Publié par Léo Tamaki

"Aikido Women Instructors Seminars 2006" est une brève vidéo d'un stage de six enseignantes d'Aïkido. Les six adeptes que l'on voit pratiquer semblent toutes êtres des élèves de Yamada senseï, quatre d'entre elles enseignant régulièrement ou occasionnellement à son dojo.

 

 

 

 

On m'a plusieurs fois posé la question de l'absence de femmes au plus haut niveau de l'Aïkido. Il est vrai qu'à de rares exceptions près telles que Okamoto Yoko, Micheline Vaillant-Tissier ou Miyako Fujitani, peu de femmes sont haut gradées, et encore moins sont médiatisées.

 

 

Okamoto Yoko 01

Okamoto Yoko

 

 

A quoi cela est-il dû? Il n'y a probablement pas de réponse simple à cette question. Il y a sans aucun doute le fait que la plupart des femmes ayant une famille prennent plus de responsabilité dans ce domaine. Il y a aussi je crois le fait que malgré le discours politiquement correct arguant que "On n'a pas besoin de force en Aïkido.", cela reste trop souvent du domaine du vœu pieu. Je me souviens d'une scène en particulier.

 

Une femme demande à un haut gradé, 6ème dan, pourquoi il n'y a pas de cadre féminin. Il lui saisit les deux mains fermement et lui dit "Fais moi kokyu ho.". Une vie de pratique et plus de cinquante kilos les séparaient. Je vous laisse deviner à l'avantage de qui…

 

 

Marie Apostoloff 03

Marie Apostoloff

 

 

Il est vrai qu'une femme ne peut normalement sortir gagnante d'une compétition de force. Les femmes ne sont pas faites pour s'adonner au combat rituel. La compétition torse bombé est l'apanage des hommes. En revanche elles peuvent être très efficaces en combat de survie où il ne s'agit pas de lutter mais de survivre, et éventuellement de tuer. Et elles sont aussi parfaitement à même de guider sur une Voie. Elles devraient ainsi avoir toute leur place dans l'élite de l'Aïkido.

 

Une de mes fiertés est de compter plus de 40% de femmes à mes cours. Je crois qu'elles trouvent à s'épanouir dans un environnement où la technique ne doit pas s'appuyer sur des qualités athlétiques, qui sont par nature temporaires et relatives. Je suis fier de leur travail et de ce qu'elles apportent au dojo.

 

J'invite toutes les femmes qui sont intéressées par l'Aïkido à chercher des dojos où le travail sans force n'est pas un argument commercial mais une réalité. Ce n'est sans doute pas aussi fréquent qu'on le souhaite, mais ça existe sans aucun doute. Bonne pratique ;-)

 

 

Shizuka Sasa Tamaki 0153

Shizuka Sasa Tamaki

 

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Yanick 28/06/2012


Compliment compliment!!!

celine 29/06/2012


mouais ... au Kishinkan va bientot falloir inverser les vestiaires hommes/femmes ... moi j'dis ca j'dis rien :p  ... (une élève du Kishinkan)

Arnaud 29/06/2012


Bonjour Léo,


Je trouve que la réponse du haut gradé "Fais mois kokyu ho" est un raccourcis un peu simpliste ! Déjà parce qu'un tel écart de poids (ou de musculature) n'est pas exclusivement du à la différence
hommes-femmes : O-Senseï qui était un petit gabarri a bien fait une démonstration avec un lutteur sumo ! Et ensuite parce qu'on n'est pas obligé de répondre par kokyu-ho à une saisie ! C'est
tellement facile de dominer quelqu'un lorsqu'on exploite une faiblesse et qu'on lui demande de surcroît une réponse parmis les moins adaptées !


Sinon bel article, comme d'habitude ;-)


Amitiés,


Arnaud

jonathan 01/07/2012


Salutation Léo -san


bel article, bonnes photos et je suis complétement d'accord que le manque de féminines haut gradés ou en tout cas en France par rapport aux hommes est décévant, toutefois, la fédé fait des
efforts (il faut le dire tout de même) au travers la commission féminines autour MC Verne, le seseragi 48 en montre le travail. Sensei Takamizo m'a assez surprise pour la finesse de son travail
autant que son efficacité. Je me souviens que mon premier stage avec Corinne Masson (j'avais 15 ou 16 ans) était impressionnant, autant que Toshiro à l'époque. L'épouse d'o'sensei ne
pratiquait-elle d'ailleurs pas? Je crois savoir que l'épouse de waka sensei elle aussi pratique, pourquoi en ce cas, seul les hommes peuvent être doshu? Ou alors, il n'y a pas de règles? 
 


 


(http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CFAQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.ffabaikido.fr%2Ffr%2Fpdf%2FSESERAGI%252048.pdf&ei=FhTwT_PKHqub1AXanLzUDQ&usg=AFQjCNHL9wFhxyF3iPW29OhLrQ-ZvuSa0Q&sig2=MyTsUn5RdUI7UcekLhh_cQ)
voir p9.

Phil 01/07/2012


Hello,


Les différences sotn parfois dans les tetes ....





http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2012/06/au-nom-de-legalite-reduisons-les.html

hp 10/07/2012


bonjour - apres avoir vu les videos merci me faire savoir pourquoi les ukés "suivent gentiment " et pourquoi leur main libre ne sert a rien ???   il est vrai que mon sensei m'a toujours
dit que les ukes  sont  " dréssés" a suivre dans certaines federations !  cela est visible sur les videos - je ne pense pas qu'un "veritable attaquant " reagirait de la sorte si il
a l'opportunité d' une ouverture !! il me semble y avoir beaucoup trop d'ouverture sur les techniques realisées par les toris ! pas de controle du col lors des iriminage - exposition a un
atemi  de uke par sa main libre lors de nombreuses techniques i  ! que les ukés ne réagissent pas me genent enormement ! SAITO Sensei a toujours attiré l'attention sur les possibilités
d'atemi de uké si l'opportunité existe. bon il est vrai que la plupart des differentes pratiques de l'aikido " moderne" (si l'on peut dire ) n'a plus grand chose a voir avec l'enseignement d'un
budo -cela est peut etre dommage - il est vrai que si l'aikido etait toujours enseigné comme budo le nombre de pratiquant serait surement  tres tres inferieur ! on ne peut pas tout avoir
n'est ce pas - le beurre et l'argent du beurre  comme le dit le proverbe !! dernier detail qui me derange : la saisie de l'arme sur la photo (beaucoup trop basse je pense !!) désolé si mes
propos semblent bien incorrects pour certains - salutations - et bonne continuation -  

Lopo 13/07/2012


Au dernier stage d'aikido en avril christian Tissier nous a annoncé une bonne nouvelle pour les femmes. Il a dit qu'il y aurait pour la première fois 2 femmes à l'aiki expo au Japon => Yoko
Okamoto et Micheline Tissier. Espérons que ça ouvre la voie aux autres...

Salles de Sport Toulouse 15/07/2012


Un bel appel pour les femmes dans cette discipline particulière mais où elle pourrait s'épanouir tout autant qu'un homme

PHIL 20/07/2012


Bonjour Léo,


Shizuka pratique aussi l'Aïkido depuis longtemps ? Cette photo est Magnifique...Son attitude est parfaite, je vois une experte au Ken....!!!


A bientôt,


PHIL

Emmanuelle 27/07/2012


Ah les femmes et les tatamis, les hommes, les femmes, leur différence, et tout et tout...


Cela me rappelle les commentaires d'un des premiers acteurs noirs à avoir reçu un oscar pour sa prestation cinématographique; un journaliste, sans arrière pensée d'ailleurs, ni dans un sens ni
dans un autre lui avait demandé ce qu'il éprouvait à être le premier récompensé et s'il en était ému. Il avait juste répondu que oui,naturellement, mais qu'il le serait sans doute encore bien
plus, quand il serait récompensé juste parce qu'il est un très bon acteur, peu importe son appartenace ethnique...Il en va de même pour les femmes sur les tatamis...Le jour où on n'éprouvera plus
le besoin de mettre l'accent sur le fait que tel pratiquant est une femme...alors on aura pas mal avancer...Tamura Sensei s'était prononcé sur le sujet je crois, mais je ne me souviens plus où.
Peut être dans un journal d'arts martiaux, mais bon...je ne sais plus lequel. Il avait juste répondu que lorsqu'on pratiquait avec un partenaire, il était forcément différent de soi...point. QUe
sa différence repose sur le fait que ce soit une femme, n'était pas forcément plus déterminant qu'une autre différence...J'avais trouvé cela juste...juste:-) et très fin.