Budo no Nayami

Pourquoi l'Aikido est-il devenu inefficace ?

2 Août 2016 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Disparition de l'efficacité martiale de l'Aïkido en deux générations

Début des années 70. Alain présente son examen de nidan devant Tamura Nobuyoshi. Vif et volontaire, ce svelte pratiquant déroule une belle partition. Lors du travail au tanto, la voix de maître Tamura stoppe sèchement l'examen. Le uke qui attaquait sans engagement est invité à se rasseoir alors qu'il demande à un autre pratiquant, Yoshi, d'attaquer Alain correctement. Yoshi jaillit comme un ressort et attaque Alain avec toute l'intensité dont il est capable. La scène est impressionnante.

Durant le travail au tanto Alain, bien que touché quelques fois, aura fait face et su gérer la situation. Tamura senseï lui décernera volontiers un grade bien mérité.

 

Février 2016. Adrien, l'un de mes élèves, passe son sandan devant un jury de l'UFA. Lors du travail aux armes ses attaques sont posées, mais réalisées sans appels. Il touche à plusieurs reprises ses partenaires. Après une belle prestation, Adrien se voit décerner un sandan. Plusieurs membres du jury lui font toutefois remarquer qu'il est "trop martial", qu'il doit "aider ses partenaires en faisant des attaques avec appels".

 

Ces deux anecdotes sont authentiques, et je n'ai changé que les prénoms des protagonistes. La première m'a été racontée séparément par Alain et Yoshi, qui sont aujourd'hui tous deux shihans 7ème dan, et qui m'ont rapporté la scène de la même manière. La seconde m'a été directement racontée par Adrien.

 

Pourquoi l'Aikido est-il devenu inefficace ?

L'efficacité martiale est-elle nécessaire ?

Certains pratiquants défendent l'idée que l'efficacité martiale de l'Aïkido est inutile. Si chacun est en droit d'avoir une opinion, il m'apparaît toutefois que la nature même de l'Aïkido est ici en jeu. Je suis profondément convaincu que l'Aïkido doit évoluer. Néanmoins, plus qu'une évolution, il s'agit pour moi ici de l'amputation d'un de ses fondements.

 

Si les nombreux récits des prouesses du Fondateur de l'Aïkido et de ses premières générations d'élèves font occasionnellement preuve d'imprécisions, ils prouvent néanmoins sans l'ombre d'un doute l'efficacité martiale de leur pratique. Et il me semble fallacieux, même si l'on n'est pas intéressé par ce type de capacité, d'imaginer que l'on puisse atteindre la sagesse, qualité d'être, ou tout autre élément qui nous inspire chez les maîtres dont on se réclame et s'inspire, en vidant leur pratique de sa substance.

Les Budos peuvent nous amener à une meilleure qualité d'être en développant nos consciences, et en nous débarrassant de nos peurs. La première de ces peurs est celle pour notre intégrité physique. Et bien qu'une pratique martiale soit liée à un contexte particulier, une efficacité dans un domaine étudié aide à relativiser et dépasser cette peur, permettant de travailler ensuite sur d'autres éléments.

Par ailleurs, outre le fait que l'aspect martial permet de conserver une cohérence à la discipline, il permet aussi par son exigence de pousser le pratiquant dans ses retranchements, et lui donne ainsi des outils plus efficaces dans sa progression. Mais pourquoi et comment cet aspect a-t-il été perdu de vue ou relégué au second plan ?

 

Pourquoi l'Aikido est-il devenu inefficace ?

L'expression des dernières années d'un adepte

Malgré leurs évidentes spécificités, j'ai constaté de surprenants parallèles chez la majorité des maîtres dont j'ai étudié le parcours. En simplifiant à l'extrême, ils passent dans leur jeunesse par des années de formation intensive durant lesquelles ils sont à la poursuite d'une efficacité combattive. S'ensuivent quelques décennies durant lesquelles ils effectuent leurs recherches tout en diffusant une pratique où la martialité continue à s'exprimer de façon claire et évidente. Enfin, généralement aux alentours de la soixantaine, chacun consacre les années qui lui restent à travailler dans la direction qui lui parle le plus. A ce stade les préférences deviennent de plus en plus marquées, et les gestes vont par exemple, selon les inclinaisons de l'adepte, d'une amplitude extrême à un geste à peine esquissé. C'est une étape que seule la maîtrise de ces adeptes du plus haut niveau garde de la caricature. Un moment où leur art s'exprime librement, sans filtres, et apparaît dans toute sa pureté.

Mais c'est aussi le moment des plus grands dangers.

 

S'ils n'empêchent pas toujours leurs fidèles de les imiter, et que certains de ceux-ci ont le niveau pour le faire de façon juste, rares sont en revanche les maîtres arrivés à ce stade à demander aux élèves de reproduire leurs formes. Ainsi, si ils sont évidemment dans la justesse, on peut supposer qu'ils considèrent que l'expression qu'ils proposent est un aboutissement sur lequel on peut difficilement se reposer pour bâtir sa pratique.

 

Etrange situation où ce que fait le maître n'est sans doute pas le plus indiqué pour les élèves des premiers niveaux. Est-ce à dire qu'il y a une forme canonique commune à tous qui ne souffrirait d'aucunes modifications et à partir de laquelle le reste se développerait ? Je ne le crois pas. Alors à partir de quand les changements dans l'expression de la discipline par le maître deviennent-ils un frein au développement des bases ? La difficulté ici est qu'il n'y a pas de réponse simple à cette question compliquée.

 

L'humanité avance parce qu'elle a soif d'amélioration, pour soi comme pour son environnement et ses créations. Et la pratique martiale peut profiter de cet élan.

Arrivé à l'hiver de sa vie, il se trouve toutefois un moment où un adepte, consciemment ou pas, est plus soucieux de vivre son art, de pousser l'utilisation de son outil dans ses retranchements les plus profonds, que de l'améliorer. C'est l'instant où il devient le plus fascinant à suivre, mais aussi où il est le plus dangereux de l'imiter !

 

Pourquoi l'Aikido est-il devenu inefficace ?

Pourquoi l'efficacité martiale ne s'était-elle pas diluée dans les générations passées ?

Il y a beaucoup de facteurs qui ont permis aux pratiques martiales de ne pas perdre leurs fondements guerriers au cours des siècles. Au départ il y a eu pendant longtemps la menace réelle et quotidienne de la nécessité de défendre sa vie sur un champ de bataille ou au cours d'une attaque surprise. Nul doute que la cohérence martiale était au cœur des préoccupations de chaque adepte lors de ces périodes troublées.

 

Lorsque la menace se fit plus diffuse, le système de transmission permit toutefois de se préserver de changements majeurs brutaux et risqués. Le maître d'une école était assisté d'experts qui, lorsqu'il prenait de l'âge, se chargeaient de l'enseignement au quotidien. Il était alors libre, tout en restant à la tête de l'école, de se consacrer à sa propre pratique, et pouvait se permettre le luxe d'explorer et exprimer des niveaux de travail qui auraient échappé à des pratiquants trop novices.

Les adeptes qui assistaient le maître assuraient donc naturellement l'acquisition des fondamentaux de l'école aux pratiquants moins expérimentés, et notamment une expression martiale plus évidente. L'enseignement qu'ils transmettaient portait toutefois les améliorations que leur maître pouvait y avait apportées après des recherches et une réflexion poussées.

 

L'Aïkido suivit d'ailleurs pendant un certain temps un système comparable. Que l'on pense par exemple à Osenseï qui était entouré de nombreux experts jeunes ou dans la force de l'âge tels que Toheï Koichi, Nishio Shoji, Saïto Morihiro, Saotome Mitsugi, etc… qui se chargeaient de l'enseignement au quotidien. Nul ne niera qu'alors que le Fondateur ne faisait souvent plus qu'esquisser un geste dont le sens échappait à beaucoup, ils transmettaient une pratique dont la martialité ne faisait pas le moindre doute.

 

Osenseï entouré d’uchi-deshis. De gauche à droite, Kurita Yutaka, Shimizu Kenji, Scotome Mitsuki, Kanai Mitsunari, Toheï Akira, Ueshiba Kisshomari, Maruyama Shuji, Watanabe Nobuyuki

Osenseï entouré d’uchi-deshis. De gauche à droite, Kurita Yutaka, Shimizu Kenji, Scotome Mitsuki, Kanai Mitsunari, Toheï Akira, Ueshiba Kisshomari, Maruyama Shuji, Watanabe Nobuyuki

Comment le système de transmission s'est-il effondré ?

Malheureusement durant les quarante dernières années, un changement profond s'est installé subrepticement. Les adeptes "intermédiaires", formés à une époque où la guerre et la confrontation physique devenaient de plus en plus des constructions intellectuelles, n'ont pour la plupart pas développé une capacité martiale à l'égale de celle de leurs maîtres. Ecrasés par le statut d' "élève du Fondateur" de leurs enseignants, parfois la race même de ceux dont ils devaient être les relais, ils n'ont su pour la majorité se hisser à la hauteur de leur tâche.

En conséquence, sans maillons intermédiaires, les pratiquants ont reporté toute leur attention sur le "Maître". L'affection naturelle que les élèves portent à leurs professeurs s'est transformée en adulation, et les maîtres sont devenus des idoles.

 

Ainsi, alors que les maîtres mettaient pour la plupart délibérément le "réalisme guerrier" de côté pour accentuer certains principes qui leur tenaient à cœur, leurs gestes ont été considérés comme le summum de l'efficacité martiale. Et leur pratique en est venue à être considérée non pas comme une expression stylisée de leur art, mais une sorte de gestuelle à l'efficacité magique.

 

Avec de moins en moins de géants pour les guider, et des "experts" sans consistance au milieu, les pratiquants contemporains en sont aujourd'hui réduits à imiter des expressions de pratique sans finalité martiale, ou d'un niveau qui leur est totalement inaccessible. Ils se rabattent alors en majorité sur des chorégraphies auxquelles ils n'ont pas les moyens d'insuffler vie, et dans laquelle ils ne peuvent trouver de logique combative.

C'est ainsi que l'on passe en quarante ans d'un examen où l'on demande à un uke de retourner s'asseoir parce qu'il ne sait pas attaquer, à une parodie où l'attaquant est réprimandé pour son manque de complaisance…

 

Pourquoi l'Aikido est-il devenu inefficace ?

Que faire ?

Il n'y a bien évidemment pas de solutions magiques. Tout d'abord, il n'y a ici personne à blâmer. Comme de nombreuses illusions collectives qui ont émaillées notre histoire, celles-ci sont le fruit de notre soif d'absolu, de notre goût pour la magie et l'inexplicable. Et il est vrai qu'il est doux de s'imaginer des vieillards à l'extraordinaire efficacité, capables de se défaire de hordes de jeunes hommes vigoureux. Malheureusement, si je n'ai aucun doute sur le fait que les maîtres âgés conservent une potentialité martiale remarquable, je n'en ai aussi aucun sur le fait qu'ils nous offrent autre chose de bien plus précieux au crépuscule de leur vie. Et sur le fait que se tromper sur la nature de ce qu'ils nous présentent est à la source de la déliquescence de l'Aïkido.

 

L'Aïkido est une voie d'une extraordinaire richesse qui évolue, et doit continuer à évoluer. Si ces changements me semblent naturellement devoir impacter ses techniques, je pense qu'il faut être très prudent dans la reproduction non sollicitée des formes des dernières années des plus grands experts. En ayant constamment une cohérence martiale en ligne de mire, en remettant en place les différents échelons de la transmission, je suis confiant dans le fait que nous pouvons redonner à l'Aïkido ses lettres de noblesse, et son efficacité en tant qu'outil de développement humain.

 

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Pierre Le Bloa 16/04/2017 13:12

Bonjour,
Merci pour votre article. Pour avoir pratiqué un peu l aikido et du vietvodao avant puis du wingchun ensuite, il me semble qu'une formation pieds-poings peu être interressante à ajouter à des cours d'aikido ainsi que des sparrings, des randoris.
Christian tissier est allé faire du kick boxing pour compléter son approche, il me semble. Daniel Toutain est allé faire du wingchun pour réalisé plus tard avec Maitre Saito, que ces éléments étaient déjà dans l'aikido.
Il est intérressant de se former à d'autres pratiques, ne serait ce que pour avoir, un regard exterieur à sa propre discipline. La nourrir d'autre source et d'un autre regard.
L'écueil étant de parfois se mélanger les pinceaux en perdant le sens de sa pratique... Mais cela fait partie de la recherche martiale.
Bref, des modules pieds-poings peuvent être bien à intégrer à un cours, ou lors de stages mais cela doit être bien réfléchi et intégré ai programme pédagogique.
Cela demande des enseignants bien formés et des élèves bien préparés et qui souhaitent le faire.
Il y a toujours à creuser, et des pratiques complémentaires comme celles du yoseikan, de l'aunkai, du wingchun...(liste non exaustive) peuvent aider et aussi être l'occasion d'échanges avec des pratiquants ou enseignants de ces disciplines.
Nourrir sa pratique, apprendre, échanger, expérimenter et réfléchir. Le tout est de le faire dans un bon esprit.
Bien amicalement.

Léo Tamaki 25/05/2017 10:34

Bonjour,

"il me semble qu'une formation pieds-poings peu être interressante à ajouter à des cours d'aikido ainsi que des sparrings, des randoris."
C'est une piste en effet. A mon sens cela fait toutefois courir le risque de dénaturer l'Aïkido. Faire du pieds poings pour savoir ce dont il s'agit peut-être intéressant. Mais intégrer ce type de mouvement est un pas qui me semble aller trop loin.
Tout comme le sparring qui est du domaine du combat rituel, d'un combat où l'on accepte de se confronter. Différent d'un combat de survie où l'on refuse de rentrer dans un affrontement avec des règles implicites ou explicites. En revanche le travail libre, les exercices à haute intensité, sont des outils qui peuvent être utilisés sans dénaturer l'Aïkido. Et j'y ai fréquemment recours dans mon enseignement.

"Christian tissier est allé faire du kick boxing pour compléter son approche, il me semble. Daniel Toutain est allé faire du wingchun pour réalisé plus tard avec Maitre Saito, que ces éléments étaient déjà dans l'aikido."
Oui ces experts ont une vaste expérience. Au final ils ont toutefois su préserver la nature de l'Aïkido. Et si certains de leurs disciples ont une expérience en sports de combats, ils n'ont par exemple jamais introduit de sparring dans leur enseignement.

"Il est intérressant de se former à d'autres pratiques, ne serait ce que pour avoir, un regard exterieur à sa propre discipline. La nourrir d'autre source et d'un autre regard.
L'écueil étant de parfois se mélanger les pinceaux en perdant le sens de sa pratique... Mais cela fait partie de la recherche martiale."
Tout à fait.

"Bref, des modules pieds-poings peuvent être bien à intégrer à un cours, ou lors de stages mais cela doit être bien réfléchi et intégré ai programme pédagogique.
Cela demande des enseignants bien formés et des élèves bien préparés et qui souhaitent le faire."
C'est assez compliqué dans la mesure où c'est un travail qui sort du contexte de l'Aïkido, et qui comme vous le soulignez, peu ne pas intéresser tout le monde. Sans compter qu'il faut avoir soi-même une solide expérience pour le proposer. Je pense qu'il est plus sage que ceux qui le souhaitent aillent expérimenter par eux-mêmes.

"Il y a toujours à creuser, et des pratiques complémentaires comme celles du yoseikan, de l'aunkai, du wingchun...(liste non exaustive) peuvent aider et aussi être l'occasion d'échanges avec des pratiquants ou enseignants de ces disciplines.
Nourrir sa pratique, apprendre, échanger, expérimenter et réfléchir. Le tout est de le faire dans un bon esprit."

En effet la découverte d'autres disciplines est un enrichissement :-)

Bien amicalement,

Léo

Eric 29/03/2017 14:33

Bonjour à tous,
Je lis vos propos avec un double sentiment.
Celui que vous avez un vrai soucis de préservation de cet art, et votre démarche est donc tout à fait honorable.
Cependant, je crains que votre lecture des choses ne se fasse que du point de vue haku : vous n'abordez que l'aspect jutsu en réalité, en tournant le dos à la dimension kon nécessaire à la complète pratique.

L'aspect ésotérique de l'aikido a été galvaudé, charlatanisé et finalement enterré par la plus grande partie des écoles. Or, il est impossible que l'aikido s'exprime hors de la dimension kon ... La compétition ne peut y trouver sa place car elle dénaturerait le fondement même de ce qu'est l'aikido en ne le plaçant que dans la dimension haku.

Or, l'aikido a besoin à la fois d'une dimension matérielle, et d'une dimension spirituelle à travers l'acceptation de son aspect ésotérique. je crois que c'est l'abandon de cet aspect qui manque aujourd'hui à l'aikido.

Léo Tamaki 29/03/2017 15:27

Bonjour Eric,

Merci pour votre commentaire. J'ai en effet un souci de préservation de l'Aïkido. Il est vrai que j'aborde beaucoup l'aspect physique, un peu l'aspect éthique, et que je ne m'aventure pas dans le religieux. Cela pour plusieurs raisons. D'une part mon expérience m'a amené à constater qu'une pratique "juste" amène des changements profonds ai niveau du kokoro. D'autre part cela semble naturel tant haku et kon sont interdépendants. Une opinion partagée par Osenseï comme le rapporte son fils Kisshomaru. Enfin, j'ai questionné directement les maîtres Abe Seïseki, Sunadomari Kanshu et Sasaki Masando sur les aspects religieux. CHACUNE de leurs réponses fut différente de celles des autres XD Voyez la difficulté de suivre un enseignement technique, et imaginez celle d'en suivre un ésotérique :-) Mais j'ai le plus grand respect pour ceux qui le font.

Il est par ailleurs à noter que Ueshiba Moriheï lui-même ne demandait aucune pratique religieuse à ses élèves. Et si je ne vois bien évidemment aucun mal à ce que quiconque explore la religion en rapport avec l'Aïkido, je pense comme Ellis qu'Osenseï considérait que la pratique de l'Aïkido se suffisait à elle-même, et je partage cette opinion :-)

Bonne recherche,

Léo

Abdoulaye Tapely 26/09/2016 17:50

Bonsoir,
J'ai été beaucoup impressionné par ces différentes critiques faites à l'aïkido. Pour conserver l'efficacité de l'aïkido, il faut le promouvoir comme art martial compétitif sur la scène internationale. En plus de ses effets bénéfiques sur la santé de l'homme tant sur le plan physique que mental, il faudra penser à l'aspect finance. Toute activité qui ne génère pas de l'argent, s’épanouit très difficilement. Donc je pense qu'il est temps de mieux réfléchir sur cet aspect compétitif. Tout art provient d'une civilisation, c'est en l'adaptant au temps moderne qu'il dévient efficace et s'épanouit très facilement. Je suis pratiquant d'aïkido dans un dojo de place à Ségou au Mali. Je vous remercie et vous souhaite du courage.

Léo Tamaki 02/12/2016 13:28

Bonjour,

Merci pour ce témoignage :-)

Léo

Eddy Wolput 01/12/2016 13:26

Je suis un adepte du Aikido Tomiki, un aikido competitive. La competition, je crois, n'est pas une solution pour l'efficacité martial. Dans la competition il y a un livre avec des regles, et pour gagner on doit suivre les regles. L'entrainement competitive est different d'une entrainement martiale. Pour Kenji Tomiki il y a 2 formes d'entrainement : randori et kata. Le randori s'effectue dans la distance de rikakutaisei, la distance ou on doit faire un "tsugi ashi" ou "ayumi ashi" pour faire une attaque. Randori pour Kenji Tomiki est un forme sportive d'un art martial. Les kata sont les etudes des aspectes martiales. L'origine des kata est l'enseignement de Morihei Ueshibe pendant les annees 1926-1945.

Léo Tamaki 04/10/2016 15:26

Bonjour,

L'introduction de la compétition, même si elle va à l'encontre des souhaits du Fondateur, est en effet une piste. Pas celle que je favoriserai, mais elle peut être une partie de la solution, une des évolutions de l'Aïkido, qui permettrait d'éveiller l'intérêt pour l'aspect non-compétitif. Cela n'a pas marché pour le Judo, mais ça a à peu près fonctionné pour le Karaté.
En ce qui concerne l'aspect financier, oui il faut arrêter l'angélisme et être réaliste. Mais cela va à l'encontre de l'image que beaucoup ont de la pratique martiale, et cela est donc compliqué à gérer.

Bonne pratique au Mali :-)

Léo

Richard McKngiht 06/09/2016 11:34

"Aikido autrefois art Martial" voici les mots de Maitre TAMURA lors d'un stage en 1985... la question se posait déjà de son efficacité. On parle beaucoup du côté "martial" mais c'est quoi au juste? S'enfermer dans des postures rigides confortables où on annonce attaque libre mais surtout pas "mae geri".
L’aïkido devient triste et la fuite des adhérents confirment cela.... ils se prennent pour des petites samouraïs mais la grande majorité est incapable de mettre un tsuki crédible car il faut le reconnaite du côté du karaté on se moque de nous et même du taekwondo de Maitre LKY.

Combien de fois j'ai vu des Shihans( ou des chiants) se prendre des yokomens et dire à uke tu attaques avec la mauvaise main..... pathétique et bien sur cela se répercute sur les aikidokas qui ne sont plus capables de s'adapter même arriver au 4D

Bref avant de chercher l'efficacité ou "martial" qu'on arrête de parler de fluidité ou disponibilité, car un simple danseur de break fait grandement mieux que les "meilleurs" uke au niveau chute, revoir comment donner un bon tsuki avec un bon engagement ca sera déjà bien.

Léo Tamaki 17/10/2016 11:53

Merci pour ce commentaire Richard. En effet le problème ne date pas d'aujourd'hui, et les uchi-deshis d'Osenseï en étaient sans aucun doute plus conscients que quiconque...

Quant à définir la martialité, c'est effectivement un sujet très complexe. Il y a beaucoup de contextes différents, et les disciplines sont développées en ayant un ou deux d'entre eux à l'esprit. Après il reste souhaitable que l'on soit tout de même mieux armé qu'un individu lambda, quel que soit le contexte prévu par la discipline.

Les postures rigides et l'incapacité de réaliser une attaque correcte sont en effet la marque de fabrique de trop de dojos d'Aïkido...

En espérant que vous ne soyez pas trop désabusé tout de même, et preniez toujours plaisir à la pratique :-)

Léo

Gilles 05/09/2016 11:28

Bonjour, Il faut peut etre aller vers des discipline, comme l' Aikibudo, qui a su garder le coté Martial. Le "BU" est là pour en témoigner

Léo Tamaki 04/10/2016 15:34

:D Un nom ne suffit pas à donner un contenu et du sens ;-) L'Aïkibudo est une pratique que je respecte, et j'ai beaucoup d'admiration pour son Fondateur. Elle me semble néanmoins prédisposée à souffrir, même si sans doute dans une moindre mesure, d'à peu près les mêmes problèmes. La présence charismatique d'Alain Floquet permet de contenir les problèmes aujourd'hui, et je m'en réjouis. Mais les germes du problème me semblent aussi présent chez ce frère de l'Aïkido.

Léo

Jean René 29/08/2016 20:00

Je trouve cette réflexion d'une grande finesse et honneteté intellectuelle, merci. Si je pouvais me libérer les jours où vous donnez cours, je le ferais. Pouvez vous me donner les références d'autres Maîtres enseignant à Paris dans cet état d'esprit? Toutes mes salutations et bonne continuation.

Léo Tamaki 04/10/2016 15:35

Bonjour,

En région parisienne je vous invite, en fonction de votre localisation et de vos disponibilités, à aller voir des gens tels que :
Brahim Si Guesmi
Philippe Cocconi
Marc Bachraty

La liste n'est pas exhaustive, et je suis loin de connaître tous les enseignants ;-)

Léo

T. Vimal 24/08/2016 21:21

"Disparition de l'efficacité martiale de l'aïkido" ? Ah oui ? Je ne suis pas légitime pour discuter aïkido avec M. Tamaki. En termes d'efficacité martiale, par contre... Il y a l'idée romantique qu'on se fait de la noblesse de l'esprit martial d'antan, l'aspiration à des "nourritures authentiques"... Et puis il y a la guerre qu'on se prend bien dans la gueule. Là, on sait ce qui est efficace ou non, et comment et pourquoi. Merci à mes sensei et sampaï. T. Vimal

Léo Tamaki 04/10/2016 15:39

Hmm, je ne suis pas certain que vous ayez compris le sens de mon post...
Je n'ai aucune illusion sur la guerre, et je sais que tout est question de contexte, comme je l'ai écrit dans l'article :

"Et bien qu'une pratique martiale soit liée à un contexte particulier, une efficacité dans un domaine étudié aide à relativiser et dépasser cette peur, permettant de travailler ensuite sur d'autres éléments."

Je n'ai par ailleurs, et vous pourrez vous en rendre compte en lisant d'autres articles du blog si cela vous intéresse, aucune illusion romantique sur l'affrontement.

Léo

colombero 19/08/2016 16:18

j'ai pratiqué l'aïkido pendant longtemps et j'y ai pris beaucoup de plaisir mais forcé de constater la dérive qui a eu lieu avec le vieillissement des maitres et le mimétisme de leurs pratiques. j'ai fini par me tourner vers d'autres disciplines mais je reviendrais à la pratique quand je sentirais que c'est le moment de la retraite

Léo Tamaki 04/10/2016 15:43

Beaucoup de singeries en effet...
En espérant que vous reprendrez la pratique :-)

Léo

Sandra 19/08/2016 11:24

Excellent article comme toujours Léo !
Qui rejointes choses vues, entendues ou lues au cours de mes années de pratique.
La solution n'est pas simple, surtout dans un monde où nous ne combattons pas pour nos vies toutes les 5 mn.
Ce qui n'est pas simple non plus est de ne pas céder à la tentation d'aller chercher ailleurs cette efficacité. Ou alors, il faut réussir à extraire ailleurs dans d'autres disciplines, des choses qui nourrissent l'aïkido.
Une chose est sûre, ce que j'apprécie dans ta pratique est justement l'alliance de la recherche d'efficacité avec autre chose, d'extrêmement subtil, qui en fait la beauté ET la complexité.
A bientôt sur les tatamis ! ;))
Sandra

Léo Tamaki 04/10/2016 15:45

Merci Sandra :-)

Effectivement il est tentant de chercher des réponses ailleurs. Mais je crois que l'exploration de notre discipline est bien suffisante comme tu le sais. Par contre... c'est difficile XD

Léo

Satya 17/08/2016 22:42

Bravo

Léo Tamaki 04/10/2016 15:45

Merci :-)

Léo