Budo no Nayami

Passages de grades en Aïkido

2 Mai 2011 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises sur les passages de grades sur le blog:

Article 1

Article 2

Article 3

Article 4

 

 

Leo-Tamaki-lacher-prise.jpg

 

 

Voici ce que j'ai ajouté récemment dans une interview de Gilles Werner pour Samouraï:

 

La situation actuelle est très tendue entre les deux fédérations. Par ailleurs la ministre des sports, madame Chantal Jouanno, s'est récemment exprimée en faveur d'une fédération unique, quel est ton avis sur la question?

A titre personnel ce n'est pas tant qu'il y ait une ou deux fédérations qui me dérange, mais certains principes de fonctionnement comme les passages de grades. Le système actuel ne me semble pas convenir et on s'oriente vers une modification proche qui sera encore moins adaptée.

Aujourd'hui on est dans une situation où des pratiquants issus du groupe Iwama ne peuvent pas présenter une grande partie du travail de leur école telle que les enchaînements aux armes, où les pratiquants du courant Nishio ne peuvent pas présenter leurs formes ou leur travail en Toho Iaï, même chose pour les pratiquants d'Aïkido Shodokan, etc… Toutes les spécificités de ces écoles sont niées dans un système qui veut juger sur le plus petit dénominateur commun que personne n'est capable d'énoncer! Les plus grands maîtres que j'ai rencontrés, Tamura, Shimizu, Sasaki, Sunadomari, etc… se sont refusés ou ont été incapables de déterminer les limites de l'Aïkido. Ca ne veut pas dire que tout est Aïkido, simplement que ses limites, comme celles de l'art, sont dans le regard du spectateur. Ce qui est de l'Aïkido pour l'un n'en est plus ou pas encore pour l'autre. Alors au-delà du nombre de fédérations, je crois qu'il est important de prendre conscience que pour commencer les grades devraient être une question d'école, de gens qui partagent la même conception de la pratique et les mêmes formes comme c'est notamment le cas au Japon.

 

N'y aurait-il pas alors un risque très fort de subjectivité?

Mais il n'y a pas de système de jugement objectif en Aïkido! Lorsque l'on court un 100m ou que l'on fait de l'haltérophilie le résultat ne fait aucun doute. Mais une technique est-elle juste parce que sa forme extérieure ressemble à nos références? On ne juge pas de son efficacité puisqu'il n'y a pas de combat et que les examinés coopèrent. Et le combat ne résoudrait d'ailleurs rien car il faudrait ensuite déterminer si la victoire a été obtenue avec de l'Aïkido ou autre chose et l'on retombe sur le problème de définition de la discipline. En outre les choses véritablement essentielles comme l'utilisation correcte du corps ne peuvent à ma connaissance être jugées qu'au contact.

Je crois qu'il faut d'abord cesser de dire qu'un jugement de passage de grades en Aïkido est objectif. Si l'on présentait le même passage à des groupes d'examinateurs différents il est clair que les résultats seraient très variables. Ensuite il est important de comprendre ce qu'est un grade. Aujourd'hui les définitions ne sont pas claires et prêtent souvent à sourire. Je pense qu'un grade d'Aïkido doit sanctionner un chemin parcouru, les efforts fournis. Lorsque deux pratiquants arrivent leurs potentiels sont très différents selon leur âge, leur situation physique, leur vécu. A l'heure actuelle un jeune sportif s'entraînant intensivement pourra obtenir un premier dan en trois ans. Ce fut le cas pour nombre de mes élèves. A l'opposé une personne âgée qui a fait peu de sport dans sa vie et fera autant d'efforts passera au minimum le double de ce temps. Ce n'est pas juste parce qu'aujourd'hui les passages de grades jugent une démonstration qui se rapproche d'une exhibition sportive au lieu de sanctionner un chemin parcouru. Il est évident que faire le même chemin demande des efforts différents à chacun et qu'on n'arrivera pas au même endroit en parcourant la même distance si l'on part de plus loin. C'est pourquoi je pense qu'il faut admettre le caractère subjectif des passages de grades et en remettre la responsabilité aux enseignants et chefs de courants.

 

N'est-ce pas le risque de voir des dérives?

Malheureusement aucun système ne préserve des dérives. La France est à ma connaissance le seul pays au monde où les grades d'arts martiaux sont délivrés par l'état. Nos grades ont-ils une valeur supérieure à ceux passés au Japon, aux Etats-Unis ou en Allemagne? Je ne le crois pas.

N'oublions pas qu'Osenseï délivrait ses grades sur des critères qui ne sont sûrement en aucun cas ceux utilisés par l'état. (rires) Il vaut sans doute la peine de se pencher sur les systèmes qu'utilisaient nos maîtres pour voir si nous ne faisons pas fausse route ou tout au moins si cela ne vaudrait pas la peine d'explorer d'autres voies.

 

Mais chacun serait alors libre de se décerner ou d'acheter un 6ème, 7ème ou même 8ème dan?

Dans les faits c'est déjà le cas et de nombreux groupes décernent leurs propres grades. Mais je crois qu'il faut cesser d'infantiliser les pratiquants. Même si un débutant commence sans le savoir dans un groupe "sectaire" aux pratiques douteuses il s'en rendra rapidement compte. D'autant plus à l'époque d'internet. Encore une fois la situation n'est absolument pas catastrophique à l'étranger, loin de là.

 

 

Aikikai-Lambersart-26_01_08_23.jpg

 

 

A l'heure actuelle nous allons comme je le craignais vers un système encore plus éloigné des critères de la pratique martiale où l'on cherche à évaluer un pratiquant dans sa globalité. Il semble que le nouveau système qui sera mis en place la saison prochaine ou la suivante verra les examinés présenter leur travail à différents jurys, démontrant par exemple le suwari waza à l'un, le tachi waza à l'autre et le buki waza au dernier. Il serait possible d'obtenir son grade en ayant la moyenne générale et en cas d'échec de conserver les "unités de valeur" où l'on a obtenu la moyenne…

 

Le passage de grades de juin sera donc probablement l'un des derniers à fonctionner selon le système actuel. Système insatisfaisant mais toutefois moins pire que celui qui s'annonce.

 

 

Aikikai-Lambersart-26_01_08_28.jpg

 

 

Stage de préparation aux passages de grades

Je donnerai ce week-end un stage de préparation aux passages de grades. Le système étant ce qu'il est, il est nécessaire de connaître non seulement les modalités de l'examen mais aussi ce qui est attendu par les examinateurs. Si les modalités changeront apparemment dans un futur proche, il est probable que les critères de jugement eux évolueront peu.

 

Le stage est ouvert aux pratiquants de tous groupes et de tous niveaux. Ce type de stage attirant un public limité en nombre je pourrai normalement comme d'habitude procéder à des examens blancs de tous les élèves.

 

Attention, les horaires du dimanche ont été modifiés. Mes amis Brahim Si Guesmi et Philippe Cocconi donnant un stage de préparation le dimanche après-midi je vous invite à aller les voir si vous êtes disponibles à ce moment là. Brahim et Philippe animent ce type de stages depuis des années et sauront donner des conseils avisés à tous les candidats.

 

 

Samedi 7 mai

Lieu: Gymnase Archereau

61/63 rue Archereau

75019 Paris

Horaires: 16h30 à 19h30

 

Dimanche 8 mai

Lieu: Kishinkan

11 rue Henri Regnault

75014 Paris

Horaires: 9h00 à 13h00

 

Tarifs

Stage complet: Adultes 30€; étudiants 20€

½ journée: Adultes 20€; étudiants 10€

 

Aikikai-Lambersart-26_01_08_3.jpg

 

 

Toutes les photos ont été prises lors de mon passage de 4ème dan Aïkikaï par Sébastien Chaventon.

Comme on le voit sur la troisième photo Guillaume Colonge avait eu la gentillesse de me servir d'uke lors du taninzugake.

 

 

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Frankie 23/05/2011 15:51


Bonjour, Je salue votre article et notamment la partie concernant l'interview. Un constat frappé au coin du bon sens et franc (non, les passages ne sont pas objectifs) qui met en exergue la
singularité de la France et le monopole des deux fédérations reines au détriment des autres groupes d'aïkido. De la part d'un 4ème dan FFAB, il fallait le saluer. Merci, Un obscur pratiquant Iwama.


Léo Tamaki 26/05/2011 03:29



Bonjour,


 


Merci pour la lecture et très bonne pratique ;-)


 


Léo


 



kachihayabi 20/05/2011 16:19



Bonjour Léo,

Merci pour votre retour rapide ; le mien a demandé plus de temps !

Je voudrais néanmoins réagir aux énoncés : « Les règlements que vous évoquez sont contournés en France …/… La tendance nationale me semble d'ailleurs être à la "résistance" avec des dojos et
des enseignants de plus en plus nombreux qui ne veulent plus se soumettre à des règlements ».

La sécurité est un sujet récurrent dans la société française et elle est omniprésente : au plus sommet de l’état, dans les instances gouvernementales et locales (c’est l’une des hantises de nos
maires) comme aussi dans les instances fédérales qui régissent notre belle discipline.

Cette sécurité revêt plusieurs aspects. Elle permet à des parents d’avoir un esprit libre quand ils inscrivent et confient leurs enfants à un club dans lequel ils savent que les enseignants
respectent des standards établis (par l’état !!). Elle assure aussi à l’élève qu’il ne lui sera pas enseigné n’importe quoi ni dans n’importe quelle condition.

Alors, bien sûr, tout cela est théorique et cette assurance n’est qu’apparente et relative car toutes les dérives font partie des possibilités de la vie réelle et un diplôme ou brevet est un
piètre garde-fou et des fous il y en a partout même sur nos tatamis ! Je n’aurais pas aimé, dans mon parcours personnel, rencontré un individu de type « gourou un peu fou » qui m’aurait fait
perdre mon temps avec un enseignement frelaté voire pire si j’avais dû craindre pour ma santé !

Alors, oui, dans un monde parfait, avec des gens parfaits, pour des enseignants honnêtes et droits, nul besoin d’un bout de papier pour transmettre un savoir avec conviction et qualité.

C’est comme le permis de conduire : certains conducteurs en sont munis et ils sont de vrais dangers sur les routes et, en parallèle, il y a des conducteurs qui en sont démunis et qui ont un bien
meilleur comportement ; au bout de la route, ces gens sont moins dangereux. Je connais aussi d’excellents pilotes de courses qui n’ont pas de permis de conduire ? Faut-il pour autant supprimer le
permis de conduire ?

L’état se doit de satisfaire la globalité ; il ne traite pas de l’Individu. Pris à l’unité, il y a des gens très bien mais ce n’est pas LA généralité.

Comme nous avons pris le parti de côtoyer des enseignants honnêtes et droits, ils se doivent de respecter les règles : celles qui s’appliquent dans le Dojo et sur le Tatami (a priori celles
là on en veut bien !) COMME celles qui s’appliquent dans notre pays (dans le lot, y en a qui gênent alors on en veut pas !) ; cela fait partie du jeu et même si notre condition de
simple humain nous tire vers le côté obscur des choses, notre conviction de Samouraï en herbe nous maintient sur le droit chemin (le DO que nous suivons, avec TOUTES ses Règles bien sûr)
!!!!!

Et nous en revenons à notre point de départ : à quoi servent les passages de grades ? Que représente un grade en dehors de son contexte, en dehors de son école ? Quelle est la place de l’état sur
notre « GOBAN » (échiquier) ? Qui est en droit de distribuer les titres d’enseignants ? Qui est en droit de distribuer les grades ? Sur quels critères ?

Les mêmes problèmes/questions se posent avec les écoles et diplômes d’ingénieur (dans notre pays en tout cas) ! Un diplôme en vaut-il un autre ? L’école Machin est-elle meilleure que l’école Truc
? L’enseignement y est-il de meilleure qualité ? Les profs de l’école Bidule sont-ils plus forts que ceux … Quelle école a la meilleure côte sur le marché ? Quelle école fournira les meilleurs
débouchés ? Ecole généraliste ou spécialisée ?

Diplôme ou pas, rien ne remplace l’expérience engrangée avec le temps si tant est qu’il y a un peu de sérieux et de réflexion dans l’étude ! Malheureusement, de temps en temps, il est nécessaire
ou demander de justifier de son niveau et là il faut bien se plier à l’exercice (dans le club où je pratique, TOUS les membres de l’équipe enseignante doivent posséder un diplôme : bien ou
mal, c’est la Règle !) ou dire « stop, c’est pas pour moi » ; ça s’appelle aussi « se donner les moyens de son ambition ». Bien sûr, on peut aussi créer SON groupe, SON club, SA fédé,
définir ses propres critères et règles (j’ai des noms !!!) mais c’est une autre voie qui n’arrangera en rien le paysage global et ne règle pas le fond problème.

Rien n’est parfait ; surtout pas l’homme ! Travailler, vivre, avec des Hommes nécessitent des Règles (on peut aussi les rassembler sous l’appellation « Etiquette » si cela fait passer la pilule
!). Pourrait-on supprimer le Code de la Route ?

Au plaisir de partager, un jour, le même tatami ; je suis sérieux, un jour …

Très cordialement.



Léo Tamaki 03/06/2011 10:39




Bonjour,


 


Merci pour votre retour détaillé.


 


La sécurité est en effet un souci commun à tous. La question qui se pose est la suivante, "est-il besoin de légiférer sur tout et n'importe quoi?". Si la loi apporte une amélioration elle est
sans aucuns doutes utile. Si elle ne fait que compliquer les choses, restreindre la richesse d'une discipline voire limiter sa diffusion sans amélioration significative de l'objectif dont elle se
réclame, ne doit-on pas envisager qu'elle est pour le moins inutile, voire néfaste?


Si la sécurité est aussi bonne au Japon, en Allemagne ou aux Etats-Unis qui n'ont pas trouvé nécessaire de légiférer qu'en France la question se pose de façon aigue. Cela d'autant que tous ces
règlements et contrôles de l'état ont un coût. Cet argent, ce temps et cette énergie ne seraient-ils pas mieux employés ailleurs? Soyons clairs, je suis persuadé qu'il est nécessaire que l'état
intervienne de façon claire et significative dans certains domaines. Je ne suis pas sûr que l'Aïkido doive en être un.


 


Par ailleurs n'oublions pas que n'importe qui aux yeux de la loi a le droit d'enseigner l'Aïkido à titre bénévole. Ne sommes-nous pas là face à un paradoxe en matière de sécurité?


 


Enfin, comme vous le dites, "un diplôme ou brevet est un piètre garde-fou". Le "diplôme" ne rend-il pas moins vigilant dans le cas présent? N'y a-t-il pas des cas de "maîtres" agissant de près ou
de loin comme des gourous actuellement?


 


Pour le permis de conduire il me semble qu'il s'agit là bien évidemment d'un cas où l'intervention de l'état est bénéfique et que cela peut être prouvé statistiquement.


 


Quant au fait que "Pris à l'unité, il y a des gens très bien mais ce n'est pas LA généralité", c'est une question philosophique qui anime les débats depuis plusieurs siècles ;-)


 


Pour les règles du Do nous entrons là encore dans un débat qui ne saurait se régler en quelques lignes. Quelles sont les règles qui régissent les voies? Viennent-elles du ciel ou des hommes,
doivent-elles évoluer, etc… :D


 


Je vous rejoins lorsque vous dites que, "diplôme ou pas, rien ne remplace l'expérience". Quant au fait de devoir justifier son niveau, est-ce une obligation? Pas si l'on enseigne à titre bénévole
je le rappelle. Par ailleurs j'ai passé tous les examens techniques qui existent mais je n'en pense pas moins qu'ils ne sont absolument pas objectifs.


Y a-t-il un diplôme obligatoire pour les gens travaillant dans la restauration? Ou dans d'autres domaines qui présentent sans aucun doute un danger pour la vie des gens de façon bien plus
évidente que l'enseignement de l'Aïkido?


 


Mon opinion personnelle est que le système actuel n'est ni efficace ni adapté. Je suis loin de prôner l'anarchie mais je pense qu'il est nécessaire de se poser des questions sur le bien-fondé du
maintien d'un système potentiellement néfaste et indéniablement coûteux en argent, temps et énergie. L'existence d'autres groupes permet de voir d'autres options possibles, viables, et sans doute
préférables.


 


Cordialement,


 


Léo


 








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Greg 08/05/2011 20:10



Bonjour Leo et bravo pour ton site que je visite régulièrement.


Quelque soit le système adopté pour le passage de grade, il ne satisfera jamais tout le monde et souffrira toujours de quelques imperfections.


Je pense que c'est aussi une qualité que de savoir s'adapter aux contraintes sans nécessairement adhérer. Je modifie ma pratique pour les examens dan, en connaissance de cause, et c'est un
exercice intéressant. Cela permet de mettre en relief sa propre pratique.


Par exemple, ma pratique est plus linéaire et plus courte, mais les examens fédéraux demandent une démonstration de la compréhension des principes, ce qui exigent des mouvements plus amples et
plus ronds. Je me suis plié à la demande et y ai trouvé un travail intéressant qui m'a permis de prendre conscience des différences avec ma pratique.


Aussi je pense (et néanmoins je fais parti des signataires de la pétition et des pratiquants que le jeu des fédés agacent) que savoir se plier aux règles/contraintes est une force et un exercice
pas nécessairement inintéressant.


Greg


PS : j'étais présent au stage à Lambersart où ont été prises les photos de ton passage mais j'aime pas flatter, je préfère chambrer ;-))



Léo Tamaki 09/05/2011 00:16



Bonjour Greg,


 


Merci pour la lecture et ton commentaire.


 


Il est évident qu'il ne peut y avoir de système qui satisfasse tout le monde. Un premier pas me semble toutefois être une autonomie accrue où les examinés seraient évalués par des enseignants
partageant leurs conception de la pratique.


 


Bien entendu je crois aussi que de bonnes choses peuvent sortir du système actuel comme cela semble avoir été le cas pour toi. Mais je crois qu'il est plus important qu'un élève puisse être
évalué sur la pratique qu'il a choisie et qu'il ne soit pas obliger de faire autre chose. En poussant un peu loin on pourrait dire que présenter un kata de Karaté ne fait pas de mal non plus.
C'est vrai :D Mais ce n'est pas ce qu'a choisi le pratiquant. A l'heure où tout s'accélère et où paradoxalement les gens arrivent de moins en moins à se libérer pour pratiquer je regrette le
temps que je suis obligé de demander aux élèves de consacrer à modifier leur travail.


 


Bonne pratique ;-)


 


Léo


 



pelissier 07/05/2011 22:00



bonjour à vous, pardon bonsoir...un moment de répit me permet de venir voir ce qu'il y a de nouveau et, cela ne change pas ( je parle des grades ); à noter que le
monsieur que vous intérogez est très clair et ses réponses très juste; pour, pardon je ne 'ai pas son nom sous les yeux, un 1er dan suffit pour enseigner et passer son BE 1er degré - contre
rénumération- mais tout le monde peut enseigner bénévolement sans aucun dîplome ou grade....ah la loi parfois...hein ?!


à quand un prochain stage en votre Dojo...? autre commentaire, la boufe, la torniolle, le coup de vent...de bon souvenir cela me donne, en fait la gifle est très peu
utilisée car, c'est un mouvement "instinctif", qui est efficace dans certaines situations- exemple sur la vidéo- et ne colle pas à une image de "guerrier" que souhaitent donner( ou avoir d'eux
même ) 2 personnes qui s'affrontent...?


et voilà, en fait rien de particulier à écrire si ce n'est le plaisir de lire les articles et commentaires, beaucoup de passion il y a et c'est bien...je vous dis
donc rendez vous fin mai et bonne suitre à vous.


pelissier jean philippe



Léo Tamaki 09/05/2011 00:19



Cher Jean-Philippe,


 


En l'occurence c'est Gilles Werner qui m'interrogeait. Mais je suis heureux que vous ayez trouvé cela clair :D


En effet la loi est étrange qui ne demande aucun dipl^me à qui veut enseigner du moment qu'il ne se fasse pas payer. Point de soucis donc de mettre la vie d'autrui en danger du moment que vous le
faites bénévolement ;-)


 


En région parisienne le prochain stage que je donne ne sera pas au Kishinkan mais chez mn frère Isseï à Herblay les 21 et 22 mai.


 


Au plaisir de vous revoir,


 


Léo


 



Frédéric VERNET (Daiki) 07/05/2011 06:36



Un système qui fait que quand on se présente dans une nouvelle organisation on reconnait ton niveau mais sous prétexte de comptage de timbre fédéral tu ne peux te présenter à un
exam d'équivalence de grade...


Issu d'écoles privés je dois dire que maintenant je trouve toutes les portes fermées sous prétexte que je n'ai pas le tampon bleu blanc rouge sur le front. officieusement un mot d'ordre dans les
communes: "privilégier les disciplines olympiques et les activités sportives pour enfants."


Alors fleurissent les cours d'Aikikids, kunfukids, de Zombies Taiji Quan formatés par les vieux indécrotables qui sont dans la place. On doit se calibrer comme on calibre les salades fast-food,
se ranger dans le moule de la fabrication Made in DEJEPS... Un an que je me formate au passage devant Jury ( pour juste une attestation) ... Je me suis jamais senti aussi mauvais dans ma
discipline de prédilection que depuis que je dois "m'officialiser". Je regarde s'éloigner l'essence de ma pratique tandis que j'avance vers une connaissance ordonnée et obligée selon "Eux"...
Eux... le grand Eux... nouveau souverain de l'air du confinement de l'inspiration.


être artiste c'est trouver l'inspiration... Justement c'est Cognard sensei qui en parle , je crois, dans un bouquin. L'inspiration est étouffé quand on ne sort pas des sentiers tout tracés.


Bon pour revenir un peu sur terre ( ouai je termine une nuit blanche dsl ), je dois avouer que je suis belle et bien en quête de grade. Et je n'arrive pas à ne pas vouloir sortir de ma quête
d'hermite pas net, quand je vois la dynamique et la qualité de groupe comme au Kishinkan  ( oui ya plein
d'autres noms mais je suis un invité là sur le Blog de léo, non ? ). Donc peut être la solution serait de garder ce système de formatage obligatoire jusqu'au Shodan. Ensuite les grades devrais
être sous l'autorité d'écoles privés et avec exam spécifiques.


Là tout y l'est bien qu'il finit bien mon frère ! Des 1er dan qui savent au moin que le foie n'est pas à la place de l'estomac, qui savent qu'on n'appuie pas comme des barges sur des vertèbres
sous prétexte d'avoir fais une après-midi de Shiatsu péruviens... et de l'autre ceux qui veulent continuer devrons se faire tester pour de vrai pour intégrer une formation de Vie. Plus de grade
sous couvert d'une connaissance de catalogue mais une analyse de  l'Experience du vécu... J'ai toujours pas un P.... de grade en quoi que ce soit et pourtant chaque fois que je
suis à un stage c'est moi qu'on félicite... P.... ça me gonfle !!!


Resistance !!! allumons des focos amis fumeur de cigarres !!!  ;)



Léo Tamaki 07/05/2011 13:01



Le système est en effet... loin d'être parfait :'-(


 


Il y a plusieurs alternatives possibles mais qui restent compliquées et aucune n'est parfaite. Les problèmes sont donc loin d'être résolus...


 


Léo


 



kachihayabi 06/05/2011 18:12



Bonjour Léo,

Avant tout bravo pour votre site et l'investissement que cela demande. Bravo aussi pour votre implication dans le monde de l'Aïkido. Enfin, merci pour vos écrits qui nous donnent un autre son de
cloche et qui titillent la boîte à réflexions.

Les grades, les examens et les critères d’évaluations qui vont avec ont toujours, de tout temps, été un point épineux. D’une manière générale, je partage votre point de vue ainsi que celui de la
majorité des personnes qui se sont exprimés.

Mais un point fait défaut à ce discours. Ce point absent est LA RAISON qui explique (cela ne veut pas dire que je cautionne, qui EXPLIQUE) la présence de l’état dans notre petit monde et il me
permet de répondre différemment de vous à votre question « Nos grades ont-ils une valeur supérieure à ceux passés au Japon, aux Etats-Unis ou en Allemagne ? ». À la place de « supérieure »
j’aurais écrit « différente » car ce point fait toute la différence. Il ne s’agit de savoir si c’est bien ou mal, c’est comme cela aujourd’hui en France et, en l’absence de nouvelles règles
(lois), il faut faire (malheureusement) avec !

Un Aïkidoka qui souhaite à son tour enseigner et en faire une source de revenus doit être titulaire d’un Brevet d’Etat et DOIT donc JUSTIFIER auprès des autorités (en l’occurrence l’état), entre
autres, un nombre d’années de pratique ET un niveau (le grade de 2ème DAN si ma mémoire est correcte).

LE (vrai et seul) PROBLEME est maintenant posé car quelque soit le courant (KOBAIHACHI, NOCQUET, NORO, SAITO, TAMURA, TISSIER, …), il faudra à notre Aïkidoka vertueux et talentueux obtenir LE
SESAME, son NIDAN, qui fait partie des pré requis obligatoires à l’examen du BE. Et, ce NIDAN se doit d’être tout aussi officiel que le brevet ET DONC doit être porteur du sceau officiel d’une
instance reconnue ET officielle elle aussi. Se posent donc tous les problèmes évoqués et nos instances fédérales, empêtrées dans leurs guerres intestines, sont loin, très loin, de trouver LA
SOLUTION.

Je ne sais pas comment les autres pays (Allemagne, Japon, Belgique, …) dispensent, sur leur territoire respectif, leurs « Autorisations d’enseigner » (qui ont un rôle protecteur pour les élèves)
mais il suffirait (c’est tellement facile à énoncer) de supprimer, des pièces obligatoires du dossier du BE, la clause du NIDAN pour régler immédiatement une grande partie des maux qui salissent
notre si belle discipline. Se faisant, nous pourrions, comme au Japon, avoir « UNE Ecole, UN Maître » ; ce qui aurait pour mérite de nous apporter tout plein d’autres problèmes à résoudre !

Au plaisir de partager, un jour, le même tatami …

Très cordialement.



Léo Tamaki 06/05/2011 19:14



Bonjour Kachihayabi,


 


Merci pour votre commentaire et la lecture.


 


En effet la raison qui explique l'intrusion de l'état dans le domaine de l'Aïkido est principalement un souci de sécurité. Malheureusement je ne crois pas que les détenteurs d'un diplôme d'état
français soient plus à même de préserver leurs élèves que les enseignant formés par leurs maîtres à l'étranger. Je ne peux évidemment passer en revue tous les groupes et ne parle qu'en termes de
généralités.


Je n'ai pour ma part jamais vu aussi peu d'ccidents au Japon ou l'état n'est absolument pas impliqué dans le contrôle de l'enseignement de l'Aïkido, où il n'y a pas de réglementation définissant
le nombre de cm devant séparer les tatamis du mur oou le nombre de douches obligatoires :D


 


Les notions de sécurité doivent être enseignées dès le début de la pratique. Elles sont nécessaires au dérooulement des cours en toute sécurité et chaque enseignant, où qu'il soit dans le monde,
transmet ces choses.


 


Les règlements que vous évoquez sont contournés en France par des milliers de pratiquants d'Aïkido, tant au niveau des grades ques des diplômes d'enseignement. Les dojos qui fonctionnent ainsi
n'ont pas, loin de là, plus d'accidents que les autres. Sans quoi il y a longtemps qu'ls auraient fermé leurs portes. La tendance nationale me semble d'ailleurs être à la "résistance" avec des
dojos et des enseignants de plus en plus nombreux qui ne veulent plus se soumettre à des règlements abracadabrants créés et/ou imposés par des gens au niveau discutable ou ne pratiquant même
pas...


Je ne suis pas encore à conseiller cela mais c'est un état de fait que les dirigeants devraient prendre en compte au risque de voir un grand mouvement indépendant voir le jour.


Notons d'ailleurs pour l'anecdote que la plus ancienne organisation d'Aïkido fonctionnant actuellement est la 3A de maître Cognard qui fonctionne parfaitement bien. Un modèle?


 


Enfin je crois comme vous que ces "problèmes" réglés, d'autre apparaitraient. Mais chaque chose en son temps ;-)


 


Très cordialement,


 


Léo Tamaki


 



Thibault 06/05/2011 15:52



AH! oui, ça il y'en a XD


Mais peut-être moin développés qu'en aïkido.


D'ailleurs avez-vous déja rencontré Hatsumi sensei, pour un article cela pourrait être interéssant, rien qu'au niveau des histoires sur son Takamatsu, une vrai mine d'or. 


Je crois même que sensei est trésor national au japon non?



Léo Tamaki 06/05/2011 16:02



Difficile de le dire. Malheureusement les problèmes sont là et empoisonnent la pratique. Dans les "meilleurs" cas les conséquences ne se font sentir que chez les responsables, hauts gradés et
professionnels. Dans les pires chacun en pâtit du haut en bas.


 


Je n'ai jamais rencontré Hatsumi senseï mais il a beaucoup d'élèves français et il est déjà bien connu grâce à ses livres et DVDs. Si l'occasion se présente j'irai toutefois li rendre visite.


 


Léo


 



Thibault 06/05/2011 13:29



Bonjour Léo


 


Au ninjutsu on a pas de fédaration à part le Bujinkan, c'est quand même plus simple, pas de prise de tête =]



Léo Tamaki 06/05/2011 13:36



Bonjour Thibault,


 


Pour connaître personnellement plusieurs hauts gradés du Bujinkan je crois que ce groupe comme tous les autres à malheureusement ses propres problèmes ;-)


 


Léo


 



SeB 06/05/2011 10:33



Bonjour Leo,


Je crois que le danger des grades c'est de s'illusionner sur sa pratique et par extension de flatter son ego mais ils restent un bon outil pedagogique a mon avis, surtout pour les enfants et les
ados :) et certains adultes bien sur :) Je plaisante.


Ici en Angleterre la pratique n'est pas regulee de la meme maniere qu'en France. Beaucoup de dojos ou organisations font de l'aikido (ou autre art martial) a leur sauce et ca donne parfois de
choses interessantes. Un  aspect positif c'est ce cote un peu creatif et diversifie que l'on trouve moins en france. L'aspect moins attrayant c'est qu'il y a un espece de
cloisonement voire une attitude un peu sectaire (la grande peur des francais...). Quoique l'on fasse je pense que c'est l'attitude de chaque pratiquant qui compte. J'imagine que le veritable
aikido (je suis debutant) est celui du coeur, du respect de l'autre meme si ca reste un art martial.


Merci pour ton altruisme,


SeB



Léo Tamaki 06/05/2011 11:23



Bonjour SeB,


 


Les grades comportent en effet des dangers. Celui de ne pratiquer que pour en obtenir par exemple, mais aussi celui de penser qu'on est meilleur que celui qui est moins gradé par exemple. Il n'en
reste pas moins qu'ils peuvent comme tu le dis avoir aussi une utilité dans la mesure où on est capable de les considérer pour ce qu'ils sont, des outils qu'il convient d'abandonner une fois la
t^che à laquelle ils étaient destinés accomplie.


 


Au final comme tu le dis c'est une question de coeur ;-)


 


Merci pour la lecture et le commentaire,


 


Léo


 



Yanick 04/05/2011 23:35



Hello Leo,


Aaaaahh, les grades. Points important au début de la pratique, futiles avec les années qui passent (filent...).


Le fait est que vu de l'extérieur, ces passages de grades m'ont l'air bien compliqués.


Dans la (toute) petite fédé dont je fait partie (en Belgique), les passages kyu se font au dojo, et seul le professeur juge notre travail (qui mieux que lui le connait d'ailleurs).


Pour le premier Dan, plusieurs cas de figures sont possibles. Le plus classique chez nous: 2 X par an, il y a un cours "fédéral", suivi par un passage de grade, devant toutes les ceintures noires
présentes. les "juges" sont, les professeurs des élèves passant et le senseï de nos professeurs. On est donc jugé par des gens qui nous connaissent, connaissent le "style" pratiqué.


Soit par nomination (hé oui, même pour un 1er Dan) à la suite d'un stage par exemple (où pour d'autre obscures raisons qui peuvent donner lieu à celle-ci).


Ce fut mon cas (obscure raison....). Mais, je suis aller pratiquer régulièrement chez le maitre de mon prof en vue de me préparer et je sais qu'il a pu voir mon travail et qu'il a pu me "nommer"
en connaissance de cause. (En plus, il a l'expérience et l'oeil expert pour lui).


Voilà, je n'ai pas plus à rougir de mon (modeste) grade que si j'avais été le passer devant un jury de gens pour qui je ne compte pas et qui ne comptent pas pour moi...


Sinon, je suis d'accord avec ce que tu as écris dans ton article.... m'enfin!


Bien à toi.


Yanick



Léo Tamaki 06/05/2011 11:59



Bonjour Yanick,


 


Les grades ont en effet une certaine importance tant qu'on ne les as pas obtenus. C'est un objectif artificiel mais ils demandent à ordonner l'ensemble des techniques dans son esprit, à tirer des
conclusions, trouver les principes communs à l'application d'une technique, quelle que soit l'attaque, etc...


Je crois comme toi que les grades sont une affaire qui devrait être réglée entre le professeur et l'élève ou le maître du professeur et l'élève. En France le système ne le permet pas vraiment...


 


Amicalement,


 


Léo