Budo no Nayami

Aïkido et mal de dos

16 Mars 2014 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Le mal de dos est, dit-on, la maladie du siècle. Et il est vrai que l'on a souvent l'impression que chacun en souffre, en a souffert, ou en souffrira. Les pratiquants d'Aïkido ne font malheureusement pas exception. Confrontés à ce problème, ils se retrouvent souvent démunis face à des médecins qui ne leur proposent que des pis-aller. J'ai moi-même eu à faire face à ce problème…

 

 

Hernie discale 02

 

 

L'insouciance de la jeunesse

Je suis parti m'installer au Japon à l'âge de vingt-quatre ans. Plein d'illusions et de testostérones, j'ai fait subir à mon corps la plupart des erreurs qu'un adepte peut commettre. M'appuyant sur mes capacités athlétiques, j'ai pratiqué les arts martiaux à un niveau et une intensité largement supérieurs à mes capacités techniques. Les premières douleurs au dos arrivant, j'ai commencé la musculation, sans aucune connaissance, et surtout avec la certitude qu'une activité aussi simple ne nécessitait aucun apprentissage. Les trois années suivantes j'ai accumulé les blessures, tant dans la pratique martiale qu'à la salle de gym, jusqu'au jour où, à la suite d'un combat libre, je me suis retrouvé incapable de marcher.

 

Erreurs de diagnostique

J'ai alors consulté des médecins, fait des radios, et on m'a indiqué que je ne souffrais que de contractures musculaires. ??!!?! Surpris, j'ai subi un traitement à base de piqûres de décontractant. Un produit douloureux à l'injection qui n'améliorait absolument pas mon état. Après avoir consulté deux autres médecins, le dernier un spécialiste, me regarda surpris et m'annonça que je souffrais d'une hernie discale. Oui, ses deux confrères et le radiologue n'avaient rien vu. Une IRM allait confirmer, sans aucun doute possible, son diagnostique. Verdict? Opération.

"Jai opéré David Douillet d'une hernie discale, et beaucoup d'autres judokas. On imagine qu'ils ne pourraient même pas marcher mais ils pratiquent sans problèmes." ??!!?! Souffrir d'une hernie discale avant d'avoir trente ans m'avait déjà mis le moral en berne. Mais imaginer me faire opérer était hors de question à mes yeux. J'avais bien entendu les explications mécaniques qu'il m'avait données avec précision, mais j'étais persuadé en mon for intérieur que je serai capable de me soigner sans cela.

 

 

Léo Tamaki malade octobre 2012

 

 

Une approche holistique

De retour au Japon, je pris de prendre la situation à bras-le-corps. Je décidai de:

-trouver un moyen de me soulager,

-recouvrer ma mobilité,

-comprendre la cause du mal,

-m'atteler à ma rééducation.

 

Je me suis tourné vers des médecines que l'on appelle alternatives, traditionnelles, même si je n'aime pas beaucoup ces termes qui dévalorisent insidieusement les pratiques qu'ils désignent. Je suis donc allé consulté des praticiens de sekkotsu, seïtaï et kiko, dont l'action conjointe m'a permis de me rétablir.

 

Kiko気功

Le kiko est l'équivalent japonais du Chi kung chinois, et certains de ses adeptes sont réputés pour leur capacité à soigner. Un de mes amis me donna les coordonnées de l'un d'entre eux. Celui-ci, surchargé de demandes, n'acceptait plus de nouveaux patients. Mais comme souvent au Japon, l'introduction de mon ami permis toutefois une exception salvatrice.

Lorsque le professeur me vit, il me dit "Vous souffrez d'une hernie discale au niveau…". J'étais stupéfait. Je me tenais droit, il n'avait pu m'observer qu'un instant, et il n'avait pas eu besoin de la moindre radio. Il me fit allonger sur le ventre et, en quelques instants je sentis une chaleur intense au niveau de ma douleur. Je tournais la tête pour voir quel objet il utilisait pour me toucher, pour découvrir avec stupéfaction que, non seulement il n'utilisait aucun objet, mais son pouce qui était dirigée vers la zone était éloigné d'une bonne quinzaine de centimètres!

Le traitement par le kiko me permis d'avoir un soulagement instantané, même s'il était loin d'être total. Je pouvais passer à la suite des opérations.

 

Sekkotsu 整骨

Cette méthode qui signifie littéralement "replacement des os", a été développée en parallèle au Judo. Le praticien de sekkotsu qui m'avait été conseillé était un géant, spécialisé comme ses confrères dans les douleurs de dos des pratiquants d'arts martiaux et travailleurs manuels. Il me fit allonger et prit… un marteau et une petite pièce de bois! Grâce à des tapotements aussi légers et inattendus qu'efficaces, il me permit de recouvrir énormément de mobilité. Je pouvais maintenant envisager de travailler sur les causes de ma hernie discale.

 

Seïtaï整体

C'est grâce à un ami pratiquant de seïtaï, la méthode du "corps ordonné", que je devais comprendre les origines de mes soucis. Ancien adepte d'arts martiaux, il m'examina puis me dit "Tu mets trop de force dans tes bras lorsque tu pratiques, particulièrement le droit.". Il m'expliqua les conséquences en cascade, et le processus qui avait amené la hernie discale. Etonnamment, six mois plus tôt lors d'un de mes passages en France, un de mes enseignants d'Aïkido m'avait dit en me regardant faire des suburis "Tu mets trop de force dans les bras, en particulier dans le droit.".

Le praticien de seïtaï termina en me donnant quelques exercices, plutôt douloureux mais très utiles, afin de regagner de la mobilité lorsque les tensions reviendraient.

 

Le corps n'est pas une machine

J'ai le plus grand respect pour la médecine moderne. Elle a la capacité de guérir des maux devant lesquels d'autres buttent. Malheureusement un grand nombre de ses praticiens considère l'homme comme une machine. Lorsqu'une pièce est abîmée, ils essayent de la réparer, et si cela se révèle impossible, ils la retirent si cela est faisable. Mais nous sommes des organismes vivants, avec une capacité à nous guérir qui garde encore de nombreux mystères. 

 

Chacun des trois praticiens que j'ai consulté a eu sa place dans le processus qui m'a permis de me soigner. Me soulageant, me redonnant de la mobilité, m'expliquant les causes du problème, et me donnant les outils pour me rétablir. En quelques mois, grâce à une variété d'exercices d'étirements, de musculation, et surtout une modification de ma pratique, la douleur disparu totalement. Cela fait douze ans maintenant et, depuis ces trois mois où je fus cloué au lit, je n'ai plus jamais souffert du nerf sciatique.

 

 

TAMAKI-LEODIVERS_2595.jpg

 

 

2013, une rechute?

Septembre. L'air est frais et la température encore agréable. Je sors d'un rendez-vous boulevard de Port-Royal, et je profite des rayons de soleil matinaux. Tout à coup je ressens une douleur dans la jambe. Je fais encore quelque pas mais la douleur augmente et m'oblige à m'asseoir sur un banc. Quelques minutes plus tard, alors que j'essaye de me relever, je manque de tomber à terre. La douleur est devenue insupportable. Je rentre tant bien que mal chez moi en taxi et appelle SOS médecins. Verdict? Une tendinite "quelque part". Je congédie alors le médecin, jette l'ordonnance d'antalgiques et comprimés divers pour naviguer sur le net. Mes symptômes semblent être ceux d'une cruralgie. Verdict confirmé par un ostéopathe le lendemain.

La douleur du nerf crural, surnommée "sciatique du devant", est extrêmement vive et handicapante. Ses causes sont souvent graves, et elle peut fortement incapaciter ceux qui en souffrent. Elle est souvent causée par… une hernie discale.

Si la douleur fut pénible, heureusement pour moi il s'est avéré que sa cause fut simplement une contraction musculaire extrême. Après deux visites chez l'ostéopathe, des étirements quotidiens et une pratique régulière, elle ne fut plus qu'un mauvais souvenir.

 

Un bienfait déguisé?

Il est difficile de se réjouir d'un malheur qui nous accable. En tant qu'adepte, tout ce qui touche à mon corps me préoccupe bien plus que tout autre souci. Pourtant les deux fois où j'ai souffert du dos m'ont été très profitables.

La première, je suis remonté sur les tatamis alors que je souffrais encore atrocement. J'adoptais pour la première fois un obi traditionnel que je serrai à m'en couper le souffle et la circulation. Surtout, chaque contraction du dos me causait une douleur extrêmement vive, m'obligeant à pratiquer en décontractant totalement cette zone. Une décontraction telle que je ressentais un vide, comme si cette partie de mon corps avait… disparue. Et ce relâchement total n'occasionna aucune baisse d'efficacité. Malheureusement, si je modifiais durablement ma posture et l'équilibre de l'utilisation de mon corps, je revins bien vite à une pratique athlétique. Pourtant les sensations entraperçues restèrent vivaces, et me servirent des années plus tard lorsque j'entrepris un travail sur la modification de l'utilisation du corps.

La seconde fois, très récente, me permit de vérifier que le travail entrepris depuis quelques années porte ses fruits, et que même très diminué physiquement je peux toujours pratiquer, mais surtout ne pas perdre une once d'efficacité. N'est-ce pas l'un des objectifs du Budo?

 

 

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Un mal surmontable

Les douleurs de dos, et en particulier les hernies discales, n'épargnent pas les adeptes. Parmi mes proches, maître Kuroda Tetsuzan ou Brahim Si Guesmi en souffrirent aussi. Ils ont aussi en commun de s'être rétablis sans avoir recours à la moindre opération, malgré la gravité de leur état et les conseils de certains médecins. Je ne le répèterai jamais assez, la médecine moderne est irremplaçable dans de nombreux domaines, et j'invite chacun à trouver un médecin de confiance dont il suivra les recommandations. En revanche, pour tout ce qui touche à la structure du corps, mon premier réflexe est de me tourner vers des praticiens d'ostéopathie, seïtaï, etc…

 

 

Les souffrances du corps ont une fâcheuse tendance à saper le moral. Mon expérience et celle de nombreux adeptes de haut niveau est que, si l'on ne peut éviter tous les obstacles, il faut garder espoir et persévérer pour les surmonter avec succès. Si cet enseignement appris dans la douleur peut servir à d'autres, alors il aura été doublement utile.

 

 

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constant yedoh 27/03/2016 20:11

J'ai besoin de conseils. Je souffre d'une arthrose débutante, alors quels arts martiaux pouvez vous me conseiller?

Léo Tamaki 29/03/2016 19:50

Bonjour,

Je pense que plus que la discipline, il est important de connaître l'orientation que donne l'enseignant, et sa façon de mener les cours. Je vous invite à visiter différents cours qui vous attirent, à regarder attentivement, puis éventuellement à en parler avec le professeur. Ne manquez pas non plus d'aborder le sujet avec la personne qui vous suit au niveau santé.

Dans tous les cas je vous invite à prendre les choses avec patience, tant dans le choix de la discipline, que dans la pratique proprement dite.

Cordialement,

Léo

Hassen 14/03/2015 23:27

Bonsoir Léo,
Une petite vidéo surprenante. Pas rebutante mais raboutante :
https://www.facebook.com/video.php?v=1051483918199769
Hassen.

Léo Tamaki 25/03/2015 18:16

Impressionnant :-)

Léo

manuel 21/07/2014 16:34


J'arrive un peu après la bataille mais cet article est très interresant, sur un fait souvent passé sous silence...en ce qui me concerne c'est les vertèbres cervicales à la suite de chutes plaqués
bien trop nombreuses...si quelqu'un a une solution

Léo Tamaki 27/08/2014 08:23



Bonjour,


 


Pas de solutions miracles, mais garder espoir et consulter encore et encore jusqu'à ce que tu trouves quelqu'un qui puisse t'aider. Il ne faut surtout pas penser que parce qu'un kiné, ostéo ou
autre praticien n'a pu te soulager, c'est sa pratique qui ne peut t'aider. Si un praticien ne le peut, cela ne présume en rien de la capacité de ses pairs à te soulager.


 


Léo



Nixxi 11/05/2014 14:36


 Je suis vraiment surpris et content à la fois de lire cet article. En effet il est vraiment rare de voir des gens qui ont su investir leur guérison et construire petit à petit un
apprentissage de leur pathologie. J'ai 22 ans et je souffre de douleurs au dos depuis mes 16 ans à peu près. En Javier on m'a diagnostiqué une hernie discale L5/S1 avec de l'arthrose lombaire, et
là au delà de la douleur psychologique qui est très présente, j'ai eu droit à tout et n'importe quoi : faites des abdos tous les jours, ne faites plus de sport, surtout ne courez pas et ne faites
rien qui puisse tassez vos vertèbres, mettez une ceinture lombaire etc.


 Je ne vais pas raconter en détail tous mon parcours pour me soigner mais simplement l'essentiel. Aujourd'hui je pense avoir saisi une bonne partie de la cause de mes douleurs. En fait je
pense qu'il faut penser point par point, par exemple en faisant un peu de rétrospection je me suis rendu compte que je rassemblais énormément d'éléments pouvant favoriser mes douleurs : mon
objectif a alors été d'identifier et combattre un à un ces éléments, ce que je continurai surement à faire toute ma vie : je suis grand (1m92), lourd, bien que très sec (89 kg), j'avais une très
mauvaise posture, je fumais (accélère l'osthéoporose), j'étais très souvent assis, je manquais de souplesse, je me baissais mal, j'étais très stressé et hyperactif, je faisais de la musculation
n'importe comment chez moi, j'avais des gros problèmes d'équilibre en position debout.


 J'ai vu deux kinés différents pour un total de peut être 35 séances depuis Janvier, terminées il y a peu. Le premier était spécialisé dans la méthode mckenzie qui fonctionne sur des
hyperextensions qui ont pour but d'aider la hernie à rentrer dans son noyau d'origine, en même temps je faisais énormément de renforcement (trop même), environ 8 heures de gainage par semaine et
étirements chaque jour. Mes douleurs au niveau du bas du dos se sont fortement atténuées au bout d'un mois seulement voilà : j'étais constamment contracté au niveau des paravertébraux et le
problème n'avait pas été traité dans sa globalité.


 J'ai eu énormément de chance d'être tombé sur mon second kiné, qui  a tout de suite remarqué deux choses : mes postures debout et assis n'étaient pas du tout naturelles, la cambrure
doit se situer en bas du dos et non au milieu, de plus j'avais de sérieuses lacunes quant à ma manière de respirer, ancien fumeur je ne respirais qu'avec le haut de la cage thoracique, mes
muscles profonds étaient sans arret contractés. J'ai alors fais un long travail de réeducation posturale, tout en douceur (ce qui a été dur étant ancien basketteur de haut niveau), en m'efforçant
de comprendre que le douleur (le work hard play hard) n'était pas une formule si efficace que ça dans la recherche du bien être du corps.


 Dans la prise en charger des douleurs dorsales je pense pouvoir dire auourd'hui que ces éléments que j'ai pu découvrir sont capitaux, je ne parle que de ceux que je connais :


 Premièrement la sécurité dans les postures, surtout lorsque l'on se baisse pour ramasser un objet ou que l'on s'assoie, mais aussi en station debout. Il faut rechercher un équilibre
postural optimal en fonction de sa morphologie et réduire au maximum tout déséquilibre, pour cela deux travails majeurs : le gainage et les assouplissements des membres inférieurs, en donnant
priorité aux fléchisseurs du bassin et au psoas illiaque, fortementhandicapés par nos postures assises prolongées.


 Deuxièmement, fuir autant que se peut la position assise : ce n'est pas pour rien que les enfants s'assoient sur des chaises à genoux ou en travers : la position assise n'est absolument pas
naturelle ni adaptée au corps humain, elle le détruit à petit feu : pour réviser j'adopte plutôt une position semi-allongée en veillant au placement des cervicales, je mange à la japonaise (à
genoux), bref, je m'interdit de m'asseoir en dehors des mes cours à la fac.


 Troisièmement, et beaucoup plus important qu'on ne le pense, la relaxation avec deux éléments : la respiration qui est primordiale (la repsiration complète pratiquée dans le yoga est
extrêmement bénéfique), ainsi que la pratique régulière d'une "position de repos", que l'on peut faire en fin d'étirements par exemple qui va consister à relâcher la préssion sur les vertèbres et
décontracter les chaînes profondes.


 Ensuite la mobilité : on n'y pense rarement, et elle est peu évoquée même lors de séances de kiné, mais notre colonne vertébrale connait 6 mouvements, flexion avant/arrière, flexion
latérale gauche/droite, torsion gauche/droite: Il faut régulièrement la mobiliser dans son ensemble, surtout lorsque l'on sort de plusieurs moi de guérison où généralement on a cherché à garder
le dos parfaitement droit, ce qui est une erreur, il est fait pour bouger dans toutes les directions, mais en sécurité. Inclure des mouvements de mobilités dans une routine d'échauffement ou
d'étirement voire les deux est extrêmement bénéfique.


 Si on comprend, maitrise et réuni ces éléments, je dirais que les complications au niveau du dos sont réduites de 90%, autant que les douleurs. Aujourd'hui je continue de me soigner en
essayant d'apprendre chaque jour de nouvelles choses, de comprendre et écouter mieux mon corps, enfin si j'avais un dernier conseil : tout cela ne dois pas vous rendre paranoïaque, même si cela
vous empêche de pratiquer votre sport favori il faut le prendre avec philosophie et patience, en essayant de ne pas trop y penser.


 Voilà aujourd'hui après 5 mois de guérison seulement je retrouve un certain bien être et mes douleurs lombaires ont totalement disparues, mais persistent encore des contractures
paravertébrales dont j'ai du mal à me séparer. J'espère être totalement remis d'ici la rentrée pour pouvoir commencer à pratiquer mon rêve : le kendo.

Léo Tamaki 12/05/2014 16:49



Cher Nixxi,


 


Merci pour votre témoignage passionnant, détaillé et encourageant pour toutes les personnes souffrant de mal de dos.


Je souhaite de tout coeur vous voir arpenter les dojos de Kendo.


 


Cordialement,


 


Léo Tamaki


 



Emmanuel 03/04/2014 09:40


Alors là, Léo, ton comportement se révèle d'un égoïsme hallucinant !


Et les pauvres chirurgiens, tu y penses ? Comment est-ce qu'ils vont se payer leur Audi A4 quatro coupé sport décapotable si les gens suivent ton exemple et se mettent a écouter/ressentir leur
corps ???!!!! hein ?


A tous les chirurgiens de France, boycottez Tamaki san :-)

Léo Tamaki 09/04/2014 11:37



;-)


 


A très vite j'espère Manu :-)


 


Léo


 



Thierry BIARD 02/04/2014 22:43


Les médecines venus d'ailleurs, comme alternatives à la médecine traditionnelle :
une émission intéressante de 12 minutes entendue hier sur france-info à cette adresse
http://www.franceinfo.fr/vie-pratique/votre-france-info/les-medecines-venues-d-ailleurs-1370711-2014-04-01

Léo Tamaki 09/04/2014 11:35



Merci pour cette excellente émission Thierry :D


 


Léo


 



Ivan 02/04/2014 10:28


Léo,


Super article qui ne peut que me parler, vu ma pratique quotidienne du shiatu. Je voudrais juste faire un commentaire sur les termes alternatifs et autres que l'on applique à ces arts du soin
dont tu parles.


Alternatif : ce n'est pas injurieux, mais tu as raison, clairement insidueux dans l'esprit occidentale. Pourtant, c'est bien ce qui est proposé : une façon autre, différente de soigner, une
alternative à la médecine allopathique.


Traditionnelle : là c'est tout à fait juste, pour les techniques qui sont issues des médecines traditionnelles africaines, asiatiques, américaines et aussi, il ne faut pas l'oublier, européennes.
Elles ont pour elles des millénaires d'expériences, ne savent pas tout faire, mais ont su faire preuve de leur efficacité sur bien des points. Là preuve par ton article. Si un système ne tient
pas la route, l'histoire le rejette et le noie dans l'oubli. 


Complémentaire : aujourd'hui les CAM (Complementary and Alternatives Medecines, c'est la dénomination européenne officielle) sont surtout appelées "complémentaires" et viennent de plus en plus
fréquemment renforcer les soins proposés, notamment dans les hôpitaux. Le shiatsu est présent dans 8 des hôpitaux parisiens par exemple, notamment Cochin et la Salpétrière. Un programme
d'intégration est en cours dans la plupart des pays européens et au niveau des Parlements et Conseil européens.


Médecine intégrative : c'est le modèle qu'a mis en place les pays nordiques avec des résultats stupéfiants : baisse des coûts de la sécu, de la consommation des médicaments, augmentation de la
satisfaction des usagers des soins de santé. L'Europe tend vers ce modèle qui consiste à mélanger dans un même lieu toutes les approches allopathiques et complémentaires. Bientôt chez nous ? A
suivre donc...

Léo Tamaki 02/04/2014 10:30



Merci pour ces précisions très intéressantes Ivan :-)


 


Amicalement,


 


Léo


 



lenglet 01/04/2014 20:32


Bonjour


 


Sujet très interessant. Je suis moi-même pratiquant d'aiki (jujutsu) et porteur d'une hernie discale. Je suis actuellement dans une période d'incertitude quant à mon avenir dans cette discipline
car j'ai des douleur qui reviennent me chagriner.


Il serait très interessant que vous partagiez votre expérience et vos conseils dans le domaine de la préparation physique pour éviter des récidives et des aggravations de cette pathologie.


En tout cas, bonne continuation à vous.


Cordialement

Léo Tamaki 01/04/2014 20:39



Bonjour,


 


Je pense que, chaque cas étant unique, et n'ayant aucune connaissance médicale, il ne serait pas pertinent que je donne des conseils qui pourraient s'avérer néfastes pour certains. Je souhaite
simplement témoigner du fait qu'une approche variée sur les symptômes, les causes, le soulagement, la recherche de mobilité, etc... peut faire ce qui semble un miracle. Mon conseil est de prendre
les choses en main et d'aller consulter diverses personnes qui pourront chacune avoir un morceau du puzzle. Si je n'avais été voir qu'une des personnes que je cite, j'ai le sentiment que les
résultats n'auraient probablement pas suffit.


 


Bon courage, et bon rétablissement :-)


 


Léo


 



Laurent SIKIRDJI 01/04/2014 20:01


Je souhaiterai apporter mon grain de sel à ces problèmes de dos… et de hernie discale.


 


Je suis convaincu que si on faisait un scanner systématique à partir d’un « certain âge » on découvrirait un très grand nombre
de personnes ayant une ou deux hernies discales sans que celles ci- aient encore provoqué la moindre complication.


Pour ma part je vais sur mes 59 ans. 30 ans de pratique d’aïkido, 59 ans de judo sans interruption, course à pied sur longues distances,
musculation presque tous les jours…


Il y a près de 10 ans, en vacances, je me lève en pleine nuit de mon hamac. Et là j’ai été foudroyé par la douleur. J’ai connu ce qu’était une
sciatique paralysante. Je suis resté sur place, intransportable (j’étais dans les gorges de l’Ardèche) pendant 48h. Puis, sous calmants, an inflammatoires et acuponcture, j’ai enfin pu me mettre
debout et refaire quelques pas avec des béquilles.


Il m’a fallu plusieurs mois avant de retrouver un déplacement normal. Et je ne retrouverai jamais la foulée que j’avais avant… mais on
s’adapte.


Diagnostic : deux hernies discales basses, mais pas à un stade nécessitant une opération.


Je n’ai jamais cessé mon activité sportive et martiale. Mais il m’a fallu des mois de séances kiné avec un très gros travail sur les
abdominaux et sur le diaphragme.


Et je sens être à la limite du lumbago, dès que je m’entraîne moins, dès que je me relâche trop…


Je suis convaincu qu’il ne faut surtout pas s’arrêter. Par contre il faut réfléchir à sa posture et travailler le « gainage » à
outrance.


Et je continue mes pratiques diverses…


Je vous donnerai un autre exemple ; celui d’une amie qui était au niveau national en judo. Arrêté par une grosse sciatique ;
diagnostic d’hernie discale lui interdisant de continuer le judo.


Peu de temps après elle découvre l’haltérophilie. Au bout de deux ans… championne du Monde d’haltérophilie en vétérans… Et elle a même
conservé son titre l’année suivante. Mieux, elle a repris le judo. Tout cela grâce à une musculation spécifique et là aussi un énorme travail abdominal et de gainage.


En conclusion, faites des assouplissements spécifiques, beaucoup de gainages d’abdominaux. Il faut bien entendu se faire bien conseiller pour
avoir un ressenti de son corps et ne pas faire des exercices qui pourraient être destructeurs, bien que croyant bien faire. Et il y aurait un autre point à développer c’est celui de la
diététique. C’est donc tout un ensemble, une hygiène de vie, une hygiène comportementale, un développement de cet état de vigilance qui nous est chère en aikido ; mais sans contrainte, juste
de la rigueur… Et vous pourrez continuer très longtemps vos activités préférées.


 


Ps : Léo, lors de ton passage à Grenoble en mai ; c’est avec plaisir que je te ferais partager ce que j’ai appris sur la question
pour pouvoir gérer ces problèmes de sciatiques et cruralgies dus aux hernies discales. Si je peux être utile…

Léo Tamaki 01/04/2014 20:33



Merci Laurent pour le partage de ton expérience :-)


 


Amicalement,


 


Léo