Budo no Nayami

Principes éternels, expressions actuelles, pour la survie des traditions martiales

3 Janvier 2020 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #STAGES, #Budo - Bujutsu

Les vérités intemporelles au cœur des traditions

Tout est relatif dit-on. À l’échelle de l’Univers sans doute. Mais au regard de l’humanité, il est des vérités intemporelles. Des lois, comme la gravité, dont nous ne sommes pas près de nous affranchir.

 

Depuis la nuit des temps l’Homme cherche à savoir ce que sont ces lois, à les comprendre et les transmettre. Pour cela il a usé de traditions diverses, et chacun, s’est consacré à un certain nombre de domaines. Parmi eux, les traditions guerrières ont traversé les époques et se déclinent aujourd’hui dans de multiples sous-ensembles. Ceux du combat à mains nues ou à l’arme blanche, anachroniques, ne sont pas tombés en désuétude. Mais ils sont malheureusement devenus le champ d’expérimentations fantaisistes, ou le terrain de jeu de brutes aux supplémentations douteuses. Et les vérités intemporelles patiemment mise en lumière par nos anciens sont aujourd’hui au mieux réduites à leur expression la plus simpliste. Mais, plus généralement, elle sont oubliées, négligées, quand elles ne sont pas purement et simplement bafouées.

 

 

Étude des lois régissant l'utilisation du corps avec Tanguy Le Vourc'h

Photo Daniel Molinier

 

 

Une évolution logique aux conséquences aberrantes

Il est logique que le combat à mains nues ou à l’arme blanche soit relégué à des compétences de seconde zone pour les membres de l’armée et des forces de l’ordre. Les évolutions de la technologie ont remisé ces compétences au statut d’arme d’appoint, et leur pratique est plus destinée à développer le physique et le mental des professionnels, qu’à être à la base de leurs missions.

Malgré tout, les pratiques martiales ont réussi à survivre en étant adoptées par le grand public soucieux de développer sa santé, d’être capable de se défendre, et/ou cherchant une ascèse spirituelle. N’ayant pas vocation à être mise en pratique de façon littérale, les traditions ont évoluées dans diverses directions. Certaines se sont adaptées en devenant des sports, tandis que d’autres ont tenté de figer un âge d’or illusoire.

 

Les disciplines devenues sportives ont permis le développement de techniques rapidement efficaces reposant sur un conditionnement physique suffisant. Si l’on prend en compte ces limitations, elles répondent à leur promesse. Bien entendu cela se paie souvent au prix fort. Dans le pire des cas par des traumatismes qui deviennent handicapant au fil des années, dans le meilleur par une baisse drastique de l’efficacité l’âge venant. En effet, la recherche de résultats immédiats et le désir de vaincre à court terme ont eu pour conséquence l’oubli d’une approche prenant en compte la santé, et la modification de l’utilisation du corps qui nécessitent un investissement dans la durée. À ce titre, si l’état de champions tels que Teddy Riner qui avoue ne plus avoir de cartilages à plusieurs articulations et une arthrose handicapante est médiatisé, il n’est malheureusement que la partie émergée de l’iceberg. Car nombre de pratiquants de loisir souffrent aussi de lésions souvent irréversibles…

 

 

La nécessaire actualisation de principes intemporels

 

 

Quant aux disciplines qui se veulent « traditionnelles », elles ne font guère mieux. Prenant pour modèles des adeptes depuis longtemps disparu, elles nient la caractéristique essentielle qui leur a permis de survivre, l’adaptabilité ! Chaque école ou style choisi arbitrairement un maître divinisé qui aurait atteint l’ultime vérité et ne saurait être dépassé. Leurs membres légitiment leur efficacité par les exploits souvent invérifiables d’une figure tutélaire, et justifient leur existence par la nécessité de transmettre son message. Les plus courageux d’entre eux s’autorisent à peine à introduire de vagies variations, et aucun de ces théoriciens de l’efficacité passée ne se hasarde à confronter sa pratique à la réalité contemporaine. Les rares inconscients l’ayant fait ayant souffert d’un violent rappel à la réalité.

 

Le courage de faire des erreurs

MON sentiment, après réflexion, recherches et études des documents qui nous sont parvenus, est que les traditions martiales ont beaucoup perdu durant le dernier siècle. Et cela est bien naturel, car par chance l’évolution de la société les a rendus inutiles à notre survie. Cela a pour conséquence les évolutions que j’ai évoqué, de façon schématique, plus haut.

Ayant perdu leur utilité directe, il semblerait raisonnable de laisser doucement s’éteindre ces pratiques. Mais si leur efficacité n’est plus nécessaire à la survie, je crois toutefois que l’envie de se confronter est profondément gravée en nous. Que, si jamais cela disparaît, cela ne se fera pas avant des millénaires, et que cela explique la survivance de ces étranges descendances. Si les traditions martiales ont ainsi vocation à perdurer sous une forme ou une autre, ne devrions-nous pas, en tant qu’adeptes, garantir qu’elles aient un effet positif pour leurs pratiquants ?

 

 

La solitude de l'adepte face à ses responsabilités

Photo Romain Duprat

 

 

Pour cela il faut :

  • Comprendre leurs origines (contexte, objectif initial, etc.),
  • Identifier les principes mis à l’œuvre tant dans la stratégie que l’utilisation du corps,
  • Connaître le contexte contemporain, et notamment les autres disciplines et leurs évolutions,
  • Etc.

 

Le défi est de taille, et tous ceux qui le relèveront ne pourront éviter de faire des erreurs. Comme tous ceux qui nous ont précédé. Mais ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons éviter les dérives, intégrisme et simplification, qui ont rendu les arts martiaux obsolètes et les condamnent à une disparition inéluctable. Les traditions martiales ont beaucoup à nous apporter, mais elles exigent que nous ayons le courage d’évoluer pour rester pertinentes.

 

 

Avoir le courage de faire des erreurs...

Photo Jo Keung

 

 

 

Léo Tamaki à Monaco, 18 et 19 janvier

 

David Barral est l’un des pratiquants qui explorent. Ouvert, avec ses collègues de Monaco il est un des moteurs de la recherche locale, invitant les experts les plus divers sur le rocher. Je serai heureux de les retrouver, et de partager comme toujours l’état de mes recherches.
 

 

Horaires

Samedi 18, de 15h30 à 18h00

Dimanche 19, de 09h30 à 11h30, et de 13h30 à 15h00

 

Lieu

Stade Louis II

Monaco

 

Tarifs

Stage complet 55€

Demi-journée 30€

 

Contact

renseignements@asm-aikido.com

 

 

Stage ouvert à tous les pratiquants d'arts martiaux, tous groupes, et tous niveaux.

 

 

 

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christian jongbloed 22/01/2020 13:46

J' aime beaucoup vos articles et votre manière de pensée. Â notre époque c'est rare..Continuez vous êtes sur la bonne voie...Makoto no kokoro sensei

Léo Tamaki 05/04/2020 17:04

Merci pour la lecture et les encouragements,

Léo