Budo no Nayami

Midori Kenji, Kyokushin Karate's "little giant"

10 Mai 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Lorsque je suis parti vivre au Japon en 98, je considérai que l'efficacité martiale était le fruit de la conjugaison de qualités physiques "classiques" (rapidité, force, endurance) et de techniques "efficaces" (le mot est très vague mais je sais aujourd'hui à quel point ma conception l'était aussi à l'époque).

Le lendemain de mon arrivée je m'inscrivais à l'Aïkikaï où je devais m'entraîner assidument pendant trois ans. Quelques temps après je décidai aussi de reprendre la Karaté. J'avais pratiqué le Shotokan en France mais je décidai de me mettre au Kyokushinkaï.
Le premier dojo de Kyokushin dont je trouvais les coordonnées fut celui de Midori Kenji. Il me reçut gentiment mais je découvrais dépité que les cours avaient lieu en soirée alors que je pratiquais à l'Aïkikaï. Je me souviens qu'il avait été étonné de mon intérêt pour le Kyokushin après avoir appris que je pratiquais l'Aïkido. Midori senseï crut d'ailleurs nécessaire de m'expliquer que le Kyokushin était un Karaté dur et qui faisait mal.
Il est vrai qu'aujourd'hui plus encore que dans le passé, il n'existe quasiment aucun pratiquant s'entraînant simultanément dans ces deux disciplines. Alors que le Kyokushin attire en majorité des jeunes gens fougueux, la majorité des dojo d'Aïkido de l'archipel est composé d'adultes ayant la quarantaine et cherchant une activité non-violente.




Je devais par la suite m'inscrire au Hombu dojo de l'organisation principale de la discipline et rivale de celle de Midori senseï, l'IKO, où des cours étaient donnés à des moments qui ne coïncidaient pas avec ceux de l'Aïkikaï. Je me souviens qu'à l'époque les premiers cours du matin y avaient lieu vers 10h, tandis que ceux de l'Aïkikaï commençaient à 6h30 et j'enchainais les deux durant quelques mois. Je m'étais fait la réflexion à l'époque que si cela ne me posait pas de problème de pratiquer l'Aïkido à 6h, j'aurai eu du mal à aller faire du Kyokushin si tôt… Les horaires me semblaient bien étudiés ;-)




Midori Kenji, 1,65m 70kg, est resté dans l'histoire comme le plus petit et léger des combattants à remporter le Championnat du monde de Karaté Kyokushinkaï. Ce championnat qui se déroule tous les quatre ans se fait sans catégories de poids et Midori dut affronter des combattants faisant plusieurs dizaines de kilos de plus que lui. Je n'ai jamais pratiqué ou étudié avec lui mais je suis certain que cela aurait été intéressant. L'instructeur qui me marqua le plus fut d'ailleurs Narushima Ryu, le plus petit des combattants de l'IKO.




La vidéo ci-dessous reprend la plupart des combats du 5ème championnat du monde que remporta Midori senseï. Les combats commencent vers 1:10.




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DG 20/05/2009 09:13

Salut Léo,Tu peux lire le récit de ces années dans cette biographie publiée sur le site du GHAAN. Et pour répondre à ta question, oui j'ai pu croiser d'autres sources d'informations sur le sujet. Notamment l'article "On writing Zen Combat" de Jay Gluck, qui aurait cotoyé les 2 au Japon.

Léo Tamaki 26/05/2009 21:03



Salut DG,

Merci pour les liens très intéressants ;-)

Léo



Cyril Valeyre 11/05/2009 18:00

Salut Léo, J'ignorais que Ryu Naruhima était instructeur au Hombu Dojo. C'est vrai qu'il est impressionnant de souplesse et fluidité.C'est dommage que peut de grands combattants de Kyokushin n'ont pas été tenter l'aventure du K-1. Je sais qu' Ewerton Teixeira, l'actuel ou ancien champion du monde combat souvent en K-1 mais ça aurait été pas mal de voir ce que donne des Narushima, Kiyama avec les poings au visage.Heureusement il y'a eu le grand Andy ;)Cyril

Léo Tamaki 20/05/2009 00:34



Salut Cyril,

Narushima était instructeur à l'époque où j'allais au Hombu Dojo, dans l'ancien, l'original! :D
Je ne sais pas si il y est encore cela dit.

Le K1 comme le Kyokushin ont des systèmes de compétitions spécifiques. Les combattants du Kyoku doivent faire des ajustements pour combattre au K1. De même ceux du K1 devraient en faire pour
combattre en Kyoku... Mais il n'y a pas assez d'argent pour les motiver je suppose ;-)

Léo



DG 11/05/2009 12:24

Bonjour Léo, je me permet de rebondir sur une de tes phrases :"Il est vrai qu'aujourd'hui plus encore que dans le passé, il n'existe quasiment aucun pratiquant s'entraînant simultanément dans ces deux disciplines."Petite anecdote historique peu connue : dans les années 1955-1957, un élève occidental uchi deshi à l'Aikikai pratiquait simultanément en sparring avec un karatéka alors peu connu, Mas Oyama, qui allait devenir le fondateur du karaté kyokushin.Cet occidental, André Nocquet, a du renoncer à cette double pratique sur la requête expresse de Morihei Ueshiba qui lui a demandé de faire un choix...Voilà pour la petite histoire

Léo Tamaki 20/05/2009 00:35



J'avais entendu parler de cette histoire en effet. Tu as des sources fiables et/ou croisées?

Amicalement,

Léo