Budo no Nayami

La progression de Kuroda senseï

4 Avril 2008 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Avril 2008

J'ai évoqué il y a quelque temps la soirée que j'avais passée avec Sheen et Morishita-san. Ce jour-là je lui ai demandé quand la pratique de senseï avait réellement changée car lui-même m'avait dit qu'il ne "comprit" réellement que vers l'âge de quarante ans.


Kuroda Tetsuzan et son fils Yasumasa à la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels 2007


Kono Yoshinori, une rencontre déterminante
Morishita-san me répondit que le véritable changement avait eu lieu quand Kuroda senseï et Kono Yoshinori se sont rencontrés. Maître Kuroda lui-même me l'avait dit et quand je l'ai interviewé (pas encore publié) Kono senseï m'avait dit que la personne a qui il devait le plus était Kuroda senseï.


Kono Yoshinori, kenjutsu


C'est incroyable de voir que l'émulation entre deux pratiquants d'exception puisse les amener à se sublimer. Aujourd'hui Kono senseï et Kuroda senseï sont à juste titre les deux pratiquants de Kobujutsu les plus reconnus. Je me demande ce qu'aurait été leur progression s'ils ne s'étaient pas rencontrés…
Cela montre à quel point il est important d'avoir, au moins pendant une période, un alter-ego ou un modèle qui vous motive afin de pouvoir se surpasser.


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Mat. 27/05/2008 14:50

Bonsoir (?) Léo,Tu t'en doutes, loin de moi l'idée de lancer le débat maléfique sur ce qu'est/n'est pas l'aikido ... je ne cherche pas à enfermer ni moi, ni personne derrière des murs barbelés sur lesquels seraient placardées des pancarte "aikido all right reserved". Encore moins à me servir de ton blog pour ce faire.Simplement en tant que jeune voyageur un peu perdu dans ce dédale de voies - pour certaines - sans issues, je demande conseil aux voyageurs avertis ayant parcouru les horizons lointains. Tu prends le temps de donner corps à ce dont nous autres débutants ne pouvons avoir que l'intuition. C'est bien ton avis que je sollicitais, tu nous donnes ta façon de décrypter les traces sur le chemin (philosophie / forme technique / sensation physique), c'était bien là ma question et je te remercie pour ta réponse :-) !Sur ce je te souhaite une bonne nuit ! (Et ... j'espère que tu vas bien ;-))J'ai vu que tu avais ouvert la question sur un billet dédié, je file lire ce qui s'y écrit. Amitiés.Mat.

Léo Tamaki 27/05/2008 18:49



Bonsoir Mat.,
 


Oh non je ne te prêtais aucune intention maléfique :D
 


Il est vrai qu'aujourd'hui plus que jamais les choix dans la pratique sont multiples. Et il n'est pas évident de savoir celui que l'on suit réellement si l'on ne se fie qu'aux discours des "chefs
de file"...
 


Concernant Osenseï pour moi l'esprit de la discipline est toujours vivant et je crois que c'est ce qui lui importait le plus, sinon il aurait codifié précisément le bagage technique. Les formes
techniques sont je crois aussi assez bien préservée, notamment comme je l'indiquais par les écoles de Shioda senseï, Saïto senseï et Shimizu senseï. Quand à la façon de les exécuter je reste
beaucoup plus dubitatif...
 
En tout cas je suis heureux si la réponse a eu le moindre intérêt.
 


Bonne nuit ;-)
 


Léo
 


P.S. Je vais bien :D



Mat. 27/05/2008 00:34

Bonsoir Léo,Bien sûr j'espèrais - j'espère toujours que tu vas bien :-) ... effectivement ça ne mange pas de pain de l'écrire ;-).Je t'avoue que ta réponse m'a tout d'abord un peu déçu :-p : j'aurais bien aimé que tu me dises "voyons Mat l'aikido c'est ça !" Je me serais enfin couché tranquille ce soir ...Mais tel ne fut pas le cas, et c'est tant mieux pour tout le monde ! :-)Ce sujet de la définition de l'aikido me travaille depuis un petit moment déjà, et je crois qu'il n'y a pas de réponse avec un grand R. Cette question qui - de par les trop nombreuses polémiques qu'elle suscite - fait au moins autant de mal que de bien, a pour mérite essentiel de nous contraindre à l'introspection concernant les mobiles de notre pratique, du plus profond au plus superficiel.Dans un art où l'essentiel du propos consiste à gérer l'Intention (adverse ou sienne propre), il me semble que cette question n'en est que plus centrale ...Se pose ensuite effectivement la problématique que tu évoques de la mise en concordance des moyens (diverses pédagogie avec leurs avantages et leurs inconvénients, réflexion sur la transmission par la théorie, par la technique ou par la sensation) avec l'idée directrice. Comme personne n'a LA réponse, ... merci d'avoir posé la question :-D.Aïe, je te prie de m'excuser, j'ai encore du mal à être concis sur ce coup là. Plus sérieusement, merci encore d'avoir livré ta réflexion à ce sujet, ça me donne des pistes de recherche, et de quoi réfléchir à mon tour pour un bon bout de temps (entre deux entraînements ;-)).Bonne journée ! et ... à bientôt.Mat. :-)

Léo Tamaki 27/05/2008 09:44


Salut Mat.,

Ha ha, d'une part évidemment je n'ai pas de définition absolue de l'Aïkido. Ensuite si j'en avais mis une j'aurais probablement dramatiquement augmenté l'audience du blog et le nombre de
commentaires :D

La question de la filiation, de l'authenticité, de la légitimité enfin de notre pratique est naturelle. Ensuite elle amène comme tu l'écris si justement à une introspection. Que cherchons-nous dans
la pratique... Cela explique d'ailleurs la position de la plupart des pratiquants, leurs arguments trahissant leurs motivations.

J'aime bien la phrase où tu dis que l'Aïkido consiste à gérer l'intention. C'est très juste. Malheureusement beaucoup semblent limiter la pratique à une sorte de gymnastique ou une self défense
et/ou ne pas savoir eux-mêmes ce qu'ils recherchent.

Quand à la transmission c'est effectivement une question cruciale. Je ne veux paraître esquiver la difficulté mais je crois sincèrement que plusieurs choix sont possibles, et que le choix de
l'enseignant est de ce point de vue là au moins aussi important que celui d'un style ou même d'une discipline.

Ne t'excuse surtout pas de la longueur des échanges, sur une question de deux lignes j'étais parti dans un développement de centaines qui n'apporte même pas de réponse ;-)

Sincèrement je doute de t'avoir amené des réflexions que tu n'aurais pas déja eu mais au moins tu connaîs mon avis ;-)

Amicalement,

Léo
 


Mat. 15/05/2008 14:22

Bonjour Léo, bonjour tou(te)s,Puisque vous en êtes venus à parler de notre "propre" aikido, j'ai une question pour Léo : Léo, étant donné que ta pratique t'amène à parcourir d'autres sentiers que ceux se réclamant de Morihei Ueshiba sensei, où places tu la limite dans ta propre pratique entre ce qui est aikido et ce qui ne l'est pas ?Bien à vous !Mat. :-)

Léo Tamaki 26/05/2008 20:39



Aaahhh Mat,


 


Un petit message simple genre bonjour j'espère que tu vas bien et à bientôt m'aurait étonné de toi ;-) Toujours des questions
intelligentes…


 


En fait personnellement il y a longtemps que je parle de "pratique". Je ne dis donc pas mon Aïkido mais plus modestement ma pratique.


La question de ce qui peut être appelé Aïkido est difficile car elle revient à en donner une définition. Cela nous expose alors à un grand
nombre de questions…


-S'agit-il d'une "forme" technique, des gestes extérieurs, mais dans ce cas leur exécution peut être très variable selon les maîtres. Certains
les réalisant en puissance tandis que d'autres insisteraient sur le relâchement par exemple.


-S'agit-il d'une façon d'exécuter des mouvements qui pourrait à la limite être appliquée à n'importe quelle technique, donnant ainsi la
possibilité de reprendre des techniques de Daïto ryu, d'autres écoles pratiquées par Osenseï, voire d'en inventer.


-S'agit-il de principes spirituels, laissant là encore la possibilité de s'écarter du répertoire technique du fondateur.


-A quelle période de la pratique du fondateur doit-on lier l'Aïkido? Est-ce que les techniques qui datent d'avant l'emploi du terme Aïkido dans
les années 40 peuvent être considérées comme de l'Aïkido? Est-ce la pratique de ses dernières années, touchant à l'essentiel au point d'en être presque "métaphorique" qui doit être recherchée, ou
doit-on revenir à un travail plus "technique" datant du début des années 50?


-Et au-delà doit-on même se référer au fondateur? Plusieurs maîtres m'ont confié en privé qu'il n'était pas, ou plus leur référence… Un art
évoluant il n'est pas inutile de se poser la question.


 


Voilà quelques unes des questions qui rendent ma réponse très difficile.


 


Personnellement il m'est impossible de prendre Ueshiba pour référence car j'ai appris par l'expérience que ce que l'on voit en photos ou vidéos,
et même en réel devant nos yeux, ne représente que la partie émergée de l'iceberg. La sensation est le point essentiel. Que ressent-on face à tel maître, quand on se tient devant lui, quand on
l'attaque, quand on le saisit, quand on reçoit sa technique, etc… Ce n'est qu'ainsi que l'on peut vraiment comprendre ce qu'est la pratique d'une personne.


Ensuite j'ai subi les techniques d'une vingtaine d'élèves qui l'ont suivi intensément et ont régulièrement chuté pour lui. Aucun n'a ou n'avait
une pratique similaire, que ce soit dans la forme ou la sensation qu'elle donne ou donnait. Qui a tort? N'ont-ils pas tous préservé une partie de ce qu'ils ont reçu, certains privilégiant
l'esprit, d'autres la forme et d'autres encore la manière de la période à laquelle ils ont étudié ou de celle qui leur convenait le mieux parmi celles qu'ils ont connues?


 


Mon opinion personnelle quand à la préservation des formes est que Shioda senseï, Saïto senseï et Shimizu senseï sont les trois qui ont le plus
fidèlement préservé les techniques d'une époque donnée. Ils ont par contre bien moins insisté sur l'aspect spirituel qui a été plus préservé par des maîtres tels que Abe senseï, Sunadomari senseï
ou Hikitsuchi senseï. Quand au contenu, la manière d'éxécuter, il m'est impossible d'en juger.


 


Alors est-ce que je fais de l'Aïkido?! Ma référence en Aïkido est Tamura senseï. S'il m'apparaît évident que sa pratique actuelle n'est pas
celle d'Osenseï, au moins dans sa forme extérieure, il me semble qu'il est indéniable qu'il est un de ses successeurs. Si l'on considère qu'il fait de l'Aïkido (ce n'est pas l'opinion de tout le
monde), alors je crois pouvoir dire que je fais encore de l'Aïkido car aujourd'hui ma pratique reste assez proche de la sienne même si je suis loin de connaître ses formes aussi bien que Mikaël
Martin par exemple.


Par contre je comprends parfaitement qu'aux yeux de certains pratiquants je ne pratique pas de l'Aïkido. Pour être sincère… cela m'indiffère
:D


 


Lorsque je pratiquais le Kyokushinkaï j'avais l'impression de faire de l'Aïkido bien qu'évidemment les techniques aient été très différentes. Et
mon frère avait le même sentiment. Chaque geste de celui qui vit son Aïkido ne doit-il pas être de l'Aïkido? Sans me comparer avec Osenseï en aucune façon, ne faisait-il pas de l'Aïkido en levant
sa tasse pour boire son thé? En tout cas pour moi Kuroda senseï respecte ses principes dans chacun de ses gestes.


 


Il arrivera sans doute un moment où ma pratique s'éloignera de celle de maître Tamura soit techniquement soit dans l'esprit, voire les deux. Il
me faudra alors me poser la question de l'appellation de ma pratique.


 


Bon la réponse est très longue, probablement obscure et dépasse un peu le cadre de la question. Allez je réutilise mon excuse favorite, il est
5h du matin :D


 


Très amicalement,


 


Léo



Emmanuelle 10/04/2008 12:36

Bonjour Isa,pourquoi vous sentiriez vous fautive?? Et de quoi?? Il n'y a aucune raison. Pas du tout. J'ai été et reste touchée par vos propos. Je les touve spontanés et très gentils et pleins de bienveillance. C'est moi qui ai décidé et ai eu la prodigieuse arrogance de mettre mon adresse de blog sur le site de Léo, je ne le regrette nullement. Si je ne l'avais pas fait, je ne vous aurais pas lu:-D Ceci étant , vous êtes la bienvenue sur mon blog, au cas où vous aimeriez dire quelque chose. Surtout ne vous sentez pas coupable de votre gentillesse. Si responsable il y a de quoi que ce soit, c'est moi et mon EGO:-DBonne Journée et pleins de jolies choses à vousEmma

Léo Tamaki 11/04/2008 16:05


Non vraiment ça me fait plaisir que les gens mettent l'adresse de leurs sites. Ca permet de les connaître un peu mieux, ce qui est agréable lorsqu'on communique ;-) Léo


Isa 10/04/2008 11:55

Jâ!Me sens un peu fautive dans tout cela! gomen nasaïBonne journéeIsa

Léo Tamaki 11/04/2008 16:04


Hmm de quoi? Varaiment pas de quoi :D Léo


Emmanuelle 09/04/2008 16:01

Quelle subtilité dans ta réponse!!!!:-D Quelle pirouette!!!!Aussi souple et félin que sur les tatamis!!!:-D Enfin...dans mon souvenir:-DBonne journée Léo!Emma

Léo Tamaki 11/04/2008 16:03


:D Léo


Emmanuelle 09/04/2008 15:01

Recoucou,peut être n'était ce pas le lieu de mettre un lien vers mon blog. Je suis désolée. En fait, je voyais "site" au bas de certains messages, alors bon, j'ai cru..Mais c'est un peu idiot de ma part, dans la mesure où mon blog n'est pas "en soi"un blog lié aux arts martiaux...Navrée pouur ce péché de vanité et de nombrilisme...Bonne journéeemma

Léo Tamaki 09/04/2008 15:41


Oh non au contraire c'était très bienvenu. Je ne connaîs pas la plupart des lecteurs et c'est un plaisir de les lire ;-) Léo


Emmanuelle 09/04/2008 14:30

Bonjour Léotout dépend de ce que l'on entend par son propre aikido bien entendu. Il va de soi que nous passons nécessairement par l'apprentissage de celui dont nous suivons les pas, puisque notre "étude" veut que nous marchions d'abord dans les traces de notre "maitre". Techniquement, oui, bien sûr que nous tentons de prendre la relève de notre "référent", mais à un certain niveau, ce n'est plus tant la technique que ce nous mettons, "spirituellement" si j'ose dire:-D, dans son accomplissement qui va faire la différence....Pour ma part, je sais que toujours, techniquement, je prendrais des attitudes de Toshiro Suga, sans y parvenir, d'accord!!!:-D mais bon,  mais l'état d'esprit dans laquelle je serais ne sera jamais celui de Toshiro...Parce que je ne suis pas Toshiro. et mon aikido à moi se trouvera à cette frontière ténue ente une technique imprégnée de celle de celui qui m'a "éduquée" mais qui exrimera ce que moi je suis au moment de l'accomplissement..Bon, ok, c'est pas ultra clair mon histoire, mais bon, je tente de faire passer une sensation, alors bon:-((( Ceci étant, vu le temps que je n'ia pas pratiqué...je ferais peut être mieux de faire voeu de silence....:-(((Bonne journée à toiEmma

Léo Tamaki 09/04/2008 15:40


Bonjour Emma, Tout à fait d'accord avec toi par contre sur le fait que ce que nous mettons dans la pratique est personnel ;-) Léo


Emmanuelle 05/04/2008 12:41

Merci beaucoup Isa pour ces très gentils propos, cela me touche beaucoup. Puissé-je alors mettre dans le coeur de chaque tibétain que je croiserais Lundi à Paris pour dire combien ce qui se passe est inadmissible, un peu de cette douceur...Je ne peux m'empêcher de penser que c'est aussi parce que je porte un amour absolu   à cette discipline si mystérieuse et lumineuse d'harmonie qu'est l'Aikido que je me sens si impliquée dans la destinée tibétaine et avec elle, par elle aussi, dans toutes les destinées qui encore de nos jours souffrent et meurent à la barbe de tous, bafouées par des régimes dictatoriaux et mercantiles...Puissent beaucoup d'Aikidokas soutenir cette cause...Encore merci pour votre gentillesse.Bonne journéeEmma

Isa 05/04/2008 11:21

Merci Dame Emma je ne pourrais dire mieux. J'ai vogué entre les lignes de vos écrits. Sans contexte vos sensibilité et âme sont aussi douces que les traits de votre visage, telles un pétale blanc emporté par le vent, au gré du coeur.Bonne journée à tousIsa

Léo Tamaki 09/04/2008 13:54


Bonne journée à toi aussi ;-) Léo