Budo no Nayami

Stage à la mémoire de Tamura senseï avec René VDB, Stéphane Benedetti, Malcolm Tiki Shewan, Jean-Claude Joannes, Michel Bécart et Toshiro Suga

23 Septembre 2010 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Ce week-end aura lieu à Paris le stage à la mémoire de Tamura senseï de la ligue Ile-de-France d'Aïkido de la FFAB. Cet événement exceptionnel réunira pour la première fois six cadres 6ème et 7ème dan pour dix heures de cours.

 

 

Tamura-Nobuyoshi-002.jpg

Tamura Nobuyoshi, uke Stéphane Benedetti

(photo René Bonnardel)

 

 

Des réserves
Je mentirai si je disais que je n'ai pas eu de réserves  lorsque j'ai entendu parler pour la première fois de ce stage. Certains des experts présents ne me semblaient pas représenter le travail vers lequel s'était orienté maître Tamura, certains avaient pris leurs distances avec lui… ou son entourage, etc…
Et je serai sans doute resté dubitatif si l'organisation de la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels ne s'était pas présentée. Voulant faire un moment fort de cet événement et rendre ainsi un bel hommage à Tamura senseï j'ai moi-même été confronté à la question de la sélection des invités.
Je pensais à Mickaël bien sûr qui est à mes yeux celui qui a le mieux compris le travail technique des dernières années de senseï, Nébi Vural qu'il appréciait particulièrement et qu'il avait désigné avant sa maladie pour enseigner à ses côtés lors de tous les stages enseignants. Et puis?

 

 

Nebi Vural 03

Nébi Vural

 

 

Du recul
Cela m'a oblige à prendre du recul par rapport à la situation et mettre tout cela en perspective. Oui il y a très peu d'élèves de maître Tamura dont la pratique est visuellement proche de la sienne. Mais qu'en était-il de ceux de maître Ueshiba? De maître Takeda? Leurs disciples perdent-ils leur qualité d'élèves parce qu'ils ont suivi leur propre chemin? N'ont-ils pas tout simplement suivi le processus de transmission traditionnel shu ha ri (qu'ils en soient à ha ou ri est une autre question!)? Les maîtres Yamaguchi, Nishio, Noro, Tada, Tomiki et autres n'auraient-ils pas été aptes à animer un instant de pratique en l'honneur de leur maître? Et quid de Tamura senseï lui-même dont la pratique n'empruntait plus la forme de celle d'Osenseï?

 

 

Ueshiba Moriheï 017

Ueshiba Moriheï avec certains de ses disciples et son fils

 

 

De l'enthousiasme
C'est alors que j'ai compris qu'il n'était pas important que les adeptes participant à un hommage soient ceux dont la forme était proche de celle de leur enseignant. Ils sont, et c'est normal, rares. L'enseignement d'un maître est bien plus profond qu'un ensemble de formes extérieures et les principes peuvent sans aucun doute être exprimés par d'autres gestes qui seront plus adaptés au cœur, au corps et à l'esprit de l'élève.
L'essentiel est qu'il s'agisse de personnes dont le chemin a été marqué par la rencontre et l'enseignement de Tamura senseï. Et c'est sans aucun doute le cas des experts qui enseigneront ce week-end.

Cela fait quelques années que je ne suis plus allé en stage fédéral. D'une part parce que je prenais le luxe de me libérer pour aller pratiquer au Shumeïkan à des moments où maître Tamura était moins sollicité que dans les grands stages, d'autre part parce que ma route avait croisé celles des maîtres Kuroda, Akuzawa, Hino ou Kono qui dépassaient ce cadre. Ce week-end c'est pourtant avec plaisir que je vais aller fouler les tatamis à ce stage organisé par la ligue sous la direction de Maurice Vo Van. L'événement semble être promis au succès au point que des pratiquants viennent de l'étranger pour y participer.
Certains pratiquants de la FFAAA m'ont aussi indiqué qu'ils profiteraient de l'occasion pour découvrir le travail de plusieurs experts célèbres. Je crois que de telles manifestations sont rares et que si elles se mettaient en place elles pourraient rencontrer un certain succès. D'autant que le fait que plusieurs enseignant se partagent le stage fait que toute forme de travail qui ne nous convient pas ne dure pas trop et qu'il ne tient qu'à nous d'aller par la suite découvrir plus en profondeur ce qui a éveillé notre curiosité.

 

Infos

 

 

affiche stage en hommage tamura sensei1282721403

 

 

Lieu: Gymnase Léo Lagrange
68 Bd Poniatowski
75012 Paris

Horaires: samedi 25 et dimanche 26 de 10h à 12h et de 15h à 18h.

Tarifs: 15€ la ½ journée
20€ la journée
30€ le stage complet

 

 

Présentation vidéo des intervenants:

 

René VDB

 

 

 

Stéphane Benedetti

(à partir de 1,19 son uke est Brahim Si Guesmi)

 

 

 

 

Malcolm Tiki Shewan

 

 

 

Michel Bécart

 

 

 

Jean-Claude Joannes

 

 

 

Toshiro Suga

 


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david 25/09/2010 00:55



Bonjour Léo,


je profite de votre mention de la notion de shu ha ri pour vous posez une question qui me tracasse: comment savoir a qu'elle stade de la pratique se trouvons nous?


je m'explique: pratiquant le karaté shito-ryu depuis 6 ans (je suis 1er dan), j'ai fait 1 an de jeet kune do + kali, j'essaie de m'initier au kobudo et iaido et je participe a plusieurs stages
par an soit pour me perfectionner en karaté ou jkd ou pour découvrir et garder une ouverture d'esprit sur d'autres arts martiaux qui peuvent enrichir ma pratique.


J'aurai tendance a me dire que je me trouve dans la phase HA bien que je trouve présemtueux de ma part de penser que je puisse être a ce niveau avec aussi peux de temps de pratique derrière moi.


Ma question est donc la suivante: comment peut-on s'autoévaluer par rapport au stade shu ha ri sans tomber dans l'autosatisfaction? Où est-ce que cela doit venir d'un regard extérieur?


2ème question qui me vient a l'esprit: pour vous la pratique des armes renforce t-elle la pratique (a mains nue) ou au contraire l'affaibli t'elle du fait du manque de contact?


 


Merci d'avance.


Sincèrement, David.



Léo Tamaki 01/10/2010 12:42



Bonjour David,

"Comment savoir à quel stade de la pratique nous nous trouvons?" est une question essentielle à laquelle il n'y a malheureusement pas de réponse aisée.

Tout d'abord concernant le nombre d'années de pratique il faut bien comprendre que, selon l'investissement, le talent, la disponibilité et de nombreux autres facteurs, les années ne se valent pas
d'un pratiquant à l'autre.
La très large majorité des pratiquants des époques héroïques du Judo, de l'Aïkido ou du Karaté ont obtenu des grades élevés en quelques années. Sans doute étaient-ils plus doués et avaient-ils
accès à un enseignement supérieur. Sans doute aussi ont-ils profité du fit que leurs disciplines mettaient leurs systèmes en place.
Je sais que ta question n'est pas relative aux grades mais ce sont des notions qui se rejoignent car il est naturel que l'on attende d'un 5 ou 6ème dan un travail personnel qui corresponde à ha.
Et ce grade pouvait être obtenu dans le passé en l'espace… de cinq ou six ans. A titre d'exemple Tamura senseï reçut son 4ème dan en deux ans et Tada senseï reçut son 6ème dan en sept ans. C'est
d'ailleurs Tada senseï qui dit "Il ne faut pas attendre pour être bon.".

Tout cela pour dire qu'il est donc possible que tu sois, selon ton investissement, dans la période ha.

Bien entendu il est probable que ton maître saurait, mieux que quiconque, juger de ton évolution. Mais il est essentiel d'être capable de juger soi-même de l'avancement de son étude. La capacité
à s'évaluer est le premier pas vers celle qui permet d'évaluer autrui et ainsi tout adversaire potentiel. La pratique martiale nous impose d'être capables d'évaluer une situation
instantanément.

Concernant le travail des armes je considère que c'est un point essentiel. La puissance et la vitesse qui peuvent par exemple être développées par un sabre sont phénoménales. Elles exigent à mon
sens un travail plus pointu où l'erreur pardonne peu… En revanche je crois qu'il est aussi important de comprendre que le travail à mains nues a des spécificités qu'il est nécessaire de
travailler.

Sincèrement,

Léo



Jean-Claude 24/09/2010 11:00



Cher Leo,


Pour le retour à la pratique de l'Aikido, ça devrait se faire.


Deux éléments m'aideront beaucoup : la création de ton dojo (cours en journées notamment) et le fait que d'ici 3 mois je vais habiter pas loin de Ville d'Avray où Brahim Si Guesmi donne cours, me
semble t il.


Je n'ai pas encore eu l'opportunité de "sentir" ton aikido mais sache que cela sera un honneur et un plaisir de te suivre si jamais j'en ai la possibilité.


Amicalement,


Jean-Claude



Léo Tamaki 28/09/2010 09:19



Cher Jean-Claude,


 


Ah mais les éléments concourent!


J'aurai grand plaisir à pratiquer avec toi dès que l'occasion s'en présentera :D


 


Amicalement,


 


Léo


 



Jean-Claude 24/09/2010 10:24



Cher Leo,


J'aime beaucoup cet article car tu y fais preuve d'une grande maturité. Tu es donc plus qu'un expert, tu es bien engagé sur la voie des maîtres, si tu n'en es pas déjà un ;-) J'aime aussi ton
article parce que parmi ces experts, j'ai particulièrement apprécié Stéphane Benedetti pour le seul stage que j'ai eu avec lui. Ca m'a fait drôle de voir la vidéo car ça a fait remonter de très
bons souvenirs (j'y étais et c'était au stade Leo Lagrange).


Je regrette de ne pouvoir en être car j'aimerai bien "sentir" la technique de René VdB et celle de Tiki Shewan.


Amicalement et bon stage à toi,


Jean-Claude


Bon stage à toi



Léo Tamaki 24/09/2010 10:33



Cher Jean-Claude,


 


Merci pour ton très gentil message.


 


Ah la maturité je l'attends avec impatience :D


 


J'espère que nous te recroiserons rapidement pratiquant de l'Aïkido ;-)


 


Amicalement,


 


Léo