Budo no Nayami

3 000 jours au Japon

26 Février 2014 , Rédigé par Léo Tamaki Publié dans #Budo - Bujutsu

Durant les seize dernières années, j'ai passé 3 000 jours au Japon. Voici un bref récit de cette expérience, et quelques conseils pour ceux qui souhaiteraient à leur tour vivre leur rêve dans l'archipel.

 

 

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Asakusa, Tokyo

 

 

15 ans plus tôt

Fin juin, Amsterdam. Je venais d'atterrir pour donner un stage lorsqu'une émotion étrange a commencée à m'étreindre. Peu à peu les souvenirs sont remontés à la surface. Quinze ans plus tôt, presque jour pour jour, je faisais escale dans cet aéroport en route pour le Japon. En poche? Un aller simple, quelques francs, et un shodan fraîchement obtenu… deux fois. Devant un jury fédéral puis, surtout, Tamura senseï. C'était étrange, je ne me rappelais d'aucun endroit en particulier, mais je me souvenais parfaitement de mes sentiments. L'insouciance, l'excitation, les rêves de grandeur!

 

 

C'était juste avant l'été 98, et je venais d'avoir vingt-quatre ans. Je pratiquais les arts martiaux depuis l'âge de six ans, mais je n'avais découvert l'Aïkido que deux ans et demi plus tôt. Je me suis lancé passionnément dans la pratique, et très rapidement j'ai décidé de m'installer au Japon. J'adorais l'Aïkido de Tamura senseï, mais je voulais m'immerger complètement dans l'entraînement, et pour cela je ne voyais que l'Aïkikaï. Je voulais devenir le meilleur, le plus fort. On n'est pas tous matures à vingt-quatre ans…

 

 

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Contrairement à mes prédécesseurs des générations antérieures, le voyage fut court. Le seul incident notable avait été mon numéro de charme pour arriver à enregistrer mes… 47 kilos de bagage. Sans doute plus prise de pitié que séduite, l'hôtesse m'avait laissé passer sans me faire payer de supplément.

 

Premier cours à l'Aïkikaï

Le lendemain de mon arrivée je me rendais à l'Aïkikaï pour le cours de trois heures de l'après-midi. J'étais fin prêt à faire face et à démontrer la valeur de l'Aïkido de Tamura senseï! … que personne ne m'avait demandé de représenter. J'avais en poche plusieurs lettres de recommandation que Suga senseï et lui m'avaient écrites, mais dans un de mes nombreux élans d'orgueil, j'avais décidé d'être reconnu pour ce que j'étais et les avais laissées au fond de ma valise.

J'arrivais très en avance au Hombu dojo, et je fus surpris par la stature du bâtiment. A l'époque l'immeuble de quatre étages n'était encore entouré que de maisonnettes, et semblait encore plus imposant qu'il ne l'est aujourd'hui. Loin de m'impressionner cela me fit assez mauvais effet, car l'ensemble était à des lieues du dojo traditionnel que j'avais naïvement imaginé. Qu'importe, j'allais m'entraîner avec les meilleurs sous la direction des plus grands, et c'était bien là l'essentiel.

 

Arrivé sur le tatami blanchâtre, je me retrouvai bien seul. Je mis cela sur le compte de mon arrivée en avance et attendais l'inévitable marrée humaine qui n'allait pas manquer de déferler. Las, lorsque le cours débuta nous n'étions qu'une petite vingtaine. Qui donnait le cours? Je n'en ai plus la moindre idée. Mais ce dont je me souviens parfaitement est le choc que j'ai ressenti en voyant son niveau. Ce n'était pas Tamura senseï! Où était la magie?!! Et mon partenaire… J'avais salué un jeune, attendant la confrontation de pied ferme, et il me souriait en anticipant presque mes mouvements. Je lui fis alors une démonstration de puissance en le malmenant avec puissance et vitesse, mais sa seule réaction alors qu'il essayait de reprendre pied, était un regard stupéfait et incrédule.

L'enseignant était probablement un des jeunes instructeurs de l'Aïkikaï qui forment le contingent des experts d'aujourd'hui, et mon pauvre partenaire un des étudiants qui venaient pratiquer tranquillement l'après-midi. Il y avait à l'époque bien moins d'étrangers au Hombu dojo qu'aujourd'hui, et si un comportement stupide comme le mien est devenu plus courant par la suite, cela restait heureusement encore assez rare en ce temps.

 

 

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Au Hombu dojo de l'Aïkikaï

 

 

Déceptions

Le cours terminé, j'exultais de rage. Où étaient tous les guerriers de l'Aïkikaï?! Etait-ce cela le niveau d'enseignement du centre mondial de l'Aïkido?!!! Ruminant ma déception, je me consolais en me disant que cela ne devait concerner que les cours de l'après-midi. Résolu à voir l'élite de l'Aïkido, je décidait donc de venir au cours du Doshu, le lendemain matin à 6h30.

 

Tout commença bien. A mon arrivée le dojo était déjà rempli de monde qui travaillait avant le cours, et je sentais que les choses sérieuses allaient commencer. Il y avait aussi quelques personnes âgées, de grands maîtres sans aucun doute. Le cours commença et je pus travailler avec un jeune qui avait de la répartie. La pratique fut assez intense et j'étais content. Le Doshu était charismatique, même si je ne voyais rien qui me faisait rêver dans son travail.

Cette journée était aussi particulière parce que je retrouvais sur le tatami de l'Aïkikaï un ami d'enfance avec qui j'avais commencé les arts martiaux par le Judo, Matsushita Asobu. Asobu était là depuis plusieurs années, et il fut un guide précieux. Proche de Sasaki senseï, il m'expliqua le fonctionnement de l'Aïkikaï, me présenta à des anciens, et sut répondre à toutes les questions que j'avais. L'une des premières concernait le jeune avec qui j'avais travaillé. Compte tenu de son niveau je le supposais 2ème dan. Erreur. C'était un des uchi-deshis, 5ème dan… (il est aujourd'hui shihan 6ème dan).

 

Les quelques cours suivants me firent l'effet d'une douche encore plus froide que celle de l'Aïkikaï (il n'y a pas d'eau chaude dans les vestiaires). Point de guerriers à l'horizon, trop d'étrangers à mon goût (peu m'importait que je vienne grossir leurs rangs), et un niveau à mes yeux très loin de celui de Tamura senseï. J'étais écœuré, et je pris la décision de retourner immédiatement en France. Heureusement, je n'avais absolument pas les moyens de partir.

Je me suis donc mis à la recherche d'un emploi et, après quelques jours, le premier choc passé, j'ai commencé à voir le bon côté des choses. Oui l'Aïkikaï n'était pas un repaire d'apprentis-ninjas. Oui il y avait peu de japonais, particulièrement de jeunes. Oui Tamura senseï n'était pas là. Mais il y avait des gens sympathiques, et des enseignants sérieux aux pratiques aussi variées qu'intéressantes. Je décidai donc de redonner sa chance à mon séjour au Japon.

 

 

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Sasaki Masando senseï avec son fils, dans son dojo au rez-de-chaussée de sa maison

 

 

Koji gemba, les chantiers japonais

Mon père est japonais, mais il m'avait toujours parlé en français. Je suis donc arrivé dans l'archipel ne balbutiant que le strict minimum. "Jai faim. J'ai soif. Je m'appelle Léo. Bonjour. Merci. Au revoir. Espèce de…". Les emplois potentiels étaient donc limités, et c'est sur un chantier que j'ai commencé à travailler grâce à l'un de mes cousins.

J'étais très heureux car le salaire était excellent, 1600 yens de l'heure, et 25% de plus lors des heures sups. Mais le premier jour d'essai aurait dû me donner un indice sur la suite des évènements. J'avais travaillé en plein soleil du matin au soir avec un coréen, pour voir si nous tenions. J'ai tenu le coup, fier comme un paon d'avoir passé le test. Las, je me suis rendu compte dès le lendemain qu'en matière de test, c'était simplement un jour de travail comme les autres! Je ne sais comment s'appelle ce poste en français, mais il consistait à faire la structure métallique des sols et murs en liant ensemble de longues barres de fer.

 

Je travaillais dans une équipe dirigée par un okinawaïen. Petit, râblé, il avait pour habitude de dépenser son salaire et une partie de celui de ses employés en femmes et alcool. Ayant pratiqué le Karaté dans son île natale, quelques jours après mes débuts il voulu voir ce que valait l'Aïkido. Le résultat de notre petit chahut viril me gagna son respect, et sans doute le fait d'être payé parmi les premiers, bien que toujours en retard.

Opérant sur plusieurs chantiers, je devais souvent me lever à 4 ou 5 heures du matin, et je terminai ma nuit à l'arrière de la camionnette. Nous travaillions aussi bien sur des maisons individuelles, que sur des chantiers gigantesques, buildings, incinérateurs, etc… Alors que nous étions seuls ou avec une poignée d'autres ouvriers sur les petits chantiers, il arrivait que nous soyons des centaines sur les plus gros. Le premier jour les nouveaux arrivants devaient alors monter sur un podium, un par un, déclamer leur nom et se recommander à tous! Inutile de dire qu'avec mon japonais de survie, je n'en menais pas large ces matins-là. Quels que soient les chantiers, nous avions droit chaque matin au "rajio taïso", la gymnastique de la radio (souvent passée sur des cassettes).

 

Le monde de la construction au Japon est un univers très violent. Les erreurs sont sanctionnées physiquement, généralement par un coup de ce qui est à portée de main dans le casque. Beaucoup d'ouvriers œuvrent en parallèle comme petites mains d'appoint pour le crime organisé, et durant les pauses les jeux d'argent étaient très fréquents.

C'est aussi sur les chantiers que j'ai fait l'expérience du racisme. Paradoxalement, ce n'était pas dirigé contre moi. Sans doute parce que mon boss était okinawaïen et donc pas considéré comme un véritable japonais par beaucoup, je n'eu jamais à me plaindre de discriminations. Mais je fus révolté par nombre de choses dont je fus témoin. Dans les grands chantiers les vestiaires et salles de repos étaient nombreuses. J'ai alors découvert que nous étions à l'étage avec l'équipe et les japonais, tandis que les nombreux coréens, chinois, brésiliens et autres philippins étaient entassés dans des locaux insalubres derrière les toilettes, où s'écoulaient "malencontreusement" des liquides nauséabonds.

 

Pour ce qui est de l'Aïkido, je pratiquais les week-ends et le soir, un cours, ou deux lorsque nous finissions suffisamment tôt. Les jours s'enchainaient à un rythme infernal, et j'étais en permanence épuisé. Je me souviens de soirs où j'étais tellement fatigué que j'en aurai pleuré, mais je n'en avais même pas la force et je restai simplement prostré, hébété.

Au bout de quelques mois j'ai trouvé un autre emploi et quitté à jamais le monde des chantiers. Malgré tout je garde une nostalgie de ces premiers mois au Japon, et de ce travail manuel dur, épuisant, mais qui me donnait une satisfaction saine que j'ai rarement retrouvée par la suite.

 

 

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Hostess bar, les bars à hôtesses

J'avais trouvé un emploi de serveur qui me permit donc de quitter les chantiers. C'était dans un bar de Roppongi. Mais pas n'importe quel bar. Dès le premier soir je découvrais que j'étais dans un bar à hôtesses… Mes cousins, familiers du milieu interlope, m'avaient déjà emmené dans ce genre d'établissement. On y buvait et discutait, entouré de jeunes femmes qui faisaient tout pour nous donner l'impression que nous étions des hommes exceptionnels. Naïf comme je l'étais, j'aurai sans doute cru longtemps leurs paroles, si je n'avais dû exécuter une chanson au karaoke. Leurs applaudissements enjoués et leurs félicitations ne me laissèrent aucun doute sur leur sincérité.

Bref, je découvrais que j'étais dans un "Hostess bar" haut de gamme, fréquenté par des hommes d'affaires, avocats et autres politiciens, spécialisé dans les hôtesses étrangères. Mais pas les hôtesses philippines des bars à bon marché, des beautés occidentales payées une fortune, ayant fait de hautes études et parlant parfaitement japonais. Tout le staff des serveurs était en outre composé d'hommes étrangers. De quoi satisfaire les complexes de supériorité d'une bonne partie de la clientèle…

Le job ne me déplaisait pas. Je travaillais jusqu'au petit matin, puis j'allais directement à l'Aïkikaï avant de rentrer me coucher. Je retournai ensuite m'entraîner l'après-midi avant d'aller au bar. Malheureusement je sympathisais un peu trop avec quelques employées, et je fus rapidement renvoyé.

 

 

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Tokyo

 

 

Les Bacchanales

Je trouvai très rapidement un autre emploi grâce à un autre ami d'enfance franco-japonais, Stéphane Shoji. Je devins serveur dans un établissement à la mode appelé "Aux Bacchanales". Situé à Harajuku, à l'angle de Meïji Dori et Takeshita Dori, dans un immeuble aujourd'hui disparu qui s'appelait "Palais France", les Bacchanales réunissait une boulangerie/pâtisserie, un café/bar, et un restaurant. La décoration était typiquement française, tout le mobilier, les couverts, verres, assiettes, affiches ornant les murs, et même le babyfoot, venant directement de l'Hexagone.

Les Bacchanales étaient littéralement un morceau de France au Japon. Les menus étaient en français, les commandes étaient criées en français, et la moitié des serveurs étant francophones. Les cuisiniers, pâtissiers et boulangers avaient évidemment été formés dans l'hexagone. L'établissement immense était semble-t-il, le premier café-terrasse de Tokyo. Sa popularité était telle qu'il était fréquent que les clients attendent une heure avant de pouvoir être assis pour prendre un café.

 

Je trouvais facilement ma place aux Bacchanales, faisant engager mon frère Isseï qui venait de me rejoindre au Japon, et mon ami Asobu. Très rapidement je montais les échelons, de la plonge au service, puis au bar avant d'œuvrer comme chef de salle. Le salaire était correct, 1250 yens de l'heure, et j'avais réussi à négocier des horaires flexibles.

Le travail pouvait être intense, mais sans comparaison avec les chantiers, et la clientèle, principalement féminine, était très agréable. Elle comptait beaucoup de célébrités et nous servions des gens comme Jackie Chan, Milla Jovovich ou le Mime Marceau. Un article du Monde avait été consacré Aux Bacchanales, il disait quelque chose comme "Tout est semblable à la France, jusqu'aux serveurs qui sont aussi impolis qu'à Paris!". Et il n'avait probablement pas tort.

 

Mon japonais avait progressé très rapidement durant mes premiers mois au Japon. Il est vrai que si mon père parlait français avec moi, je l'avais entendu parler japonais dès l'enfance avec tous ses amis et clients, et que l'oreille étant faite, je ne perçu pas de difficultés particulières. Pour l'écrit, ma mère qui parlait japonais, m'avait donné des cours enfants et appris les deux alphabets phonétiques et quelques kanjis.  La lecture de Dragon ball et Ken le survivant en versions originales avaient achevé de me rafraichir la mémoire. Un souci se posait toutefois à l'oral, car je mélangeais des expressions et façons de parler glanées en compagnie des ouvriers de chantiers, à celles apprises en conversant avec des clientes. Un mélange rare.

 

Aïkikaï

L'entraînement se poursuivait quotidiennement à l'Aïkikaï. Au fil de mes emplois j'avais fait la connaissance de tous les enseignants, et peu à peu mes choix s'étaient affinés. Je privilégiais ainsi les cours de Tada senseï, Osawa senseï, Sasaki senseï, Masuda senseï, Watanabe senseï, et du Doshu. Isseï et moi avions emménagé dans un appartement à distance de marche du Hombu dojo, et nous y retrouvions tous les matins Asobu au cours de 6h30, avant d'aller travailler ensemble. Nous y retournions ensuite en fonction de nos envies et emplois du temps.

Les cours ne me passionnaient pas comme ceux de Tamura senseï, mais je prenais plaisir à pratiquer. L'Aïkikaï m'avait aussi permis de découvrir une chose essentielle: il existe de nombreuses formes de pratique qui, bien que différentes et parfois même opposées, sont toutes aussi valides. J'avais aussi appris à être tolérant, comme l'étaient les pratiquants entre eux. Il y avait au Hombu des gens qui venaient parce qu'ils habitaient à côté. Le Hombu n'était pas différent pour eux d'un dojo de quartier, et s'ils pratiquaient sérieusement, ils n'avaient aucune ambition qui les poussaient à se surpasser. A leurs côtés s'entrainaient des gens qui avaient traversé le monde et s'étaient installés au Japon pour venir pratiquer, et des touristes martiaux de passage pour un cours ou quelques jours. Des groupes très différents coexistaient, partageant le même tatami, et ayant souvent peu d'interactions avec les autres. Mais chacun pouvait trouver ce qu'il cherchait en respectant les autres.

L'Aïkido de maître Tamura restait toutefois toujours mon inspiration. J'eu la chance de pratiquer avec lui durant ses venues au Japon, et je rentrai régulièrement en France pour assister à ses stages, notamment ceux destinés aux enseignants, et ceux réservés aux CEN pour lesquels Jean-Yves Le Vourc'h avait toujours la délicate attention de m'envoyer une invitation.

 

 

Tamura Nobuyoshi 03 avec Léo Tamaki (Marc Le Tissier)

(photo Marc Le Tessier)

 

 

Kyokushin Karaté

Le temps passait, mais je restais toutefois prisonnier d'une vision de la pratique et d'aspirations très primaires. Si je travaillais avec intensité au Hombu, au point qu'Asobu me dit quelques années plus tard que je faisais peur à cette époque, cela ne me suffisait pas. Je m'inscrivis alors au Kyokushin Karaté, le Karaté au KO à mains nues.

 

 

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J'allais pratiquer au Hombu dojo d'Ikebukuro. Comme à l'Aïkikaï, c'était là aussi un immeuble tout entier qui était consacré à la discipline. L'ambiance y était toutefois très différente, intense, bruyante et violente. Les combats occupaient une grande partie du cours, et je prenais beaucoup de plaisir à ces confrontations viriles. Malgré tout j'étais frustré par l'enseignement technique que je trouvais souvent pauvre, à l'exception de quelques adeptes exceptionnels tel que Narushima Ryu, qui était surnommé l' "artiste du KO". Je cessai donc le Kyokushin Karaté après quelques mois pour me concentrer sur l'Aïkido.

 

Retour en France

Un an après mon arrivée j'avais passé le nidan. Je donnais à présent des cours de français très bien payés, et cela me permit de réduire mes heures aux Bacchanales et de pratiquer avec plus de liberté. Je commençai ensuite à travailler comme mannequin, et je pus arrêter totalement de travailler comme serveur et me consacrer à l'entraînement. Finalement, deux ans après le deuxième dan, je passais le sandan.

 

 

Léo Tamaki à l'époque où il était mannequin au Ja

Photos de mode, Harajuku, Tokyo

 


Cela faisait trois ans que j'étais au Japon. J'appréciai énormément la vie dans l'archipel, mais j'avais fait le tour de l'enseignement à l'Aïkikaï, et si je reconnaissais la valeur des maîtres qui y enseignaient, aucun ne m'avait donné envie de le suivre, et je ressentais une sorte de lassitude. Mon premier enseignant, Jacques Bardet, m'appris alors qu'un de ses élèves allait quitter la région parisienne et laisser un dojo libre. Il ne m'en fallu pas plus pour que je fasse mes valises.

 

Septembre 2001. Un peu plus de trois ans après mon départ, je revenais m'installer en France pour devenir enseignant. Après l'arrivée au Japon, le retour dans l'Hexagone allait être une autre douche froide. Le dojo de mon sempaï était effectivement en région parisienne. Mais alors que je l'imaginais de l'autre côté du périphérique, il était à 25km au nord, à Herblay. Les élèves étaient une douzaine, adultes et enfants confondus, et tous débutants… Il était évidemment impossible de vivre grâce aux maigres cotisations, et je me trouvai rapidement à cumuler trois emplois en plus des cours, un plein-temps en tant que vigile la nuit et les week-ends, et deux mi-temps dans la restauration. En cumulant tout, cela me permettait de vivre avec mon épouse japonaise qui ne parlait pas encore un mot de français. Malgré tout, j'arrivais à pratiquer pour moi en allant aux stages de Tamura senseï, et durant les nuits dans les immeubles déserts.

 

Je continuais à faire de fréquents aller-retours au Japon, environ deux fois par an. J'y passais les mois d'été et certaines vacances d'hiver ou de printemps, allant à chaque fois pratiquer. Les cours que je donnais à Herblay connaissaient un succès croissant, et au bout de cinq ans le dojo comptait 115 membres. Parallèlement j'enseignais dans d'autres lieux à Paris et en région parisienne. Si les débuts n'avaient pas été évidents, en quelques années j'avais réussi à devenir un professionnel de l'Aïkido et à pouvoir abandonner toute autre activité. C'est aussi à cette époque que je débutais les Masters Tour, encouragé par des élèves désireux de découvrir le Japon.

 

Rencontre avec Kuroda senseï

L'été 2004 fut un tournant. Je ressentais depuis un certain temps une lacune dans ma pratique. J'avais 30 ans, j'étais très affuté physiquement et je connaissais le répertoire de l'Aïkido sur le bout des doigts, mais je sentais que j'avais atteint un plafond. Qui plus est un plafond relativement bas.

Mon Aïkido reposant sur des qualités physiques, je n'entrevoyais qu'une lente décadence, et cela me préoccupait sérieusement. J'avais à l'esprit les écrits d'Henry Plée sur les kage shihans, maîtres de l'ombre aux pratiques "supérieures", et je me dis que cela valait la peine de consacrer un peu de temps à la recherche de cette "autre chose", quelle qu'elle soit. Lorsque l'on parlait d'efficacité supérieure, un nom revenait régulièrement, à travers les écrits de gens tels que Tokitsu Kenji, Uemura Shigeru ou Stanley Pranin. Celui de Kuroda Tetsuzan. Une publicité pour ses DVDs citait en outre Tamura senseï déclarant que ce qu'il pratiquait était très proche de l'Aïkido. Je ne l'avais jamais vu en action, mais cela suffit à me donner envie de pratiquer sous sa direction, et je lui écrivis en ce sens. Il m'accepta dans son école, le Shinbukan, et cela changea ma vie…

 

 

Kuroda août 2010 DSC 0051

 

 

Il me fallut du temps pour saisir l'étendue des capacités de maître Kuroda. Mais quelques cours me suffirent pour m'apercevoir qu'il proposait un travail passionnant qui me permettrait d'accéder à d'autres degrés de pratique. Ce n'est pas tant que Tamura senseï n'était pas à un niveau supérieur. Il y était sans aucun doute pour moi. Simplement je n'avais pas assez de talent pour arriver au même endroit en suivant son enseignement, et je faisais le même constat pour tous mes sempaïs.

Rapidement, je découvrais en outre que Kuroda senseï était depuis quelques années l'inspiration principale de maître Tamura. Qu'il était allé le rencontrer, et avait essayé d'intégrer à son travail nombre de ses principes d'utilisation du corps, mais aussi la façon de saisir le sabre, les suburis de l'école, etc… Pratiquer au Shinbukan me permit ainsi paradoxalement de comprendre et apprécier plus que jamais le travail de mon maître. Cela renforça en outre le respect que j'avais pour lui, car je n'ai connaissance d'aucun autre adepte de sa stature qui ait eu l'esprit suffisamment ouvert pour continuer à chercher, et être capable de modifier profondément sa pratique à soixante ans passés.

 

Suite à ma rencontre avec Kuroda senseï à l'été 2004, mes visites à l'Aïkikaï s'espacèrent drastiquement.

 

2007, retour au Japon

Début 2007. Ma femme était retournée au Japon depuis un an et demi pour suivre une formation en médecine traditionnelle. Malgré les visites régulières, elle ne supportait plus l'éloignement. Elle m'annonça qu'elle souhaitait divorcer. Le jour même je partis au Japon.

Je mis quelques mois à me rendre compte qu'il était malheureusement trop tard. Mon manque d'attention m'avait coûté mon premier mariage, et tous les efforts tardifs que je fis ne suffirent pas à rattraper cela. Mais tout événement comporte deux faces. Mes malheurs en amour m'avaient ramené au Japon, et je suivais à loisir les cours de maître Kuroda. C'était un bienfait dont je ne mesurerai la portée que des années plus tard.

 

 

Tamaki Naginata Shinbukan mars 2012

Naginata du Komagawa Kaïshin ryu, Shinbukan Kuroda ryugi

 

 

Ecriture

Peu avant mon départ j'avais commencé un blog que je ne faisais pas vivre, Budo no Nayami, et j'avais réalisé quelques interviews pour le magazine Dragon. J'appréciai l'écriture depuis toujours, mais cela n'avait jamais occupé une part importante de ma vie. Mon retour au Japon allait changer cela de façon dramatique.

Tout d'abord je me mis à écrire régulièrement sur le blog pour maintenir le contact avec mes amis et élèves. Rapidement je pris plaisir à ces échanges qui ont pris une part importante de ma vie. Budo no Nayami rassemble aujourd'hui entre 1 500 à 2 000 visiteurs uniques au quotidien, et il m'a permis de faire des rencontres exceptionnelles.

Parallèlement j'ai réalisé de nombreuses interviews pour Dragon, et cela m'a permis d'aller à la rencontre de nombreux maîtres, dans un cadre qui m'autorisait ce que je n'aurai jamais pu faire en étant leur élève. Je pus poser toutes les questions que je souhaitais, et avoir un accès privilégié dont je n'avais jamais osé rêver. De ces nombreuses rencontres, certaines allaient jouer un rôle important dans mon parcours, comme celles de Hino Akira senseï, et Kono Yoshinori senseï.

 

 

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Avec Hino senseï dans son dojo

 

 

Kono Yoshinori mai 08

Avec Kono senseï, dans son dojo

 

 

Une vie austère

J'avais presque dix ans de plus que lors de mon premier séjour au Japon. J'avais mûri (un peu), et je vécus de façon totalement différente. Alors que j'avais habité un appartement de 55m2 au centre de Tokyo avec une vue sur le mont Fuji, je m'installai en banlieue dans un 16m2 si compact que je pouvais uriner (dans mes toilettes) en prenant ma douche (dans ma baignoire) tout en faisant la cuisine (sur les plaques de cuisson). Alors que lors de mon premier séjour je brûlais l'argent qui coulait à flot, dépensant régulièrement plus de 1 000€ par soirée à Kabukicho (quartier des plaisirs de Shinjuku), je me retrouvais sans le sou dans un Japon en crise. Les cours de japonais ne rapportaient plus, et je n'avais pas le cœur à essayer de retrouver du travail en tant que mannequin.

Kuroda senseï enseignait quatre fois par semaine à deux heures de chez moi, pour des cours de deux à trois heures. Chaque cours me prenait donc une demi-journée, et cela rendait d'autant plus difficile la recherche d'un emploi stable et rémunérateur. Je vivotais donc, consacrant mon temps à la pratique, l'écriture, et de nombreuses promenades.

Mes repas se résumaient généralement à des pâtes au ketchup. Pendant des mois, incapable de payer internet, je sortais au milieu de la nuit, à la recherche d'un signal Wifi non sécurisé. Et combien de fois n'ai-je pas ravalé ma fierté, prenant un billet de train valable sur un trajet de deux stations, jouant l'étranger idiot qui ne comprenait pas un mot de japonais trente arrêts plus loin pour ne pas payer les longs trajets jusqu'au dojo… Mais malgré tout cela, ce second séjour ne me paru jamais réellement difficile, et c'est volontiers que je faisais tous ces petits sacrifices qui me permettaient de vivre ma passion.

 

 

Léo Tamaki pratiquant au Japon 1

 

 

Finalement, au bout de trois ans, j'ai ressenti le besoin de m'engager pleinement dans l'étape ha du processus shu-ha-ri, d'expérimenter et d'explorer par moi-même. C'est une chose qu'il est difficile de faire aujourd'hui au Japon, où j'ai le sentiment que la pratique martiale se sclérose et se fige, et je pris la décision de revenir en France. 

 

L'intérêt de séjourner au Japon

Il est sans aucun doute, possible de devenir un grand adepte sans séjourner au Japon. Mes séjours m'ont toutefois apporté des choses que je n'aurai pas trouvées ailleurs. Le premier à l'Aïkikaï m'a permis de côtoyer une dizaine d'élèves directs d'Osenseï au quotidien. J'ai pris conscience à leurs côtés qu'il était possible de faire les choses de façon diamétralement opposées, et qu'elles fonctionnent pourtant parfaitement. Mon second séjour m'a permis d'aller à la rencontre d'adeptes exceptionnels, et surtout de plonger dans la pratique de Kuroda senseï, un maître incomparable à mes yeux.

Ces deux séjours prolongés m'ont aussi permis de découvrir le Japon. Japonais par mon père, je n'avais malgré mes visites enfant, qu'une vision très superficielle de l'archipel. J'ai pu m'imprégner d'une culture passionnante, dont la découverte a renforcé ma compréhension de la pratique martiale. 

 

 

Maru ni ken katabami

Maru ni ken katabami, le mon famillial

 

 

Aller au Japon aujourd'hui

Je reçois régulièrement des messages de pratiquants enthousiastes désireux de s'installer au Japon. S'il serait mal venu de ma part de les décourager, il est important d'être conscient que le Japon d'aujourd'hui n'est pas celui où j'ai séjourné, encore moins celui d'André Nocquet ou celui de Christian Tissier.

 

Il y a tout d'abord la situation économique. Le Japon a une économie qui fait payer sa force à ses habitants. Si le pays reste une valeur refuge, la situation des japonais n'a en revanche pas cessé de se dégrader depuis mon premier séjour. Cela a pour conséquence la difficulté croissante à obtenir un visa, celle à trouver un travail, et surtout à être rémunéré correctement pour toute personne n'ayant pas de hautes qualifications. L'époque est terminée, où l'on pouvait vivre confortablement en dispensant quelques cours de langue par-ci par-là. Cela signifie que le temps de pratique sera probablement très limité, à moins d'être venu avec un important pécule.

 

 

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Dojo de Hino Akira, Wakayama

 

 

L'Aïkikaï d'aujourd'hui

L'Aïkikaï a aussi beaucoup évolué. Lorsque je suis arrivé, il n'y avait que trois enseignants du dojo principal qui n'avaient pas été des élèves directs d'Osenseï. Aujourd'hui seuls le Doshu et Endo senseï l'ont brièvement côtoyé, et aucun des deux ne prétend avoir été son élève. A mes yeux, mais cela est évidemment subjectif, le niveau des enseignants actuels est plus faible. Cela dit, il reste évidemment très correct. Une chose plus essentielle qui me semble être en fort déclin, est la variété technique. Bien sûr chaque professeur a son "style". Mais les experts d'aujourd'hui ont eu pour influences majeures le second Doshu, et Yamaguchi Seïgo. S'ils ont interprété et prolongé à leur façon leurs enseignements, je trouve une parenté très claire dans leur pratique. Cela a pour conséquence qu'il est aujourd'hui beaucoup plus facile d'aller d'un senseï à l'autre, mais c'est à mes yeux un appauvrissement de l'éventail technique.

Il me semble évident que la génération des Yamaguchi, Saïto, Tada, Nishio, Saotome, Toheï, Arikawa, Tamura, Shimizu et autres Noro, avait une pratique bien plus variée. Chacun avait atteint un niveau exceptionnel, mais ils avaient empruntés des chemins très différents, et parfois diamétralement opposés. C'est une richesse que l'on ne peut plus trouver en restant uniquement à l'Aïkikaï, mais qu'il est possible d'avoir en fréquentant des dojos différents. Il est par exemple possible d'aller pratiquer avec les maîtres Tada, Shimizu, Kobayashi, Maruyama et Watanabe, tous élèves directs d'Osenseï résidant dans la région de Tokyo. Cela implique néanmoins des moyens financiers et un temps considérables. Sans compter que, compte tenu de leur âge, il est malheureusement probable que ces maîtres ne seront plus actifs longtemps.

 

 

Avec Shimizu Kenji senseï au Tendokan

Shimizu Kenji senseï

 

 

Perspectives d'avenir

Les jeunes enthousiastes qui m'écrivent ont souvent le désir de vivre des arts martiaux. Et à titre personnel j'estime que l'Aïkido en France manque de professionnels. Mais il est important de comprendre qu'actuellement aller au Japon n'est plus quelque chose de rare, et que cela ne donne plus l'aura que cela pouvait avoir dans les années soixante-dix. Aujourd'hui je crois être le seul professionnel de ma génération à avoir habité au Japon. Une personne désirant vivre des arts martiaux en France à ainsi bien plus intérêt à y poser très tôt des bases solides, qui lui donneront les plus grandes chances de réaliser son objectif. Evidemment on pourrait rêver à ce qu'une organisation offre des bourses à des pratiquants prometteurs, et les accueille à bras ouverts à leur retour. On peut y rêver…

 

 

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Aller régulièrement au Japon

Aujourd'hui mon opinion est qu'il est plus intéressant d'aller au Japon régulièrement pour des périodes de plusieurs semaines. C'est ce que font déjà un certain nombre pratiquants, et c'est cela qui donne les meilleurs résultats. Aller trois mois, ou même un an, puis ne plus pouvoir y retourner durant des années me semble d'un intérêt très limité. De même, y aller pour 10 jours est peu productif, même si c'est mieux que rien.

A ceux qui souhaitent étudier avec un maître habitant au Japon, je conseille si ce n'est fait, de terminer leurs études, dans l'idéal pour travailler dans un domaine où les salaires sont corrects et où l'on peut disposer de temps, comme enseignant, kiné ou ostéo. Cela leur donnera la possibilité de faire des séjours annuels ou tous les deux ans.

Les maîtres voient défiler beaucoup de touristes martiaux. Il est important pour pouvoir établir une relation de confiance et recevoir le plus qui fait la différence, de pratiquer beaucoup avec eux, et régulièrement.

 

3 000 jours

Durant les seize dernières années, entre mes séjours de longue durée et mes visites, j'ai passé environ 3 000 jours au Japon, soit la moitié de mon temps. Aujourd'hui mes visites s'espacent, même si j'y retourne en moyenne deux fois par an. Ces 3 000 jours ont été une expérience incroyable, et même si à présent je me consacre aussi à la découverte d'autres endroits du monde, je garde une affection particulière pour le Japon.

 

 

Leo Tamaki Miyajima

 

 

15 ans plus tard

 

Aéroport d'Amsterdam. J'étais là, à nouveau, quinze ans plus tard, toujours guidé par l'Aïkido. Les quinze années qui venaient de passer avaient été si riches, mais n'étaient déjà plus qu'un souvenir qui s'effaçait à mesure que j'essayais de le fixer…

 

 

 

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rodolphe 10/10/2014 21:55


très bel article, bien écrit, merci à vous de nous faire partager (une partie de) votre passé si je puis dire, à bientôt sur les tatamis 


 


Rodolphe (JCM aikido, le Mans)

Léo Tamaki 13/10/2014 12:57



Merci pour la lecture ;-)


 


Léo


 



Frédéric V. 09/03/2014 11:03


Salut Léo.


Je viens de te lire au réveil et ma journée va sembler pauvre ;) j'admire ton parcours qui a été baigné dans les difficultés, les prises de risques. En effet, il y a trop d enseignants qui sont
issues du confort...et cela se retrouve dans leur pratique. Avoir connu les galères des jobs usants, les histoires douloureuses de la vie, et ne pas avoir perdu le cap de ta recherche martiale,
est une belle leçon pour tout ceux qui sont amenés à douter sur leur chemin. Ton sabre s'affute par les batailles ;)


Au plaisir de retrouver ton enseignement.


Amicalement.

Léo Tamaki 10/03/2014 08:39



Salut Frédéric,


 


Merci pour ton message. Je crois savoir que pour toi non plus, le chemin n'a pas toujours été facile. Mais la pssion aide ;-)


 


Au plaisir de repratiquer avec toi :-)


 


Amicalement,


 


Léo


 



Nathan A. 06/03/2014 15:06


Merci, je l'espère fortement en tout cas. :)


 


Nathan

Nathan A. 06/03/2014 14:19


Merci pour ce partage Léo.


Je retiens les conseils que tu donnes pour partir au Japon ;)


Au plaisir de te revoir,


Nathan

Léo Tamaki 06/03/2014 14:45



Merci Nathan, tu as débuté toi aussi un beau parcours, et j'ai la certitude qu'il te mènera au Japon ;-)


 


Léo


 



Eric Chery 06/03/2014 00:44


Merci beaucoup Léo pour ce partage, j'ai passé un très bon moment à te connaitre un peu mieux au travers de ton histoire, pleine de rebondissement et qui a nécessité, je l'ai compris, beaucoup de
volonté et de ténacité. Quel parcourt, chapeau ! 


Au plaisir de te rencontrer lors de l'un de tes prochains stages sur la Région parisienne. ou peut être à la prochaine NAMT ;)

Léo Tamaki 06/03/2014 14:45



Merci Eric, et au plaisir de faire ta connaissance ;-)


 


Léo


 



bottin 05/03/2014 15:44


merçi leo pour ce partage.


on peut dire que tu as bien travaillé et que tu t'es investi corps et âme pour l'aikido,je pense que de nos jours on ne trouve plus grand monde capable de faire celà et celà en vaut il encore la
peine.


vu l'estime que la France et les pratiquants Francais ont pour toi je pense que tu peut être fier de toi.


bonne route Leo

Léo Tamaki 05/03/2014 16:12



Merci Bruno,


 


Léo


 



antony 05/03/2014 14:47


Bravo.