Budo no Nayami

Entretien avec Tamura senseï (4): Aïkido et buki-waza

26 Août 2008 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Entretiens

La pratique des armes est-elle indispensable en Aïkido?
L'Aïkido est né de la pratique des armes et le taï-jutsu et les buki-waza ne font qu'un. Si quelqu'un maîtrise le travail à mains nues juste il utilisera alors les armes correctement. Et vice-versa. Mais c'est rarement le cas aujourd'hui. De même que certaines personnes pratiquent bien debout mais mal à genoux, certaines semblent pratiquer bien à mains nues mais révèlent leurs limites un sabre en main…


Tamura Nobuyoshi


Sur le même sujet un extrait de l'interview de Shimizu senseï:


Shimizu Kenji


Est-il important de travailler les armes en Aïkido?

Je ne crois pas. Aujourd'hui il y a de plus en plus de professeurs qui enseignent le ken mais dans le temps Osenseï se fâchait si on pratiquait trop le sabre. Il disait "L'Aïkido c'est le taïjutsu alors étudiez profondément le taïjutsu.".

Dans l'entraînement il est bon de varier les situations d'attaques et dans ce sens cela est utile de travailler contre des attaques au ken, au jo ou au tanto. Mais le travail sabre contre sabre ne me semble pas nécessaire. Les gens qui veulent étudier cela peuvent pratiquer le Kendo.
Aujourd'hui les gens parlent d'Aïkiken, Aïkijo, et il règne une grande confusion sur ce qu'est l'Aïkido. L'essence de l'Aïkido est le taïjutsu, il faut garder cela à l'esprit. Mais on utilise le sabre pour apprendre le riai, les principes.
Physiquement il est souvent plus confortable de pratiquer le ken ou le sabre. On ne finit ni projeté ni immobilisé. (Rires)



Interview de Tissier senseï:


Christian Tissier


Est-ce que vous considérez que le travail des armes fait partie intégrante de la pratique de l’Aïkido ?
Fondamentalement, non. Mais je vais développer mon point de vue.
A l’Aïkikaï comme vous le savez il n’y a pas de cours d’armes, point final. Il y a quelques bokkens si on veut faire quelques suburis mais il ne faut pas en faire trop et surtout éviter de travailler à deux.
Mais moi j’ai toujours été très intéressé par l’esprit du ken, cette façon d’aller droit dans l’action spécifique du kenjutsu, non circulaire. Et j’ai eu la chance d’être formé en kenjutsu par Inaba senseï au Shiseïkan.
Mais je ne considère pas qu’il est nécessaire de faire des armes pour faire de l’Aïkido. C’est bien d’en faire aussi dans la mesure où c’est un support ludique qui apprends à gérer une autre distance. Mais on peut en dire autant de la boxe ou des disciplines pieds-poings. Ce sont des supports qui peuvent apporter quelques chose, qui sont intéressants qui mais ne sont pas l’essence de l’Aïkido.
J’enseigne toujours le ken dans les stages d’une semaine parce que ça intéresse beaucoup de monde mais c’est un plus, ce n’est pas l’essentiel. Je n’ai rien contre ceux qui développent des systèmes d’armes, mais l’Aïkido c’est l’Aïkido. Les armes ça peut en faire partie mais on peut très bien avoir quelqu’un qui n’a jamais fait de ken de sa vie et qui fait de l’Aïkido correct avec exactement les mêmes sensations.



Interview de Suga senseï:


Suga Toshiro


D’après le professeur Sasama, auteur d’une encyclopédie des arts martiaux qui fait référence et qui possède une connaissance inouïe des Budo japonais, les origines de l’Aïkido remonteraient au 9ème siècle. Il n’y a malheureusement pas de documents de cette époque, mais cela en ferait l’un des plus anciens arts martiaux, considérant que le Katori Shinto ryu par exemple remonte à peu près au 13ème siècle.
A l’époque les samouraïs apprenaient principalement quatre disciplines de combat. L’utilisation du katana (sabre), du naginata (fauchard), du kyu (arc), et ce qu’on appelait généralement kumiuchi, des techniques à mains nues de type Jujutsu.
A l’époque, du 9ème jusqu’au 17ème siècle, durant les guerres incessantes, l’entraînement premier des samouraïs était l’utilisation des armes. Ils pratiquaient aussi les techniques à mains nues mais cela ne représentait qu’environ 20% de leur entraînement.
Quand on analyse les techniques d’Aïkido, les attaques sont faites soit pour empêcher le dégainage ou l’utilisation du sabre, soit pour frapper l’adversaire sur un point vital, mais en utilisant la main comme un sabre. Donc l’Aïkido est la pratique du sabre. Et les techniques à mains nues sont issues de ce travail. On ne peut les séparer. Et une bonne compréhension de l’esprit et de l’utilisation du sabre est essentielle pour fonder des bases solides en Aïkido.


Beaucoup d’experts n’enseignent pas le travail des armes. Est-ce que vous pensez que c’est indispensable à la pratique de l’Aïkido ?
L’Aïkido sans le travail des armes c’est 80% de sa richesse qui disparaît. Le travail de l’Aïkido est indissociable du travail des armes. Et Osenseï ne faisait jamais de démonstration d’Aïkido sans le travail des armes.


Interview de Tamura senseï:


Tamura Nobuyoshi


En Aïkido le travail des armes est-il important ?
C’est Osenseï qui a créé l’Aïkido. Et à chaque fois qu’il démontrait l’Aïkido il utilisait les armes. Ce n’est pas à nous, ses disciples et élèves, de décider ou pas si il faut pratiquer les armes. C’est sans doute un travers français de tout questionner. Au Japon on se ferait immédiatement traiter d’idiot si on remettait ce fait en question. (rires)


La question a fait et continuera à faire couler beaucoup d'encre. Lorsque j'ai commencé l'Aïkido je n'avais pratiqué que des disciplines à mains nues. Le travail aux armes me paraissait folklorique et inutile. Aujourd'hui c'est ce qui guide ma pratique, même à mains nues.
Je pense qu'il est effectivement possible de pratiquer l'Aïkido sans développer le travail aux armes si on conserve leur esprit. Mais cela nécessite une connaissance de leur essence, même, éventuellement, à travers une autre discipline. En revanche la pratique d'un Aïkido d'où l'esprit du sabre aurait disparu ne présente pas d'intérêt à mes yeux…




Note: Je n'ai pas enregistré ces entretiens et les écris de mémoire. Il est donc possible que des erreurs se soient glissées dans ces retranscriptions mais j'ai pensé que l'intérêt des réponses dépassait le risque de mes erreurs. Je prie toutefois les lecteurs de ne prendre cela que comme une conversation rapportée qui pourrait nourrir des réflexions et non comme paroles d'évangiles.


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james 14/03/2012 19:16


 


De grands experts n'enseignent pas les armes, comme par exemple Toheï senseï. En revanche je crois que Gérard Blaize les enseigne.


 


Gerard Blaise n'enseigne pas les armes dans l'aikido, en revanche il enseigne le jodo au sein de la fédé de Kendo, et il dit que ça n'a rien à voir avec l'aikido,il dit que c'est après la
mort de O sensei qu'on a commencé à pratiquer les armes dans l'aikido.


J'insiste bien, DANS l'aikido. Mes sources, aikidojournal No 29F


 


Les armes ne compliquent pas le travail à mains nues à mon sens


 


Je n'ai pas dit que les armes compliquent le taijutsu mais je dis que d'apprendre les bukiwaza en plus de l'aikido ajoute donc une épreuve : apprendre le bukiwaza. Puisque pour quand tu prends un
ken pour la première fois, tu dois bien en apprendre l'usage, et c'est tellement difficile (martialement parlant) que d'arriver à un bon niveau pour pouvoir l'employer dans l'aikido va demander
des années. Je vois bien qu'à mon cours les élèves sont perdus (les débutants) déjà qu'en taijutsu il le sont déjà.En revanche j'ai un pote qui à la fin du cours fait un peu de jo, ou katana,
mais c'est son désir personnel.


 


Quant à ceux qui disent que les armes sont indispensables, je suppose que c'est parce qu'ils ont pu ressentir grâce à cette pratique des choses qu'ils n'ont pas trouvées dans le travail à
mains nues.


 


Tu veux dire que ces gens s'ils n'avaient pas pratiquer les armes, n'auraient pas compris davantage l'aikido ? ça t'a apporté Léo ?


Moi je veux bien tout admettre car chacun ses affinités et je veux bien partager ton expérience, concrètement, dans quelles techniques ? projections ?


 


Tu parles d'apprendre à se défendre. Si je puis me permettre, l'Aïkido peut permettre cela mais c'est loin d'être la méthode la plus directe et rapide.


 


En fait je demande si c'est efficace et étant donné que c'est long, autant s'acharner sur le taijutsu. Tu me diras d'aller faire du karaté par exemple mais tout le monde n'a pas forcément envie
de faire du pied poings. Je pense que l'aikido par essence est efficace mais il faut savoir le pratiquer. Tadashi Abe disait que jusqu'au 4e DAN le karaté est supérieur mais qu'au delà c'est
l'aikido qui l'est.


J'imagine qu'à l'époque ils devaient vérifier en allant se fighter. J'ai un livre précieux de Jean Zin qui disait que l'aikido est vraiment merveilleux, sachant que lui même était un bagarreur de
grand talent (judoka) si tu as des docs sur Jean Zin j'adorerais les étudier 


 


A ton avis pourquoi l'aikido n'est il pas plus... punchy ? finalement ne devrait il pas être comme l'aikibudo, avec des bases de pieds poings à tous les cours. D'un oeil extérieur on travaille
toujours sur des saisies(irréalistes au combat), je sais un peu pourquoi, il faut le temps d'apprendre déjà ça mais on ne voit que rarement des tsuki, peur de se blaisser ? ça prouve que
foncièrement dans notre pays il y a de grosses lacunes ;(


 

Léo Tamaki 15/03/2012 11:12



Pour Gérard Blaize c'était une simple supposition. Je reste toutefois surpris car:


-son maître Hikitsuchi Michio les utilisait souvent


-j'ai rencontré un de ses élèves japonais 5ème dan de Kumano qui m'a parlé de leur pratique des armes


-Hikitsuchi senseï avait même reçu spécifiquement un diplôme de transmission du travail aux armes par Osenseï


"Tu veux dire que ces gens s'ils n'avaient pas pratiquer les armes, n'auraient pas compris davantage l'aikido? ça t'a apporté Léo?"


Je veux dire ce que j'ai dit dans la phrase que tu cites :D "je suppose qu'ils ont pu ressentir grâce à cette pratique des choses qu'ils n'ont pas trouvées dans le travail à mains nues."


Oui cela m'a beaucoup apporté et je suis clairement passé à un autre niveau de pratique grâce à ce travail que j'avoue, je dédaignais à mes débuts.


Et il s'agit de progrès dans des domaines beaucoup plus vastes que des détails techniques. Pour simplifier les armes augmentent la difficulté à laquelle on fait face. Le danger étant plus
important en termes de distance, vitesse et dégâts, le pratiquant se hisse à un autre niveau d'exigence.


Un simple exemple parmi d'autres, à mains nues il est possible de gérer un retard, voire d'encaisser, le travail aux armes ne permet aucune approximation de ce type.


 


Pour le côté "punchy" cela dépend de l'enseignant, pas de la discipline (même s'il y a des tendances). Et ce n'est pas une question de pays.


 


Bonne pratique,


 


Léo


 



James 14/03/2012 01:16


Merci d'avoir pris le temps de répondre Léo.


Y a tellement de choses à dire que je vais condenser. Quelque soit l'origine de l'aikido, né de la rencontre de trois grands hommes dont on sait les noms, il y a bien sûr Takeda mais siO sensei a
extrapôlé le daito ryu ju jitsu en une méthode à main nue, celà ne veut pas dire qu'il faille travailler les armes pour pratiquer l'aikido. J'ai bien compris ton opinion à ce sujet ;)


Il faut quand même avouer que mains nues ou armées, c'est 2 choses différentes dans le mental. Qu'il y ait des similitudes entre la pratique du ken et l'aiki, le principe de te katana etc, je
veux bien, on le voit surtout pour les pratiquants IWAMA, aussi beaucoup dans l'aikibudo mais ma conception de l'aikido c'est un principe universel et qui ne relève même pas de l'invention d'un
homme (o sensei).S'appuyer sur les armes ken et jo pour démontrer des rapports, je veux bien mais l'effet que ça me fait personnellement est que ça ne m'aide en rien à comprendre la technique
main nue. Pour la comprendre je préfère la voire telle qu'elle doit être. Si je veux faire du ken alors je fais du ken, pour le plaisir d'en faire mais à ce moment là, je pratique le ken jutsu.


L'art du ken est tellement dur que l'ajouter à l'aikido (taijutsu) c'est ajouter une épreuve.


Et puis comme pour moi c'est 2 disciplines distinctes bien que très proches. Pourquoi ne pas montrer du taijutsu pour expliquer le kenjutsu ? c'est comme si pour apprendre à conduire une voiture
on ve t'enseigner à faire du vélo. Autant apprendre directement le truc ;)


De grands experts n'enseignent pas les armes (je pense à Blaise mais à confirmer)


Tu dis dans le karaté ils pratiquent les armes, j'en ai fait et je n'ai jamais pratiquer les ken, ça m'aurait agacé, tout comme tu fais de la boxe anglaise et tu vas faire du ken ? j'extrapôle
exprès mais ça prouve que pour apprendre des principes, des bases, il faut travailler cela de la plus simple des façons c'est vraiment ça qui m'ennuie dans l'aikido que j'aime à un point que tu
peux imaginer Léo car je pense que toi aussi. J'ai fait beaucoup de stages avec Marc Bachraty que j'adore, il travaille toujours lors de ses stages, une heure d'armes, c'est très puissant et
précis mais j'ai qu'une hate, passer dans la salle d'à coté pour faire l'aikido taijutsu. Ceux qui disent que c'est indispensable les armes, comment peuvent ils le savoir puisque la plupart
pratiquent les armes depuis leur premier cours, il vont dire que c'est indissociable.


Pour finir, on vit dans un monde très rythmé par le quotidien, régit par des lois, il faut aller à l'essentiel pour pouvoir se défendre or l'aikido est peut etre l'art martial le plus complexe à
comprendre, à assimiler il doit etre efficace. L'aikido par essence est efficace, d'ailleurs faire naitre l'aikido dans sa pratique ça n'est pas donné à tout le monde, je ne prétends pas le
pratiquer mais plutot le rechercher, l'aikido est un principe comme la marche s'appuie sur le déséquilibre, l'aikido appartient à l'univers, o sensei à eu la révlation mais il n'a rien inventé
(big respect à o sensei c'est un génie) mais la pratique des armes ou non doit appartenir finalement à chacun.


Grand merci à toi Léo, sans vouloir te brosser le dos je m'interesse à ta pratique, je vois des vidéos de toi et tous les protagonistes inspirent ma pratique, je prends tout ca qui me touche.
Merci d'avoir répondu personnellement et si un jour on se croise sur un tapis je viendrai me présenter à toi par respect.


James

Léo Tamaki 14/03/2012 02:43



C'est bien naturel.


 


En effet travailler à mains nues ou armé est différent. Les armes amènent une notion de vitesse et de danger plus importants que le travail à mains nues. Et c'est dans cette exigence
supplémentaire que, personnellement, je trouve sa richesse. Ce n'est donc pas tant que cela aide à comprendre ce que l'on fait à mains nues, mais que cela nécessite de le faire à un niveau plus
élevé...


On peut bien entendu utiliser le Taïjutsu pour étudier le Kenjutsu. C'est notamment un aller retour incessant dans l'école de maître Kuroda.


La métaphore entre la conduite d'une voiture et d'un vélo fait apel à des utilisations du corps qui sont totalement différentes. En revanche les arts martiaux japonais étaient faits de telle
façon qu'un samouraï puisse développer une utilisation du corps qui s'adapte facilement à tout ce qu'il pouvait avoir à faire dans le domaine guerrier.


De grands experts n'enseignent pas les armes, comme par exemple Toheï senseï. En revanche je crois que Gérard Blaize les enseigne.


En Karaté il y a peu de pratiquants qui font des armes. Et généralement il s'agit de Kobudo d'Okinawa et non pas de ken.


Les armes ne compliquent pas le travail à mains nues à mon sens. Elles emploient les mêmes principes mais de façon plus exigente et... simple. Car le corps qui peut combler beaucoup d'erreur est
derrière l'arme cette fois. Les variables sont donc de niveau plus élevé mais moins nombreuses.


Quant à ceux qui disent que les armes sont indispensables, je suppose que c'est parce qu'ils ont pu ressentir grâce à cette pratique des choses qu'ils n'ont pas trouvées dans le travail à mains
nues.


Nou vivons en effet dans un monde où les choses vont très vite. Tu parles d'apprendre à se défendre. Si je puis me permettre, l'Aïkido peut permettre cela mais c'est loin d'être la méthode la
plus directe et rapide.


Enfin je te rejoins, la pratique des armes est un choix personnel. Je l'apprécie aujourd'hui mais je comprends parfaitement que l'on ait une opinion différente.


Merci en tout cas pour la lecture et très bonne pratique ;-)


Au plaisir de faire ta rencontre,


 


Léo


 



James 13/03/2012 15:57


Salut,


Finalement les avis sont partagés et on ne sait pas quoi penser. En ce qui me concerne je pense que les armes ne sont pas fondamentales pour pratiquer l'aikido, je ne dis pas que c'est inutile.
Quand on travaile les armes on ne travaille finalement pas l'aikido et dans un cours de 1h30 ça compte surtout si on retire l'échaufement.


Pour moi, à notre époque, à quoi sert d'apprendre le ken ? celui qui veut peut pratiquer les Kendo ou Le Iado. Certains témoignages disent que O sensei disait tout et son contraire. Il parait
qu'il utilisait les armes pour démontrer des points précis, pour comprendre un sens mais cela ne veut pas qu'il faut faire du ken à foisons pour pouvoir executer une technique.


Je suis de ceux qui n'aiment pas trop travailler les armes, c'est une perte de temps pour moi car ça empêche de pratiquer l'aikido. C'est comme si un karatéka devait pratiquer les armes aussi. Je
ne pense pas que l'aikido découle des armes (à moins que O sensei l'ai dit mais je ne crois pas) et de plus si c'était le cas et malgré le fait que l'aikido soit l'oeuvre de O sensei, elle peut
être interpretée par chacun selon sa sensibilité, ses acquis et ses propres recherches notamment dans le taijutsu. On sait aussi que c'est Saito qui a codifié les katas au jo et ken.


Cordialement, James

Léo Tamaki 13/03/2012 22:42




Bonjour James,


 


Les avis sont en effet partagés et il convient à chacun de mener sa propre réflexion sur le sujet.


 


 


"Quand on travaile les armes on ne travaille finalement pas l'aikido"


 


A titre personnel je pense effectivement, même si ce n'est pas mon cas, que l'on peut pratiquer l'Aïkido sans travail aux armes. En revanche je ne crois pas que l'on puisse dire aussi résolument
que travailler les armes n'est pas faire de l'Aïkido.


Il y a en revanche un problème lorsque la pratique des armes n'est pas cohérente avec celles à mains nues. Cela arrive souvent lorsque l'on mélange imprudemment l'enseignement issu de deux écoles
différentes. Aujourd'hui le travail aux armes le plus connu est celui développé par Saïto senseï et il est souvent pillé sans vergogne, accolé à des pratiques qui ne s'appuient pas sur les mêmes
formes de corps. Je ne suis pas contre l'évolution, bien au contraire. Mais cela doit se faire dans un esprit de cohérence. 


 


"Quand on travaile les armes on ne travaille finalement pas l'aikido et dans un cours de 1h30 ça compte surtout si on retire l'échaufement."


 


Concernant "l'échauffement" il me semble que c'est un terme un peu réducteur. On peut bien sûr faire sautiller et s'étirer. Mais souvent la préparation fait déjà partie du travail en profondeur
qu'offre le cours. Elle peut même être une porte d'entrée indispensable lorsque les pratiquants arrivent tendus, stressés, fatigués par leur journée de travail.


 


"Pour moi, à notre époque, à quoi sert d'apprendre le ken ?"


 


A quoi sert d'apprendre le ken? Pas à grand chose de plus qu'à travailler sur des attaques comme ushiro ryote dori, de faire du suwari waza ou de mettre une jupe-culotte ;-)


Tout est bien entendu question d'objectif personnel. Pourquoi pratique-t-on? Quel est notre but? Que cherchons-nous? Pour moi le travail aux armes amène entre autre des difficultés
supplémentaires qui, une fois surmontées, m'auront apporté un peu plus de liberté. Il est autrement plus difficile de faire face à une attaque au sabre engagée qu'à un tsuki, aussi effrayant
soit-il. La vitesse, la distance et le danger ne sont plus les mêmes.


 


"celui qui veut peut pratiquer les Kendo ou Le Iado."


 


La pratique du Kendo ou du Iaïdo est intéressante. En revanche elle repose souvent sur des stratégies, des formes de corps et des principes différents de l'Aïkido. Se repose alors le problème de
la cohérence du travail proposé.


 


"Certains témoignages disent que O sensei disait tout et son contraire."


 


Oui il semble qu'Osenseï pouvait parfois être… obscur, imprécis.


 


"Il parait qu'il utilisait les armes pour démontrer des points précis, pour comprendre un sens mais cela ne veut pas qu'il faut faire du ken à foisons pour pouvoir executer une
technique."


 


En effet certains maîtres défendent l'idée qu'Osenseï utilisait les armes pour son entrainement personnel et qu'elles ne servaient qu'à "illustrer" certaines notions. C'est une opinion qui se
défend mais qui reste discutable. Effectivement il ne me semble pas nécessaire de travailler aux armes pour apprendre à réaliser efficacement une technique.


 


"Je suis de ceux qui n'aiment pas trop travailler les armes, c'est une perte de temps pour moi car ça empêche de pratiquer l'aikido."


 


Encore une fois, pratiquer les armes peut être pratiquer l'Aïkido si ce qui est proposé est en concordance. Lorsque je vois les maîtres Saïto, Nishio, Yamaguchi, Tamura, Shioda, Sunadomari, etc…
pratiquer aux armes ou à mains nues, je ne vois pas de différence dans leur travail. Ce sont les mêmes choses illustrées sous d'autres formes.


 


"C'est comme si un karatéka devait pratiquer les armes aussi."


 


Mais beaucoup le font, et avec le plus grand bénéfice me semble-t-il. Un maître que j'apprécie, Jean-Pierre Vignau, dit ceci:


 


Vous pratiquez donc aussi le Kobudo. Est-ce que vous pensez que c'est indispensable à partir d'un certain niveau?


C'est indispensable de travailler le Kobudo. Pareil, si on travaille Judo, Karaté, Aïkido et si on ne travaille pas les armes à coté, on est quand même un peu canard boiteux. Ca apporte en
plus une autre forme de concentration. De ce côté l'Aïkido est resté traditionnel.


 


Je t'invite à lire son interview que je trouve très intéressante.


 


"Je ne pense pas que l'aikido découle des armes"


 


Pour moi l'Aïkido découle des armes. MAIS pas des armes qui sont enseignées actuellement. Techniquement l'Aïkido découle en majeure partie du Daïto ryu. Et cette école a probablement été inventée
par Takeda Sokaku sur la base de différentes écoles de Jujutsu. A une époque où les samouraïs étaient armés de sabre, les techniques de Jujutsu devaient intégrer la possibilité de faire face à
cette menace et utilisaient des principes similaires à ceux d'un combat entre personnes armées. L'Aïkido découlant du Daïto ryu, qui vient de différents Jujutsu, qui étaient liés au travail des
armes, c'est ainsi que j'estime que l'Aïkido vient du travail des armes.


Le développement du travail des armes en Aïkido est donc plutôt postérieur à celui de la pratique à mains nues. Au niveau des formes il semble qu'il se soit développé sur la base du Yagyu
Shinkage ryu et du Kashima Shinto ryu pour le sabre, et du Hozoïn ryu pour le jo. Des écoles qu'Osenseï étudia apparemment respectivement, avant, après et pendant son apprentissage du Daïto ryu.
Maître Ueshiba mit probablement toutes ses sources en cohérence en modifiant certaines choses et en en supprimant d'autres.


 


(à moins que O sensei l'ai dit mais je ne crois pas) et de plus si c'était le cas et malgré le fait que l'aikido soit l'oeuvre de O sensei, elle peut être interpretée par chacun selon sa
sensibilité, ses acquis et ses propres recherches notamment dans le taijutsu."


 


En effet, bien que l'Aïkido ait été créé par Osenseï, la discipline a aujourd'hui une vie propre et de multiples évolutions. Chacun en fonction de ses critères y verra, qui un appauvrissement,
qui un enrichissement.


Personnellement Osenseï est une inspiration. C'est beaucoup et peu à la fois. Je ne fait pas de lui ma référence technique car je ne l'ai jamais rencontré et cela serait pour moi aussi vain que
de faire ma référence de Miyamoto Musashi. Même s'il existe de nombreux films, rien ne remplace l'expérience directe dans le domaine de la pratique martiale. Avec le temps j'ai découvert que le
plus intéressant était dans l'invisible, chose impossible à ressentir pour moi par vidéo. C'est pourquoi ma pratique ne s'appuie que sur le travail des personnes que j'ai eu la chance de
rencontrer.


 


"On sait aussi que c'est Saito qui a codifié les katas au jo et ken."


 


Il existe différents systèmes d'armes dans le monde de l'Aïkido mais celui de Saïto senseï est le plus célèbre et est à la base de celui d'autres écoles. Parmi les autres systèmes je pense
notamment à ceux des maîtres Hikitsuchi, Sunadomari ou Nishio.


 


Cordialement,


 


Léo


 



scott reed 20/09/2008 11:27

merci leo.i agree with your view regarding aikiweb - often it is filled with nonsense.i find the subject of weapons in aikido very interesting.  It is remarkable to me that teachers such as Kanai, Chiba and Yamada Sensei trained at the same time and yet have such different views on the roles of weapons in training (Kanai and Chiba Senseis teachings being heavily weapons orientated while Yamada Sensei teaching almost none).  I like your distinction between "Training" and "Teaching". Clearly some of these students had an active interest in weapons training and felt it added to their practise and so they started teaching it in their dojos. Suga Sensei nowadays being a more modern example of this - Toshiro clearly believes much of the richness of aikido is found in the weapons training. I believe you can see this in Tamura Sensei's teaching - often any weapons he does are done in the last class of the course/stage - it's more of an "insight" into his training rather than him teaching perhaps?  He never really suggests its core to learning aikido although he clearly puts a strong emphasis on Ken himself.  I would be interested to know how much weapons training Sensei does in Bras??Much of the weapons training seems to have been self taught also - i have read that Kanai Sensei's Iai was practised behind the dojo at night.  I do not know where he got his formal instruction from.  And Toshiro has told me that he only ever practised suburi at Hombu...he made up his wepaons training katas.  Which would result in these individual teachers developing weapons training very much based on their own personal views on aikido and how weapons "fit" with empty hand work.  ie. what they see as useful and relevant for aikido could be competely different from another teachers.  I think its fair to say that from a Koryu point of view, much of aikidos weapon training would not hold up well - i think weapons training in aikido often being more based around highlighting principles rather than martial efficiency.Which leads to the $1000 question - can you develop good "aikido" without weapons training?! If the weapons training for all these teachers is so different then you would have to argue yes.  For me, i enjoy weapons very much and i wonder if peoples views on weapons training come from a very simple question - "do they like doing weapons?". If the answer is yes, i think these same people would argue that it is vital for understanding the principles of aikido...simply because they enjoy doing it. Sorry for the long email.  And your english is very very good.A+, Scott 

Léo Tamaki 21/09/2008 09:52



Hi Scott,

As for the differences between students who learned at the same time from the same person, there are no examples of such gap in any other martial arts to my knowledge. And not only from the point
of view of weapons training.
Of course we can see a common pattern, but we also see differences that take usually let's say three generations in other martial arts. I am still wondering why because there may be many reasons
to this. As for now I think that Osensei made them feel so strongly that Aikido was a principle that could be applied to anything that it freed them.

I totally agree with you, Tamura sensei gives an "insight" of his weapon training. In the same way Osensei did. He, as Osensei, puts more emphasis on the empty-handed techniques. But I think that
for him it is the essence of practice. At least as much as empty-handed techniques.
He practices the weapons in Bras much more than in seminars. During the seminar in La Rochelle Michael showed some patterns from Suga sensei, but also a lot from Tamura sensei, and it was very
interesting.

I don't kno if we can go so far as to say that most of the weapons training was done self-taught. I think that they picked up whatever they could understand from Osensei's weapon's practice, and
for some add what they found elsewhere.

As for Suga sensei he told me he learned forms too but had to be helped because Saito sensei went on and on. It seems he instructed things and considered that the students were the same class
after class and that they had learned everything previous. So when he arrived Suga had to ask a sempai to show him all they had studied until this point to be able to join.

Of course I agree with you, the teachers developed weapons techniques based on their understanding and personal views. But we could say the same about their empty-handed practice. What is seen as
wrong is sometime seen as the correct form by another master…

Agreed also about the Koryu point of view. Aikido, clearly, is far from their logic. But I think that it is because Aikido is much wider in its essence. I think that it is what Osensei wanted to
told to Mochizuki sensei when he came to talk about fight efficiency.
So like you I think that Aikido (with weapons as well as empty-handed techniques) is more based on highlighting principles than martial efficiency. Not to say that this is absent, but it is not
the main purpose.

Finaly the 1 000$ question! Yes I think that you can develop good Aikido without weapons training. But I think that your practice will loose most of its bujutsu roots. Which is acceptable as it
is a budo.

Surely the practice of weapons often originates in personal taste. But not always. As for me for example I hated it at first. But as I thought it would help my understanding of empty-handed
techniques I practiced it. And indeed it helped me very much.

Best regards,

Leo





scott reed 18/09/2008 21:15

salut leothere is a long discussion on weapons and O Sensei's move to iwama here:http://www.aikiweb.com/forums/showthread.php?t=15066the forum is long but it starts discussing why weapons was taught a lot in iwama but not in hombu dojo.  The main author states that older students like Tamura and Tada Sensei would be able to provide informaiton on where they actualy learnt their buki-waza.  Did you ever ask Tamura Sensei?  Did he formally practise weapons with O Sensei, was it taught at Hombu dojo or did Tamura Sensei practice most of his weapons when on visits to Iwama with O Sensei?  Where there formal weapons classes at Hombu and who taught them?If you have any thoughts please let me know.scott 

Léo Tamaki 20/09/2008 06:14



Dear Scott,

Thanks for the link. For once an interesting discussion on a forum with respect between the participants who, by the way, seem to have a minimum op proficiency and knowledge of the subject they
are talking about ;-)

I will write here some of the thinking this thread arose in me. I will follow the line of the discussion on the board.

One of the first things that stroke me was the idea that there were no secret teachings. This is a point I totally agree with. I have come to this conclusion after discussing with several
uchi-deshis of the founder.
I also think that this may be one of the reasons for the break between Takeda Sokaku and Ueshiba Morihei. The founder, although sometime practicing basics, more or less like "basic" Daito-ryu,
although showed its higher level with softer techniques, less relying on lever and constraint.

The parts about the tea ceremony were very interesting for me as I know only little about it. I especially loved some of the critics, showing that a great tradition can easily slipper in
ridiculous…

The part below is a very fine analyze of the Japanese tradition and the possibility that a student have when he doesn't receive the formal succession:
"Since Atsutane was denied any succession in the Norinaga School through the iemoto system, he had several choices. (1) He could either reorient the direction of his scholarship to accommodate
this declared orthodoxy, would might have given him a peripheral place on the margins of the Norinaga School. (2) He could simply leave the Norinaga School entirely and adopt a new scholarly
identity. (3) What he actually chose to do was create a new leadership post to occupy. He focused on the ancient Way and argued that literary scholarship & textual study revealed only the
minor aspects and that the Norinaga School was part of a much grander scholarly tradition of nativism. Atsutane claimed the sole leadership of this, broader, tradition, but he did so by using
"O-orthodoxy", by arguing that he had inherited his wisdom from his eighteenth century predecessors (Azumamaro, Mabuchi, and Motoori Norinaga), and also from antiquity."

This sentence is also interesting:
"The tradition created by Morihiro Sensei is now carried on by his son Hitohiro Saito."
As we are talking about Iwama, Saito sensei must be talked about.
I never took the opportunity to see Saito sensei. Although I have some reserve about the way he may have treated students, I think that he is undoubtedly one of the most important masters of
Aikido. Although my personal taste drove me more on the modification of the body use, for those more interested in the technical syllabus, he left an incommensurable treasure. Of course it is
tinted with his own understanding, so Mr Goldsbury is perfectly right in my opinion when he says that he created a tradition of his own. Nevertheless without his tireless efforts there is no
doubt in my mind that interesting materials would have disappear.

The part below touched me deeply:
"Kisshomaru Ueshiba and a friend go to the Imperial Palace and see distraught Japanese prostrate and unable to comprehend what has happened. It is at this point that Kisshomaru, aged 25, has the
dream of taking aikido to the victor nations, to show that, despite the war, there is still something ‘good' in Japanese culture, namely, the art that his father created."
I have to say that I always had in my mind the image of the second Doshu as a kind of cold accountant, carefully developing the art of his father. Knowing that he was so emotionally motivated
touched me and made me see him in a totally different light.

These translations below were also of great interest for me:
"6. 今迄の私の武の奥意は一剣に生殺与奪の力を集め、相手を自己の想うままにして、栄えの道と喜びの道の案内をすることであった。合気道には時間も空間もない。日本の神代からの歴史は悉く自己一身のつとめの中にあるのであす。
Until now the secret principle of my martial training was to accumulate the power to give or take away life or death by the sword. It was the arbitrary control of opponents and the creation of a
roadmap for my path to brilliance and to joy. Aikido is beyond time and space. Its history from the age of the gods in Japan is found completely in the personal mission of each and every
individual. (Alternative: Within the personal mission of each and every individual is to be found, complete, its history from the age of the gods in Japan.)"
By the point of view of bujutsu some of the Aikido techniques, wether empty-handed or with weapons, are very strange. But I think that it is, somehow a very limited point of view in regard of the
greater vision of Osensei.

"「このたびはどうやら、祖国苦難の戦になりそうじゃ。不幸にして万一の実態ともなうならば、当然、合気道の命運もまた危うかろう。だが、たとえ戦に敗れたとしても、祖国の山河は残る。合気道もまた、後代に遺し伝えなければならん。
"Now things could become difficult. Our beleaguered homeland is at war. If by some misfortune, it should chance that actual conditions should turn out for the worst, of course, the survival of
aikido will also be in danger. However, even if the war ends in defeat, the mountains and rivers of our homeland will remain. Of course, we must bequeath and transmit aikido to future
generations."

祖国再建、復興の時に備え、東京だけに固執せず、拠点を他にも確保しておくことが必要じゃろう。わしは岩間に ‹合気苑›を造っておくつもりじゃ。吉祥丸、 おまえは最後まで東京の本部道場に踏みとどまって、ここを死守せよ。
"In making preparations for the time when our beloved country will flourish once more, it will not be enough to hold on to Tokyo only. It will be necessary to secure positions elsewhere. I intend
to build an ‘Aiki Farm' in Iwama. Kishomaru, you must hold your own to the end in the Hombu Dojo in Tokyo and defend it to the last (to the death)."
These are very interesting part as they show the trust Osensei had in his son, as well as the focus he had in transmitting Aikido. This would be quite contradictory with the view of "secret
teachings" of any kind in my understanding.
I also never knew that Ueshiba thought of Iwama as a second center for Aikido. I
thought that he saw it as a kind of retreat. I think that if we consider it only by the number of students it ended as a failure. Nevertheless it allowed a careful transmission by Saito sensei of
what he understood of Osensei art. Although I think that the founder may have thought of it as a bigger center, it ended to have an important role anyway.
In fact every uchi-deshi I talked with told me the same thing, they hated to go to Iwama ;-) They get bored there and they prefer to live in Tokyo. Well let's face it, Iwama is even today a very
very small place. Imagine what it must have been 50 years ago and you will understand why young men prefer to live in the big city!

"I think this is a complex question and there are no ready answers. In the column I have tried to present the evidence that Morihei Ueshiba considered Iwama to be a special place, where he
consorted with his tutelary deities. In my opinion, he regarded his own training with weapons: sho-chiku-bai no ken, to be an essential part of this association--at least at this time. Notice
that I have not said "taught". Rather, he appears to have trained with Saito Shihan as his partner."
This is very interesting and I totally agree with this point of view. I is undeniable that Saito sensei spend a considerable amount of time close to the Founder, one of the reason being that he
was living in Iwama when Ueshiba lived there. So by being used as a partner he witnessed the research of Osensei.
At that time Ueshiba's research made him practice a lot with the sword. But it seemed that he didn't teached it and only use it to demonstrate principles, putting focus on the empty-hand
training. I like the sword practice very much, weather in Aikido, Iaijutsu or Kenjutsu. But this raise the question of the fact that MAYBE the Founder saw his teaching of Aikido as mainly
empty-handed.

"Apart from the Kumano Juku, of Mr Hikitsuchi, Iwama seems to be the only dojo where was such an intense focus on weapons, especially sword--at least for a decade or so, until he started to visit
other places, and until weapons came to have lessening importance later in his life. There is also the undoubted fact that he had in effect given over the Tokyo Dojo to Kisshomaru and did not
interfere with the running of the dojo. Of course, he would teach there, and taught there increasingly often, but the Tokyo Dojo was not a laboratory/shrine for him."
This confirms the point that he may have used weapons as a mean in his research.

"It is true, however, that nearly all his senior students did train with weapons--and developed their own systems. Saito Sensei was preeminent, but not the only one to do so.

I have not really answered your question, but I do not think that Ueshiba's occasional anger at bad practice amounts to a total ban on teaching weapons outside Iwama. I think you would need to
search out the interviews with the senior students like Tamura and Tada Shihans."
Again agreed, this would have no sense if we consider it by the point of view of his will of transmission that is obvious.

Here is an interesting anecdote that I will have to have confirmed by the next masters that I will interview. This would confirm the fact that focus was on empty-handed techniques, almost to the
point that Osensei didn't want them teached:
"More than one person who experienced Saito Sensei's instruction in both Tokyo and Iwama has told me that when he taught weapons classes in Tokyo, if Ueshiba Morihei was also in Tokyo, a lookout
would be stationed. If the Ueshiba was sighted heading for the dojo, the weapons would be put away before he entered."

Well to this point I haven't answered you yet!

As for Tamura sensei he learned by being one of the most regular partner of Osensei, but he also studied Iaido for example with Haga Jun'ichi.
Here is what he says about buki-waza in his interview:

"Quelle est l’origine des techniques d’armes de l’Aïkido ?
Osenseï a créé les techniques de ken de l’Aïkido sur la base de sources diverses et de recherches personnelles.
Takeda Sokaku était un combattant redoutable. Il gardait en permanence une canne-épée à son côté depuis que le port du sabre était interdit. Il était maître de Daïto-ryu mais aussi de sabre,
notamment de l’école Ono-ha Itto ryu. Il enseignait principalement les techniques de Jujutsu à mains nues mais il devait probablement montrer des techniques d’armes occasionnellement. Mais à
cette époque même si on voyait les techniques on ne pouvait pas demander de nous les enseigner.
Par la suite Kisshomaru a étudié le Kashima shinto ryu. La fille de Osenseï fut aussi mariée à Nakakura Kiyoshi, un célèbre pratiquant de Kendo de l’époque qui deviendra un grand maître. Et ses
élèves Sugino Yoshio et Mochizuki Minoru étaient aussi pratiquants de Katori shinto ryu.
Qu’ils fussent ses amis ou ses élèves, Osenseï fut entouré tout au long de sa vie d’experts de sabre. Son art est le fruit de ses recherches et de ces rencontres qui lui ont permis d’introduire
de nouveaux éléments, de transformer ce qu’il avait étudié en les ajoutant à ses créations personnelles.
Lorsqu’on pratique le budo on voit dans les huit directions et on doit savoir saisir toute chose intéressante qui passe à notre portée. On doit garder les yeux grands ouverts et expérimenter ce
qui semble intéressant, gardant le bon et rejetant l’inutile. C’est ainsi qu’il faut vivre.
C’est ainsi que nous avons été éduqués par Osenseï et nous étions en un sens encouragés à étudier, chercher et comprendre par nous-mêmes."

So I think that Tamura sensei continued to refine his art in the same way Osensei did. In the same interview he clearly stated that there was no formal weapons teaching. And I think that it was
the same in Iwama. But as we saw it, Osensei trained very much there using weapons. But it was his training, not a teaching. So my guess would be that Tamura sensei didn't learn more in Iwama
than in Hombu.

Finally as if there were formal weapons class I never heard of it but I don't think so. But it also must be kept in mind that a lot of things were practiced "secretly". For example many
uchi-deshi practiced with Nakamura Tempu but were very discrete about it at the moment. A lot of them went to the Ki lessons of Tohei outside the Hombu and were even more discrete about this
subject.
There was also a lot of research and private trainings. They had a makiwara, dumbbells and barbells, they threw shurikens and so on…

Well just some thoughts ;-)

Please excuse my English but I took the opportunity to practice with my answer :D

Leo




Stéphane 01/09/2008 12:28

Bonjour Léo, Merci pour ce nouvel épisode passionnant des récits de Tamura Sensei. Félicitations aussi pour le très bel article sur Kono Sensei paru dans Dragon, fascinant de savoir que de telles personnes existent encore de nos jours. Par contre, ils devraient nommer qqes spécialistes "aiki" au sein de leur rédaction car confondre Yamada Sensei et Tomita Sensei dans l'article sur le stage de Lesneven...;o)) J'avais aussi vu qqes incohérences "photos" dans ton article sur Kondo Sensei, on y parle d'une photo de Kondo Sensei entouré d'un groupe d'experts en Daito Ryu alors...qu'il est en compagnie de purs aikidokas de renom tels Ikeda Sensei, Franck Doran, Patricia hendrickx, etc. Sinon, il s'agit du meilleur magazine sur le marché (à mes yeux), bien sûr, il y avait "Arts et combats" mais cà on en avait déjà parlé.A bientôt.

Léo Tamaki 04/09/2008 22:22


Bonjour Stéphane,

Merci pour ton message.

Recevoir les paroles de Kono senseï est un véritable concentré d'enseignements. A charge de chacun de les faire fructifier... ou de les oublier.

Concernant les photos de l'article de Kondo senseï il y avait effectivement eu beaucoup de laisser aller :-(

Amicalement,

Léo



Bekkay 29/08/2008 21:06

Merci Léo pour ces articles toujours très passionnants !a+

Léo Tamaki 04/09/2008 22:14


Merci de les lire :D

Léo


David Dumas 28/08/2008 18:00

Ca me surprendrait beaucoup que ta mémoire soit défaillante par rapport à c'est propos. Les tournures de phrases utilisés par les interviewés semblent tellement leur appartenir qu'on entend leur voix en les lisant.Amitiés.David.

Léo Tamaki 04/09/2008 22:11


Merci David.
Venant de quelqu'un qui a rencontré la plupart ça rassure ;-)

Amicalement,

Léo