Budo no Nayami

Le tsuki de Hino senseï (suite)

25 Mars 2008 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Mars 2008

Voici la suite des explications sur le tsuki de Hino senseï.

Comme je le disais dans le post précédent Hino senseï a démontré lors du stage l'une des formes qu'il pratique, celle utilisant le déplacement du corps. Dans la vidéo ci-dessous prise le jeudi (la première a été prise le lundi), Hino senseï revient sur ce travail.





Un tsuki contre un adversaire revêtu d'une armure
Un soir Hino senseï nous expliqua lors d'un dîner qu'actuellement les frappes utilisées étaient toutes superficielles. Le maximum qu'elles pouvaient faire était de briser un os. Il expliqua que dans le temps passé certaines écoles avaient développé un travail de frappes. Evidemment à cette époque les adversaires avaient de grandes chances d'être en armures aussi une frappe superficielle n'aurait pour effet maximum que de la briser. L'effet des atemi devait donc traverser l'armure. C'est dans cette direction qu'il a cherché et il est parvenu à des résultats... significatifs pour dire le moins.

Dans le temps le dojo de Hino senseï était plein de... voyous. Evidemment un dojo où les combats se font sans règles, où il est permis d'attaquer les parties génitales ou les yeux attire rarement les cols blancs.
Bref il demanda donc à ses élèves si l'un d'entre eux accepterait de tester la frappe qu'il avait développée. Un grand voyou accepta et Hino le frappa légèrement sur l'abdomen de la main ouverte. Le colosse vacilla légèrement mais sans plus et Hino senseï resta dubitatif quand au résultat de ses recherches.
Quelques jours lus tard le voyou revint et expliqua qu'il n'était pas venu entre-temps car à la suite du coup il était resté chez lui, passant son temps cloué au lit ou aux toilettes.


Frapper à travers plusieurs personnes
Dans la vidéo ci-dessous on voit Hino senseï frapper un de ses élèves à travers deux présentateurs télé. Il raconte que comme les animateurs étaient très raides il a dû éxagérer sa frappe pour qu'elle atteigne son élève. On le voit d'ailleurs faire une première frappe sans effet à 1,42. L'élève recevra dans l'émission plusieurs coups qui comme toujours semblent assez faibles.





Le soir, l'enregistrement de l'émission terminée, l'élève repart chez lui en voiture comme à son habitude. Après quelques kilomètres il est obligé de s'arrêter en montagne pour vomir. Il aura un arrêt de travail et devra rester chez lui plusieurs jours suite aux douleurs abdominales dues au "léger coup" de Hino senseï.


Frapper les mains ouvertes
Durant le temps où il était à Paris il y eut une journée où Hino senseï voulut rester tranquille et nous avons passé notre temps à regarder des vidéos d'arts martiaux. Ce fut très intéressant d'écouter ses commentaires et j'en reparlerai plus tard. Une des choses qu'il m'a dites ce jour-là est que le véritable combat se fait généralement les mains ouvertes. C'est une chose que j'avais déja lue et entendue à l'occasion mais aussi expérimentée à chaque fois que je me suis battu. Une des raisons pour lesquelles il m'apparaît essentiel lorsqu'on pratique en Aïkido de ne jamais fermer la main et encore moins mettre de force lorsqu'on saisit. Que l'on soit tori ou uke.

C'est une chose essentielle dans le travail des exercices comme en Shinbukan, mais qui est aussi valable pour tous ceux qui cherchent un travail d'application. Une saisie bloquée ne permettant pas de travailler les principes recherchés et ne correspondant pas à une situation réelle, elle ne sert qu'à apprendre à employer au mieux sa force et non pas apprendre une autre utilisation du corps.
Entre parenthèses j'ai visité plusieurs maîtres qui considéraient que l'Aïkido était une méthode excellente pour apprendre à se servir au mieux de sa force. Certains le disaient en étant fiers, d'autres désabusés que l'art ne représente plus que cela...

Pendant très longtemps j'ai bloqué mes partenaires et je leur ai demandé de me saisir fermement. A l'époque où je faisais beaucoup de musculation j'arrivais à serrer si fort (uniquement des partenaires costauds) que souvent mes partenaires n'arrivaient plus à ouvrir leurs mains,  qu'elles changeaient de couleur et qu'ils me demandaient parfois de les lâcher.
Hormis que je n'ai absolument plus la même force je me rends compte aujourd'hui de la stupidité de cette attitude et surtout de la perte de temps. Aujourd'hui je pense qu'il est acceptable de laisser les jeunes pleins de testostérone pratiquer ainsi occasionnellement. C'est par contre inutile et idiot pour les personnes de plus de vingt-cinq ans et les femmes.


Stage d'Aïkido à Herblay les 12 et 13 avril
Je donnerai un stage à Herblay les 12 et 13 avril, le samedi de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 17h30, le dimanche de 9h30 à 12h30.




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Lissorgues Emmanuel 30/11/2013 13:15


Bonjour Léo, ayant fait 2 stages de Systema avec Sinicha Jeftic et découvert les frappes "relâchées" de cet art martial russe, je ne peux m'empêcher de penser qu'il y beaucoup de points communs
avec le travail de Hino senseï... qu'en penses-tu ?


 

Léo Tamaki 05/12/2013 14:15



Bonjour Emmanuel,


 


Je ne saurai dire, n'ayant pas expérimenté les frappes de Sinicha. C'est tout à fait possible :-)


En tout cas il me semble qu'en Systema il y a un accent important porté sur l'écoute et le contrôle du corps, en ce sens déjà ce sont de gros points communs.


 


Léo


 



Mat. 14/04/2008 00:25

Merci beaucoup Léo pour l'attention dispensée samedi matin.Expérience très intéressante pour moi que ce stage, qui vient juste à point pour mettre en matière les notions sur lesquelles nous avions déjà échangé parmi les présents commentaires, et me permettre d'éviter un certain nombre d'écueils dans ma pratique. Je suis encore désolé de n'avoir pas pu rester tout le WE, et j'espère pouvoir malgré tout profiter au mieux de ce que j'aurai pu retenir. Enthousiaste pour les prochaines occasions. Merci encore et à bientôt ! :-)

Léo Tamaki 14/04/2008 03:20


Bonjour Mat,

Merci pour ton message. Je me demandais ce que vous aviez pu penser car c'est sans doute assez éloigné de votre pratique haituelle. Merci en tout cas pour votre curiosité et votre ouverture.

Très amicalement,

Léo


Bruno 05/04/2008 12:31

Bonjour Léo,Une petite question bassement terre à terre, Peut on se garer facilement au dojo de herblay?Merci d'avance et probablement à la semaine prochaine.Bruno

Léo Tamaki 09/04/2008 13:55


Bonjour Bruno, Un parking immense qui sera très certainement quasi-vide. Pas de soucis de parking à l'horizon ;-) Léo


Furansuzen 26/03/2008 21:04

Bonsoir à tous, pratiquants de vénérables Arts Martiaux... Normalement, les Arts Martiaux nous apprennent à mieux nous pondérer,... Restez Zen... Merci... :-)Bises à toi Léo et merci pour ton super blog...Furansuzen

Léo Tamaki 27/03/2008 20:04


;-)

Merci,

Léo


Stéphane (Belgium) 26/03/2008 14:49

Les yeux noisettes voient tout ;o)))

Rose 26/03/2008 13:46

ha...Bonne nouvelle...au mois d'octobtre alors...:)

Léo Tamaki 26/03/2008 19:44


Probablement oui :D

Léo


Mat. 26/03/2008 11:32

Oups ! tu avais déjà répondu à Bruno le temps que j'écrive mon "commentaire". Ces messages ce sont croisés, du coup je te prie de m'excuser pour m'être un peu appesanti sur le sujet ... bonne fin de journée :-) !Mat.

Léo Tamaki 26/03/2008 11:40


Pas de soucis, bonne fin de journée ;-)

Léo


Mat. 26/03/2008 11:21

Bonjour Léo,Encore merci pour tout ce temps que tu consacres à nous documenter, à livrer tes réflexions, à nous répondre quand nous te sollicitons, ... Je vais tacher de ne pas en abuser, mais - te priant de m'en excuser, je tiens à clarifier encore quelques bricoles avant de retrouver le "silence" :-).En premier lieu, il est possible que j'interprête mal les recommandations que mes professeurs nous transmettent de leur professeur. La vision que j'ai de ma pratique n'engage que moi, elle est peut-être erronée, et l'échange que tu nous permets d'avoir sur le sujet me permettra j'espère d'avoir un regard plus critique et qui sait plus mature sur les questions abordées.Je remercie aussi Bruno d'avoir complété ce que je voulais dire, mais tu auras compris que je me méfie du qualificatif "martial" lorsqu'il s'agit d'exercices effectués sur un tatami dans un dojo confortable, avec des gens qui ne sont pas là pour nous démolir.Beaucoup de pédagogies utilisent pour amener vers une certaine martialité, des "éducatifs", une "codification", qui à mon sens n'ont rien de martial.Chez nous, comme l'a dit Bruno, une partie du travail des formes de base se fait de façon statique sur des conventions d'attaques bien déterminées. Je ne crois pas que ce ne soit propre qu'à notre école, mais je conçoit aisément que ce ne soit pas le cas dans toutes les écoles, et je suis d'autant plus intéressé par les méthodes qu'utilisent ces autres pédagogies pour traiter le problème de l'apprentissages des bases.Ce travail kotai statique n'est pour nous qu'un alphabet qu'il nous faut apprendre à lire aisément et à écrire proprement pour apprendre pas à pas à former des mots qui - une fois assemblés, nous permettront - j'espère, avec un peu de génie et beaucoup de temps et de travail, à produire et apprécier à terme une certaine forme de "littérature", dont l'efficacité martiale ne laissera place au doute :-).Bien sûr cela passera par des formes d'exercices plus libres toutes en sensation et non dénuées de risques, où la force brute ne conservera qu'une petite place dans le champ des paramètres qui conditionnent la réussite de l'"entreprise" dans un contexte martial.Merci de ta patience et de celle de tes lecteurs, bien à vous et à bientôt j'espère sur les tatamis, car comme tu l'as si bien dit les mots ont leurs limites :-).Mat.

Léo Tamaki 26/03/2008 11:36



Bonjour Mat,

Merci pour ton message qui me touche.

Je pense que tu comprends bien ce que te disent tes enseignants car c'est ce que je crois comprendre aussi lorsque je vois la pratique, les cours, ou lis les enseignements de certains
maîtres.
Je reste persuadé que des pratiques différentes, voire opposées peuvent être justes. Le chemin que tu suis est pour l'instant différent du mien sur certains points mais il est tout aussi juste à
mes yeux. Ce qui importe est de faire ses choix en connaissance de cause et pour cela il faut avoir l'esprit ouvert et c'est clairement ton cas.

Bien sûr le qualificatif martial est aujourd'hui un peu employé à tort et à travers. Et les exercices peuvent être dénué de martialité sans être inutile. Le danger est lorsque les exercices ont
une apprence martiale mais qu'ils ne le sont pas (car ce sont de simples exercices). Certains pratiquants y voient alors une finalité ou les fondements d'une pratique.

Par rapport au qualificatif martial il faut bien sûr l'utiliser avec précaution mais je ne crois pas non plus qu'il s'agisse obligatoirement de situation de combat réelle mais d'une logique.
L'entraînement peut (doit?) passer par des étapes d'intensité extrême mais se passe généralement dans le calme sans pour autant perdre ce contexte martial.

En tout cas vous avez clairement démontré l'intérêt et une manière juste (à mes yeux) d'aborder le travail statique.

Merci et à bientôt,

Léo



Stéphane (Belgium) 26/03/2008 10:05

Bonjour Léo,Je ne vais pas écrire sur Hino Senseï ni sur Kuroda Senseï que, helas, je ne connais que de nom. Juste te dire que tes explications précises ne me donnent que l'envie de continuer à étudier dans cette idée de sans-force et de relachement (à qd le prochain stage en Belgique?;o)). Pour l'anecdote, j'ai un jour vu Tamura Sensei "exploser" l'arcade sourcillière de son aite d'un coup de jo (yokomen), celà saignait énormément, le pratiquant de haut niveau (français) dont j'étais le partenaire à eu alors cette réflexion "on oublie souvent que celà reste un art martial". Je ne pense pas que Tamura Senseï aie eu l'intention de blesser intentionnellement mais plutôt que l'uke s'est mal placé à un moment et qu'il est entré dans une sphère dangereuse.Comme quoi, il arrive aux maîtres de blesser autrui..., comme tu l'écris.Encore bravo pour tes supers articles qui nous amèment à réfléchir sur nos façons de pratqiuer et d'enseigner.A bientôt.

Léo Tamaki 26/03/2008 11:14


Salut Stéphane,

On a dit vers fin octobre non :D Merci pour l'anecdote.

Effectivement les accidents sont inévitables si on pratique beaucoup et longtemps. Il y a cela dit des maîtres qui ont blessé beaucoup d'élèves par leur intransigeance. Certains parfois même
volontairement... Mais ils sont rares.

A bientôt,

Léo


Bruno 25/03/2008 22:32

Bonjour Leo,Un petit commentaire en passant pour réagir à tes posts et au commentaire de Mat. (que je pense sans me tromper connaitre).Le travail (go no keiko ou kotai) dont il parle même si il est en départ statique et avec de forte contrainte, n'exclu pas l'aspect martial. En aucun la saisie ne doit être considéré comme un fin en soit un but en tant que tel. elle doit permettre un prise de controle ou encore un enchainement vers autre chose (technique ou frappe). Elle n'a donc pas vocation à être un vulgaire essorage de poigné. Mais je t'accorde que c'est un travail de tout les instants pour ne pas tombé dans une gueguerre stérile et sans intéret entre uke et tori!!Tu sites à raison les hanches et les jambes, une partie de ce travail et justement de change là façon de d'utilisé sont corps pour que l'on apprenne à utiliser ses hanches, ses appui, la gravité... plutot que la force brute.Tout cela n'est evidement pas une fin en soit et il faut evidement passer à d'autre forme de travail plus libre et sensitif.La recherche sur les intentions est un axe de travail passionnant et qui offre des prespectives de travail infinie!!Mais pour revenir sur le travail très relaché, tu me contredira si je me trompe, il demande lui aussi une rigueur martial de la part de uke sans faille pour ne pas tomber dans des travers de personnes, qui croyant conpenser une tension ou une intention, se placent dans des situations martialement abérrante!!tout ca pour dire que pour chaque de travail choisit, il faut être particulièrement vigilent sur ce quoi il améne et son but précis.Et je ne doute à aucun moment que des Maitre comme Kuroda ou Hino ai fait ce travail d'analyse.Bon j'arréte avant de dire n'importe quoi!Merci pour tes blogs particulièrements intéressants.Bruno

Léo Tamaki 26/03/2008 10:33



Aaargh non, pas des gars de Tenchi :D Vous faites partie des rares pratiquants (tous courants confondus) dont j'apprécie la pratique (pour ceux d'entre vous que j'ai rencontrés). Il est donc
évident que votre enseignement (bien que je n'y ai jamais assisté) soit tout à fait correct.

Je ne tiens pas à rentrer trop dans une polémique avec les gens qui défendent le go no keïko avec saisie forte parce que je vais voir mon site atomisé par les commentaires :D Mais pour le plaisir
d'échanger je vais te répondre brièvement.

Je suis certain que le but d'une saisie forte n'est pas un "essorage de poignets". Mais s'il s'agit d'une étape intermédiaire je ne pense pas qu'il y ait le temps de saisir fort. Cela si tu
admets qu'une frappe ou une technique nécessite un relâchement pour être effectuée. Comme un boxeur ne se contracte à aucun moment intermédiaire d'une frappe... Et pourtant la boxe est
l'archétype du sport de combat, éloigné du concept martial.

Pour moi la saisie forte peut-être un travail occasionnel au plus. Bien pratiqué comme cela semble être le cas chez vous cela donne apparemment de bons résultats. Si cela est cohérent et logique
dans votre recherche par rapport au but recherché c'est l'essentiel ;-)

Pour finir sur les hanches et les appuis, comme je le disais, pour moi ce type de pratique est intéressant pour des personnes au physique solide qui pourront développer une puissance. C'est loin
d'être mon cas :D

Il y a plusieurs chemins de pratique. Celui qui insiste sur la puissance, la stabilité, l'enracinement (et qui n'est pas exclusif de souplesse). On retrouve dans ce groupe la plupart des Taï Chi
et de nombreux styles de karaté.
Il y a aussi les écoles qui insistent sur la légèreté. En Shinbukan le principe de "corps flottant" et la "méthode sans appuis" sont par exemple développés. Hino senseï insiste sur un travail
différent mais proche sur l'absence d'appuis. Le Judo de Mifune Kyuzo me semble aussi être un bon exemple de corps flottant.

Je ne pense pas que l'une ou l'autre de ces méthodes soient fondamentalement supérieures. Il faut choisir celle qui convient à notre caractère et notre morphologie. (C'est plus facile quand les
deux sont liés :D).

Quand à la nécessité de la rigueur dans le travail relâché tu as parfaitement raison! Combien s'illusionnent dans un travail "souple"... synonyme de complaisance. La difficulté d'éviter le
travail mal compris est au moins aussi grande qu'avec un travail puissant.

Merci pour la lecture et le commentaire.

Amicalement,

Léo