Budo no Nayami

Les félins d'Agadir, la fierté de l'Aïkido

22 Février 2011 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Brahim a eu la gentillesse de m'inviter pour une semaine de stage privée au Maroc du 8 au 15 février. Ravi de quitter la grisaille parisienne je dois avouer que je ne m'attendais à rien de particulier concernant la pratique. Je savais que le niveau serait correct car je connais l'exigence de Brahim mais je savais aussi que les experts ne sont pas nombreux à traverser la Méditerranée et que le niveau s'en ressentirait probablement.

 

 

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Aïkido à Agadir

 

 

Hospitalité marocaine

La première chose qui m'a frappée lorsque nous sommes arrivés au dojo est l'extrême délicatesse de l'accueil que nous avons reçu. Les élèves et moi-même avons été accueillis par des fleurs, du thé et des pâtisseries à déguster avant le début du cours. Mais ce que je n'ai pas remarqué dans l'instant tant cela était fait avec simplicité, est le parfait respect de l'étiquette qui entourait toutes ces attentions.

 

 

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Respect de l'étiquette

 

 

Le Budo commence et se termine avec la courtoisie

C'est une fois sur le tatami que j'ai remarqué le respect de l'étiquette de tous les élèves. Une chose d'autant plus flagrante que les élèves du premier cours étaient… des enfants. Je voyais exécuter des gestes tels que les saluts, le rangement des zooris avant d'entrer avec le naturel que seule permet la pratique régulière. Des gestes qui semblent simples mais sont si souvent oubliés ou réalisés l'esprit absent même par les adultes.

 

 

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Remise de diplôme avec Brahim à gauche et Lahcen à droite

 

 

Brahim m'avait prévenu que je pouvais montrer n'importe quelle technique mais je gardais toutefois quelques réserves. Sentiment balayé dès les premiers instants de pratique. Le silence total était la marque d'une concentration comme… je n'en ai JAMAIS rencontré dans un dojo jusqu'à aujourd'hui, même chez les plus grands maîtres du Japon. Shizuka, mon épouse japonaise, me dit à quel point elle avait été impressionnée de retrouver l'esprit japonais en ces lieux. L'esprit japonais en effet, mais j'étais heureux qu'elle n'ai jamais assisté à un cours d'enfants de l'Aïkikaï. Quel contraste entre les marmots bruyants à la discipline plus que relative du centre mondial de l'Aïkido et ces enfants si concentrés et présents de ce dojo du bout du monde.

 

 

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Enfants concentrés et présents

 

 

Une attitude irréprochable

Le cours d'enfant se déroula dans une ambiance de travail exceptionnelle qui me laissa littéralement sans voix. J'étais évidemment impatient de voir comment pratiquaient les adultes d'un dojo dont les enfants en auraient remontré par leur attitude à n'importe quel aîné de n'importe quel dojo!

Sans surprise les adultes étaient irréprochables. Silencieux et concentrés, ouverts, souples et dynamiques dans leur pratique.

 

 

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Mehdi, un pratiquant exemplaire parmi tant d'autres

 

 

Au-delà de l'affection que j'ai pour lui, Brahim est l'un des adeptes que je respecte le plus. Son dojo à Boulogne est l'un des meilleurs que je connaisse et beaucoup de ses élèves ont un niveau excellent. Une des raisons pour lesquelles j'ai été surpris est que les élèves d'Agadir qui suivent son enseignement… sont encore meilleurs en moyenne que ceux qui le suivent à Paris!

 

 

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Le plaisir de la pratique

 

 

Je me suis longtemps demandé ce qui faisait que les pratiquants des Félins d'Agadir étaient si bons. Je ne crois pas qu'il y ait de réponse simple mais un faisceau de raisons. Il y a tout d'abord la rencontre entre deux pratiquants passionnés, Brahim Si Guesmi et Lahcen Abachouch. La générosité de l'un, l'ouverture d'esprit de l'autre et un respect mutuel ont permis de développer une relation de confiance qui seule permet un enseignement véritable et profond.

Il y a ensuite le fait que les pratiquants marocains vivent dans des conditions bien plus difficiles que celles que l'on rencontre dans les pays plus industrialisés. Aller pratiquer demande des efforts bien plus importants qu'en Europe. C'est un privilège qui demande un engagement personnel. Même la plupart des enfants y sont probablement conscients de la chance qu'ils ont comparé à certains de leurs camarades qui vivent dans le dénuement le plus total et dont la rue est le seul terrain de jeu. Quelle différence avec les enfants parisiens qui viennent si souvent l'esprit absent, fatigués avant d'avoir commencé et déçus de devoir quitter leurs téléphones portables et leurs consoles…

Concernant l'aspect physique de la pratique je crois qu'une chose qui fait la différence est la façon dont les gens ont grandis. Tandis que dans les pays industrialisés la plupart des adultes se sont développés en n'ayant que des activités physiques limitées, spécialisées, ceux du Maghreb ont souvent grandi en jouant plus "simplement", "naturellement". On retrouve là une des théories de Kono senseï qui pense que c'est une des raisons pour lesquelles les Mongols sont très présents au plus haut niveau du Sumo. La moyenne des pratiquants marocains était en tout cas plus souple, puissante et dynamique que ceux que j'ai rencontrés jusqu'à présents.

 

 

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Brahim, un enseignement généreux et profond

 

 

La fierté de l'Aïkido

La semaine que j'ai passée au Maroc a été un véritable moment de bonheur. Grâce à Brahim dont l'accueil et la disponibilité ont été une leçon de générosité. Mais surtout grâce à tous les pratiquants des Félins d'Agadir et des autres dojos qui sont venus pratiquer avec nous. Merci à tous pour votre accueil mais surtout pour cette leçon d'humilité. Si un jour je me retrouve à déprimer en voyant une attitude déplacée ou un manque d'investissement, je sais que votre souvenir me redonnera le moral!

 

 

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Un souvenir qui donne le moral

 

 

Lorsque j'ai débuté l'article je pensais l'intituler "Les félins d'Agadir, la fierté de l'Aïkido marocain". Mais il m'est apparu évident que ces pratiquants ne formaient pas le meilleur dojo du Maroc, mais tout simplement l'un (le?) des meilleurs dans lesquels j'ai pratiqué jusqu'à aujourd'hui. Bravo Brahim, bravo Lahcen et merci!

 

 

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Merci Brahim, merci Lahcen ;-)

 

 

 

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f krist 02/07/2015 00:26

bonsoir
pourrais je savoir où se trouve exactement ce dojo à agadir?
merci

Léo Tamaki 26/08/2015 16:36

Je ne connais pas l'adresse exacte, mais vous pouvez les contacter par leur page Facebook :-)

Léo

Fabrice Colard 11/03/2011 11:32







Léo Tamaki 11/03/2011 11:34



Désolé ton commentaire est vide Fabrice :'-(


 


Léo


 



pelissier 01/03/2011 23:07



bonjour et, encore moi !


là je vous rejoins tout à fait, ayant eu la chance de m'entrainer un peu partout, enfin pas partout non plus, je comprends très bien pour l'avoir vécu ce que vous avez ressenti; en effet nous
sommes obligés de constater que c'est dans des pays dit "sous devellopés" que la pratique prend une autre dimension.


comment ne pas être ébloui pas ces gens qui ont peu et qui donnent plus qu'ils n'ont ? pour faire "l'intéressant" je dirai que jamais je ne fut plus mal reçu qu'au canada et que jamais je n'ai
reçu autant qu'au sénégal....sans doute avons nous perdu l'essentiel car nous avons trop...je ne suis pas surpris lorsque vous parlez de leur sérieux dans la pratique car j'aime à penser que la
connaissance reçu est toujours l'un des plus beaux cadeau que l'on puisse recevoir, ce qu'ils ont en mémoire et ce que nous avons oublié ici, à trop avoir de choix nous n'en faisons plus ...


pas mal le passage sur ...naturellement...ça me rappelle quelque chose


bye bye, pelissier j.philippe



Léo Tamaki 02/03/2011 18:38



Cher Jean-Philippe,


 


Mon expérience rejoint en effet la vôtre, il est plus probable de rencontrer des gens prêts à "souffrir" et qui ont conscience de leur chance dans des lieux où la vie est difficile. Nous avons
bien sûr de nombreuses difficultés dans les pays industrialisés mais certains "conforts" me donnent l'impression qu'il y a moins d'engagement, de désir et de volonté.


 


Je pense aussi comme vous que le savoir est la plus grande des richesses. Quel bonheur de le recevoir et quel plaisir de le partager!


 


Bonne pratique,


 


Léo


 



lahcen abachouch 25/02/2011 16:39



salut Léo
waoow après avoir lu ton article(que je trouve extraordinaire) et les commentaires,je ne peux vous que vous m'avez vidé des mots qui correspond exactement à ce que j'en pense sur cela.mais bon ce
qui est fort sure pour moi c'est que franchement Léo:
1.se rencontrer au salon et faire davantage ta connaissance  via la coupe de cheveux :))
2.parler avec toi dans le chemin pour prendre un café à 1h30 du mat ou la grippe a deja commencer à faire effet
3.pratiquer l'aïkido avec toi alors que je te suivais  avant juste sur internet...tous cela était pour moi plus qu'un honneur et un privilège pour un simple aïkidoka dans un coin au bout du
monde.
je te remercie plus que jamais de nous avoir donner cette opportunité si rare dans notre pays comme vous dites.ce que j'espère c'est que cette initiative(ce stage) aura surement besoin
d'entretien pour garder son étincelle.c'est pas facile c'est sure mais c'est possible si chacun de nous croit en ce projet.
merci brad (brahim) merci Léo
mes sincères amitiés vous été adressé à travers ces lignes.
lahcen



Léo Tamaki 02/03/2011 16:52



Cher Lahcen,


 


Quel plaisir de te lire. Merci pour les bons souvenirs que tu évoques ;-)


 


Toute mon amitié et à nouveau mes remerciements pour ces magnifiques moments partagés.


 


Léo


 



MDK 25/02/2011 07:19



A longueur d'article vous faites part de la mauvaise pratique des Français, de leur etat d'aveuglement devant la chance qu'ils on et dont ils ne se rendent pas compte... Mais juste comme ça 
pourquoi rester en France dans ce cas?


Car cela est bien beau d'être champion du pliage d'hakama ou du reishiki mais si dans la pratique il n'y a rien c'est bien triste.



Léo Tamaki 02/03/2011 16:48



Hmm "La France tu l'aimes ou tu la quittes" c'est cela?


Je crois toutefois que vous avez mal compris le sentiment qui animait mon post. Tout d'abord je critique dans le post ce que j'ai vu en beaucoup d'endroit et je commence d'ailleurs par citer le
Japon.


Je mentionne ensuite que le dojo de Boulogne de Brahim à Paris est l'un des meilleurs que je connaisse.


J'évoque ensuite les conditions privilégiées que l'on a en Europe.


 


Je ne comprends donc pas ce qui a provoqué votre colère et ce qui a pu vous faire penser que je critiquais la France en particulier? Je ne vois pas non plus ce qui vous permet de dire que qui que
ce soit est "champion du pliage de hakama ou du reishiki" mais a une pratique est vide.


 


Et dans le même état d'esprit que votre commentaire je serai tenté de vous dire: "Si vous n'aimez pas ce que j'écris ne lisez pas ce blog" :-))))))


 


Léo Tamaki


 



Steph 24/02/2011 08:27



Hello Léo,
Un bien bel article qui donne vraiment envie d'y aller et qui nous fait réfléchir à plein de choses. J'ai beaucoup apprécié les passages sur les cours enfants.
L'avenir de l'Aïkido...
Amitiés et à bientôt
Steph



Léo Tamaki 24/02/2011 13:08



Salut Stéphane,


 


Ah tu aurais eu beaucoup de plaisir j'en suis certain. Toi qui t'investis tant avec les enfants tu aurais vraiment apprécié ;-)


 


A très vite,


 


Léo


 



Daniel 23/02/2011 22:01



Bel article, Leo, et qui traduit très bien ce que j'ai ressenti aussi cette semaine. Accueil exceptionnel et bonheur de la pratique partagée avec des partenaires à la fois de haut niveau et
ouverts... Mais n'en disons pas trop, on va casser la baraque de Brahim :-))


Deux regrets: que les virus nous aient privé de votre présence sur la fin, et qu'il ait fallu repartir au bout d'une semaine.


Merci du fond du coeur à Lahcen, Nadia, Ahmed, Brahim, Mehdi et tous les autres - enfants et ados compris !



Léo Tamaki 24/02/2011 13:07



Bonjour Daniel,


 


Oui ne livrons pas tout du jardin secret de Brahim ;-)


 


Amicalement,


 


Léo


 



Mehdi Reghai 23/02/2011 13:53



Salut Léo,


Je pense qu'en parallèle d'un vécu moins privilégié au Maroc qu'en Europe, de l'engagement personnel de Lahcen et de la grande générosité de Brahim, c'est notre esseulement (absence de grands
experts, difficulté d’assister aux grands stages internationaux, rareté de hauts gradés porteurs de technicité, expériences et enseignements, etc.) qui nous obligent à rechercher l’excellence par
le travail assidu. Nous en sommes encore très loin mais le fait que Brahim ou toi, Léo, nous disent que nous sommes sur la voie de la compréhension de la pratique martiale nous rassure et
nous réconforte grandement.  


Brahim ne tarissait pas d’éloges sur toi, plusieurs d’entre nous te suivaient via ton blog depuis des années, mais j’avoue que nous avons été surpris de constater que l’homme et le pratiquant
était d’une grandeur d’âme, d’une générosité et d’une courtoisie bien supérieures à tout ce que nous avions pu imaginer. Pour cela, nous t’en serons éternellement reconnaissants !  


Merci et à la revoyure :)



Léo Tamaki 23/02/2011 14:28



Salut Mehdi,


 


Je crois en effet que le luxe du grand nombre de stages ayant lieu à Paris donne naissance à une sorte de lassitude qui  n'existe pas au Maroc. C'est très agréable pour un enseignant et très
motivant.


 


Je sais que Brahim est souvent avare de compliments à votre égard devant vous car il veut vous amener toujours plus loin, mais vous êtes sa fierté soyez en sûrs ;-)


 


Au plaisir de repratiquer avec vous!


 


Léo


 



Fahdos 23/02/2011 11:54



Tout le plaisir est pour nous ^^


Merci encore une fois pour le stage ;)



Léo Tamaki 23/02/2011 12:33



Merci pour la présence et l'engagement!


 


Au plaisir,


 


Léo


 



Yann 23/02/2011 11:49



J'aurais dû commancé mon premier commentaire pas ceci:


"J'avoue que j'attendais avec impatience ton post sur ton séjour. Je ne suis pas étonné pas tes remarques."


Je dois vraiment trouver une oportunité pour retourner les voir.


Yann



Léo Tamaki 23/02/2011 12:30



:D


 


Je suis certain qu'ils seront heureux de te revoir!


 


Léo