Budo no Nayami

Royama Hatsuo, le Karaté et le Taïkiken

16 Juillet 2010 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Royama senseï est l'un des plus celebres maîtres de Kyokushin Karaté. Il fut aussi l'un des principaux élèves de maître Sawaï, fondateur du Taïkiken. Si sa pratique porte toujours le nom de Karaté, le Taïkiken fait en réalité partie intégrante de son enseignement.

Le Taïkiken est un art martial issu principalement du Da cheng chuan / Yi chuan. Comme l'Aunkaï il s'agit d'un bujutsu tanren, une méthode permettant de forger un corps adapté à la pratique martiale. Ici aussi l'accent est mis sur le travail du corps au detriment d'une sophistication technique qui est souvent une voie sans issue.


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Royama Hatsuo (photo Jean-Baptiste Rosello)



Que retenez-vous de l'enseignement de Sawaï senseï?
Sawaï senseï m'a enseigné une méthode de tanren, un moyen permettant de forger son corps et développer ses capacités.

Dans le passé la musculation n'était pas utilisée en Karaté. Aujourd'hui l'approche que l'on dit "rationnelle" tend à inclure certains exercices de développement musculaire spécifiques. Je ne suis pas contre cela mais une force limitée à une jambe ou un bras est comme une technique morte. Elle ne peut générer de véritable puissance et n'est d'aucune utilité. Le travail du Iken est un tanren bien plus important. Il permet au corps de se soutenir, de forger une armature souple. Trop souvent le désir de se renforcer rend dur, raide. Le renforcement du corps ne doit pas se faire au détriment du mouvement. Le Iken permet d'être solide tout en restant mobile et fluide.
Je pense non seulement qu'il est plus important de faire du Iken que de la musculation, mais je dirai même que l'on ne peut développer un Karaté véritablement puissant sans un travail de ce type. La musculation peut bien sûr être utile mais il n'est pas nécessaire de pouvoir soulever de très lourdes charges mais d'être explosif.

(N.d.a. : - Iken: traduction japonaise de l'école Yi Chuan, "le poing de l'intention".)

Un des principaux exercices du Iken/Taïkiken est le ritsu zen, zen debout. Pouvez-vous nous expliquer le sens de ce travail?
Le zen debout permet l'écoulement du ki, l'accumulation de l'énergie dans le tanden et le développement de la force explosive. C'est un travail fondamental qui n'existe plus dans le Karaté moderne.



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Le développement de la force explosive!

(photo Jean-Baptiste Rosello)



La première vidéo a visiblement été réalisée par une personne ne parlant pas japonais car les explications y sont coupées. Elle permet néanmoins de voir le lien permanent entre la pratique du Karaté et du Taïkiken dans l'enseignement de Royama senseï.





La seconde vidéo semble être un cours privé uniquement axé sur le Taïkiken que Royama senseï offrit à un groupe d'élèves.





Le site de l'école de Royama senseï, Kyokushin-kan.

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Robert 06/09/2010 14:00



Bonjour Leo,


Le nom du pratiquant Iken est Sun Li.


C'est tres sympa ton blog!


Robert



Léo Tamaki 06/09/2010 16:00



Bonjour Robert,


 


Merci pour l'information et la lecture.


Bonne pratique,


 


Léo


 



Mathieu 17/07/2010 13:10



Bonjour Léo,  toi qui parle japonais, pourrais tu m'indiquer le nom du pratiquant de Iken/Yi-Chuan que l'on apperçoit aux côtés de Mr Royama (par curiosité). Je connais mal le Taikiken, mais
de tout ce que j'ai vu, la pratique de Mr Royama que tu nous fais découvrir au travers ces vidéos, est celle qui me semble la plus intéressante... Enseignant le karaté et pratiquant le
DCC, son approche m'intrigue forcement. Merci pour tes nombreux articles sur le net ou dans les magasines et les stages que tu organise (je n'ai malheureusement pu voir que Mr Hino).



Léo Tamaki 17/07/2010 22:27



Bonjour Mathieu,


 


Je ne connais pas le nom du pratiquant qui est aux côtés de Royama senseï.


 


Je ne saurai dire comment est la pratique de Royama senseï au regard des autres experts de Iken / Yi-chuan mais je l'ai trouvée très intéressante.


 


Merci pour ta lecture et ta participation au stage de Hino senseï.


 


Léo