Budo no Nayami

"Hidden in plain sight" d'Ellis Amdur et le cœur perdu de l'Aïkido

5 Décembre 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

J'ai récemment lu un ouvrage passionnant, "Hidden in plain sight" d'Ellis Amdur, que m'a prêté un de mes amis, Thibault Desmoulins De L'Isle.

Ellis Amdur est l'un des très rares occidentaux à détenir deux licences d'enseignements dans des Koryus à la lignée établie. Etudiant les arts martiaux depuis plus de quarante ans il a séjourné durant treize ans au Japon et parle couramment japonais. Pratiquant d'Aïkido avancé il a aussi étudié de nombreuses autres disciplines telles que le Muay Thaï, le Taï Chi Chuan et le Hsing I Chuan.

Ellis Amdur est l'un des auteurs les plus intéressants dans la littérature martiale actuelle. Accompagnant sa vaste expérience d'une profonde réflexion il n'hésite pas à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Si je ne suis pas toujours d'accord avec ses conclusions, ses écrits sont toujours passionnants et source de réflexions.

Dans "Hidden in plain sight" Amdur aborde de nombreux points fondamentaux, des origines de l'Aïkido à sa transmission en passant par la genèse de son travail aux armes. Grossièrement, une des conclusions à laquelle il arrive est que l'Aïkido a perdu une partie de son essence…


"Hidden in plain sight", Ellis Amdur


Le cœur perdu de l'Aïkido
Dès l'introduction Amdur pose le problème. Traduction rapide, abrégée et approximative:

"Pourquoi certains des militaires les plus endurcis du Japon et certains de ses plus grands experts en arts martiaux considéraient-ils Ueshiba Moriheï avec crainte? Pourquoi son maître, Takeda Sokaku, était-il capable de démontrer des capacités que l'on imagine uniquement possible dans les mythes et légendes? Pourquoi certains élèves de Takeda Sokaku, un très petit nombre, étaient-ils considérés avec un respect semblable à celui porté à Ueshiba? Ils démontraient un type de puissance différent de celui de culturistes ou d'hommes forts, si extraordinaire qu'il possède sa propre désignation: "force interne, aïki ou kokyu". Retournons à notre puzzle, pourquoi la plupart des pratiquants d'Aïkido et Daïto ryu modernes, aussi estimables soient-ils, semble ne pas avoir ne serait-ce qu'une étincelle de cette puissance légendaire? Qu'est-il arrivé à ces capacités?

J'ai expérimenté ce type de puissance remarquable aux mains d'un très petit nombre d'individus. Certains, utilisant d'infimes mouvements, développent une énergie incroyable, comme s'ils déclenchaient une explosion contrôlée dans un petit espace. D'autres développent une force inexorable, comme un rocher s'écrasant sur vous. D'autres disparaissent, absence fantomatique alors que vous êtes sûr de les avoir agrippés, mais vous avez l'impression d'avoir saisi de la fumée ou de tomber dans un vide.

Un art martial externe utilise des méthodes très sophistiquées afin de permettre à un individu d'utiliser son corps au summum de ses capacités et réflexes naturels. Un art martial interne, à l'opposé, essaie de transformer la réaction naturelle du corps à la force; et à plus haut niveau à supposément modifier la façon dont le corps fonctionne.

Ce livre tente de suivre le travail interne au Japon, de ses origines en Chine jusqu'au Jujutsu. Parce que ce type de travail a généralement été abandonné, et parce que dans les rares écoles où il subsiste il est considéré comme un secret qui ne doit pas être révélé aux étrangers, la majeure partie de cet ouvrage a pour sujet le Daïto ryu et l'Aïkido, car les fondateurs de ces arts ont rendu leurs capacités publiques.

Ces capacités ne sont pas inaccessibles aujourd'hui. Il n'y a pas seulement des écoles et des maîtres qui perpétuent ce type d'entraînement à l'intérieur de telle ou telle tradition, dans les arts martiaux chinois et japonais, mais il y a aussi des hommes qui tentent de distiller ses principes essentiels, au-delà de tel ou tel art martial, fondamentalement "coupant à travers champ pour aller directement à la source"."





"… pourquoi la plupart des pratiquants d'Aïkido et Daïto ryu modernes, aussi estimables soient-ils, semble ne pas avoir ne serait-ce qu'une étincelle de cette puissance légendaire?"
Je crois malheureusement que beaucoup a été perdu en Aïkido. Bien sûr en contrepartie d'autres choses ont été découvertes. Les maîtres Nishio, Tamura, Yamaguchi, Saotome, Noro, Tissier même, ont clairement, chacun à leur façon, apportés beaucoup à l'Aïkido. Pourtant ce n'est rien leur enlever que de dire qu'aujourd'hui peu de maîtres (aucuns?) sont capables de démontrer les capacités dont faisait preuve Osenseï.

"J'ai expérimenté ce type de puissance remarquable aux mains d'un très petit nombre d'individus. Certains, utilisant d'infimes mouvements, développent une énergie incroyable, comme s'ils déclenchaient une explosion contrôlée dans un petit espace. D'autres développent une force inexorable, comme un rocher s'écrasant sur vous. D'autres disparaissent, absence fantomatique alors que vous êtes sûr de les avoir agrippés, mais vous avez l'impression d'avoir saisi de la fumée ou de tomber dans un vide."

Dans son ouvrage Ellis Amdur cite nommément les maîtres Akuzawa, Kono et Kuroda. Et c'est un fait indéniable que j'ai ressenti avec chacun d'eux les choses qu'il décrit. Paradoxalement aucun de ces maîtres ne pratique l'Aïkido sous sa forme extérieure, mais chacun fait preuve de capacités que possédaient probablement Osenseï. Que la partie qu'ils ont en commun avec lui représente la majorité ou une fraction de leur travail et qu'ils aient atteint dans ce domaine particulier un niveau bien inférieur, égal ou pourquoi pas supérieur n'est pas la question.




"Un art martial externe utilise des méthodes très sophistiquées afin de permettre à un individu d'utiliser son corps au summum de ses capacités et réflexes naturels. Un art martial interne, à l'opposé, essaie de transformer la réaction naturelle du corps à la force; et à plus haut niveau à supposément modifier la façon dont le corps fonctionne."
Aujourd'hui la plupart des experts d'Aïkido enseignent des techniques, proches ou éloignées de celles du fondateur, sans chercher à modifier l'utilisation du corps. Cela n'empêche en aucun cas d'atteindre un niveau d'efficacité très élevé, et cela permet même sans doute de le faire plus rapidement. Le seul point négatif potentiel est à mes yeux la capacité à conserver une telle efficacité malgré les ravages du temps.
Je reste en revanche persuadé que le travail du fondateur incluait un processus de modification de l'utilisation du corps, théorie que présente brillamment Amdur dans son ouvrage.




"Ces capacités ne sont pas inaccessibles aujourd'hui. Il n'y a pas seulement des écoles et des maîtres qui perpétuent ce type d'entraînement à l'intérieur de telle ou telle tradition, dans les arts martiaux chinois et japonais, mais il y a aussi des hommes qui tentent de distiller ses principes essentiels, au-delà de tel ou tel art martial, fondamentalement en "coupant à travers champ pour aller directement à la source"."

Ce qui a été perdu en Aïkido, encore une fois au profit d'autres choses, ne l'est peut-être pas définitivement. Les maîtres Akuzawa, Kono, Hino et Kuroda font preuve de capacités qui, probablement, faisaient partie de la discipline. Et ils ont surtout, chacun à leur façon et de manière plus ou moins ouverte, la volonté de les démontrer et les enseigner.


Une recherche superflue?
Que l'on ne soit pas intéressé par la pratique d'Osenseï est compréhensible. Certains shihans me l'ont avoué en privé. Ils respectent le Fondateur pour sa création mais sont plus intéressés par ce qu'ils ont reçu de ses successeurs.
Que l'enseignement que l'on reçoit présente plus que l'on imagine pouvoir absorber est aussi tout à fait compréhensible. En ce sens il n'est sans doute pas nécessaire de chercher au-delà de ce que nous offre le maître que l'on suit. Pour ceux qui ont ce désir toutefois, l'enseignement des maîtres Akuzawa, Kono, Hino, Kuroda présente un aperçu de ce que pouvait être la pratique du Fondateur. Et pour ceux qui en ont la volonté un chemin à suivre…




Le site d'Ellis Amdur où commander ses ouvrages.
"Traditions martiales", un ouvrage précédant très intéressant du même auteur traduit en français.



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Matthieu 10/12/2009 13:19


Bonjour

Leo tu as écris:

"Aujourd'hui la plupart des experts d'Aïkido enseignent des techniques, proches ou éloignées de celles du fondateur, sans chercher à modifier
l'utilisation du corps. Cela n'empêche en aucun cas d'atteindre un niveau d'efficacité très élevé, et cela permet même sans doute de le faire plus rapidement. Le seul point négatif potentiel est à
mes yeux la capacité à conserver une telle efficacité malgré les ravages du temps.
Je reste en revanche persuadé que le travail du fondateur incluait un processus de modification de l'utilisation du corps, théorie que présente brillamment Amdur dans son ouvrage."


De quelle manière selon toi O'Sensei utilisait il son corps? Que mets tu concretement sous les termes "processus de l'utilisation du corps" en aikido?

Merci


Léo Tamaki 11/12/2009 12:16




Bonjour Matthieu,


 


Il est impossible pour ceux qui n'ont pas subi sa technique de savoir comment Osenseï utilisait exactement
son corps. Il nous est toutefois possible de faire des spéculations au regard de ses vidéos et surtout des nombreux témoignages de ses partenaires, dont certains sont encore pas chance parmi
nous.


Je ne pourrai rentrer ici dans le détail de ce que je suppose qu'il faisait, et Ellis Amdur y a consacré un
livre entier très bien écrit. Probablement le tour de la question n'est-il d'ailleurs pas terminé. Comme je le disais je ne suis pas toujours d'accord avec toutes ses conclusions, mais je le
suis sur ses suppositions concernant les capacités d'Osenseï.


 


En pratiquant avec Akuzawa senseï je pense notamment qu'il est l'un de ceux qui permette le plus de
retrouver le développement des capacités de génération et absorption/réception de puissance.


 


L'expression que tu as citée est: "processus de modification de l'utilisation du corps". Là encore parler de cela avec précision demanderait un livre
entier et Ellis le fait très bien. Tout simplement il s'agit d'une façon de travailler son corps de façon à ce qu'il fonctionne "différemment". Cela peut recouvrir des choses très différentes
et encore une fois concernant Osenseï nous ne pouvons faire que des spéculations.


 


Léo


 




Jean-Claude 09/12/2009 10:21


Cher Leo,

De rien. Je t'adresse les remerciements d'Ellis Amdur. Grâce à ton blog, les commandes pour son livre venant de France affluent ces derniers temps

Amicalement,
Jean-Claude


Léo Tamaki 09/12/2009 15:08



Cher Jean-Claude,

Oh vraiment?!!

Incroyable. Mais si c'est le cas j'en suis heureux.

Amicalement,

Léo



Jean-CLaude 08/12/2009 13:32



Cher Leo,

Je n'ai pas fini encore ce livre qui en vaut vraiment la peine. Un commentaire qui sera long suit.


Ton analogie musicale est très appropriée: la virtuosité suppose, quel que soit le niveau du génie dont on parle, un degré extrêmement élevé de maîtrise technique. Pour parler de manière triviale
: le virtuose maîtrise les bases de manière tellement parfaite qu'il peut avec une aisance déconcertante monter en difficulté, en sophistication comme si cela lui était le plus naturel possible
;-).


Il faut quand même faire la différence avec le génie : le génie a un don naturel a intégré son art comme étant une extension de lui-même !
Une figure musicale qu'affectionne Ellis Amdur est John Coltrane.


J'ai compris pourquoi (étant un fan de John Coltrane moi même).


John Coltrane est parti d'un morceau de comédie musicale très simple ("My Favorite Things") et en a fait l'un des morceaux de jazz qui préfigurera l'avant garde du jazz. En prime, il réhabilitera
le saxophone soprano. Je recommande ce morceau d’autant qu’il reste très abordable au « néophyte ». Il suffit de chercher dans Youtube, le « meilleur » (avis très subjectif)
reste l’interprétation avec Eric Dolphy à la flute (Baden Baden 1961).


Si j’essaie de refaire un parallèle à Akuzawa et les autres sensei : ils maitrisent les techniques de base, leur « jeu » martial est très cohérent et solide, ils
« sont »  leur art et s’expriment de manière personnelle au delà de la technique. Dans ce sens, tout le monde n'a pas vocation à être un artiste de haut vol mais si
nous travaillons déjà être artiste tout court, un bout du chemin est déjà parcouru




Léo Tamaki 09/12/2009 03:02



Cher Jean-Claude,

Merci pour ton commentaire ;-)

Léo



Erwan 07/12/2009 12:15


Bonjour Leo,
Merci de ta réponse. Je me permets de rebondir encore sur ce post sur Ellis Amdur et sur les secrets "perdus". On oublie souvent qu'on ne peut progresser et devenir éventuellement "bon" que pour ce
à quoi on s'entraine. Peut être que ce qui que ce qui est perdu, ce n'est pas la technique, mais la pédagogie (la démarche). Comment on s'entraine me semble être une bonne question à se poser avant
d'aller plus loin. Ensuite, on peut être en mesure de perçevoir ce que des maîtres comme ceux que tu cotoies ont à transmettre, à condition, comme tu le dis de voir ce qui est sous nos yeux. Je
suis frappé de voir à quel point leur travail est a-dogmatique, personnel et universel à la fois. Ils s'expriment par eux mêmes sans se cacher derrière des "lignées" prestigieuses avec lesquelles
ils ont rompues. Peut-être un secret sous nos yeux...
Cette question de la pédagogie est vraiment passionnante.
Sincérement
Erwan


Léo Tamaki 08/12/2009 00:47



Bonjour Erwan,

En effet, difficile de progresser dans quelque chose que l'on ne pratique pas. Ou trop peu...

La pédagogie a-t-elle disparue? Il faudrait pour cela qu'elle ait existée et à ce sujet les témoignages des élèves de Takeda et Ueshiba ne le laissent vraiment pas supposer.....

En effet les adeptes de haut niveau sont souvent bien plus ouverts et a-dogmatiques que les autres. En revanche je ne quelifierai pas leur travail d'universel, chacun ayant tout de même ses
particularités.

C'est vrai que des adeptes tels qu'Akuzawa, Kono ou Hino, bien qu'ils aient côtoyés des géants, se sont surtout faits seuls. Aucun ne se réclame de tel ou tel maître, leur pratique se suffisant à
elle-même pour convaincre les pratiquants.

Léo



Greg 06/12/2009 18:15


Bonsoir,

je suis toujours un peu dubitatif lorsque je lis qu'un secret passé a été engloutis, surtout lorsqu'il s'agit du secret de la "force". Cette force a-t-elle jamais existé du reste ?
Si elle a existé, il faut croire que Morihei Ueshiba fut un piètre enseignant puisqu'il n'a su transmettre cette pratique à ces successeurs, non ?
Enfin, a priori, dans l'hypothèse où cette force ait été effectivement maîtrisée par quelques uns, il apparaît qu'il s'agirait d'une élite. Autant dire qu'elle n'était pas abordable à tout le monde
contrairement à la pratique martiale aujourd'hui. Quel est l'intérêt d'un tel travail si une infime proportion de pratiquants peut un jour imaginer approcher sa maîtrise ?

Bref, j'ai bien conscience de n'apporter que des questions, mais, y a-t-il réellement queque chose à chercher (d'autre qu'un fantasme), et si oui, quel en est l'intérêt ?

Greg


Léo Tamaki 06/12/2009 21:55




Bonsoir Greg,


 


On peut bien sûr être dubitatif lorsqu'on parle de secrets engloutis. Pourtant dans le cas d'Osenseï les
preuves sont innombrables, de ses vidéos aux nombreux témoignages qui vont TOUS dans le même sens. Aujourd'hui aucun maître ne démontre les capacités dont il faisait preuve, même si je le
répète, ils ont développé autre chose qui peut être passionnant par ailleurs. Quel maître d'Aïkido pourrait faire une démonstration de puissance face à un lutteur de Sumo comme Osenseï le fit
avec Tenryu? Ou à un champion de Judo comme il le fit avec Abbe Kenshiro?


Il existe aussi de nombreux témoignages concernant Takeda Sokaku qui là aussi vont TOUS dans le même sens,
de même que pour Sagawa Yukiyoshi et Inoue Yoichiro.


 


Que Ueshiba Moriheï fut un piètre enseignant me semble plus que probable. L'ouvrage d'Ellis Amdur apporte à
ce sujet des réflexions très intéressantes.


 


Les capacités dont faisaient preuve Osenseï sont difficiles à développer sans un travail continu et
intense. Elles sont quasiment impossibles à redécouvrir seul. C'est pourquoi seule une élite put le faire parmi ses élèves et ceux de Takeda.


Un de mes propos était de parler de maîtres qui ont développé des capacités proches dans certains domaines
et qui les enseignent. Efficacement pour ce que j'ai pu en observer. Ces capacités sont donc accessibles à tous pour peu que l'on se donne la peine d'aller voir ces maîtres, suivre leur
enseignement, et travailler intensément et régulièrement.


 


Pour reprendre une pensée esquissée par Amdur, dans les arts martiaux comme en musique chacun ne deviendra
pas un virtuose. Est-ce à dire que ce niveau n'existe pas ou qu'il ne présente pas d'intérêt?


 


Je me permet enfin de vous conseiller un approfondissement de la théorie discutée, à savoir lire le livre
d'Ellis Amdur par exemple, avant de la remettre en question.


 


Tamaki Léo


 




Tangi 06/12/2009 00:39


Konbawa,

très interessant, j'apprécie le coté "je met les pieds ds le plat"! (Pas tjs facile  et d'etre crédible) je ne connais pas ce Mr Amdur mais cela m'interresse.

En tous cas, Meme si chacun cherche et met qlchose de different  ds sa pratique, la beatification gratuite ne me semble pas une bonne chose.  les principes superieurs sont  un choix
a explorer et il faut remercier ces Maitres modernes qui ont fait le choix de nous le (re)rendre accessible, par leur pratique quotidienne.

je suis tombé sur des extraits  d'un livre : Transparent Power de Tetsuo Kimura (daito -ryu sagawa ha), j'ignore encore si cela présente des similitudes, mais ca sent le très haut niveau. A
suivre donc.

Tangi



Léo Tamaki 06/12/2009 00:48




Bonsoir Tangi,


 


Ellis Amdur est un pratiquant très intéressant. Je te conseille vivement ses écrits.


 


En effet peu de pratiquants se rendent compte des efforts déployés par les maîtres pour arriver à un tel
niveau, mais aussi de la générosité de leur enseignement. Ils partagent des connaissances qui étaient gardées jalousement secrètes jusqu'il y a très peu…


 


Léo


 




Bruce 05/12/2009 19:19



Bonsoir Leo,


 


Une fois encore cet article ma passionné et je vous en remercie. Il faut vraiment que je peaufine mon Anglais !


 


Je crois que La forme d’une application martiale n’est pas le véritable art martial et que la recherche d’une efficacité martiale qui
dure passe par le dépassement (l’abandon ?) de la forme pour intégrer des principes  biomécaniques ,  respiratoires, intellectuels et ….spirituels.


 


Il me semble que l’homme a tendance –de nos jours- à oublier qu’il est Corps ,Âme et Esprit ; ne serait-ce pas la redécouverte de
cette pleine unité qui fait passer un bon pratiquant de sport de combat a un artiste martial ?


 


Très cordialement.


 


Bruce



Léo Tamaki 06/12/2009 00:33




Bonsoir Bruce,


 


Merci pour la lecture ;-)


 


Oui l'anglais permet de découvrir des ouvrages très intéressants. Leur lecture permet aussi de progresser dans la langue de Shakespeare!


 


Je crois aussi que la forme n'est qu'un outil. Après certains insistent sur une forme très précise avant de s'en libérer, comme au Shinbukan, tandis que d'autres les réfutent, comme à l'Aunkaï.
On ne peut dire qu'il y ait une méthode qui soit supérieure à l'autre. Ce sont simplement des choix de transmission.


 


Je ne sais si la séparation entre le corps et l'esprit de l'homme est récente. N'est-ce pas un problème auquel il a été confronté depuis qu'il a pris conscience de lui-même? Raison pour
laquelle il a cherché tant de méthode pour les relier par la suite?


 


Par ailleurs le passage de pratiquant de sports de combats à celui d'artiste martial me semble un peu plus compliqué que cela et la différence être dans la nature même des activités. Mais c'est
un autre débat ;-)


 


Très cordialement,


 


Léo


 




Erwan 05/12/2009 18:19


Les questions posées par Ellis Amdur sont passionnantes ...et parfois dérangeantes pour les pratiquants d'Aikido. je suis content que tu en parles. On retrouve la même dichotomie entre le niveau de
certains maitres chinois et leurs élèves...Il semble qu'ils perpetuent la forme au détriment du fonds, et celà s'accompagne parfois d'une transmission dogmatique qui peut piéger les élèves,
sans parler des dérives "divinisantes". Est-il possible de retrouver le fonds à partir de la forme? Sans doute partiellement, mais on ne peut pas faire  l'économie du "ressenti" direct
comme l'évoque M Amdur. Les master-class que tu proposes sont une opportunité merveilleuse de faire cette experience (bien que je n'ai pas encore pu "monter" à Paris malheureusement) et une
démarche généreuse. Beaucoup de plaisir à te lire chaque jour. Merci.
Erwan


Léo Tamaki 06/12/2009 00:26




Ellis est sans concessions. C'est ce qui lui a permis d'aller aussi loin dans sa pratique. C'est une chance
pour ceux qui veulent bien l'entendre. Et c'est avec bienveillance qu'il écrit pour les chercheurs.


 


Je dois avouer que j'ai un peu hésité avant d'en parler parce que je n'aime pas lancer de polémiques
stériles. Mais comme je l'ai écrit, je ne crois pas que cela soit dénigrer les grands maîtres qui ont succédés à Osenseï que de dire qu'aucun n'a réellement fait la même chose que lui, mais que
leurs apports ont été énormes pour tant d'entre eux, soit dans la forme, soit dans la pédagogie.


 


Le problème d'ailleurs n'est pas limité à l'Aïkido comme tu le dis. Cela devient très général
malheureusement.


 


Je crois sincèrement que les Master Class peuvent donner des clés à ceux qui savent voir. Cela m'a en tout
cas beaucoup apporté dan ma pratique et c'est pour cela que je continue à les organiser malgré les difficultés inhérentes à ce type de projets.


J'espère que tu auras l'occasion d'y participer un jour.


 


Merci pour la lecture ;-)


 


Léo


 




Laurylyan 05/12/2009 12:29


Merci pour cette référence. Je viens de commander le livre car ce que j'ai pu en voir sur ton blog et sur son site ma paraît très intéressant.

Aussi "Merci"

Je ne parlerai pas plus avant sur le reste car ce serait déroger à ma règle



Léo Tamaki 06/12/2009 00:20



Oh tu me laisses un peu sur ma faim... N'hésites pas à approfondir en MP ;-)

Léo