Budo no Nayami

Christian Tissier ou le parcours d'un surdoué des tatamis

22 Octobre 2009 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

La France est aujourd'hui le pays comptant la plus large population de pratiquants d'Aïkido au monde. Du goût particulier des français pour le Japon à la compétence des senseïs qui enseignèrent dans l'hexagone tels que les maîtres Mochizuki, Abe, Nakazono, Nocquet, Noro ou Tamura, de nombreux facteurs expliquent ce phénomène. A cette liste prestigieuse de senseïs s'ajoute le nom de Christian Tissier qui est aujourd'hui l'un des plus célèbres experts de la discipline fondée par Moriheï Ueshiba. Retour sur le parcours brillant d'un surdoué des tatamis.




Un pratiquant précoce

Christian Tissier nait en 1951, l'année où l'Aïkido fait son apparition en France grâce à Mochizuki senseï. Il reçoit une éducation traditionnelle dans un établissement jésuite et débute l'Aïkido en 1962 à l'âge de onze ans. Sous la direction de Nakazono senseï qui l'initiera au kototama et à l'aspect spirituel de la discipline, il devient, six ans plus tard, 2ème dan à l'âge de dix-sept ans. Le bac en poche il n'a pas encore dix-huit ans quand il s'embarque pour le Japon où il compte passer six mois avant d'entamer des études supérieures. Il y restera huit ans et deviendra l'un des plus proches élèves du second Doshu et de Yamaguchi senseï.

Arrivée au Japon

La fin des années soixante est une époque où tout ce qui est lointain n'est plus inaccessible, un temps où la quête de soi est encore une motivation respectée. Baigné dans cette atmosphère Christian vivra son rêve jusqu'au bout. Après trois semaines de train et une traversée en bateau il débarque à l'Aïkikaï de Tokyo, centre mondial de l'Aïkido, avec pour seuls bagages sa naïveté et sa passion. Il a peu d'argent et beaucoup d'illusions.
Le Japon est un pays en pleine transition. Les baraques en bois y côtoient les gratte-ciels et le pays développe sa puissance économique à une vitesse folle. Tissier sera pleinement immergé dans ce paradoxe. Venu étudier un art traditionnel il se trouve nez à nez avec le bâtiment flambant neuf de l'Aïkikaï qui à l'époque domine tout le quartier de Wakamatsu-cho. Venu rencontrer le patriarche de l'Aïkido il étudiera sous la houlette de son successeur et de la nouvelle génération de maîtres de la discipline.




Obstacles

Il est difficile aujourd'hui d'imaginer ce que vivre au Japon pouvait signifier à l'époque et cela ne pourrait probablement correspondre aujourd'hui qu'à vivre sur la Lune tant le monde s'est rétréci. En 1970 la France n'est pas à 10 000 kilomètres mais à trois semaines. Les gens partageant votre culture sont extrêmement rares sans même parler de ceux qui parlent votre langue. La nourriture à laquelle vous êtes habitué n'est pas disponible et si elle l'est, elle coûte aussi cher qu'un repas dans un restaurant étoilé.
Malgré la modernité en marche, le Japon est encore un pays très fermé. Se déplacer, commander à manger, tout est un défi pour un jeune étranger ne parlant pas japonais, plus encore quand il n'a que quelques sous en poche. En effet, Christian n'a avec lui qu'une modeste somme amassée l'été en travaillant aux halles et comme déménageur. Il commence d'ailleurs son séjour au Japon en dormant sur un banc proche de l'Aïkikaï pendant une semaine.
Sans doute la jeunesse et l'enthousiasme expliquent en partie comment il supportera ces épreuves, en plus de l'intensité de ses longues heures quotidiennes de pratique. Mais il lui faudra surtout une grande force de caractère et une passion pour son art afin de surmonter les moments de solitude et les difficultés.
Christian emménage rapidement dans une pièce de deux tatamis et demi, environ 5m². Pratiquant du matin au soir avec tous les maîtres de l'Aïkikaï il est d'abord surpris et même déçu par ce qu'il voit et qui ne colle pas à ses références. Comprenant qu'il juge à l'aune de son expérience limitée, il se rend compte que six mois ne lui permettront pas même d'effleurer la discipline dans laquelle il est venu se perfectionner. Très vite d'ailleurs il prend conscience que ce n'est pas un perfectionnement mais une étude approfondie dont il a besoin.

Intégration

Tissier est d'abord accueilli avec curiosité. Chacun au Hombu, et le Doshu en particulier, se demande ce que peut bien venir faire ce jeune étranger. On le prend pour un fils de diplomate ou d'homme d'affaire alors que, comble de l'ironie, ses économies commencent à s'épuiser. Il vivotera en donnant des cours de français mais c'est surtout grâce au mannequinat qu'il surmontera ses difficultés matérielles. Jeune, l'allure fière et les yeux clairs, il n'aura aucun mal à trouver des emplois de modèle dans un Japon où les étrangers sont si rares. C'est d'ailleurs sans doute dans cet épisode qu'il faut trouver l'origine de l'aisance de Christian Tissier devant les caméras et sa compréhension du pouvoir de l'image.
Par la suite il décrochera un poste d'instituteur au lycée français de Tokyo qui lui permet d'obtenir un visa diplomatique tout en gagnant sa vie de façon régulière. Il finira enfin ses années au Japon à l'institut franco-japonais en tant qu'enseignant de français.

Durant tout ce temps Christian pratique intensivement. Très rapidement il sympathise avec les uchi-deshis, Endo, Suganuma, Toyoda et Yasuno. Surtout il se lie avec Moriteru Ueshiba, le jeune maître, waka senseï, qui a exactement le même âge que lui. Cela lui vaudra l'attention particulière du second Doshu, Kisshomaru. Tout en devenant l'un de ses principaux uke il devient aussi un des favoris de Yamaguchi senseï. Il est en outre nommé responsable de tout ce qui concerne les étrangers pratiquant au Hombu.


L'amitié de Christian Tissier avec les uchi-deshis de l'époque et surtout le troisième Doshu est importante car elle est sans doute à l'origine de la bienveillance de l'Aïkikaï envers la FFAAA, mais surtout elle explique l'attitude décomplexée de Christian Tissier. Si celui-ci ne manquera jamais de faire preuve de respect envers ses maîtres, on ne notera jamais non plus le complexe d'infériorité dont la plupart de ses pairs font preuve envers les experts japonais au seul vu de leur nationalité. Il a travaillé, sué et progressé avec eux, en même temps qu'eux. Il connaît leur langue, leur culture et ne les juge qu'à leur véritable valeur sans être aveuglé par l'aura de leurs origines. C'est un point fondamental qui lui permettra de parler d'égal à égal avec les autorités de l'Aïkido.





Kick-boxing

Durant ses années au Japon Christian Tissier rencontrera de nombreux pratiquants d'arts martiaux français aujourd'hui célèbres. Il forma avec plusieurs d'entre eux un groupe qui s'entraînait et confrontait leurs techniques. Il gardera de cette époque une vaste culture martiale mais surtout la capacité de faire face à tout type de technique, qualité particulièrement rare dans le monde de l'Aïkido.

Parallèlement à sa pratique de l'Aïkido Christian Tissier débute le Kick-boxing au Meïjiro gym, le haut-lieu des boxes pieds poings de l'archipel. Il s'y lie avec Toshio Fujiwara, le plus grand champion de l'époque, pour qui il garde aujourd'hui encore la plus grande admiration. Il ira jusqu'à faire quelques combats dans lesquels il pu donner libre cours à sa combattivité et son esprit de compétition tout en acquérant une signifiante expérience du combat pied-poings.

Il continuera d'ailleurs à mettre les gants avec les plus grands pendant plusieurs années, même lors de son retour en France. Il pratiquera ainsi avec Lavoratto et les membres de l'éuipe de France de Karaté, les frères Serfatti, Pierre Blot, Sadek Mazri, Georges Sziga, etc… Il s'entraînera aussi par la suite en boxe Thaïe sous la direction de Pud Pad Noy pendant trois ans. De ces années il conservera l'amitié et le respect de nombreux experts de disciplines pieds poings qui s'initieront sous sa direction à l'Aïkido.
La pratique des sports de combat influencera notablement l'Aïkido de Christian Tissier. On peut notamment y voir, conjointement à la pratique de Kisshomaru senseï, l'origine de sa très grande mobilité. Il y développera aussi sa confiance en soi. Mais si l'expérience acquise sur les rings est perceptible dans son travail, en revanche Tissier ne créera jamais de discipline bâtarde en mixant ses expériences. L'Aïkido restera l'essence de sa voie et ses autres pratiques ne viendront que nourrir sa recherche.




Principes et qualités

Une des choses que la pratique des sports de combats apportera sans doute à Christian Tissier est la compréhension de la différence entre ce qu'il appelle les "principes" et les "qualités". Les "qualités" qu'il décrit comme relevant principalement du domaine de l'inné, sont globalement liées aux capacités physiques, tandis que les "principes" qu'il décrit, sont du domaine de l'acquis, tels que la posture ou la maîtrise de la distance. Principes sur lesquels il s'appuie afin de dépasser la baisse de qualités physiques liées à l'âge mais surtout pour continuer à évoluer et avancer dans la pratique.

Kashima shin ryu kenjutsu

Grâce au parrainage de Yamaguchi senseï Christian Tissier débutera aussi la pratique du Kashima shin ryu avec Inaba senseï. Celui-ci, élève de maître Yamaguchi en Aïkido, lui enseignera spécifiquement des formes lui étant utiles à sa pratique de l'Aïkido. Il en gardera un esprit très direct lui permettant de rentrer dans l'action qui lui servira notamment lors de ses combats.
Associé à ce qu'il apprit lors des cours de Saïto senseï à l'Aïkikaï, mais surtout aux cours particuliers de Saotome senseï, le Kashima shin ryu formera la base du travail aux armes développé par Tissier.




L'Aïkido Tissier, au-delà des illusions

Christian Tissier a développé son propre Aïkido. Il l'a fait sans complexes car il a été confronté dès son arrivée à l'Aïkikaï à une multiplicité de visions de l'Aïkido. C'est là qu'il comprendra que la discipline n'est pas figée et que, dans le respect des principes elle peut s'exprimer de façon très personnelle.
Fruit de ses expériences, l'Aïkido de Tissier reflète aussi profondément sa personnalité. Ample et mobile il cache sous son apparente circularité une approche très directe. A l'opposé de certaines formes plus passives il est sous-tendu par un véritable engagement dans l'action. Dynamique, il nécessite une grande générosité physique des pratiquants, à l'inverse de formes plus économes aux mouvements très réduits.
Dans son enseignement point de discours philosophiques ou ésotériques. Il laisse le ki et l'ésotérisme aux autres en privilégiant un travail technique concret. On retrouve dans cette approche sobre et austère le caractère de ses deux maîtres, Yamaguchi et Ueshiba Kisshomaru, qui privilégièrent une approche simple de l'Aïkido, basée sur la pratique et débarrassé de ses aspects mystiques.
On retrouve en outre dans la technique de Christian Tissier la liberté inspirée par Yamaguchi senseï et la clarté de Kisshomaru senseï.




Les clés du succès

Christian Tissier est parti au Japon lorsque l'Aïkido était encore jeune en France. La discipline était peu développée et le niveau moyen des enseignants était bas. Il est arrivé à l'âge d'or de l'Aïkikaï, une époque où enseignaient les maîtres Toheï, Osawa, Arikawa, Saïto, Yamaguchi, Saotome, etc… Sa position particulière, ses dons et son énergie lui permettront d'être remarqué par plusieurs d'entre eux qui lui donneront une formation particulièrement poussée.
Son talent et l'enseignement technique qu'il reçu liés à son charisme, sa compréhension du pouvoir de l'image et la pédagogie claire et cartésienne adaptée à l'esprit occidental qu'il développa, en firent un des acteurs majeurs du développement de l'Aïkido et l'une des plus grandes célébrités des arts martiaux. Récemment mis en vente un DVD le présentant figure d'ores et déjà parmi les meilleures ventes du domaine des arts martiaux et le clip le présentant a été téléchargé près de 40 000 fois en quelques semaines. Il est en outre le seul instructeur occidental à enseigner au côté des grands maîtres lors des stages de la Fédération Internationale d'Aïkido.




Les critiques

Aujourd'hui Tissier est de fait à la tête de la FFAAA même s'il a choisi de n'y occuper aucun poste officiel. Ce positionnement issu de sa rupture avec Tamura senseï lorsqu'il quitta la FFJDA pour monter sa propre fédération est d'ailleurs à l'origine du fossé qui sépare le jeune lion et le vieux loup.
Bien sûr les critiques n'épargnent pas le golden boy de l'Aïkido français. Trop commercial, orgueilleux, technique trop saccadée, etc… S'il est certain que certaines remarques sont justifiées au vu des choix de ceux qui les émettent, elles perdent souvent de leur impact lorsque, comme c'est souvent le cas, elles sont sous-tendues par l'envie.
Oui Christian Tissier est fier de son parcours. Bien sûr il comprend le pouvoir des médias et se sert d'eux. Mais on oublie bien souvent que lorsqu'il a commencé sa route, vivre de l'Aïkido n'était même pas un rêve. Doit-on lui en vouloir d'avoir utilisé sa compétence pour vivre confortablement? La discipline dans sa globalité ne profite-t-elle pas des retombées de sa médiatisation?
Quoi qu'il en soit, conscient de sa valeur et sûr de ses choix Christian Tissier assume son parcours et ne semble pas se préoccuper des critiques.

Une vie liée à l'Aïkido

Né lors de l'arrivée de l'Aïkido en France, Christian Tissier arrivera au Japon à la disparition d'Osenseï, à l'aube du développement mondial de l'Aïkido. Sa vie a ainsi symboliquement été liée à la discipline à laquelle il s'est consacré et dont il a été et continue d'être avec talent l'un des principaux moteurs de développement.




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Lorenzo 17/01/2016 18:01

Moi je suis sûr Léo que si tu avais eu le même début de parcours que Christian, tu aurais réussi encore plus rapidement que lui et je pense que le Doshu en personne aurait démissionné pour que tu prennes immédiatement sa place, ton génie est tellement évident...malheureusement, nous sommes en 2016 et tout ce que tu reçois c'est insultes et quolibets. J'ai mal à mon Aïkido, moi je te trouve tellement parfait que je compte sincèrement récolter les fonds nécessaire pour ériger une statue de toi dans mon jardin. Tu mérites au moins bien ça, tu nous apportes tellement. Je suis quasiment certain, dans quelques caves insalubres baignées d'humidité, qu'il existe une note secrète rédigée par Tamura sensei prouvant au monde l'émotion qu'il eut à enseigner à un aussi grand homme que toi. Je pense qu'il doit être aussi écrit son admiration sans borne pour toi et son souhait le plus ardent d'un jour te ressembler. Jusqu'en 69, le monde eut O Sensei. Aujourd'hui, nous t'avons.

Léo Tamaki 17/01/2016 19:14

Merci Lorenzo. Vous êtes rares à avoir vu la lumière, mais votre dévotion compense cela.

Bernard 24/10/2009 10:41


Bonjour,

j'ai lu avec  beaucoup d'interêt cette biographie de Christian TISSIER, ni complaisante, ni déplaisante, encore moins médisante!
Je suis adhérent à la FFAAA parceque lorsque j'ai commencé à pratiquer l'aikido le club le plus proche de chez moi était affilié à la FFAAA, de même je suppose que nombreux sont ceux qui adhérent à
la FFAB pour de semblables raisons.
Je ne répeterai pas ici ce que j'entends parfois dans nos dojos concernant votre fédération, reportez vous simplement à ce qui se dit chez vous à notre sujet!
Ce  préambule un peu long pour dire combien je suis lassé par ces querelles sans fin entre nos deux fédérations, querelles dont tirent profit probablement les quelques personnes qui de part et
d'autre ont un peu de pouvoir et peut être des interêts financiers mais que subissent les pratiquants de base dont je fais partie.
Je viens très régulièrement sur votre site, j'y apprends beaucoup notamment à travers les entretiens que vous avez avec les maitres dans différentes disciplines martiales et par vos commentaires
sur "l'esprit japonais", j'y apprécie beaucoup votre curiosité et votre ouverture d'esprit.
Merci et bonne route sur le chemin où vous vous êtes engagé!
Bernard

P.S TAMURA sensei doit venir animer un stage à la Rochelle début décembre, pas trop trop loin de mon club, j'essaye de convaincre quelques camarades de m'accompagner...


Léo Tamaki 24/10/2009 12:54



Bonjour Bernard,

Merci pour votre commentaire.

En effet la première raison d'appartenance à telle ou telle fédération est très souvent une question de hasard. Et chacun, très rapidement, d'être heureux d'être tombé "par hasard" dans la
"bonne" fédération ;-)

Merci pour votre lecture. Partager avec les lecteurs me permet de réfléchir à nouveau sur certains points et de clarifier ma pensée. J'espère que cela peut leur apporter quelques pistes comme
cela semble être le cas pour vous.

Très bonne pratique,

Léo

P.S. Je serai probablement au stage de La Rochelle, sans doute aurons-nous le loisir d'échanger quelques mots.



AntoineB 23/10/2009 21:55


Merci Léo, bel article :). Je constate de nouveau à quel point le bel esprit n'est pas mort. Et que l'aikido est pour certains une source d'enrichissements (au sens noble du terme ;) ) permanents.
Salutations, et je me permets d'ajouter celles de Josette. @+


Léo Tamaki 24/10/2009 12:49



Bonjour Antoine,

Merci pour la lecture et salue Josette pour moi s'il te plaît ;-)

Amicalement,

Léo



Tangi 23/10/2009 14:13


Ohayo !

Je salut ce parcours plein de ténacité ! je doute qu'à notre époque il y ait bcp de monde à dormir sur un banc, motivé par le désir de rentrer profondément dans son Art !
En tous cas il semble que même ds la famille de l'aïkido il y est des personnalité très marquée ;-)
Je pense que cela doit agacer plus d'un que Christian Tissier ne soit pas plus impressioné par certains membres de l'Aikikaï du fait qu'il se soit entrainé avec eux en ayant le même âge ! Vive la
démystification ! Après tout, Stars ou Maiîtres ont bien eu des compagnons de jeux étant bambins !

En tous cas ( c'est la deuxième fois !) je viens de regarder certaines vidéos de Chrsitian Tissier, et je trouve ton interprétation de son style pertinente : de la rondeur mais cela rentre !
(influence du Bâton et sabre ?)

Tangi


Léo Tamaki 24/10/2009 12:40



Bonjour Tangi,

L'Aïkido réunit tout type de personnalité. Bien évidemment ses leaders ont souvent des traits forts.

Léo



ivan 23/10/2009 13:23


Pour avoir, comme toi, eu la chance de l'interviewer (en compagnie de mon ami Guillaume Erard), je me suis rendu compte qu'il était non seulement très sympathique, mais aussi très loin de l'image
qu'on en donne. J'ai un excellent souvenir de ce moment, en compagnie de Dany Leclerre (7e dan aussi).
J'avais eu une question qui commençait par "en schématisant grossièrement, l'aikido peut se résumer à irimi et tenkan, et on voit que vous avez un aiki plutot tenkan...".
Surprise de Me Tissier qui me dit "ah ben ça, moi je pense que je suis très irimi". Je ne sais plus si c'est sur l'interview que l'on peut voir sur le blog de Guillaume Erard, mais c'était très
amusant de part sa surprise et mon observation qui était clairement fausse. Depuis, j'ai bien regardé ses vidéos :-)


Léo Tamaki 24/10/2009 12:10



Bonjour Ivan,

Oui Christian Tissier, comme Tamura senseï, a à mon sens un Aïkido très "irimi". Cela doit bien convenir aux français ;-)

Léo



Jean-Claude 23/10/2009 12:34


Cher Léo,

J'aime bien cet article car je croise de temps en temps Tissier Senseï à Vincennes. Je l'ai vu une fois donner un cours mais aussi discuter avec des élèves, on "sent" ce que tu décris dans ton
article. Il dégage une très grande confiance en lui, celle du vrai combattant. La première fois que je l'ai vu "en vrai" j'ai été surpris...par sa taille. Il est plus petit que moi (et pourtant
j'ai un vrai gabarit de Malgache d'à peine 1m70) et pourtant il était bien plus grand que ça. Le charisme certainement mais aussi une véritable humanité.
J'ai appris une grande leçon grâce à ça : Pour la valeur d'un homme, il faut s'en faire une idée par soi même et avec ses tripes !
J'ai beaucoup entendu les critiques que tu cites lorsque je pratiquais l'aikido dans "l'autre fédé". Je n'y ai jamais accordé beaucoup d'importance et avec le recul, j'ai bien eu raison de suivre
cette ligne de conduite.
Un peu long mais je voulais apporter cette touche pour abonder dans ton sens et rendre hommage à ma manière à quelqu'un qui a contribué et qui continue de contribuer à l'aïkido.
A ta manière d'ailleurs, tu rends bien justice à l'aikido par ton blog et j'en suis sûr dans tes cours.

Amicalement


Léo Tamaki 24/10/2009 12:07



Cher Jean-Claude,

Effectivement la confiance en lui de Christian est un trait majeur. De ceux qui ont fait de lui ce qu'il est.

La première fois que je l'ai rencontré j'ai aussi été surpris car je l'imaginais plus grand. Une question de charisme entre autres comme tu le dis.

Amicalement,

Léo



Guillaume 23/10/2009 07:32


Super ton article Léo. J'aime en particulier ton analyse sur les fondamentaux de sa technique. Je suis loin de tout comprendre de l'Aikido de Christian Tissier mais je trouve qu'il est souvent
assez mal interpreté, même par les pratiquants de la FFAAA.
A+

G


Léo Tamaki 24/10/2009 12:04



Salut Guillaume,

Merci pour la lecture ;-)

Connaissant bien moins bien que toi l'Aïkido de Christian ainsi que son interprétation par les pratiquants je ne peux malheureusement que conjecturer. Je crois de toute façon que quel que soit
l'enseignement et son audience, le message arrive souvent distordu...

Amicalement,

Léo