Budo no Nayami

De retour du Gonojukan

26 Octobre 2013 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

J'étais pour la première fois au Gonojukan à Besançon le 20 octobre. Le stage s'est déroulé très agréablement sur une journée. J'y ai rencontré des pratiquants que je ne connaissais pas, et retrouvé d'autres avec qui j'avais déjà pratiqué. L'accueil d'Aurore et Stéphane fut aussi efficace que chaleureux.

 

 

Besançon Tamaki 2013 D702418

Avec Truc Mai

 

 

Un couple de budokas

Stéphane et Aurore sont deux pratiquants passionnés. Très actifs, ils ont réussi à développer autour d'eux un noyau de pratiquants motivés qui leur permet de réaliser les projets qui leur tiennent à cœur. Si j'imagine à quel point leurs activités leur demandent du temps et de l'énergie, cela n'a en rien entamé leur enthousiasme, et c'est très agréable.

Ayant débuté à la FFAB, actuellement à la FFAAA, ils ont un recul et une ouverture qui sont trop rares, et qui est une véritable richesse pour leurs élèves. Ils savent apprécier les qualités de telle ou telle forme de travail, mais en voient aussi les limites sans s'illusionner. Loin de se complaire dans le plaisir de "savoir", ils utilisent leur compréhension pour compléter, chercher au-delà des solutions "prêtes à l'emploi", et j'ai beaucoup apprécié d'échanger avec eux.

 

 

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Aurore Mamet-Gaiffe

 

 

Compte-rendu d'Alex

Alex, un pratiquant de Belfort, a eu la gentillesse de produire un sympathique petit compte-rendu accessible ici. Si les détails techniques seront surtout utiles aux participants ou à ceux qui connaissent mon travail, certains passages tels que els suivants pourront sans doute donner des pistes de réflexion.

 

 

Besançon Tamaki 2013 D702445

Avec Alex, de Belfort

 

 

"Le reste de la matinée fut consacré à Yokomen Uchi.

Les consignes étaient de rester le plus longtemps possible dans la ligne d'attaque d'aïté. Ceci ne veut pas dire subir aïté bien au contraire. Si parfois il est difficile de comprendre pourquoi telle ou telle chose sont faites, là l'image était nette : Léo reste dans la ligne et va saisir aïté à la gorge. Evidemment il ne s'agit pas ici de la finalité du mouvement mais d'un sens de travail. Ensuite on peut déséquilibrer aïté. Il ne faut pas sortir de la ligne dès l'attaque d'aïté (si on part immédiatement en diagonale avant, ceci reste finalement peu subtil et est assez visible).

Suite à mon premier Yokomen avec Léo, je me retrouve instantanément "pris" et en déséquilibre. Mais ceci n'est ni fait avec force, ni avec heurt, ni avec précipitation. C'est agréable à ressentir et ça me donne un énorme sourire ! Qu'il est bon de ressentir ce genre de choses !

Le travail sur Yokomen se poursuit et Léo corrige au fur et à mesure, insiste sur certains points (il ne faut pas frapper, il faut que ce doit doux, ...). Un peu comme si tori allait prendre aïté dans ses bras. C'est d'ailleurs ce que Léo a fait : c'est "rigolo" à voir et c'est surtout très agréable à ressentir. Mais pour autant que ce soit agréable, on sent bien qu'on est "pris". Ne pas frapper permet également de ne pas donner d'indication à l'autre. De plus dans sa technique Léo "masque" son travail à son partenaire, que ce soit avec une main ou avec sa position. Conséquence logique : le partenaire ne voit pas ce qui est en train de se passer. Moins facile du coup de réagir convenablement ;)"

 

 

Besançon Tamaki 2013 D702429

Avec Edmond Joseph

 

 

Alex écrit ensuite:

 

"(il faut bien faire un peu de technique - Comprenne qui pourra ;))"

 

C'est en effet une réflexion que j'avais faite en fin de mâtinée. La technique est évidemment utile. Elle est à mes yeux un moyen de développer, corriger, faire vivre des principes. Malheureusement elle est souvent considérée comme une finalité, et il est courant de voir des virtuoses de la forme dont le fond laisse à désirer. Aujourd'hui j'ai à cœur de faire sentir les principes que transmettent les techniques, et d'en faire des outils de liberté plutôt que des carcans. Il arrive que j'en plaisante, car il est vrai que je multiplie rarement les formes, particulièrement en stage.

 

 

Besançon Tamaki 2013D60 4320

 

 

"Nous faisons ensuite quelques coupes. Léo interrompt le travail et explique ce qu'il voudrait que nous travaillions. Comme il le précise c'est une forme de travail et il aimerait que nous travaillions tous ensemble ce dimanche dans cet esprit : l'esprit de la coupe ... Et vous me croirez ou non je n'ai jamais pu me représenter mentalement la coupe en aïkido ... Et voici que d'un geste simple Léo allume une petite lanterne dans ma tête. Et bien oui quoi, c'est "simple", il mime le geste de couper avec la lame de son bokken sur sa main. Oh ça peut ne paraître pas grand chose, mais pour moi ça répond à une question existentielle : Qu'est-ce qu'une coupe ?!"

 

Il est toujours très important pour moi que les pratiquants comprennent que le travail que je propose n'est qu'un choix parmi tant d'autres. J'essaie d'en expliquer les avantages, et les inconvénients que j'ai pu y déceler. Les pratiquants ont alors des éléments qui leur permettent d'intégrer ou pas une forme ou un principe, et d'avoir un autre regard sur d'autres choix.

 

J'ai été très heureux qu'Alex ait compris la sensation de coupe, car à mes yeux, le sabre est trop souvent utilisé pour taper ou toucher, laissant de côté la sensation de coupe.

 

 

Besançon Tamaki 2013 D702465

 

 

"Léo passe, comme à son habitude, auprès de nombreux élèves et reprend, affine, donne des indications à bons nombres d’entre nous. Une "simple" coupe de sa part, adaptée à mon niveau évidemment, me fait prendre conscience du "stress" de la situation. Ça donne de la valeur aux choses et on sent que ce n'est pas une simple chorégraphie ..."

 

Savoir donner le degré de difficulté juste, qui amène un pratiquant hors de sa zone de confort, sans le faire tomber dans une zone de panique, est un travail essentiel. Ce n'est pas évident, particulièrement lorsque l'on rencontre un pratiquant pour la première fois, mais savoir évaluer est une capacité essentielle pour tout budoka, et l'une des choses sur laquelle on peut travailler en enseignant.

 

 

Besançon Tamaki 2013D60 4302

Pratiquants du matin

 

 

STEAM

Le stage m'a aussi donné l'occasion de rencontrer Frédéric V. en chair et en os. Vous pouvez le retrouver sur son blog Sciences du Tao - Etudes des Arts Martiaux, où il revient aussi sur le stage.

 

Rendez-vous en 2014

Stéphane et Aurore m'ont donné rendez-vous le dimanche 19 octobre 2014 :D

 

Merci à eux pour les photos qui illustrent l'article.

 

 

Besançon Tamaki 2013D60 4362

Pratiquants de l'après-midi

 

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alain lory 05/11/2013 06:44


bonjour Léo,


un stage passionnant,en effet. Merci Léo.

Léo Tamaki 13/11/2013 17:54



Merci Alain :-)


 


Léo


 



Frédéric 29/10/2013 17:44


Et dire que c'est à Besançon que j'ai fais la connaissance d'Alex qui habite en fait à 40 kms de chez moi ! Je suis bien content de savoir qu'un autre pratiquant dans le coin affectionne ton
enseignement. Depuis le stage on échange nos impressions par courriel et j'ai déjà le sentiment qu'Alex est très ouvert, curieux et dans un parcours d'apprentissage comme s'il découvrait l'Aikido
pour la première fois à chaque lendemain.( Alex tu me dois un verre maintenant que c'est dit )


Pour ce qui est du stage même et bien ... je parle à mon boken et mon iaito. Je leurs dis:" faut vivre ! Je vous laisse faire mes petits. Montrez à papa les mouvements".


En fait c'est ma fille qui riait ce matin. Elle a touché pour la 1er fois un boken et me suis dit: Peut être que sa manière de couper avec un biberon je devrais l'utiliser pour trancher avec mon
sabre .. héhé. Elle n'utilise que des muscles profond et pourtant ses giffles sont assez "lourdes", ses roulades sont dans la douceur et la légereté, pas de plaquette de chocolat sur le bidou
pourtant.


Bref, des petits exemples imagés des points abordés lors de ton stage. Il fut pour moi un second souffle. Pour résumer je dis: un Aikido plein de finesse. J'ai rien contre la testostérone, il en
faut, mais l'Aikido est un art plus grand que les méthodes qu'on a tendance à enseigner dans certains dojos.


Merci beaucoup Léo et à bientôt à Dijon.


Amicalement.


Frédéric.


 

Léo Tamaki 29/10/2013 18:41



Salut Frédéric,


 


Merci pour ton retour, et au plaisir de pratiquer de nouveau avec toi ;-)


 


Amicalement,


 


Léo