Shimizu senseï viendra pour la quatrième fois en France à la fin du mois de février.

Si je me considère avant tout comme un élève de Tamura senseï, j'ai eu plaisir à pratiquer sous la direction de nombreux autres maîtres. Parmi eux, ceux qui m'ont le plus marqué, touché, sont
Tada senseï, Sasaki senseï et Shimizu senseï. Chacun à sa manière me fit entrevoir, comprendre, apprécier des pans de l'Aïkido qui m'étaient inconnus.
Le dernier disciple d'Osenseï
Shimizu senseï est l'un des derniers géants de l'Aïkido. Il fut aussi l'un des plus proches et le dernier disciple d'Osenseï. Son enseignement est une fenêtre ouverte sur l'Aïkido que voulu
laisser le Fondateur.

Je n'ai jamais considéré que l'Aïkido était une discipline figée et ne pouvant s'exprimer que sous une seule forme. Non plus que je considère que la pratique d'une période de la vie du Fondateur
soit la réelle, au détriment des autres. A mes yeux les formes des maîtres Shioda, Nishio, Yamaguchi, Tamura, Saïto ou Hikitsuchi pour n'en citer que quelques uns, sont toutes des expressions de
l'art créé par Ueshiba Moriheï. Pourtant j'ai eu un plaisir particulier lorsque j'ai rencontré Shimizu senseï car, de tous les senseïs que j'ai eu la chance de côtoyer, il est celui qui me fait
le plus penser à Osenseï, tant par sa pratique que sa façon d'être et d'enseigner.
Des disciples issus du Judo
Parmi les disciples à qui Osenseï voua une affection particulière, Mochizuki Minoru et Tomiki Kenji se détachent notablement. Mochizuki senseï qui fut un temps considéré pour devenir le
successeur de Ueshiba ne passa en réalité que peu de temps auprès de lui. Génie martial, cela lui suffit pour atteindre un très haut niveau et devenir le maître que l'on connaît. A l'inverse
Tomiki senseï garda un contact beaucoup plus étroit avec le Fondateur et fut celui qui étudia avec lui sur la plus longue période de temps (l'élève qui passa le plus de temps "concret" auprès
d'Osenseï étant Saïto Morihiro). Le point commun de Mochizuki et Tomiki est qu'ils étaient tous deux des pratiquants émérites de Judo, comme bien plus tard Shimizu senseï.
Ce seul fait démontre à quel point devait être grande la maîtrise d'Osenseï. Subjuguer de jeunes champions de Judo lorsqu'on est dans la force de l'âge est une chose que seraient probablement
incapable de réaliser la plupart des maîtres d'Aïkido d'aujourd'hui. Le
faire avec un jeune bagarreur à 80 ans est stupéfiant…

Entretiens
Dans les semaines à venir je présenterai une série d'entretiens qui permettront aux lecteurs de mieux connaître Shimizu senseï et aux participants à son stage de profiter au mieux de sa
venue.
Chaque année voyant malheureusement le nombre des élèves directs d'Osenseï s'amenuiser, les occasions de rencontrer et pratiquer avec ces "géants" sont de plus en plus rares. J'espère que
nombreux sont ceux qui saisiront l'occasion de venir rencontrer à nouveau ou pour la première fois Shimizu senseï.
Voici ce que j'écrivais il y a deux ans à ce sujet lors de la disparition de Nishiyama senseï:
"Aujourd'hui les maîtres historiques, disciples des fondateurs des Budo, ne sont plus qu'une poignée. Je crois qu'il est important que les pratiquants passionnés luttent contre leur
fainéantise et fassent le pas pour aller recevoir leur enseignement. Trop loin, trop cher, autre chose à faire, trop fatigué, trop de monde, la prochaine fois… Une fois les maîtres disparus il ne
restera que la tristesse de s'être écouté.
Bien entendu le simple fait d'avoir côtoyé Ueshiba Moriheï ou Funakoshi Gichin ne suffit pas, loin de là, à faire un maître. En revanche ceux qui les ont côtoyés et sont devenus des maîtres ont
vécu une expérience unique qu'ils peuvent, au moins partiellement, transmettre. C'est pourquoi je crois que chacun, s'il a la chance d'avoir l'un de ces géants dans sa discipline, doit faire les
efforts nécessaires afin de recevoir son enseignement. Peut-être pas de façon exclusive si on suit déjà l'enseignement d'un maître plus jeune qui nous satisfait. Mais au moins occasionnellement.
Je suis persuadé que lorsque ces maîtres seront depuis longtemps disparus c'est une chose que l'on ne regrettera pas d'avoir fait."
Par Léo Tamaki
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Lundi 25 janvier 2010
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