Entretien avec Hino senseï (6): ishiki, la conscience
Vous utilisez beaucoup le concept d'ishiki, conscience. J'ai le sentiment que votre conception est plus large que ce que ce mot évoque généralement.
Oui tout à fait. Lorsqu'on est frappé on a mal. La partie frappée est douloureuse. On la perçoit alors que l'instant d'avant on ne la sentait absolument pas. C'est l'ishiki de l'homme habituel. C'est insuffisant pour le budoka.
Le corps perçoit. Le corps sait. Le corps agit. Ishiki est un processus essentiel et indispensable.
(Note de l'auteur: Ishiki signifie conscience.)
Mais l'esprit conscient ne peut servir?
Oui. (rires) Mais il y a des étapes. On passe d'abord par la conscience de la pensée. On touche le coude, on cherche à le sentir. C'est une étape préalable. Mais ce n'est effectivement pas la véritable conscience. Une fois cette étape consciente dépassée le corps agira de façon juste spontanément. La volonté et l'intention disparaîtront. C'est un long travail…
La conscience et la saisie de l'intention sont étroitement liées, la seconde ne pouvant être effective sans la présence de la première. Généralement, comme l'explique Hino senseï, la conscience est très limitée. Chacun ne sent que le déséquilibre important, comme la maladie, ou la douleur, comme une blessure ou un coup. C'est une sensibilité très "grossière".
La conscience doit être travaillée de façon subtile, dans l'ensemble du corps, de façon permanente mais non consciente. Paradoxe que de chercher à être conscient sans conscience… La véritable conscience doit englober la totalité de notre être. Hors notre corps est trop vaste pour que nous puissions traiter consciemment toutes les informations simultanément. C'est pourquoi il est nécessaire de n'être concentré sur aucune partie en particulier afin de les sentir toutes. On atteint alors à ce que je conçois comme le véritable esprit de zanshin…
Hino senseï donnera un stage du 8 au 16 novembre à Paris et fera une démonstration exceptionnelle à la Nuit des Arts martiaux Traditionnels 09 (NAMT09).
Note: Je n'ai pas enregistré ces entretiens et les écrits de mémoire. Il est donc possible que des erreurs se soient glissées dans ces retranscriptions mais j'ai pensé que l'intérêt des réponses dépassait le risque de mes erreurs. Je prie toutefois les lecteurs de ne prendre cela que comme une conversation rapportée qui pourrait nourrir des réflexions et non comme paroles d'évangiles.
Oui tout à fait. Lorsqu'on est frappé on a mal. La partie frappée est douloureuse. On la perçoit alors que l'instant d'avant on ne la sentait absolument pas. C'est l'ishiki de l'homme habituel. C'est insuffisant pour le budoka.
Le corps perçoit. Le corps sait. Le corps agit. Ishiki est un processus essentiel et indispensable.
(Note de l'auteur: Ishiki signifie conscience.)
(photo Jean-Baptiste Rosello)
Mais l'esprit conscient ne peut servir?
Oui. (rires) Mais il y a des étapes. On passe d'abord par la conscience de la pensée. On touche le coude, on cherche à le sentir. C'est une étape préalable. Mais ce n'est effectivement pas la véritable conscience. Une fois cette étape consciente dépassée le corps agira de façon juste spontanément. La volonté et l'intention disparaîtront. C'est un long travail…
(photo Jean-Baptiste Rosello)
La conscience et la saisie de l'intention sont étroitement liées, la seconde ne pouvant être effective sans la présence de la première. Généralement, comme l'explique Hino senseï, la conscience est très limitée. Chacun ne sent que le déséquilibre important, comme la maladie, ou la douleur, comme une blessure ou un coup. C'est une sensibilité très "grossière".
La conscience doit être travaillée de façon subtile, dans l'ensemble du corps, de façon permanente mais non consciente. Paradoxe que de chercher à être conscient sans conscience… La véritable conscience doit englober la totalité de notre être. Hors notre corps est trop vaste pour que nous puissions traiter consciemment toutes les informations simultanément. C'est pourquoi il est nécessaire de n'être concentré sur aucune partie en particulier afin de les sentir toutes. On atteint alors à ce que je conçois comme le véritable esprit de zanshin…
(photo Jean-Baptiste Rosello)
Hino senseï donnera un stage du 8 au 16 novembre à Paris et fera une démonstration exceptionnelle à la Nuit des Arts martiaux Traditionnels 09 (NAMT09).
Note: Je n'ai pas enregistré ces entretiens et les écrits de mémoire. Il est donc possible que des erreurs se soient glissées dans ces retranscriptions mais j'ai pensé que l'intérêt des réponses dépassait le risque de mes erreurs. Je prie toutefois les lecteurs de ne prendre cela que comme une conversation rapportée qui pourrait nourrir des réflexions et non comme paroles d'évangiles.
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