avaient effectivement des capacités physiques qui sont devenues très rares de nos jours. Il faut souvent
aux pratiquants contemporains une période de temps assez importante pour se réapproprier leur coprs et parvenir au même niveau qu'eux.


 


Amicalement,


 


Léo


 



jonathan 02/03/2012 11:04


Des bottes aux zoris et vis versa...


Salut Léo, étant moi même paysan (Thomas Baudet te le dira d'ailleurs bien aussi....) je passe continuellement des bottes aux tongues, parfois il m'arrive même de réfléchir aux techniques, aux
katas...etc dans les champs et les légumes en fond les frais en général!


Je ne dirais pas étrangement, mais agréablement, je note une influence de l'aikido dans ma pratique maraichère, dans mes postures, dans mon endurance, dans ma perception même du
métier, il y a beaucoup de vases communiquant. Le maniement de la houe demande souplesse et vigueur (le bokken?) ainsi que la binette et autre serfouette (le Jo?) rappelle parfois l'élasticité
des mouvements de lance.


Au plaisir de discuter de tous cela dans les champs et/ou sur le tatamis


 

Léo Tamaki 05/03/2012 11:03



Salut Jonathan,


 


Je suis heureux que tu trouves des liens entre ta pratique martiale et tes activités agricoles. Osenseï voyaiy lui-même beaucoup de liens entre ces domaines ;-)


 


Léo


 



pelissier 01/03/2012 21:33


Bonsoir bonsoir,


pardon mais j'ai bien rigolé et pas mal le coup des baskets...bon d'accord comme vous je suis plutôt urbain mais petite enfance à la campagne, ça forme et heureusement qu'il ne vous a pas demandé
de tuer et préparer un poulet ah ah ah pardon, je ne me moque pas hein, je trouve ça plutôt marrant...cela dit je pense qu'il est essentiel de s'entrainer à l'exterieur, sensations différentes,
obligation d'adapter déplacements et mouvements au type de terrain (la majorité des taï sabaki faits sur tatami sont inapplicables sur sable, terre mouillé et autres et je ne parle pas des
chutes...) disons que je suis assez friand des entrainements à l'exterieur et pense que chaque pratiquant devrait y gouter. Ah le prochain coup j'espère qu'il vous fera traire une vache ! cela
demande beaucoup de souplesse de poignet...ah ah ah, pardon ceci est en toute amitié.


jean philippe

Léo Tamaki 05/03/2012 11:01



Bonjour,


 


Ah mais vous n'êtes pas le seul! On me parle partout de cet article, notamment ce week-end à Liège où de nombreux stagiaires connaissent la vie à la campagne :D


Je vous rejoins en revanche tout à fait sur l'intérêt de pratiquer en extérieur. Je le faisais souvent par le passé, mais moins maintenant il est vrai.


 


Amicalement,


 


Léo