Budo no Nayami

Si vous êtes plein de compassion, alors la violence est permise pour se défendre

5 Octobre 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

"Si vous êtes plein de compassion, alors la violence est permise pour se défendre."




Cette phrase est issue d'une interview… du Dalaï Lama réalisée par François Gautier en mars 09 sur laquelle je suis tombée sur le site du Point.





Beaucoup s'interrogent sur la dichotomie entre le discours de l'Aïkido et ses techniques. Ma compréhension est que le message de l'Aïkido est un message de compassion. Cela n'exclut pas d'avoir à couper lorsqu'il s'agit de la seule solution possible, et les paroles du Dalaï Lama me semblent aller en ce sens…

Il est évident que de nombreuses techniques d'Aïkido sont destructrices et, à moins qu'il y ait un écart considérable, il n'est pas possible de maîtriser quelqu'un qui s'y oppose sans lui occasionner de dégâts ou sans qu'on puisse l'empêcher de se blesser lui-même. Croire le contraire me semble potentiellement dangereux. En revanche je crois comme le dit le Dalaï Lama que, "Si vous êtes plein de compassion, alors la violence est permise pour se défendre.". Mais la suite de son message est très importante: "Cela dit, une fois que vous avez commis quelque violence, même si au départ votre motif est juste, on ne peut jamais prédire quels effets cette violence va avoir sur vous car, comme je l’ai déjà dit, la violence engendre la violence."


Comprendre le message d'Osenseï
Je crois que les mots du Dalaï Lama auraient pu être prononcés par Osenseï et que s'il ne l'a pas fait c'est que cela était pour lui, et son auditoire, une évidence.

Pour comprendre le message d'Osenseï une solution est d'étudier ses paroles. Ses paroles nous sont parvenues à travers ses écrits, ses films, enregistrements audio et par le témoignage de ses élèves. Parmi elles, et sans que cela justifie d'écarter les autres, les seules sur lesquelles nous puissions avoir une certitude absolue sont évidemment celles que l'on entend prononcées de sa bouche. Par ailleurs une difficulté supplémentaire vient du fait que pour la plupart des pratiquants ses paroles sont étudiées traduites, et encore plus souvent traduites d'une traduction…
Enfin il faut, pour comprendre le message d'Osenseï, pouvoir replacer les choses dans leur contexte culturel et historique. Tâche ardue s'il en est.

Osenseï est une figure mythique dont l'image sert la diffusion de la discipline. Il y a bien longtemps que certaines questions à son sujet sont éludées. Le temps passant je crois que les erreurs d'interprétation sur cet incroyable personnage ne feront que s'amplifier. C'est bien regrettable.


Voici le passage de l'interview dont j'ai tiré les citations:

Comment combattre le terrorisme ?
Du point de vue bouddhiste, si votre motif est sincère, si vous êtes plein de compassion, alors la violence est permise pour se défendre, ou pour combattre une autre violence qui cherche à faire le mal. Les dieux grimaçants de nos temples tibétains sont d’ailleurs les incarnations de cette violence pétrie de compassion et de sagesse. En fait, il existe deux sortes de violence : une première qui est mentale ; et la seconde, physique, qui se manifeste dans l’action. Généralement, on ne parle que de celle-ci et on oublie celle-là, qui est le moteur premier de la violence. Mais si vous avez un mental plein de compassion et d’amour pour le prochain, même vos mots durs et vos actions violentes seront pleins d’amour. Cela dit, une fois que vous avez commis quelque violence, même si au départ votre motif est juste, on ne peut jamais prédire quels effets cette violence va avoir sur vous car, comme je l’ai déjà dit, la violence engendre la violence.

L'interview dans son intégralité.



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Lungta 08/10/2009 20:29


Merci pour cette réponse
je pense que nos points de vue sont assez proches
car en effet aucune compassion, pour moi, ne peut justifier un acte de violence (nuire à la vie)
mais le rapport de force peut ne pas être violent (ne pas nuire à l'intégrité de l'autre)
l'aggressivité était bien développée par gandhi, mais pas au sens où souvent on l'entend (se mettre en colère) mais au sens premier (étymologique) du terme, c'est à dire "marcher vers", faire
front, faire face
c'est en effet toutes la démarche de gandhi ou Luther King de dire aux opprimés : ensemble vous pouvez faire face
ou comme La Boëite (de la servitude volontaire) : le roi n'est roi que parce que tout le monde accepte qu'il le soit
si un nombre suffisant refuse ce fait, il n'existe plus en tant que tel (ce qui ne veut pas dire que cela soit facile, ni que le roi n'utilisera pas lui, la violence pour se défendre)

J'ai pratiqué l'Aîkido il y a bien longtemps (une 30nne d'années ! à ses débuts en France, à l'époque pour avoir un écrit de M. Ueshiba, il fallait lire des "photocopies") et c'est encore en moi
l'image en effet d'un sport non-violent, mais qui utilise bien la force, et en plus , c'est toute sa richesse, pour bcp la force de l'adversaire qui se retourne contre lui même, plus il est
violent, plus il se fait mal
cela est le summum, pour moi, de l'acte de "force non-violent"

chaleureusement

frédéric :)


Léo Tamaki 09/10/2009 15:24




Sans doute nos points de vue sont-ils proches mais je pense que certaines différences existent. Je ne pense
pas par exemple qu' "aucune compassion ne peut justifier un acte de violence". Je ne vais pas vous décrire une situation cornélienne comme il y en a tant mais vous propose par exemple de voir
ce court film (veuillez mettre les références religieuses de la vidéo de côté)


http://www.youtube.com/watch?v=VeHuJLbqra4


L'homme se rend coupable du plus terrible des actes de violence par compassion.


 


La véritable question se pose bien entendu lorsque seul un acte violent permet de faire preuve de
compassion. Pas lorsque le rapport de force permet de ne pas nuire à l'intégrité de l'autre. Dans cette situation il est évident que toute violence serait criminelle.


 


Concernant votre définition de l'agressivité je note qu'effectivement, une des origines étymologiques est
"aller vers", mais une autre d'égale importance est "attaque". De plus la définition actuelle du mot selon le Robert est: "Qui marque la volonté d'attaquer sans ménagement". On trouve aussi "
L'agressivité est une modalité du comportement des êtres vivants et particulièrement de l'être humain, qui se reconnait à des actions où la violence est dominante."


En ce sens je ne trouve pas l'utilisation de ce terme réellement appropriée aux actes du Mahatma
Gandhi.


 


Oh vous avez pratiqué l'Aïkido à une époque que l'on qualifie aujourd'hui d'historique et qui en fait rêver
beaucoup. Votre anecdote sur les photocopies montre à quel point nous sommes aujourd'hui chanceux de disposer de tant de sources et documents.


 


En revanche le terme "sport" et ce qu'il signifie aujourd'hui me semble aussi inadapté à désigner l'Aïkido.
Enfin, personnellement je ne pense pas que "la force de l'adversaire qui se retourne contre lui même, plus il est violent, plus il se fait mal cela est le summum, pour moi, de l'acte
de "force non-violent"". Car il existe aussi la possibilité de réduire voire supprimer la violence d'une action sans la retourner vers son initiateur. Extrêmement difficile
j'en conviens.


 


Cordialement,


 


Tamaki Léo


 











LungTa 08/10/2009 18:22


Il faut être prudent sur les textes qui sont traduits
Que la violence soit "permise" d'éjà par qui ?
La violence est permise par l'Etat par exemple qui en use et même dans certaines période en abuse, mais cela ne l'égitime pas pour cela la violence
la peine de mort est une violence, elle a fini par être supprimée car non légitime
mais elle pourrait revenir si pas de vigilance

ensuite il faut faire la différence entre des mots comme violence, force, agressivité

je pense que tout acte posé avec la compassion ultime n'est pas violent, mais il peut être un acte de force, l'image est en effet souvent l'épée qui tranche, mais elle tranche LES LIENS
alors que la violence est la remise en cause de la vie

et en effet des personnes pourraient choisir la non-violence par peur du conflit alors qu'au contraire la non-violence implique il me semble bcp de courage, car c'est chercher à monter un rapport
de force contre l'injustice sans chercher à nuir à la vie de la personne contre qui on lutte

d'un point de vue bouddhiste il n'y a d'ailleurs personne contre qui lutter

enfin en effet, en tant qu'humains parfois on utilise la violence pour se défendre car on ne trouve rien d'autre, c'est légitime, mais toujours un échec
et la non-violence cherche à réveiller l'agressivité pour permettre d'affronter les conflits  et éviter les violences qui explosent de ne pouvoir se dire




« Bien plus que le bruit des bottes, je crains le silence des pantoufles. »  - Thierry Van Humbeek -

chaleureusement

frédéric





Léo Tamaki 08/10/2009 20:16




Bonsoir Frédéric,


 


Je suis tout à fait d'accord, il faut être prudent sur les textes traduits. En parlant d'Osenseï je dis
d'ailleurs:


"Pour comprendre le message d'Osenseï une solution est d'étudier ses paroles. Ses paroles nous sont
parvenues à travers ses écrits, ses films, enregistrements audio et par le témoignage de ses élèves. Parmi elles, et sans que cela justifie d'écarter les autres, les seules sur lesquelles nous
puissions avoir une certitude absolue sont évidemment celles que l'on entend prononcées de sa bouche. Par ailleurs une difficulté supplémentaire vient du fait que pour la plupart des
pratiquants ses paroles sont étudiées traduites, et encore plus souvent traduites d'une traduction…
Enfin il faut, pour comprendre le message d'Osenseï, pouvoir replacer les choses dans leur contexte culturel et historique. Tâche ardue s'il en est."


 


Mais cela vaut pour l'ensemble des paroles que l'on étudie. Concernant l'interview et en particulier cette
phrase il ne me semble pas  que grand-chose soit à mettre en doute dans la mesure où le Point est un magazine sérieux (autant qu'on puisse l'espérer disons), et que le texte
pouvant prêter à polémique je pense que les sources ont dû être vérifiées. Par ailleurs cette interview a en effet déclenché une polémique, pas en France mais au Canada. Il est possible d'en
trouver trace sur le net très facilement.


 


Je ne prendrai pas la place du Dalaï Lama pour interpréter ses paroles, d'autant plus qu'il est possible de
suivre son enseignement. Lorsqu'il parle de "permission" je suppose toutefois qu'il veut dire "permis selon les enseignements du Bouddhisme tibétain.


 


Je ne rentrerai pas dans un débat plus large sur la violence d'état, la peine de mort, etc… qui sont des
sujets trop importants pour être discutés en quelques lignes et pour lesquels je n'estime pas avoir la maturité de discuter. J'ai simplement tenté de faire un lien entre ma recherche et la
philosophie d'une autre voie. Sans en tirer de conclusions définitives mais en présentant mes opinions actuelles et en invitant chacun à y réfléchir.


 


Je ne crois pas par ailleurs que la compassion ultime supprime la violence d'un acte comme celui de tuer un
homme, particulièrement en le tranchant avec un sabre. C'est bien sûr comme vous l'évoquez un acte de force. Mais c'est aussi un acte violent. Quels que soient les intentions de son auteur. Ce
que me semblent soutenir les paroles du Dalaï Lama: "Cela dit, une fois que vous avez commis quelque violence, même si
au départ votre motif est juste, on ne peut jamais prédire quels effets cette violence va avoir sur vous car, comme je l’ai déjà dit, la violence engendre la violence."


 


Enfin votre phrase "la non-violence cherche à réveiller l'agressivité pour permettre d'affronter les
conflits…" me laisse dubitatif. Je n'ai à aucun moment senti d'agressivité dans les paroles ou les actes d'hommes tels que Gandhi ou Luther King.


 


Cordialement,


 


Tamaki Léo


 











DG 07/10/2009 19:40


André Nocquet avait une maxime : "projeter le coeur plutot que l'épée". Cette maxime lui venait d'une expression de Morihei Ueshiba : "Shinzo Katana", qu'il a reprise comme titre français de son
ouvrage : "le Coeur Epée"...

Je me permet une citation d'une de ses interviews :
Je crois au contraire, que lorsque l'on pratique les arts martiaux, c'est pour appeler en nous la Paix, la Paix en nous-mêmes et ensuite la communiquer aux autres. Quelques fois, au cours de
mes nombreux voyages, j'ai rencontré des gens qui en apprenant ma profession me disaient : "Oh la la ! Vous devez être dangereux ! Il ne faut pas s'attaquer à vous !" Je répondais alors : Monsieur,
c'est vous qui êtes dangereux parce que vous avez peur ! Le véritable homme d'art martial, c'est l'homme qui a en lui la confiance. Il est évident que si je suis entouré par quatre ou cinq
personnes armées de poignards, ce ne sont pas tellement "mes techniques" qui vont être opérantes, ce sera, en moi, de pouvoir éviter le combat avec ces gens là et de pouvoir m'en aller
tranquillement ! C'est ça le but des arts martiaux donner en Soi une confiance qui vous permette de ne pas avoir peur de canaliser l'agressivité. Je dis canaliser et non pas "bousculer" comme
disent maintenant certains : On ne bouscule pas l'agressivité, je crois.


Léo Tamaki 07/10/2009 20:00




Bonjour DG,


 


Merci pour cet excellent passage.


 


Par contre je suis surpris par le mot "shinzo katana". N'est-ce pas un de ses élèves qui l'aurait traduit
ainsi à rebours?


Je pense à cela pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que shinzo est le terme physiologique pour
désigner le cœur, kokoro étant le spirituel. Ensuite en tant que mot composé on dirait "shinzo gatana" ou plus probablement "kokoro gatana". Katana ne me semble pas non plus être le terme le
plus approprié et il y a de nombreux autres mots pour désigner le sabre.


 


Si ce n'est pas une erreur d'un de ses élèves il est aussi possible que maître Nocquet se soit fait
traduire les paroles d'Osenseï, les ait retranscrites en français, et ait plus tard cherché leur expression originale.


 


Je crois d'ailleurs avoir vu à Bras une calligraphie avec les caractères kokoro et ken (tsurugi), le sabre
de l'esprit.


 


Bref il n'en reste pas moins que l'interview, et particulièrement le passage que tu as copié, est
excellente.


 


Amicalement,


 


Léo


 











Jean-Claude 07/10/2009 19:01


Cher Leo,

Rien à rajouter sur la qualité et la profondeur de cet article.
Au passage, je note que tu t'intéresses de plus en plus au coeur spirituel de l'Aikido.
Ton écriture, en reflet peut être de ta maturation actuelle, atteint une finesse d'analyse qui donne au lecteur à lire une pensée précise et subtile à la fois.
Je te souhaite de continuer sur la lancée de tes recherches.
Amicalement,
Jean-Claude


Léo Tamaki 07/10/2009 19:47




Cher Jean-Claude,


 


Merci pour la lecture continue.


 


Je ne saurai dire si le cœur spirituel de l'Aïkido m'intéresse plus qu'avant. En tout cas je reste persuadé
que la pratique reste au cœur de sa compréhension.


 


Je crois que l'intention et l'état d'esprit lors de la pratique sont essentiels. Mais je ne me sens pas
suffisamment mature pour en parler et j'espère simplement que cela transparaît lors de la pratique.


 


Très bonne pratique.


 


Amicalement,


 


Léo


 











Thierry 07/10/2009 11:22


Merci Léo pour cette réflexion qui pose question aujourdhui.

Cela renvoie à 2 études pertinentes que j'invite à lire :
Le Dalaï lama parle de Jésus Ed Brepols 1996
Socrate Jésus Bouddha Ed Fayard 2009 Frédéric Lenoir
car dans un monde rempli de doutes, un peu de lacher prise dans ses convictions nous invite à écouter l"autre.
Amicalement


Léo Tamaki 07/10/2009 19:41




Bonjour Thierry,


 


Merci pour la lecture.


 


Je crois en effet que la compréhension de la philosophie d'Osenseï est parfois superficielle. C'est
compréhensible, notamment sur sa pratique religieuse. Le recours à la violence est en revanche un sujet que l'on peut aborder relativement facilement mais qu'il ne faut pas étudier de façon
superficielle.


 


Merci pour les titres.


 


Léo












Agnès 06/10/2009 22:51


De l'interview, j'aime beaucoup ce passage :
"Une zone de paix ne veut pas simplement dire une absence d’armes nucléaires, mais aussi qu’il n’y ait pas la moindre trace de haine et de violence mentale dans ceux qui la peuplent. Car, comme je
l’ai dit plus haut, c’est la motivation de la haine qui est plus grave que l’acte lui-même. Grâce à une longue tradition bouddhique qui enseigne la compassion et l’amour, nous les Tibétains pouvons
remplir ce rôle"...
Réussir à modifier son état d'esprit, la direction dans laquelle va ses pensées, je trouve ça magnifique; pour que l'action, la manière d'être au monde soit juste : amour et sérénité... Je trouve
que c'est un joli programme, mais j'ai plusieurs vies devant moi pour y parvenir lol :)...
Pour celle là, je vais essayer de suivre les conseils d'un autre bouddhiste (thich Nhat Hang) qui dit qu'il est interessant de ne pas s'entourer de pollution mentale comme certaines émissions télé
qui créent violence, colère, ennervement... Chacun a suffisament d'occasion pour s'ennerver, pas besoin d'en créer des virtuels?
Bisous. Agnès


Léo Tamaki 07/10/2009 19:02




Modifier son état d'esprit lorsque cela est nécessaire est une des choses les plus difficiles à accomplir.
L'Aïkido est, je crois, une Voie qui nous y prépare par l'action.


 


Bises,


 


Léo


 











Bruce 06/10/2009 14:08



Bonjour


 


Merci  pour cette  nouvelle réflexion
 tout à fait passionnante.


 


Vous abordez le principe du « droit » à la violence  mais ne serait-il pas plus
adéquat de parler du « devoir » de violence au nom de la compassion ?


 


Les grandes traditions Spirituelles sont claires sur le sujet et contrairement à ce qui est souvent relayé à tort et à
travers. Vous l’avez très bien expliqué pour la tradition Bouddhiste et il en est de même dans la tradition Chrétienne ou le Christ explique « qu’il n’y a pas de plus grand amour que
celui-ci : donner sa vie pour ceux qu’on aime » Ainsi l’impératif catégorique d’amour du prochain inclut aussi
nécessairement la défense du plus faible !


 


La violence peut donc être compassion envers un autre homme souffrant lui-même d’une violence qu’il n’a pas les moyens de combattre
seul.


 


Enfin ,comme le dit en substance le Dalaï Lama, la violence justifiée ou non ne laisse pas indemne .C’est là toute la complexité d’un homme Corps , Esprit & Âme … Mais c’est un
autre débat ....

Très cordialement.



Léo Tamaki 06/10/2009 18:43




Bonjour Bruce,


 


Merci pour la lecture.


 


Je n'ai pas employé l'expression "droit à la violence", car je ne crois pas qu'elle soit pertinente. Le
passage qui se rapproche le plus de ce point est celui-ci:


"Cela n'exclut pas d'avoir à couper lorsqu'il s'agit de la seule solution possible, et les paroles du
Dalaï Lama me semblent aller en ce sens…"


Il s'agirait donc plus effectivement d'un "devoir" de violence lorsque les circonstances l'exigent, devoir
qui n'est pas sans conséquences. Je crois donc que nous envisagions la question sous le même angle.


 


En effet la question est posée lorsque vous dites:


"La violence peut donc être compassion envers un autre homme souffrant lui-même d’une violence qu’il
n’a pas les moyens de combattre seul."


 


C'est à chacun de nous de répondre à cette question essentielle…


 


Cordialement,


 


Léo


 











Steph 06/10/2009 13:34


Hello Léo,
Alors ca c'est vraiment un bel article avec l'interview très intéressante, dommage que les commentaires sur le site du point tourne souvent en "politique".
« La non-violence a pour condition préalable le pouvoir de frapper. C’est un refrènement conscient et délibéré du désir de vengeance que l’on ressent », expliquait Gandhi à ceux qui n’y voyaient
que de la résistance passive. La satyagraha, la « voie de la vérité », consiste au contraire à combattre le mal en soi et à l’extérieur, mais sans l’alimenter.
Je pense que ces grands sages exprimaient aussi par là la force de la non violence. On peut, par exemple, être non violent car la peur d'affronter les conflits est en nous pour de multiples
raisons. Mais la grande force réside, à mon humble avis, lorsque l'on possède le pouvoir, la connaissance et l'expérience du combat et que "le sabre reste au fourreau" dans un geste de
compassion...
Tels quelques maîtres au vrai sens du terme...


Léo Tamaki 06/10/2009 18:32




Bonjour Stéphane,


 


Le Point étant surtout un magazine politique je comprends que les commentaires soient orientés sur cet
aspect, même si comme toi c'est un sujet qui ne me passionne pas.


 


Combattre le mal sans l'alimenter… Quel programme. La pratique martiale et plus particulièrement l'Aïkido
sans doute peuvent peut-être être des clés. Peut-être…


 


Léo


 











Steph 06/10/2009 09:51


Bonjour Léo,
Interview très intéressante et l'article aussi...
Gandhi disait ceci dans la voie de la vérité : « La non-violence a pour condition préalable le pouvoir de frapper. C’est un refrènement conscient et délibéré du désir de vengeance que l’on ressent
», les messages se rejoignent....
Je pense aussi qu'il voulait dire par là que quelques personnes se disent non violentes de peu d'affronter un conflit. Mais la vraie puissance de la non-violence est peut-être exprimée par une
personne réellement prête au combat, telle un maître dans le vrai sens du terme, mais...qui justement fera preuve de la compassion la plus totale.
A bientôt


Léo Tamaki 06/10/2009 18:26




Bonjour Stéphane,


 


En effet, la non-violence n'a de valeur que lorsqu'elle est un choix. Celui des maîtres.


 


Amicalement,


 


Léo


 











Tangi 06/10/2009 09:34


De bon matin !

ds le boudhisme, a priori ds l'Aiki (car je connais bien moins les écrits de O sensei), ds le karate, le pouvoir de l'intention est mis en avant. Je partage pleinement ton opinion sur la maitrise
d'une agression avec compassion pour ne pas blesser ou laisser d'amertume dixit Hino sensei ds son interview. Le niveau que l'on a par rapport a l'agression doit etre bien au dessus. Il semble que
nous ayant des exemples  du passés, les fameux Kenshu, entre autre IIeyasa Chosai qui invitait ses adversaires à prendre le the sur des bambou nains, ces derniers ne ployant pas sous son poids
! Mystification ou pas cela semblait efficace; MAIS méfions nous de ce que l'on nous rapporte du passé.
"Karate ni sente nashi" il n'y a pas de première attaque en karate, peut être pris au premier degré, le physique, ne pas agresser les gens, puis il ya le mental, plus compliqué a maitriser, ou il
ne faudrait ne pas projetter d'agressvitié et autres flêches acérées, moins évident déjà, non ?
mais cela ne parle pas de la défense, si sa vie ou ses proches sont en danger il faut bien trouver une solution avec les moyens que l'on a , ou alors avoir une attitude résignée. très peu pour moi
la seconde option. Attention, je ne parle pas d'une situation ou il faut faire le kamikaze, je préfère donner mon portefeuille plutot que de prendre un coup de couteau, si je ne peux m'enfuir !
Hino sensei laisse entendre que l'on peut orienter et désamorcer un con flit en aiguisant ses sens et en projetant (le metsuke ?), je ne suis plus sur des propos exacts. Des paroles d'Osensei vont
ds ce sens, il semblerait que capter l'intention des gens et la "retourner" sans heurts est envisageable. jusqu'à quel niveau je l'ignore, mais cela donne une sacré dimension a nos pratiques.
 "La violence , engendre tjs la violence", certes d'un certain point de vue, le boudihiste qui mange du yack est aussi violent même si il peut justifier qu'il se nourrisse, le végétarien tout
autant, si tout est vibration , donc vivant alors meme une salade de carotte devient un "génocide" ;-).
Ok, j'admets pousser le bouchon, mais si on veut aller au fond des choses on s'apperçois que la frontière de ce que l'on qualifie/juge de ce qui est bien ou mal, ce n'est pas si simple. Les indiens
d'amériques mangeait du bison mais avaient également une grande spiritualité, tout noir, tout blanc, je crois qu'avant d'incarner la trancendance de tou ça , on n'est que dans le gris avec toute sa
palette de nuance.
Ouverture d'esprit, humilité, chercher à ne pas heurter, tout vient de l'esprit, alors quelle est votre intention première ?
Et pour relancer, sans faire de prosélytisme,  c'est la guerre qui est honteuse, pas le fait d'y prendre part. A vos reflexions.

Merci léo pour ton post d'hier, tu m'as reboosté !

Tangi



Léo Tamaki 06/10/2009 18:24




Bonjour Tangi,


 


Arrivés à un certain niveau je pense que les adeptes ont une sensibilité suffisante pour sentir le niveau
de leur adversaire. Ceux ayant atteint ce stade ne sont toutefois probablement pas ceux qui sont dans la phase de recherche de duels.


De grands adeptes tels que Iizasa Ienao avaient probablement une présence extraordinaire qui devait
dissuader ses adversaires. Sans doute les moins sensibles avaient-ils besoin d'un signe supplémentaire comme la natte de paille sur les bambous ;-)


 


Des phrases comme "Karaté ni sente nashi" peuvent être étudiées encore et encore tant leurs enseignements
peuent être nombreux.


 


Notre propre attitude est en effet responsable de la majorité des choses qui nous arrivent, que nous en
soyons conscients ou pas. Ne pas faire naître un conflit est alors la première étape. Le désamorcer la seconde. Et ainsi de suite… Pour arriver à l'idéal de vaincre sans combattre.


 


Bien entendu il est évident que fondamentalement et sans chercher d'exceptions éventuelles, nulle propriété
matérielle ne vaut la peine de mettre sa vie en danger et, à fortiori, celle d'autrui.


 


Quand au bien et au mal je ne rentrerai pas dans un débat si vaste. Notons juste en effet que ce sont des
notions qui ont souvent variées au cours des siècles et selon les cultures.


 


Bonne recherche,


 


Léo


 


P.S. Il me semble parfois que tu tiens à inviter les gens à discuter. Si cela ne me dérange aucunement, je
pense que le lieu n'est pas réellement adapté, beaucoup de lecteurs ne lisant pas les commentaires d'après les statistiques, de plus le format n'est pas idéal. Les forums te permettront sans
doute plus de retours ;-)