<![CDATA[Budo no nayami]]> http://www.leotamaki.com/ Interrogations et réflexions sur la pratique martiale, le Japon... fr over-blog.com RSS 2.0 Generator <![CDATA[Zidane, Maradona, Platini, Pelé et Nakata]]> http://www.leotamaki.com/article-21209747.html J'ai vu il y a quelques temps un article sur le film de Kusturica sur Maradona dans le Monde. Ca m'a rappelé une discussion que nous avons eue pendant le Tour avec Brahim.

Brahim a joué au football à haut niveau. Il s'entraînait avec des gens comme Thierry Henry et avait un avenir de professionnel. Son père l'a conseillé différemment et si sa décision fut sans doute difficile à accepter sur le moment, il lui en est aujourd'hui très reconnaissant.
Brahim nous parlait donc de Maradona et de ses gestes incroyables. J'ai alors eu envie de voir un peu sur Youtube de quoi il parlait.

Je n'ai jamais été fan de football ni d'aucun sport de ballon, balle, etc… J'apprécie de regarder quelques matchs à l'occasion s'ils opposent de grands joueurs, surtout lorsqu'ils ont une importante charge émotionnelle comme lors des coupes du monde. Voir comment les joueurs gèrent cela en plus d'apprécier leurs actions me distrait agréablement.

Evidemment Brahim avait raison, Maradona était un joueur d'exception. Malheureusement enfant je ne portais absolument AUCUN intérêt au foot, à part occasionnellement dans la cour de récré donc je ne l'avais jamais vu jouer.

J'ai ensuite regardé des vidéos d'autres joueurs tels que Zidane ou Platini.

Zinédine Zidane
Zidane est de tous les joueurs que j'ai vus celui que j'apprécie le plus. Sa grâce et son élégance alliées à son intelligence du jeu sont un véritable plaisir à voir. J'ai plusieurs fois eu l'occasion d'en parler avec Sheen, amateur éclairé de football qui est un fan de Zidane.


Zinédine Zidane


Ce que j'apprécie chez Zidane c'est que son jeu ne semble pas s'appuyer sur des qualités athlétiques. On ne voit pas une souplesse presque "animale" mais une technique subtile, des gestes mesurés, sobres et à l'efficacité incroyable. A côté de joueurs plus "physiques" il déploie une élégance d'autant plus remarqué qu'elle a une efficacité supérieure. Et pour reprendre les mots de Sheen et Brahim qui le qualifient de la même manière, c'est un seigneur.




Sa conscience de l'ensemble de la situation, de l'espace proche mais aussi de tout le terrain associée à son type de travail font qu'à le regarder j'ai l'impression qu'il joue comme le ferait un maître d'art martial. Bien entendu je ne parle que d'attitude car la plupart des maîtres que je connais ne sont probablement pas capables de faire une passe droite…
Et je ne le compare pas à un adepte simplement parce qu'il joue bien. Il est un des très rares qui me donnent cette impression, les autres joueurs célèbres, malgré leur talent, ne me donnent absolument pas ce sentiment. Les regarder peut être aussi agréable mais leur souplesse ou leur agilité m'évoque plus des singes ou des félins.
La finesse et l'impression de facilité que Zidane dégage, au point qu'on pourrait croire qu'il s'agissait de mise en scène, sont une des marques des plus grands maîtres. A le regarder je n'ai pas l'impression qu'il fait une action d'éclat miraculeuse qu'il n'a quasiment aucune chance de reproduire, mais qu'il agit simplement, maîtrisant la situation par une technique largement supérieure.


Zinédine Zidane


Michel Platini
Dans le même registre j'aime bien Platini dont le jeu ne reposait absolument pas sur le physique. Je n'ai pas réussi à trouver de très bonne compilation de lui car les images sont très souvent de mauvaise qualité. Je mets celle-ci parce qu'elle m'a fait rire avec sa chanson à moitié en japonais ;-)


Michel Platini


Michel Platini


Pele
L'inévitable Roi Pelé...


Pelé


Edison Arantes do Nascimento "Pelé"


Nakata Hidetoshi
S'il est indéniable qu'il n'y a jusqu'à aujourd'hui eu aucun joueur japonais de la classe d'un Zidane ou Maradona, Nakata Hidetoshi fut un des premiers à avoir un niveau international et faire une belle carrière jusque sur le continent européen.


Nakata Hidetoshi


Nakata Hidetoshi




Diego Maradona


Diego Maradona 1


Diego Maradona 2


Diego Maradona


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Sun, 13 Jul 2008 18:04:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-21209747.html
<![CDATA[Entretien avec Tamura senseï (2): le suwari-waza en Aïkido]]> http://www.leotamaki.com/article-21058484.html La pratique en suwari-waza est-elle nécessaire?
A mon avis oui. Les contraintes de la position à genoux permettent de mieux comprendre et apprendre à utiliser notre corps. Cela permet ensuite de mieux pratiquer en tachi-waza. Un bon travail à genoux est toujours la source d'un excellent travail debout. Mais une personne qui travaille correctement debout ne peut pas bien pratiquer à genoux sans l'avoir travaillé.


Tamura Nobuyoshi, suwari waza


Le travail en suwari-waza qui faisait partie intégrante de la pratique de l'Aïkido est aujourd'hui de moins en moins pratiqué et de plus en plus décrié. En occident bien entendu mais aussi au Hombu dojo de l'Aïkikaï où, même s'ils évitent d'en parler ouvertement, plusieurs enseignants ne le pratiquent jamais. Bien entendu dans les écoles traditionnelles la question de l'abandon de formes ne se pose pas.

J'ai abordé la question avec plusieurs maîtres. Shimizu senseï et Tissier senseï ne pensent pas qu'il sagisse d'une forme de travail indispensable.
Christian Tissier me dit qu'il pensait que d'autres formes de travail pouvaient développer les mêmes qualités. C'est probable. Maintenant ces autres formes sont-elles déjà présentes en Aïkido? Si oui qu'elles sont-elles? Si elles n'existent pas encore comment imaginer les intégrer à une pratique déjà si mal définie sans faire hurler les gardiens du temple…
Shimizu Kenji dit: Quelle que soit la manière de l'envisager ce ne sont pas des mouvements naturels et cela abîme énormément les articulations du genou.
Marcher seul à genoux est bon pour renforcer les jambes et les hanches. Mais lorsqu'on pratique à deux on commence généralement à forcer. Ce type de travail ajoute une charge considérable au genou et on finit souvent par se blesser.
Dans le passé ce genre de techniques était indispensable parce que l'on vivait à genoux. De nos jours ce n'est plus le cas et le risque de blessure est trop élevé à mon avis pour que ce type de pratique soit indispensable.
Dans la plupart des activités physiques on se blesse énormément aux genoux. Une fois blessé il est difficile de récupérer c'est pourquoi il est important de pratiquer en les préservant.


Christian Tissier, suwari waza


La première chose est que la définition d'un mouvement naturel me semble compliqué. Si évidemment on peut exclure d'office un mouvement provoquant un traumatisme ou une blessure immédiate, qu'en est-il pour le reste. Le corps ne s'use-t-il pas avec n'importe quel geste? N'est-ce pas l'exagération d'un type de mouvement qui est nocive?
En revanche je pense qu'un des fonds du problème comme le souligne maître Shimizu est le fait que dès lors que l'on travaille à deux les pratiquants ont tendance à mettre de la force et donc appuyer dans le sol et abîment ainsi leurs genoux.
Concernant le fait que l'on ne vive plus à genoux, c'est indéniable. Mais nous ne vivons plus en kimono et hakama non plus, doit-on pour autant pratiquer en jogging ou treillis? La pratique martiale est dans l'immense majorité des cas anachronique. Toutefois il est vrai que le fait de vivre à genoux préparait sans doute le corps à cette pratique. Une pratique graduelle et modérée devrait toutefois permettre de nous réadapter.
Enfin, quand aux risques de blessures, ils ne sont pas négligeables c'est certain. Et une blessure aux genoux est nettement plus handicapante qu'un soucis aux membres supérieurs.


Ueshiba Moriheï, suwari waza


D'autres maîtres en revanche pensent que la pratique à genoux est indispensable. C'est par exemple le cas de Kono Yoshinori, Okamoto Seïgo ou Kondo Katsuyuki.
Pour Okamoto senseï la pratique à genoux est si importante que même si il ne peut se mettre en seïza il continue à démontrer une large partie de ses techniques en tailleur. Bien évidemment cela ne renforce pas ses jambes ou ses hanches. En revanche cela lui impose des contraintes qui l'obligent à utiliser son corps différemment.
A ce sujet voici ce que dit Kondo senseï: C'est un travail très important. Chaque forme a un sens. La pratique à genoux, à genoux contre un adversaire debout, celle où les deux partenaires sont debout, celle où vous êtes attaqué par derrière. Chaque travail a un but précis et différent mais la plupart des gens n'en connaissent pas le sens. (…)
Lorsqu'on travail idori on est assis. En tachiaï on peut utiliser nos hanches librement de haut en bas, d'avant en arrière et sur les côtés. Elles sont libres et peuvent aller dans n'importe quelle direction. En idori on est assis en seïza donc on ne peut évidemment pas aller plus bas mais uniquement vers le haut. Et on ne peut non plus aller d'avant en arrière. C'est dans ces contraintes que l'on travaille. En hanmi hanwaza on gère une attaque dans les mêmes conditions mais où l'attaquant est plus libre de ses mouvements.
Dire que dans le Japon d'aujourd'hui où à l'étranger la plupart des gens utilisent des chaises et que ce type de pratique n'est plus utile est une erreur. Chaque forme a une raison d'être. Il faut enseigner en comprenant cela. La plupart des gens ne connaissant pas le sens des formes de travail ils n'hésitent évidemment pas à les modifier ou les supprimer.


Okamoto Seïgo, suwari waza


Kono senseï est aussi un fervent pratiquant du suwari-waza, et à soixante ans il se déplace avec une rapidité et une aisance phénoménales. On ne peut écarter la composante génétique mais je suis aussi enclin à penser que c'est la manière de se déplacer qui est très importante.

Lorsque j'ai débuté l'Aïkido je me suis lancé à corps perdu dans la pratique. Je m'entraînais environ vingt-cinq heures par semaine et toute ma pratique reposait sur mes qualités physiques. J'étais jeune et cela a duré quelques mois. Jusqu'à ce que je développe des tendinites à mes deux genoux et deux coudes. Des tendinites qui devinrent rapidement si aîgues que j'avais du mal à me lever ou m'asseoir et à pousser une porte.
Pour autant je n'ai pas pensé comme certains oiseaux de mauvais augure le disaient dans les vestiaires, que c'était une conséquence inévitable de la pratique de l'Aïkido. J'ai remis ma pratique en question et je n'ai jamais plus eu une seule tendinite.

Le suwari-waza mal pratiqué ou pratiqué à l'excès est indéniablement source de blessures. C'est une forme de travail exigeante qui demande énormément de précision dans les points de contacts au sol (notez que je n'utilise pas le terme points d'appuis) et qu'il faut pratiquer avec légèreté et sans force. C'est une chose d'autant plus difficile que les tatamis occidentaux sont généralement beaucoup trop mous car ils sont surtout destinés à la pratique du Judo moderne. Les tatamis japonais comme ceux de l'Aïkikaï permettent au contraire de ne pas voir tout le genoux s'enfoncer et de sentir quelle partie est en contact.


Dojo privé de Kono senseï, Kono Yoshinori en suwari waza, Tamaki Léo, Brahim Si Guesmi


Une chose qui doit être mentionnée est qu'hormis Okamoto senseï les partisans de la limitation ou de l'arrêt de la pratique en suwari-waza ont tous eu d'importants problèmes de genoux. Il est donc compréhensible qu'au regard de leurs expériences ils aient des réticences vis-à-vis de ce type de pratique.

Personnellement j'aime beaucoup le suwari-waza. Les arguments que l'on avance souvent pour défendre ce type de travail comme le renforcement des hanches et des jambes ne me semblent pas très importants. En revanche je trouve que les contraintes de ce travail amènent une plus grande mobilité et développent l'ouverture des hanches qui est une qualité très importante. Pratiqué de façon modérée mais surtout correctement je pense que les risques de blessures sont réellement limités. Bien moindre qu'en jouant au squash par exemple…
Un des points importants me semble être la légèreté. Cela rejoint d'ailleurs le fait qu'Osenseï ne pouvait pousser dans le sol en tabis.


Okamoto Seïgo


Note: Je n'ai pas enregistré ces entretiens et les écris de mémoire. Il est donc possible que des erreurs se soient glissées dans ces retranscriptions mais j'ai pensé que l'intérêt des réponses dépassait le risque de mes erreurs. Je prie toutefois les lecteurs de ne prendre cela que comme une conversation rapportée qui pourrait nourrir des réflexions et non comme paroles d'évangiles.


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Tue, 08 Jul 2008 00:02:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-21058484.html
<![CDATA[Retour au Japon, nouveaux articles sur TsubakiJournal et Takemusu Dojo]]> http://www.leotamaki.com/article-20935436.html Un départ contrarié
Parti en taxi pour rejoindre l’aéroport j’ai dû me contenter de rejoindre la gare du Nord en raison des opérations de routiers sur la route de l’aéroport. Arrivé à la gare je me suis retrouvé nez à nez avec de nombreux distributeurs de billets hors services et des queues interminables devant ceux qui fonctionnaient. Et un quai prêt à exploser suite à un problème dont les passagers ne seront pas informés.
A l’aéroport enfin une longue file à l’enregistrement m’attendait… Une bonne dose de France avant de partir ;-)


Mouvement européen de grèves de routiers


Japon, destination à la mode
Le nombre de touristes se rendant au Japon ne cesse d’augmenter. Les chiffres le prouvent et je m’en rends compte mois après mois lors de mes allers/retours. Le taux de change avantageux pour l’euro et certaines offres promotionnelles sur les billets notamment, font qu’aujourd’hui beaucoup franchissent le pas et se rendent en vacances au Japon.
Pour être franc cela m’ennuie un peu car les japonais sont beaucoup plus agréables comme compagnons de voyage (sauf exception !). Une récente étude montrait d’ailleurs que les français étaient avec les chinois les touristes les moins appréciés dans le monde, alors que les japonais étaient ceux qui l’étaient le plus. Mais les français sont les mieux habillés ;-)

Blague mise à part je suis heureux que de plus en plus de personnes puissent se rendre au Japon et vivre leur rêve. La seule déception pour les pratiquants d’Aïkido est parfois de se retrouver entouré de touristes comme eux lorsqu’ils vont dans des dojos célèbres tels que l’Aïkikaï. C’est au point qu’aujourd’hui en période creuse les étrangers sont souvent majoritaires dans certains cours. Et ils représentent l’essentiel lors des pics tels que les vacances de printemps ! C’est d’ailleurs un fait qui pousse de nombreux résidents à ne plus s’y rendre.
Je conseille à ceux qui en ont la possibilité de se déplacer aussi dans des dojos de quartier. L’ambiance y est vraiment différente et c’est l’occasion de pratiquer avec et rencontrer des pratiquants japonais. Les échanges que l’on peut y avoir compensent largement la notoriété des enseignants des hombu dojo. D’ailleurs les enseignants de l’Aïkikaï enseignent aussi souvent dans des dojos plus modestes en plus de ceux des universités et grandes entreprises.

Nouveaux articles sur Takemusu Dojo et TsubakiJournal
Pluseurs nouveaux articles ont été ajoutés par David sur Takemusu Dojo, dont un bref que j'ai écrit sur les objectifs de pratique.

J'ai aussi ajouté un article tentant d'éclaircir les différences entre les pratiques martiales sur TsubakiJournal.


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Sun, 06 Jul 2008 00:10:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-20935436.html
<![CDATA[Jean Reno, pub au Japon]]> http://www.leotamaki.com/article-19989838.html Pour clôre la série sur les stars faisant des publicités au Japon voici Jean Reno.


Jean Reno pour "Jean Reno loves you" :D (parfum)




Pas une réussite mais le clin d'oeil de fin est sympathique. On voit aussi que les français sont vus comme un peu dédaigneux ;-)


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Fri, 04 Jul 2008 00:01:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-19989838.html
<![CDATA[Entretien avec Tamura senseï (1): la marche d'Osenseï]]> http://www.leotamaki.com/article-20934336.html Comment marchait Osenseï?
En apparence il marchait comme tout le monde. Mais il pratiquait toujours en tabis sur des tatamis traditionnels. C'est extrèmement difficile car cela glisse énormément. C'est ainsi qu'il a développé une technique extraordinaire.
Avec d'autres uchi-deshis j'avais aussi remarqué que les tabis d'Osenseï blanchissaient sous l'usure au niveau de l'articulation entre le pied et le gros orteil. C'est un endroit qui ne s'use généralement pas chez les gens qui marchent en tabis.


Ueshiba Kisshomaru et Ueshiba Moriheï en tabis


J'avais déjà demandé à Tamura senseï si Osenseï utilisait la marche namba. Il m'avait dit que non et cela est d'autant plus logique que, d'une part à l'époque de sa naissance c'est une marche qui devait déjà être rare, d'autre part il avait passé plusieurs années dans l'armée dans sa jeunesse où l'on enseignait aux recrues la marche militaire.

Ce qu'il est intéressant de noter est le fait que l'utilisation de tabis ne pouvait permettre à Osenseï de "pousser" dans le sol et mettre de la force dans ses appuis. Malgré (grâce à?) cela il développa une technique extraordinaire. Et il est vrai qu'à regarder les vidéos de lui qui nous sont parvenues on le voit presque sautiller légèrement. Sautillements qu'utilisaient aussi notamment deux de ses élèves les plus célèbres, Shioda Gozo et Toheï Koichi qu'il désigna comme son successeur technique.


Kono Yoshinori pratique généralement en tabis


Je me suis plusieurs fois posé la question de savoir pourquoi l'utilisation de tabis ne s'était pas développée. Manque de moyens après la guerre qui freina leur utilisation comme celle du hakama? Une autre question que je n'ai pas pensé à poser.
Aujourd'hui il existe des écoles où les tabis sont encore utilisés mais elles sont rares. Kono Yoshinori en porte toujours et ses déplacements sont extrèmements légers et rapides.

Quand à l'usure à la jointure du gros orteil on peut en déduire qu'Osensei utilisait toute l'étendue de la mobilité de ses pieds comme probablement pour le reste de son corps. L'usure à cet endroit particulier pouvait à mon sens provenir de deux choses. Soit il gardait généralement le talon légèrement soulevé et se tenait sur l'avant du pied comme dans certaines écoles traditionnelles, soit il déroulait complètement son pas du talon aux orteils. Je pencherai pour la première interprétation.


Note: Je n'ai pas enregistré ces entretiens et les écris de mémoire. Il est donc possible que des erreurs se soient glissées dans ces retranscriptions mais j'ai pensé que l'intérêt des réponses dépassait le risque de mes erreurs. Je prie toutefois les lecteurs de ne prendre cela que comme une conversation rapportée qui pourrait nourrir des réflexions et non comme paroles d'évangiles.


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Wed, 02 Jul 2008 20:25:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-20934336.html
<![CDATA[Je vois le jour quatre fois par semaine… à Tokyo]]> http://www.leotamaki.com/article-18873885.html Le Japon est un pays qui fonctionne réellement vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La nuit amène évidemment un ralentissement mais dans les villes où vit 70% de la population japonaise tout continue quelle que soit l'heure.
J'habite à vingt minutes de Shinjuku dans un quartier résidentiel très calme et pourtant il y a plusieurs manga kissa, Mc Do, combini et obentoyasan qui sont ouverts non-stop. A un quart d'heure à pied se trouvent des karaokes, magasins de vêtements, vidéos, etc… qui sont aussi ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre.


Kabukicho, Shinjuku


J'écris énormément. Et même si j'habite un quartier très tranquille, la nuit me semble toujours plus propice à l'écriture. Une ambiance particulière…
Comme mes seuls points fixes sont les entraînements et que beaucoup ont lieu le soir il m'est même arrivé de passer plusieur jours sans voir le soleil quand j'avais des articles en retard!


Kabukicho, Shinjuku

Cette fois-ci je suis exceptionnellement resté deux semaines à Paris. Profitant du beau temps j'ai vu le soleil tous les jours et me suis refais une santé. Mais je repars vers la vie nocturne et effervescente de Tokyo...


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Sat, 28 Jun 2008 00:50:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-18873885.html
<![CDATA[Deux jours chez Tamura senseï]]> http://www.leotamaki.com/article-20779225.html La semaine dernière j'ai profité de mon séjour en France pour me rendre à Bras pratiquer chez Tamura senseï. Brahim avait ce projet avec quelques élèves et Isseï, des élèves d'Herblay et moi nous sommes joints à lui. Partis le mardi matin nous sommes revenus le jeudi. Le séjour fut bref mais il me fit le plus grand bien.


Mickaël Martin, Isseï Tamaki, Brahim Si Guesmi, Léo Tamaki (photo Yannick Le Fournis)


Il y eut déjà le plaisir de retrouver Mickaël que je n'avais pas vu depuis plusieurs mois. Quel que soit son état ou sa situation Mickaël dégage quelque chose de joyeux et de positif qui est vraiment agréable.
Il y eut la compagnie d'amis qui firent passer le temps à une vitesse incroyable et qui, comble de la gentillesse, eurent la bonté de me laisser gagner vingt euros au tarot :D
Il y eut l'excellente cuisine de Jean-Luc Charles, chef cuisinier et assistant de Brahim.
Il y eut nos entraînements privés durant les journées.
Il y eut enfin et surtout les cours de Tamura senseï.


Fameuses poses pendant lesquelles mes partenaires se cotisent gentiment :D, Isseï Tamaki, Julien Petitfour, Léo Tamaki, Brahim Si Guesmi, Georges Peixoto, Eric Pibouin en guest star (photo Yannick Le Fournis)


Retrouver la finesse de sa pratique, l'esprit du sabre qui l'habite, sa maîtrise du ma-aï… Me retrouver face à senseï est à chaque fois pour moi l'occasion d'apprendre, de mesurer mes progrès ou leur absence et de renouveller l'inspiration de ma pratique.

En stages de week-end Tamura senseï vient montrer à ceux qui le suivent un idéal de pratique, dans le sens de "modèle". Il démontre les points fondamentaux et la logique qui sous-tendent sa recherche. Dans son dojo à Bras il développe son travail en utilisant une plus grande variété technique et cela donne un nouvel éclairage à ceux qui le connaissent peu.


Entrée de l'Ecole Nationale d'Aïkido à Bras


Choisir ses partenaires
J'ai profité de ces deux jours pour pratiquer intensément avec Brahim, Isseï, Julien et des amis que je ne faisais que croiser depuis des mois. Oscillant entre la curiosité de pratiquer avec les élèves de Bras et ceux qui m'accompagnaient j'ai vite fait mon choix. Car s'il m'arrive d'aller à Bras occasionnellement, c'est chose exceptionnel d'avoir pu organiser cela cette fois-ci avec des amis. Je n'ai donc malheureusement que salué des pratiquants réguliers de Bras comme Carl Bouchaux avec qui j'avais eu le plaisir de passer mon quatrième dan. Partie remise. J'ai tout de même pu travailler avec Bruno Germain et un autre élève sympathique dont je ne connaîs pas le nom. Un colosse qui travaillait avec finesse sans se servir de sa force.


Avec Carl Bouchaux à Marseille (photo Bruno Germain)


Je n'ai pas non plus pu pratiquer avec Mickaël autant que je l'aurai voulu mais je ne voulais pas l'accaparer car mes compagnons avaient aussi soif de pratiquer avec lui et je savais que je le retrouverai tranquillement pour le stage d'été.

La générosité de Tamura senseï
Tamura senseï fut bien sûr extrèmement généreux sur le tatami. Et il prolongea ces instants après le cours par quelques heures de discussions. Il me dit d'appeler toute la "bande" qui était venue avec moi et de lui poser les questions que nous voulions.


Tamura Nobuyoshi


C'était drôle. D'abord timides les langues se délièrent peu à peu jusqu'à ce que les questions fusent de droite et de gauche. Techniques, historiques, philosophiques, anecdotiques, maître Tamura répondit à toutes. Parfois dans le détail, parfois par une pirouette mais toujours avec finesse.
Traduisant au fur et à mesure je dois dire que la tâche était d'autant plus ardue que si Tamura senseï ne trouve pas toujours les mots en français pour exprimer les nuances de sa pensée, il comprend très bien la langue et ne laisse passer aucune erreur de traduction. Pouvoir parler en japonais lui est non seulement plus confortable mais surtout lui permet d'affiner ses réponses, et cela rendit l'entretien d'autant plus intéressant. Je posterai dans les semaines à venir les questions et réponses qui me reviennent en mémoire.




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Thu, 26 Jun 2008 20:32:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-20779225.html
<![CDATA[Brad Pitt, pubs japonaises]]> http://www.leotamaki.com/article-19989174.html Evidemment les publicitaires japonais ne pouvaient pas passer à côté de Brad Pitt...


Brad Pitt, visage de la marque de jean's "Edwin"


L'inévitable pub pour le café...


Brad Pitt pour le café "Roots"


Et celles pour la marque de jean's Edwin.


Brad Pitt pour "Edwin" 1


Brad Pitt pour "Edwin" 2


Il y a toute une série pour Edwin avec des pubs décalées mais pas toujours réussies.


En bonus Brad Pitt et Johnny Depp ;-)


Johnny Depp et Brad Pitt dans "21 jump street"


Brad Pitt en Edwin 503


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Mon, 23 Jun 2008 00:14:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-19989174.html
<![CDATA[Retour sur le stage avec Brahim Si Guesmi]]> http://www.leotamaki.com/article-20648908.html Le temps me glisse entre les doigts et j'ai parfois peine à mener de front mes entraînements, l'écriture, les stages que je donne, ceux que j'organise…

A peine descendu de l'avion vendredi soir la semaine dernière j'ai donné un stage avec Brahim le lendemain matin. Si le Tokyo/Paris ne m'a pas fatigué en soi car j'ai dormi pendant la majeure partie du vol, les nuits blanches qui l'avaient précédé ont fait leur effet à l'arrivée.
Mais après la course contre la montre pour rendre mes articles pour le nouveau Dragon, le stage fut un grand moment de détente et de plaisir. Retrouver les élèves d'Herblay, ceux de Brahim, ceux qui viennent régulièrement d'autres dojos et rencontrer de nouveaux pratiquants fit passer les heures à une rapidité déconcertante.


Brahim Si Guesmi (photo Pierre Sivisay)


Sempaï
Si j'avais déjà eu l'occasion d'animer un stage avec Brahim pour une préparation aux passages de grades, c'était la première fois que nous en animions un ensemble réellement axé sur la pratique. Que dire? Tout s'enchaînait simplement et j'eu pendant tout le week-end l'impression de pratiquer en famille. Brahim est un sempaï pour moi dans le sens le plus riche du terme. J'apprécie son travail, j'admire son engagement et son attitude m'inspire. Je crois que nous partageons les mêmes conceptions de la pratique, de son esprit, du combat, de la plupart des choses enfin qui sont liées à notre voie.
Nous avons suivi des chemins différents mais qui nous ont amenés aujourd'hui autour des enseignements de Tamura senseï et Kuroda senseï. Bien sûr la façon dont nous exprimons ce que nous comprenons est différente comme le sont nos caractères, nos physiques et nos passés. Mais derrière ce voile de différences je retrouve exactement le même esprit et la même recherche. Et je crois que cela permet aux élèves intéressés par la pratique de l'un de mieux la comprendre au regard de l'autre. Personnellement j'ai encore appris beaucoup durant ses cours, en particulier sur ses magnifiques shiho nage que je vais essayer de voler…


Brahim et moi chez Shimizu senseï lors du "Masters tour" (photo Sébastien Chaventon)


Dés élèves qui viennent de loin
Herblay se trouve à 25km de Paris. Compte tenu du nombre d'experts qui viennent donner des stages dans la capitale, voir des élèves se déplacer en banlieue lointaine est toujours quelque chose qui me touche. Le week-end dernier ceux qui firent le chemin pour venir pratiquer avec nous durent en plus affronter les grèves de transport. Malgré cela et la fête des pères le dimanche nous nous sommes retrouvés un peu plus d'une cinquantaine et je remercie tous les participants de leur venue. Un salut particulier à Raffaella qui vint seule de Turin suite à un empêchement de dernière minute de ses deux compagnons d'entraînements. Après avoir conduit seule toute la nuit pour arriver à l'aube à Herblay elle enchaîna un week-end de pratique avec un sourire communicatif. ;-)


Brahim et moi chez Shimizu senseï lors du "Masters tour" (photo Sébastien Chaventon)

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Sat, 21 Jun 2008 22:38:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-20648908.html
<![CDATA[Sifu Didier Beddar du Wing Chun Kung-fu]]> http://www.leotamaki.com/article-20345041.html A une époque où les spots de couleurs et la musique techno rythment trop souvent les démonstration d'arts martiaux, réduisant chaque année un peu plus la limite qui sépare la présentation d'une pratique authentique d'un spectacle de cirque ou d'une scène issue d'un film, outre l'excellence c'est la simplicité, presque même l'austérité qui m'ont touché dans ce qui a été présenté à la NAMT 2007. Une des démonstrations que j'ai le plus appréciée est celle de Didier Beddar.


Didier Beddar, Wing Chun Kung-fu (photo Pierre Sivisay)


J'ai connu Didier Beddar il y a un peu plus d'une quinzaine d'années lorsqu'il venait donner des cours particuliers au dojo de la Montagne d'Henry Plée. A l'époque de nombreux experts se croisaient dans les couloirs, sur les tatamis et à Budostore qui était la référence incontournable du monde des Arts Martiaux. Mais Didier m'avait particulièrement frappé par sa virtuosité.
Deux souvenirs m'ont particulièrement marqués. Le premier est lorsque je l'ai vu pratiquer le fouet à neuf sections. C'était un matin et Didier s'entraînait seul dans ce qui était le dojo 2 et qui a aujourd'hui disparu. Je venais de voir une démonstration de cette arme à Bercy par un "moine Shaolin" mais ce que pratiquait Didier était nettement plus intéressant. Aussi spectaculaire (et à l'époque j'appréciais ce côté), mais surtout beaucoup plus martial et intense.


Didier Beddar et ses élèves à la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels 2007 (photo Pierre Sivisay)


Le second souvenir est lorsqu'il donnait un cours particulier. Un de ses élèves lui avait demandé de lui enseigner les coups de pieds. Didier est connu comme expert de Wing Chun spécialisé dans le travail des poings mais il a aussi pratiqué de nombreuses années un style du nord très dur axé sur le travail des jambes. Il expliquait donc comment frapper au pied à l'élève dans le dojo de Karaté. Il demanda à celui-ci, d'un gabarit tèrs conséquent, de se positionner derrière l'immense sac de frappe qui s'y trouvait à l'époque et de le tenir. Il frappa soudain avec une vitesse surprenante et fit vaciller l'élève. J'étais impressionné lorsque je l'entendis dire "Ca, c'est un mauvais coup de pied." Et soudain sa jambe frappa le sac avec une vitesse et une puissance incroyable. L'élève qui le tenait passa alors derrière la rembarde qui se trouvait derrière lui. "Ca c'est la forme correcte."…

Plus tard je lui parlais de son cours et il me dit: "Les gens veulent apprendre à mettre des coups de pieds mais ils ne savent même pas tenir debout…".


Didier Beddar dans un exercice typique du Wing Chun, le travail au mannequin de bois (photo Pierre Sivisay)


Par la suite j'ai rendu visite à Didier à son kwoon de la rue des Vignoles avant de partir au Japon puis je l'ai perdu de vue. Je n'ai pas été étonné quelques années plus tard d'apprendre qu'il faisait du cinéma. Déjà à l'époque de "la Montagne" il avait ce côté un peu dandy qui me faisait sourire. Aspect trompeur qui cache une efficacité redoutable…

Le mélange des disciplines est une question très compliquée que je n'aborderai pas ici. Toutefois je pense que le Wing Chun est un art qui peut être intéressant à pratiquer en paralèle de l'Aïkido. Comme dans toutes les disciplines il existe de nombreux courants dans le Wing Chun (Ving Tsun, etc...). Je ne saurai dire quelles sont les différences les marquant mais l'essentiel est d'aller voir par soi-même.

Site officiel de Didier Beddar.


Vidéo de 4mn, les enchaînements sont démontrés avec des variations se terminant par des amenés au sol et des Chin Na (clés)


Vidéo de 2mn présentant le Wing Chun tournée dans le kwoon de la rue des Vignoles


Démonstration de sifu Beddar à la NAMT 2007




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Wed, 11 Jun 2008 01:59:00 +0200 http://www.leotamaki.com/article-20345041.html